Francaisdefrance's Blog

24/01/2011

Tunisie: « j’ai peur du retour des islamistes »…

Elles ont raison de se faire du souci, les tunisiennes; elles ont raison… Elles seront les premières à « morfler » dès le retour des intégristes musulmans.

FDF


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Partout où l’islam politique avance, les droits des femmes reculent…

Des Tunisiennes s’alarment de la « tentation obscurantiste ».

« J’ai peur du retour des islamistes, qu’ils nous imposent une culture étrangère, nous disent comment nous habiller »: Sonia ne cache pas ses craintes, comme d’autres Tunisiennes, après la « révolution de jasmin » qui a mis fin au régime de fer, mais laïque, du président Ben Ali.

« Avec la révolution, les droits des femmes, c’est fini! », a ainsi lancé à une journaliste de l’AFP le chef d’une bande d’adolescents, au milieu d’insultes grossières, en plein coeur de Tunis.

Les Tunisiennes, qui bénéficient de nombreux droits par rapport aux femmes d’autres pays du monde arabo-musulman, ont aujourd’hui peur de voir émerger à nouveau un Islam politique, alors que la religion était auparavant fermement placée sous le contrôle de l’Etat et contrainte à la neutralité.

« J’ai vu beaucoup de barbus aujourd’hui, cela m’a fait peur », raconte Mabrouka, 29 ans, alors que les signes extérieurs de religiosité étaient très rares en Tunisie jusqu’à présent.

Le régime de Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui vers l’Arabie Saoudite le 14 janvier après un mois de soulèvement populaire sans précédent qui a mis fin à 23 ans de règne sans partage et de corruption, était largement détesté par la population, mais il avait toujours défendu les droits des femmes.

Le gouvernement de transition formé lundi a promis qu’il garantirait ces acquis, mais beaucoup de femmes s’inquiètent de l’annonce de la légalisation prochaine du parti islamiste interdit Ennahdha (Renaissance).

Son dirigeant Rached Ghannouchi, exilé à Londres, a annoncé espérer rentrer « très bientôt » en Tunisie, qu’il a fuie en 1989 après la répression consécutive aux législatives où son parti interdit avait recueilli 17% des suffrages sous une étiquette « indépendante ». Il se présente comme un modéré et prend pour modèle les islamistes turcs au pouvoir.

Les défenseurs de la laïcité en Tunisie craignent surtout une révision du « code du statut personnel », une série de lois progressistes promulguées en 1956 à l’initiative du père de l’indépendance Habib Bourguiba, que Ben Ali a encore renforcé en 1993.

Le code interdit notamment la polygamie, n’autorise le mariage que par consentement mutuel des deux époux, abolit le devoir d’obéissance de l’épouse envers son mari, et prévoit le versement d’une « rente » à la femme en cas de divorce.

Ces derniers jours, la fin de la censure et la liberté d’expression dans les médias tunisiens ont parfois donné lieu à des appels au retour au conservatisme, observent les défenseurs des droits des femmes.

Un participant à un débat télévisé a ainsi affirmé que la légalisation de la polygamie permettrait d’augmenter la croissance démographique dans le pays. A la radio, un autre estimait que le retour des femmes au foyer permettrait de résoudre le problème du chômage.

« Les femmes voilées pour en finir avec le harcèlement sexuel. C’est ce qu’on entend désormais, dire dans les rues tunisiennes », écrivait samedi le quotidien La Presse, dénonçant « des solutions qui font froid dans le dos » et menacent « des acquis qu’on pensait jusqu’alors irréversibles ».

On peut aussi lire les cris d’alarme des féministes sur Facebook, le réseau social qui a joué un rôle important dans l’information sur le soulèvement populaire en Tunisie.

« Nous devons rester prudents et protéger les droits des femmes pour lesquels nous avons combattu pendant des décennies », écrit ainsi Dorra Bouzid, féministe et journaliste renommée, qui appelle les nouvelles autorités à augmenter le nombre de femmes au gouvernement et au Parlement et à mettre en place une commission pour surveiller les atteintes aux droits des femmes.

La présidente du mouvement féministe français Ni putes ni Soumises (NPNS), Sihem Habchi, a mis en garde vendredi à Montréal contre ce qu’elle appelle la « tentation obscurantiste » en Tunisie.

09/11/2010

Affaire de la crèche Baby Loup: la Halde reviendrait-elle à de loyaux sentiments?

La Halde remonte dans mon estime… Jusqu’à quand? En attendant, en réponse à cette provocation à la crèche Baby Loup, et pour la première fois que Jeannette Bougrab fait parler d’elle dans son rôle de remplaçante de Louis Schweitzer à la tête de la Halde, elle « frappe » un beau coup médiatique pour cette institution qui nous a habitué à plutôt pratiquer la préférence non-nationale… Pourvou que ça doure… Nous ne sommes pas « au bal masqué », en France.

FDF

Salariée voilée et licenciée : la crèche soutenue par Jeannette Bougrab.

La crèche associative poursuivie devant les prud’hommes par une salariée licenciée en 2008 parce qu’elle souhaitait porter le voile, a bénéficié lundi du soutien de personnalités, notamment la présidente de la Halde, Jeannette Bougrab.

« Il n’y a pas de raison que la laïcité soit moins bien protégée que la liberté religieuse, ce sont deux principes de valeur constitutionnelle », a déclaré Mme Bougrab, en marge de l’audience.

La présidente de la Haute autorité de lutte contre les discriminations a défendu la possibilité pour la crèche incriminée de choisir « l’option philosophique de la laïcité », quand d’autres établissements peuvent opter pour l’option religieuse.

La Halde avait pourtant rendu en mars un avis en faveur de la salariée avant que la nouvelle présidente de l’institution, Mme Bougrab annonce en octobre un réexamen du cas. La Halde n’a pas encore rendu de nouvel avis, Mme Bougrab précisant que le dossier était « en cours d’instruction ».

D’autres personnalités se sont rendus lundi au palais de justice de Mantes-la-Jolie pour soutenir la crèche, comme la philosophe Elisabeth Badinter, qui n’a pas souhaiter faire de déclaration, le député-maire PS d’Evry Manuel Valls ou la présidente de Ni putes, ni soumises Sihem Habchi.

« Comme maire ou élu local, nous pouvons être soumis aux pressions des extrémistes », a déclaré à la presse M. Valls, qui a souhaité que « les enfants devaient en être protégés ».

La crèche Baby Loup, située en plein coeur du quartier sensible de la Noé à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), ouvre 24 heures sur 24 et sept jours sur sept depuis 1991.

En décembre 2008, une salariée de retour d’un congé parental, a fait part à la directrice de sa volonté de porter le voile. Or, le règlement intérieur de la structure interdit le port de signes religieux au nom du principe de « neutralité ».

L’employée, qui avait le statut de directrice-adjointe, a été mise à pied après, selon les responsables de la crèche, une « altercation » et licenciée pour faute grave le 19 décembre 2008. Dénonçant un licenciement abusif, elle a saisi le conseil des prud’hommes et réclame plus de 80.000 euros de dommages et intérêts. Elle avait aussi saisi la Halde.

Le premier témoin entendu par le conseil des prud’hommes, une ancienne salariée de Baby Loup, voilée à l’audience, a déclaré que sa collègue « portait le voile quand (elle) la voyait sur son lieu de travail ».

L’avocate de la salariée licenciée, Me Majda Régui, a plaidé que sa cliente « portait son voile et le retirait de temps à autre » à la crèche, considérant que son licenciement pour faute grave était intervenu « pour faire des économies ».

« Ella voulait trouver un accord après la mise en place du nouveau règlement intérieur et aucune alternative ne lui a été proposée », a ajouté l’avocate, qui estime qu' »il s’agit d’une instrumentalisation du dossier pour faire passer Mme A. pour celle qui va faire couler Baby Loup ».

Mme A. a quitté le palais de justice sans faire de déclaration, en se dissimulant sous un manteau pour échapper aux journalistes.

Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.

Source: http://tinyurl.com/2e66p3t