Francaisdefrance's Blog

09/07/2011

Histoires d’eau…

A quand une taxe sur l’air (vicié) que nous respirons?

FDF

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La facture salée des canalisations d’eau

Le réseau national de distribution d’eau fuit de partout. Un député veut augmenter les impôts et le prix de l’eau, mais les usagers ont déjà payé pour ces travaux.


 


L’association des canalisateurs, les entreprises qui posent les tuyaux d’eau, a présenté hier une analyse alarmante du réseau de distribution français. « L’état des canalisations est catastrophique », a révélé Jacques Dolmazon, président de la fédération. Vieillesse des tuyaux, absence d’entretien, vétusté des installations… 6 milliards de mètres cubes fuient des canalisations chaque année, soit 25% de la consommation d’eau en France.

L’urgence est réelle et le rythme actuel des travaux n’atteint même pas 0,6% du réseau. Selon Jacques Dolmazon, « il faut investir immédiatement 1,5 milliard d’euros par an pour remplacer les milliers de kilomètres et rattraper le retard ». De son côté, Marc Reneaume, directeur général adjoint de Veolia Eau dénonce ce catastrophisme et assure « de la qualité de ses installations »

Augmenter la facture d’eau et les impôts

Qui va payer? Pour répondre à cette question stratégique, les entreprises de canalisations ont laissé répondre… un député, invité à la présentation du rapport. André Flajolet, vice président du Conseil national de l’eau et député UMP du Pas-de-Calais : « Les contribuables et les usagers de l’eau devront être sollicités, de façon raisonnable. » Une solution simple et efficace. Mais, curieusement, ce député, reconnu pour son expertise du secteur et des entreprises de l’eau, ainsi que les canalisateurs, ont oublié que les consommateurs avaient déjà payé, depuis des années, une partie de la facture.

Le magot des provisions pour renouvellement

Explications. Jusqu’en 1998, sur chaque facture d’eau, une petite somme (quelques euros) était prélevée par les entreprises du secteur (Veolia, Suez, Saur) pour réparer les réseaux. Les petites rivières faisant les grands fleuves, les distributeurs d’eau ont ainsi engrangé entre 3 et 10 Mds€, selon les estimations. Et ils n’ont pas tout dépensé en travaux. En novembre 2003, Jean-Luc Touly, salarié de Veolia, et Roger Lenglet publient un livre* explosif dans lequel ils révèlent que Vivendi (ex-Générale des eaux), sous la houlette de Jean-Marie Messier, siphonnait depuis des années l’argent des tuyaux vers une filiale en Irlande pour revenir à la maison mère. Pour légaliser ce tour de passe-passe, Jean-Marie Messier avait eu l’idée « géniale » de transformer les milliards des provisions en prime de garantie en cas d’accidents du réseau. Du coup, dans toute la France, des collectivités et des associations sont montées au créneau pour réclamer ces sommes indûment perçues. Ainsi, à Lille, la chambre régionale des comptes a épinglé les distributeurs d’eau, estimant à 160 M€ les travaux non réalisés. Quant à Paris, l’équipe Delanoë, avec Anne Le Strat, PDG de la Sagep (Eaux de Paris), a obtenu un retour, sous forme de travaux, de plus de 150 M€ détenus par Veolia et Suez. Comme par miracle, le taux de fuite a chuté de 10 à 3,5%. Une belle performance qui n’a pas empêché les deux géants de l’eau de se faire éliminer de la capitale avec le retour en régie.

* « Multinationales de l’eau, les vérités inavouables », Ed. Fayard.

Source (c’est le cas de le dire…): http://www.leparisien.fr/economie/la-facture-salee-des-canalisations-d-eau-07-07-2011-1523674.php

Merci à DG pour l’info…