Francaisdefrance's Blog

13/04/2011

Libye: la France a perdu la bataille…

La guerre, c’est réservé aux « grands »…
FDF

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La stratégie française en panne sèche…

Les armées françaises sont actuellement engagées de façon opérationnelle sur deux théâtres africains : la Libye et la Côte d’Ivoire. Pré carré traditionnel de la France (depuis la colonisation au 19e siècle jusqu’à la pérennisation des réseaux Foccart, dits françafricains), le continent est le théâtre de vives concurrences entre grandes puissances.

D’une position quasi hégémonique, notamment en Afrique de l’Ouest, sur les plans militaire (le réseau de bases), économique (présence des grands groupes comme Bolloré et Bouygues) et culturel (prédominance du français, contrôle de l’information via RFI), la France se voit progressivement dépassée par la Chine et les États-Unis.

En premier lieu dans le domaine économique. La Chine gagne de nombreuses parts de marché dans les secteurs des services et de l’exploitation des ressources naturelles, traditionnellement contrôlés par les grands groupes français. A titre d’exemple le commerce sino-africain est passé de 30 milliards de dollars en 2004 à 70 milliards en 2007. Les Américains ne sont pas en reste, poussés par le désir de diversifier leur approvisionnement énergétique (exploitation du pétrole du Tchad et du Golfe de Guinée…).

Son dispositif militaire est également affaibli, du fait de la mise en œuvre de politiques d’austérité par les gouvernements successifs. Ainsi le 23e BIMA, à Dakar, a fermé ses portes, tandis que la 13e DBLE, plie bagage, quittant Djibouti. De plus les armées françaises, en raison d’un parc d’avions de transport vieillissant, éprouvent les pires difficultés pour assurer la logistique de ces opérations. Les effectifs combattants atteignent également un seuil critique. L’escadron blindé présent en RCI entame son septième mois sur le territoire, alors que son mandat initial était de quatre mois.

Enfin les États-Unis, via leurs puissants réseaux médiatiques ou des organismes tels que USAID, et la Chine, via l’agence de presse étatique XINHUA prennent progressivement le contrôle de l’information, au détriment des réseaux français (RFI), véhiculant ainsi la bonne parole de leurs administrations et entreprises.

Il semble évident que la France n’a plus les moyens de ses ambitions aussi bien en Libye (les moyens aériens engagés sont dérisoires et les résultats insignifiants) qu’en Côte d’Ivoire (malgré la capture de Gbagbo, il est plus que probable que la crise connue par ce pays depuis la chute de Houmphouet Boigny perdure et que la France, en soutenant Ouattara, y a perdu toute crédibilité).

Les raisons hypothétiques de l’engagement en Libye sont multiples. Mettons évidemment tout de suite de côté les raisons humanitaires invoquées. Nous savons très bien que cela n’est que paravent pour déguiser des buts nettement moins avouables. Les exemples de la Somalie, des Balkans ou de l’Afghanistan sont suffisamment parlants. Dans tous ces cas on retrouve toujours la même ribambelle de pseudo « intellectuels », du genre Kouchner ou BHL, nous vendant leur soupe, à l’aspect certes généreux mais qui cache toujours quelques cadavres de rats (cf. le trafic d’organe au Kosovo, les massacres de Mazar-e-Charif…). Sont en jeu les intérêts de la France, ou pour être plus honnêtes de son président.

Premièrement, en pleine difficulté au niveau électoral, le président français n’a-t-il pas voulu redorer son blason , en s’affirmant comme un homme d’état déterminé et prêt à réaliser le coup de force ? Et ce après la cacophonie diplomatique et politique suscitée par la crise tunisienne.

Deuxièmement, l’objectif évident de cette opération est l’exploitation des importantes ressources énergétiques de la Cyrénaïque. En effet depuis la levée des sanctions internationales contre le régime libyen en novembre 2003, les sociétés pétrolières françaises n’ont pas voie au chapitre, contrairement aux américaines (11 concessions sur 15). Ce qui peut expliquer, la prudence des États-Unis à entamer des opérations militaires et leur retrait la semaine dernière. Les Américains se sont engagés à reculons , sous la double pression de la France et de l’opinion publique. Voyant la situation s’enliser, ils ont cerné le risque pour leurs intérêts, menacés notamment par la Chine et la Russie. Ils se sont ainsi gardés une sortie de secours. Ce qui n’est plus le cas de la France. Le temps est loin où Sarkozy recevait Khadafi en grande pompe dans les jardins de l’Élysée.

La guerre en Libye ne serait-t-elle pas avant tout l’expression d’un conflit entre puissances impérialistes ? Pour avoir misé sur le mauvais pion (la rébellion) et ne pas avoir mis en œuvre les moyens nécessaires, dont elle ne dispose de toute façon pas, la France a perdu cette bataille…

Suite et source: http://tinyurl.com/6hqnt94