Francaisdefrance's Blog

31/10/2010

Pétition : Appel pour le soutien à Pierre-André Taguieff !


Pour signer la pétition:

http://bbpetition.org/index.php?option=com_bbpetition&view=bbsignature&layout=form&Itemid=2&lang=fr

Sur le site du CRIF, 27 octobre 2010

Nous appelons à soutenir Pierre-André Taguieff  face à la campagne d’intimidation et de diffamation qui se développe contre lui, visant à le discréditer et à le faire taire. Cette campagne, lancée le 18 octobre 2010 par une organisation pratiquant un « antiracisme » sélectif, le MRAP, totalement engagé dans la campagne BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanctions ») contre Israël, est d’autant plus odieuse qu’elle se fonde non pas sur un texte publié par le chercheur, mais sur une phrase de facture polémique qu’il avait lui-même supprimée de son « mur » de Facebook, en principe censé permettre à chacun de converser librement avec ses seuls « amis ». Ses discussions étaient en réalité surveillées par des professionnels de l’inquisition et de la délation travaillant au service des diffamateurs d’Israël, et attendant le « dérapage verbal ».

[Il a eu le courage de protester contre ceux qui délégitiment Israël.
On lui en fait payer le prix en le délégitimant à titre personnel.
Ceux qui discréditent Israël à tout va s’en prennent maintenant
à celui qui a mis au jour leurs stratégies dans ses ouvrages.
Pour ce faire, ils n’hésitent pas à frapper en-dessous de la ceinture
et ils rêvent de le discréditer auprès de l’organisme de recherche
pour lequel il travaille fidèlement et efficacement depuis des années.
Ne les laissons pas faire!
(Photo et commentaire ajoutés par Menahem Macina)]
 

La pointe polémique épinglée par les délateurs, si elle sollicite bien la métaphore du « serpent venimeux » (d’inspiration voltairienne -ce qui ne plaît pas à Pascal Boniface : ajout de LSO), ne relève en aucune manière de la stigmatisation d’un groupe humain. Elle exprime l’indignation sincère d’un citoyen devant les appels à la haine (« Israël assassin !) et à la discrimination (campagne BDS) lancés contre l’État juif par des personnages publics parfois estimables [[Stéphane Hessel, « estimable »? ]] et, qui, sur ce « front », semblent perdre toute mesure.

Taguieff n’a pas caché sur son « mur » de Facebook qu’il était plus qu’attristé de voir un Stéphane Hessel s’engager aux côtés d’extrémistes israélophobes qui exploitent cyniquement son prestige social. La stratégie des « antisionistes » radicaux consiste à instrumentaliser ce personnage, célébré comme une « icône » et un « militant de la paix », pour lui faire jouer le rôle d’un légitimateur des appels à la haine. Accuser en permanence Israël de « crimes de guerre » et de « crime contre l’humanité », tout en faisant les yeux doux au Hamas (avec lequel il faudrait « négocier »), n’est-ce pas là une manière de « cracher son venin » avec bonne conscience, au nom de la tolérance et des droits de l’homme ? Quoi qu’il en soit, Taguieff, en supprimant sa phrase polémique, a reconnu qu’elle était outrancière. Mais les sycophantes, dans leur acharnement à condamner le coupable de parole sacrilège, n’en ont pas tenu compte [[bien au contraire, ils y ont vu une marque de faiblesse et c’est ce qui les a déchaînés]].


Dans son communiqué, le MRAP dénonce vertueusement le « polémiste haineux » que serait le chercheur et « demande avec force que le CNRS et l’IEP condamnent sans équivoque Pierre-André Taguieff ». Cette officine restée fidèle à l’esprit stalinien de ses fondateurs ose ainsi exiger des autorités administratives de condamner le chercheur pour une phrase qu’il avait lui-même jugée malencontreuse et rapidement retirée. À la surveillance des conversations privées et à la mise au pilori s’ajoutent donc les pressions exercées sur les employeurs du « coupable », réaction pour le moins disproportionnée relevant d’une logique mise en œuvre par les régimes totalitaires : celle des sanctions et des interdictions professionnelles [[conséquence de l’étatisation de l’enseignement et de la recherche]].


Tirant les leçons de cette intrusion dans un espace supposé privé, suivie par une campagne haineuse contre sa personne, Taguieff a choisi de quitter Faceboook dans la matinée du 22 octobre 2010. [[il aurait mieux fait d’en expulser les mouchards]]. Cible privilégiée de tous les diabolisateurs d’Israël, Pierre-André Taguieff, comme d’autres esprits libres et courageux l’ont été avant lui, est pourchassé aujourd’hui par les tenants du terrorisme intellectuel mis en place par les milieux « antisionistes » en France ces dernières années.


Cette scandaleuse campagne de diffamation visant personnellement Pierre-André Taguieff s’inscrit dans le cadre de la guerre idéologique totale aujourd’hui menée contre Israël et « le sionisme », soumis à une diabolisation permanente. Au cours des années 2000, durant lesquelles il a publié cinq livres marquants sur les formes contemporaines de la judéophobie, Taguieff est devenu l’une des principales cibles de la propagande « antisioniste » due aux milieux islamistes et à diverses mouvances d’extrême gauche ayant fait de la cause palestinienne leur nouvelle cause sacrée. Mais les agitateurs israélophobes ne se sont jamais attaqués aux ouvrages de Taguieff. En propagandistes sans scrupules,  ils se sont contentés d’isoler quelques phrases glanées dans des interviews ou des discussions enregistrées qui, isolées de leurs contextes respectifs et mésinterprétées de façon malveillante, ont été indéfiniment diffusées et commentées d’une façon tendancieuse.


Aujourd’hui, les tenants d’extrême gauche du politiquement correct à la française veulent faire taire ceux qui n’entonnent pas le refrain obligatoire de la haine contre l’État juif. C’est pourquoi les réseaux « antisionistes », gauchistes ou islamistes, ont relayé la chasse aux sorcières lancée contre Taguieff. Le terrorisme intellectuel n’a pas disparu en France après la chute du système soviétique, il s’est adapté à l’esprit du temps. Ce sont moins les partis politiques que les réseaux d’influence qui l’exercent. Notamment ceux qui se sont constitués sur la base d’un engagement pro-palestinien inconditionnel et exclusif, donnant volontiers dans une violence qui, elle, ne reste pas dans les limites du symbolique. À côté des organisations pro-palestiniennes, gauchistes ou islamistes, s’est mis en place un réseau d’intellectuels et de journalistes qui se mobilise toutes les fois qu’il s’agit de mener une campagne contre Israël ou contre les personnalités s’opposant à la diabolisation de l’État juif.


Il ne faut pas laisser aux délégitimateurs d’Israël le monopole de la parole publique légitime sur le conflit israélo-palestinien. C’est pourquoi il faut manifester notre entière solidarité avec Pierre-André Taguieff.

29/10/2010

La liberté d’expression de plus en plus menacée…

Et c’est normal. On va à contre-courant des projections des « décideurs ». La résistance, de plus en plus présente, on essaye de la baillonner. C’est ça, la République: Liberté, Egalité, Fraternité… Morceaux choisis pillés chez: http://www.ripostelaique.com

Plus que jamais, entre résistants, il va falloir se serrer les coudes… Il n’y a que nous qui luttons.

FDF

Nous avons encore eu une semaine révélatrice, à travers plusieurs dossiers particulièrement éclairants sur l’état du débat démocratique dans notre pays.

Première affaire, Pierre-André Taguieff. Cet essayiste a un défaut majeur : il alerte, depuis des années, sur la réalité du danger de l’islamisation de la France, et celui de la montée d’un nouvel antisémitisme, souvent issu de la gauche. On peut ne pas être d’accord avec l’ensemble de ses analyses. Mais est-il admissible que des professionnels de l’intimidation menacent de perturber ses réunions, et amènent les autorités, peu courageuses, à annuler certaines de ses conférences, sous prétexte de risque de « troubles à l’ordre public » ? Nous serions donc dans un pays où un homme défendant des valeurs démocratiques ne pourrait plus le faire, tandis que les apologistes du Hamas ou un Hani Ramadan peuvent, en toute liberté, déverser leur discours obscurantiste et haineux ?

http://www.surlering.com/article/article.php/article/petition-pour-le-soutien-a-pierre-andre-taguieff

De même, autour du site Fdesouche s’est passé un curieux ballet, dans la journée de ce mercredi. Pendant plusieurs heures, le site a été interrompu. Là encore, on peut ne pas partager l’ensemble de l’oeuvre de ce site, et surtout quelques-uns de ses commentaires. Mais nul ne peut nier qu’il constitue une source d’information unique, et qu’on y trouve des vidéos et des scoops à propos d’affaires que la bien-pensance cherchent à cacher aux citoyens de ce pays. Récemment, c’est grâce à ce site qu’on a eu connaissance de la prêche hallucinante de l’intégriste islamiste de Limoges, de la demande de visite d’une mosquée, dans la région nancéenne, en imposant le foulard à des jeunes filles, de la réalité des agressions de la Techno-Parade, ou de l’affaire de Perpignan, ou Myriam Picard, son mari et son bébé ont failli, dans leur appartement, être lynchés par des racailles haineuses.

A Riposte Laïque, nous défendons toutes les libertés d’expression, la seule limite que nous mettons est l’appel à la violence, et la mise en danger d’autrui. Nous avons donc envoyé un message de solidarité à Fdesouche, en souhaitant que leurs ennuis prennent fin au plus vite.

Cela fut fait au bout de plusieurs heures d’absence…

http://www.fdesouche.com/146917-desoles

Mais à quel déchaînement de haine a-t-on assisté, pendant ces quelques heures. Ce fut une véritable danse autour du scalp de la victime. Naturellement, les sites islamistes auraient presque sabré le champagne… à condition qu’Allah regarde ailleurs.

http://www.forsane-alizza.com/toute-lactualite/site-fdesouche-ferme-oh-rage-oh-desespoir-3629

http://www.hostingpics.net/viewer.php ?id=335131cloeleprince.png

On a même vu le site islamiste Ajib.fr appeler à ce que les fdesouchiens soient livrés aux égorgeurs d’Allah :

http://twitter.com/AJIB_fr/status/28873333482

Mais comme d’habitude, c’est notre presse bien-pensante qui s’est distinguée.

http://fr.novopress.info/70482/fdesouche-le-blog-vedette-de-la-%C2%AB%C2%A0reacosphere-%C2%BB-ne-repond-plus/

Ainsi, le fondateur du journal en ligne « Rue 89 » (qui avait osé, par la voix de sa journaliste Chloé Leprince, balancer le nom de l’ophtalmologiste d’Aix, lynché par la presse pendant plusieurs jours suite à une fausse accusation de racisme), Pierre Haski, joint-il sa voix au concert. Pour des journalistes, qui devraient avoir comme fil conducteur la liberté de la presse, cela fait désordre…

http://twitter.com/pierrehaski/statuses/28873539751

La caricature de cette culture gauchiste liberticide sera atteinte quand on verra une école de journalisme inviter ses stagiaires à apprendre le métier en sollicitant Jean-Marie Le Pen. Pour un étudiant en journalisme, se confronter à un tel personnaga aurait été très formateur. Rappelons que Jean-Luc Mélenchon, quelques semaines auparavant, était intervenu devant eux, et avait, sans concession, montré les limites de la liberté du journaliste, dans le contexte actuel. Eh bien, suite à cette inviation, immédiatement, les petits flics bien formatés de SOS Racisme, de NPA et du SNJ-CGT, se croyant encore en 1945, viennent avec leurs drapeaux, et entendent interdire ce débat ! Comme on comprend ce vieux journaliste, qui les traite de « petits cons ! ». Il aurait pu ajouter : « Petits cons dangereux ».

http://www.fdesouche.com/147059-cfj-la-manif-anti-le-pen-de-sos-racisme-snj-cgt-fait-un-flop

Comme ils doivent rêver, ces petits commissaires politiques en herbe, qu’un jour, Riposte Laïque subisse le même traitement que Fdesouche, de la part de son hébergeur !

Bien évidemment, nous n’englobons pas l’ensemble des journalistes dans ce jugement. Nous savons que de nombre d’entre eux sont des professionnels pertinents. Nous connaissons, dans ce milieu, la difficulté qui existe à tenir un discours qui sorte de la pensée unique, et la stigmatisation immédiate que subissent les esprits libres, de la part des maîtres-censeurs.

Dans un registre semblable, Mohamed Sifaoui vient à son tour de se distinguer, en plaidant, devant la 17e chambre correctionnelle, contre la fameuse affiche du FNJ de Marseille qui faisait connaître son refus de l’islamisation de la France.

Jean-Marie Le Pen risque deux mois de prison avec sursis, et un an d’inéligibilité ! Autant nous pensons que par le passé, certaines de ses sorties méritaient les tribunaux, autant nous pensons que ce procès est inquiétant pour la liberté d’expression et le droit au blasphème. Surtout quand, dans le même temps, Besancenot appelle ouvertement à niquer la France, Mamère insulte notre pays, parlant d’une « France qui pue », au Parlement, en toute impunité. Un politicien ose accuser des policiers d’être les vrais casseurs, innocentant ainsi les racailles racistes. Il s’avère qu’il s’est appuyé sur un mauvais témoignage, puisque le casseur, dans lequel il avait cru voir un policier, s’avère être un militant proche des mouvances d’ultra gauche.

http://www.lepoint.fr/societe/le-casseur-pris-pour-un-policier-a-ete-interpelle-28-10-2010-1255847_23.php

Le président du Parlement, Bernard Accoyer a interdit, dans une salle de l’Assemblée nationale, sur injonction du Marocain Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman, un débat sur le thème « Immigration-islamisation : la France en danger  » ?

Le même Sifaoui, musulman qui se dit modéré, s’est déjà distingué, ces derniers temps, en encourageant les associations anti-racistes (il est responsable national de SOS Racisme) à un dépôt de plainte contre Riposte Laïque. Il y a quelques semaines, se croyant sans doute en Algérie, il exigeait l’interdiction d’antennes publiques pour Eric Zemmour. Quand, sur facebook, Robert Redeker se permit de lui faire remarquer son désaccord, en termes courtois, il se vit couvert d’insultes, dans des termes d’une violence qui n’a rien à envier à celle des islamistes. Sifaoui symbolise à lui tout seul toute la haine d’un anti-racisme dévoyé et un totalitarisme de la pensée unique, qui entend criminaliser, en France, le débat démocratique.

Force est de constater que cette volonté de censure s’exerce au profit du seul islam, et qu’elle relaie, sur le territoire national, l’offensive de l’OCI qui, au sein de l’Onu, entend interdire aux Etats-Nations toute critique, amalgamée à du racisme, de la religion d’amour, de tolérance et de paix…

Suite et source: http://tinyurl.com/36hbjgt

03/10/2010

« Nous devons questionner l’objectif du mouvement des Frères Musulmans au Québec ».

Lettre ouverte signé par un ancien ministre Québécois.

Lettre publié le 22 septembre 2010 dans le Suburban

Les signataires:

Germain Belzile, HEC
Jean-Charles Chebat, HEC
Pierre Brassard, Montréal
Jacques Brassard, ancien ministre du Québec

Une conférence intitulée « Nos familles, nos fondations » (se tiendra le 25 septembre) au Palais des congrès à Montréal. La conférence parrainée par Islamic Relief Canada, une organisation connue, qui a son siège social en Grande-Bretagne, est issue de la vaste mouvance des Frères musulmans. Les Frères musulmans sont rappelons-le, une organisation politico-religieuse panislamiste née en Égypte en 1928 dont le but est d’étendre son idéologie politique par l’introduction de la charia comme source ultime et exclusive du droit. En Occident, cette mouvance des Frères s’emploie à tisser ses réseaux, ses alliances, à renforcer ses think tanks, à faire avancer ainsi sa cause. Même au Québec.

Le profil idéologique des instigateurs de cette conférence (dont M. Jamal Badawi qui était encore récemment rattaché à la Muslim Association of Canada, une organisation islamiste qui ne cache pas son affiliation avec l’idéologie des Frères musulmans), est un motif d’inquiétude. Nous sommes en droit de nous demander: voulons-nous vraiment un renforcement de cette mouvance au Québec ? Comme société libre, on doit se questionner sur cette implantation, dont l’activisme n’aide en rien à l’intégration des musulmans au Québec. Cette conférence a un double objectif: un militantisme en serre chaude pour les participants qui doivent évidemment évités trop ouvertement les sujets sensibles et discordants qui divisent l’organisation (pour la couverture médiatique) et une campagne de séduction faites sur mesure pour la « société ouverte » et les non-initiés à la façon du prédicateur islamiste Tariq Ramadan pour « désamorcer les tensions ». Les milieux islamistes dans le monde observent le déroulement de l’activité. Est-ce rassurant ? Qu’en pensent nos élus ?

Montréal, ville ouverte

Nos démocraties libérales/pluralistes sont menacées par l’idéologie islamiste. La tentation totalitaire du 21e siècle irriguée par les Frères musulmans utilise les moyens de communication modernes pour renforcer sa présence, son prestige, son agenda. S’afficher à Montréal, sans trop de discrétion devrait pourtant poser problème à nos consciences assoupies. Les « bonnes vérifications » des invités ne suffisent pas à notre avis à dissiper les malentendus parce que la vérité est évidente. Mais allons plus loin. Ceux qui ouvrent leurs portes à ce groupe exercent-ils suffisamment de jugement faisant honneur à leur crédibilité ?

Le politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff soulignait très justement cette curieuse apathie de nos élites intellectuelles et politiques à faire face à la menace et à la présence islamiste dans nos sociétés modernes. Pourquoi ce manque de discernement si brutal ? C’est là, dit-il, rêver les yeux ouverts. Faudrait-il encore rappeler que le Hamas a conquis Gaza, le Hezbollah a totalement phagocyté l’appareil étatique libanais, l’opposition islamiste gagne toujours du terrain en Égypte en vue des élections législatives du 29 novembre prochain, Al-Qaida est aussi bien présente dans les pays du Maghreb et les talibans s’imposent toujours en Afghanistan ?

En 2010, l’idéologie spécifique des Frères musulmans prospère dans ce contexte international multiforme et défaitiste. Sur ce plan, la mouvance des Frères musulmans est fort habile et nous ne pouvons pas nous permettre de rester dans l’expectative. Taguieff, souligne « la puissante volonté de ne pas savoir qui entraîne les hommes, alors même qu’ils sont menacés et peut-être d’autant plus qu’ils se sentent menacés, à fermer les yeux devant le réel ». En sommes-nous arrivé là ?

En 2007, Tawfik Hamid, un ancien membre de l’organisation islamiste égyptienne Gama’a al-Islamiyya et qui avait déchanté, dénonçait vivement dans le Wall Street Journal ces Occidentaux qui (par naïveté, par indolence ou par manque de lucidité) « trouvent des excuses politiquement correctes à l’islamisme ». Selon Hamid, si les musulmans dits éclairés prennent position contre l’islamisme, les non-musulmans doivent montrer autant de courage intellectuel. La complaisance de ces Occidentaux envers les islamistes est le meilleur levier de leurs actions en Occident.

Problème d’image ?

Sommes-nous bien outillés pour décrypter le message des Frères musulmans qui se situe tout à la fois dans le discours religieux, politique, culturel et associatif comme une « pragmatique de l’action » ? Aujourd’hui les Frères travaillent finement les paramètres de l’offre communicationnelle sur un registre tout à fait particulier sur trois plans. 1- Les préoccupations de dénonciations de l’invasion impérialiste occidentale sont vues sur un mode plus mineur (mais sans l’occulter totalement). 2- Une affirmation identitaire individuelle et collective, fière du système de pensée islamique (vu comme plus juste légitime et équilibré) appelée à se faire connaître le plus efficacement possible avec le minimum « d’effet collatéral ». 3- Une meilleure quête de reconnaissance comme acteurs positifs de la part de la société qui l’environne en vue d’un faire-valoir institutionnel.

Cette stratégie de communication est très utile afin de passer pour un interlocuteur sérieux, ouvert et crédible, éloigné du wahhabisme de l’Arabie Saoudite. Car les Frères (et leurs sympathisants) n’affichent plus aussi ouvertement l’application pure et simple de la charia dans le système juridique étatique européen (a fortiori en Amérique du Nord). Ils se limitent, là où il le peuvent, à une pédagogie de l’exemple qui met en sourdine un moment le projet mythique islamiste global pour faire bloc sur des concessions venant de l’Occident en apparaissant plus fermement comme la référence en matière islamique au sein des communautés musulmanes d’Occident.

Nous nous inquiétons pour les musulmans résolument anti-islamistes qui vivent au milieu de nous. Le raffermissement du courant islamiste fait reculer leur liberté d’action. Il faut pourtant insister: en Occident, tant qu’il y aura des musulmans démocrates qui s’opposeront à ces organisations d’esprit totalitaire, nous pourrons dire que ce combat n’est pas perdu. Mais pour le moment, et par le levier de cette conférence, les groupes s’inspirant des Frères musulmans aspirent à une notoriété qui contribuera à encercler et bâillonner leurs adversaires dans la communauté musulmane. Cela devrait être une source d’inquiétude.

Source: Point de Bascule