Francaisdefrance's Blog

18/12/2011

Christianophobie: il faut arrêter de se taire !

Elle existe, partout; mais il est de « bon ton » d’éviter d’en parler… L’islamophobie, en revanche, est un crime contre l’humanité !

FDF

.

Massimo Introvigne : « Si elle continue à se taire sur la persécution des chrétiens, l’Europe risque un naufrage moral »

Le service français de l’agence Zenit de Rome, vient de mettre en ligne la traduction par Anne Kurian d’un entretien accordé à l’association Aiuto alla Chiesa che Soffre (la branche italienne de l’organisation inernationale Aide à l’Église en Détresse, désormais Fondation pontificale) et publié le 14 décembre sur le site italien Vatican Insider, de Massimo Introvigne. Le professeur Massimo Introvigne, fondateur en 1998 du CESNUR (Centro Studi sulle Nuove Religioni, centre d’études sur les nouvelles religions), est le représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour ce qui traite des crimes contre les chrétiens. Il était présent à la conférence qui vient de se tenir à Moscou sur la christianophobie, conférence cofinancée par Aide à l’Église en Détresse.

Professeur Introvigne, ces derniers jours nous avons entendu parler de liberté religieuse et de crimes contre les chrétiens dans deux importantes rencontres internationales à Moscou et Istanbul. D’autres évènements ont été organisés à l’occasion de la réunion annuelle des 56 ministres des affaires étrangères de l’OSCE en Lituanie. Quelle est l’importance de l’information en matière de crimes contre les chrétiens?
Les évènements cités – parmi lesquels des dialogues avec des représentants de la société civile des pays concernés par le “printemps arabe” – nous ont permis de déterminer dans l’information un des problèmes centraux dans la lutte contre la persécution et la persécution des chrétiens. Partout on écoute volontiers les histoires des victimes et on leur exprime de la sympathie, souvent avec une émotion sincère. Les victimes sont par définition sympathiques. Mais il y a beaucoup plus de réticence à identifier clairement les persécuteurs, en les appelant par leur nom et leur prénom. Il s’agit souvent de partenaires économiques ou de pays puissants du point de vue politique ou militaire, qu’on ne souhaite pas mécontenter. Et l’on recourt à des euphémismes et des métaphores qui souvent laissent l’impression que les chrétiens se persécutent tout seuls.
Durant votre intervention à la rencontre moscovite, vous avez dit que si elle continue à se taire l’Europe risque  un “naufrage moral et spirituel, plus nocif encore que la crise économique”. Comment peut-on l’éviter?
J’ai pris prétexte de l’exposition sur la peinture italienne du 19e en Corse à l’Hermitage de Saint-Petersbourg, faisant remarquer un des thèmes qui s’est transmis de la peinture italienne à la peinture russe au 19e siècle: le naufrage. Si elle continue à se taire sur la persécution des chrétiens, par peur d’offenser les persécuteurs – même s’ils nous fournissent le pétrole ou achètent nos bons du trésor -, l’Europe risque en effet un naufrage moral. De nombreuses initiatives peuvent être prises sur le plan diplomatique, mais la première doit être de ne pas se taire et de fournir des informations fiables.
Lors des deux journées russes, a émergé la nécessité d’un centre de contrôle et de centralisation des données sur les discriminations contre les chrétiens auquel collaboreront activement les institutions ecclésiastiques…
Pour la centralisation des données sur les crimes de haine, également contre les chrétiens, l’OSCE a déjà un mécanisme, qui fonctionne bien lorsque les Etats participants envoient régulièrement les données. Malheureusement, tous ne le font pas. Il y a également des initiatives non gouvernementales qui offrent des chiffres mis à jour en permanence et très fiables et qu’il faut valoriser. De ce point de vue, il faut souligner la contribution importante de l’AED, en particulier avec ses rapports périodiques sur la liberté religieuse dans le monde.

Le patriarche Kirill a souhaité aussi l’institution d’un dispositif complet et efficace pour la protection des communautés chrétiennes et des chrétiens, par la création d’un organisme consultatif auprès des Nations Unies. Quelles seront les fonctions de cet organisme?

J’ai pu discuter de l’éventuel organisme consultatif avec les représentants du patriarcat de Moscou. Je dois préciser que l’idée rencontre quelques résistances de la part de l’ONU, qui préfèrerait déléguer la compétence à l’UNESCO. Selon le primat de l’Eglise russe, ce devrait être un organe de coordination et de vigilance capable de porter non seulement la voix des chrétiens, mais aussi celle de toutes les victimes de discriminations et persécutions religieuses. Clairement – et le problème est bien présent au patriarcat – il est nécessaire d’éviter tout relativisme. Cela ne doit pas être un “ONU des religions”, mais un organisme focalisé sur les discriminations et les persécutions religieuses, pour les prévenir et les combattre, au plan juridique et diplomatique.
Cette année vous avez été nommé représentant de l’OSCE pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination auxquelles sont confrontés des chrétiens. Votre présence et celle des deux représentants contre l’antisémitisme, le rabbin Andrew Baker, et l’islamophobie, le sénateur Adil Akhmetov, montrent l’attention du président Aubalis au thème de la liberté religieuse. Quel est le bilan de 2011?
Selon Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, cette année l’OSCE a obtenu «d’excellents résultats» dans la lutte contre les persécutions des chrétiens. Bien que l’attention mondiale se soit limitée aux duels entre Hillary Clinton et le ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov sur les irrégularités des élections en Russie, au cours des rencontres de l’OSCE à Vilnius, les références intéressantes à la liberté religieuse n’ont pas manqué. A cette occasion le secrétaire d’Etat américain a demandé aux gouvernements élus à la suite du “printemps arabe” de respecter les minorités religieuses. J’ai moi-même relevé de nombreuses fois qu’en Afrique du nord les chrétiens ne se contentent pas de la simple tolérance. Il est urgent, suite aux révoltes, de protéger aussi les lieux de culte, spécialement ceux des minorités. Cela peut sembler un objectif de seconde importance, mais ça ne l’est pas. Et de nombreux pays de l’OSCE soutiennent l’idée d’une convention internationale pour la protection des édifices de culte et des cimetières. Parce que qui détruit les églises veut tuer l’âme des communautés chrétiennes, et qui cherche à tuer l’âme n’aura pas non plus de respect pour le corps et la vie des chrétiens.
A Moscou le métropolite Hilarion, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès des institutions européennes, a cité le refus de l’Europe de son identité chrétienne parmi les causes de la persécution des chrétiens. Il a aussi critiqué l’“esprit de correction” de certaines politiques européennes plus centrées sur l’inadmissibilité de l’antisémitisme et de l’islamophobie, que sur les  discriminations contre les chrétiens. Etes-vous d’accord?
Bien que personne ne veuille mettre sur le même plan les massacres en Egypte ou au Pakistan et les épisodes européens où les églises chrétiennes sont ridiculisées ou marginalisées, en Europe nous avons des cas toujours plus fréquents d’intolérance et de discrimination contre les chrétiens. Le patriarche Kirill comme le métropolite Hilarion ont particulièrement insisté sur ce point. Le métropolite a rappelé la tentative d’exclure le crucifix des salles de classe dans les écoles italiennes. Il ne me semble pas prudent d’opposer la lutte contre l’antisémitisme et contre l’intolérance et les discriminations contre les musulmans à celle pour les droits des chrétiens. Et l’OSCE, à travers les trois représentants que nous sommes, cherche à montrer de manière visible que ces trois luttes sont d’égale importance aussi d’un point de vue politique et diplomatique.
Quelles sont les formes de discrimination dans le monde occidental ?
Comme l’a rappelé durant la rencontre moscovite Mgr Erwin Josef Ender, le pape a fait sienne l’expression «christianophobie» inventée par le juriste juif des Etats-Unis Joseph Weiler, justement à propos de l’Occident. Benoît XVI a souvent relevé comment «déplaçant notre regard de l’Orient vers l’Occident» nous nous trouvons face à d’autres types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse. Ce sont là des pays où l’on donne une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais dans lesquels la religion subit une marginalisation croissante et où elle est considérée comme facteur extérieur à la société moderne. Comme pour les limitations aux objections de conscience en matière d’avortement, on en arrive à exiger que les chrétiens agissent en contradiction avec leurs convictions religieuses et morales. La «christianophobie» est aussi manifestée par les menaces à la liberté d’éducation et par l’aversion administrative envers les écoles chrétiennes. Par exemple dans les pays européens où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civile qui transmettent des conceptions de la personne et de la vie soi-disant neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la raison droite.
L’intolérance est un fait culturel et la discrimination une donnée juridique. Mais ce sont les deux premiers stades d’un chemin inscrit sur un plan incliné et qui, s’il n’est pas arrêté à temps, conduit fatalement à la troisième étape de la violence et de la persécution.
Source: http://www.christianophobie.fr/

10/12/2011

« ILS » ont peur…

Et « ILS » ont raison d’avoir peur… A force de trop tirer sur la ficelle.

Témoin cet article paru chez Oumma.com qui reflète bien cette peur déguisée en élucubrations sur-phrasées dignes d’animaux traqués. Jusqu’à mélanger République et islam; exemple d’une incompatibilité plus que logique.

Et pourtant, la résistance ne traque personne; elle tente de faire savoir la réalité. Et ça, « ILS » n’aiment pas…

FDF

.

De l’islamophobie à l’islamoparanoïa

LA DÉRÉLICTION DU LANGAGE ISLAMO-RÉPUBLICAIN

Face à la difficulté du repérage clinique de la paranoïa, du fait de sa cohérence logique, le célèbre psychiatre-psychanalyste Jacques Lacan a défini un nouveau critère diagnostique de la psychose : « la présence de troubles du langage » (7). Le néologisme en est le prototype : le délirant a besoin de créer de nouveaux mots pour penser et communiquer la néo-réalité imaginaire qu’il est le seul à vivre. Mais dans un délire collectif, les sujets possèdent déjà une langue commune, qu’ils réutilisent en la subvertissant de sa signification originelle. Et l’islamoparanoïa est précisément cela : un révisionnisme sémantique systématique des signifiants fondateurs de la République et de l’islam.

La « laïcité » a subi une terrible inversion sémantique qui en fait désormais le plus perverti des concepts républicains. L’article premier de la loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat, l’avait défini comme une obligation de l’Etat, requis d’ « assurer la liberté de conscience » et « le libre exercice des cultes », lesquelles supposent la liberté d’expression religieuse des citoyens, y compris par le port de tenues et signes religieux dans l’espace public. Cette obligation s’est inversée en quelques années, la laïcité devenant un devoir incombant aux seuls citoyens, sommés d’être « neutres », désubjectivés, d’exercer leur liberté religieuse dans le seul domaine où elle n’a plus de sens, parce qu’elle va de soi : la « sphère privée ». Dérive totalitaire transformant les citoyens en marionnettes désubjectivées, malléables à merci.

Le « voile » islamique (hijab) a subi une inversion sémantique similaire. Le drame de la loi anti-voile de 2004 n’est pas tant d’avoir interdit le port d’une tenue traditionnelle que d’avoir nié que cette tenue en soit une en en faisant un « signe religieux ostensible ». La signification du voile s’en est, depuis, trouvée inversée : il ne sert plus à « voiler, cacher » (hajaba) une partie du corps – avec ce que tout vêtement signifie d’un rapport au corps et à la sexualité dont chacun est libre en démocratie, y compris les adolescentes – mais, avec l’adjectif quasi néologique « ostensible », à « montrer, exhiber » son appartenance religieuse !

Ce révisionnisme a ouvert la porte à nombre de dérives. Au début de l’année 2010, au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, des lycéennes se sont retrouvées exclues de cours, sans grand émoi dans l’opinion publique, au seul motif qu’elles étaient habillées, ont expliqué les responsables pédagogiques, de « longues robes noires » : décider que devient « signe religieux ostensible » tout vêtement en usage dans tel groupe religieux, c’est ce que, dans le jargon psychiatrique, on nomme précisément un « trouble du langage ».

On peut multiplier à l’envie le répertoire de cette déréliction du langage dans le discours sur l’islam. La « chari’a », nom de la Loi en islam, correspond, dans l’imaginaire collectif, à une Anti-Loi, une Loi antinomique, autorisant la décharge sans limites de toutes les pulsions sexuelles et agressives de l’homme (polygamie, répudiation et lapidation des femmes, main coupée du voleur, meurtre de l’infidèle). On s’obstine à traduire « jihâd » par « guerre sainte », quand bien même les islamologues s’épuisent à rappeler qu’il signifie littéralement « effort » vers Dieu, que l’archétype en est, conformément à un célèbre hadîth, le « Grand Jihâd », la lutte spirituelle contre l’égo passionnel.

Quant à la religion musulmane, le psychanalyste Fethi Benslama constate même qu’il n’existe plus, depuis la fin des années 90, de signifiant pour la désigner : le terme « islamisme », qui depuis le XVIIe siècle avait cette fonction, a été confisqué au profit de la nomination des mouvements politiques activistes et extrémistesii. Ne subsiste, partant, qu’un terme fourre-tout, « islam », lieu de tous les malentendus, désignant, selon le contexte, le dogme, les peuples, la civilisation, voire les dérives extrémistes (8)de cette foi, et qui, in fine, est devenu le nom d’un frisson. L’ensemble de ces dérives sémantiques explique qu’il n’est plus possible de parler sereinement de l’islam dans l’espace social, le langage perverti nous plongeant d’emblée dans le malentendu.

L’« ISLAMOPARANOÏA » : LA CRISE SYMBOLIQUE DE L’OCCIDENT

Ce négationnisme linguistique nous indique que nous sommes bien dans le processus d’exclusion propre aux psychoses, celui que Lacan, par opposition au « refoulement » névrotique, a théorisé, dans une thèse devenue célèbre, comme « forclusion du Nom-du-Père » (9). Le psychanalyste indique par cette expression que le sujet délirant se met à décompenser au moment où il rencontre dans sa vie des signifiants liés au registre sémantique de la paternité en tant qu’il est le registre de la Loi symbolique.

Ces signifiants, inassimilables pour son psychisme, en sont alors « forclos », exclus. Or l’islamoparanoïa se réactive précisément chaque fois qu’un fait d’actualité amène la conscience « occidentale » à rencontrer en l’islam cette dimension patriarcale de la Loi : en témoignent la récurrente butée sur la question de la chari’a, mais aussi sur les interdits sexuels (le voile), les obligations rituelles (prière du vendredi, construction de mosquées), les interdits alimentaires (le halal, l’alcool).

Les élites européennes sont ainsi devenues psychiquement incapables de concevoir que des femmes puissent décider librement de fixer des limites à leur propre sexualité en se voilant, par quoi elles signifient aux hommes que s’ils veulent avoir quelque commerce sexuel avec elles, ils devront en passer par la Loi symbolique, à savoir le mariage. Dès lors, intellectuels, politiciens et médias n’ont d’autre possibilité que de délirer en voyant dans le voile un symbole de soumission, subi ou inconscient, ou un signe prosélyte.

Les mêmes ne peuvent non plus admettre que des hommes soient à ce point animés de spiritualité qu’ils préfèrent se prosterner, faute de place dans les mosquées, dans des rues sordides, plutôt que de renoncer à l’obligation rituelle de la prière du vendredi. C’est, énoncent-ils doctement, un geste d’affirmation identitaire, alors qu’au contraire, pour la majorité des fidèles, prier dans ces conditions constitue une humiliation narcissique.

Nous vivons dans des sociétés post-modernes, marquées par ce que le psychiatre-psychanalyste Charles Melman nomme le « libéralisme psychique »(10), où plus aucune limite ne doit venir contrarier le désir, autrement dit l’assouvissement des pulsions sexuelles, scopiques (désir de voir et d’être vu) et alimentaires. Partant, une religion, qui tel l’islam, continue d’articuler ces pulsions aux interdits d’une loi morale est devenue pour beaucoup incompréhensible, inassimilable, forclose. Et c’est pourquoi son nom même – tout comme le nom de son rejet – est désormais forclos, aboli, ce qui conduit Fethi Benslama à l’écrire désormais en le barrant : islamisme (11). Il y a donc bien un « choc des civilisations » : non pas, cependant, entre l’Islam et l’Occident, mais au sein de la civilisation occidentale, qui a mis en œuvre, assez récemment, une « nouvelle économie psychique » (12), liée à la fin des idéologies, au désenchantement du monde et à la déchristianisation.

Dans cette « société du spectacle », pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Guy Debord, où l’idolâtrie de l’image et de l’émotion s’est substituée au Verbe des religions monothéistes – en tant que Logos grec, simultanément « parole » et « raison » -, une religion qui demeure symboliquement structurée par l’interdit de la représentation et le primat de la raison est devenue anachronique.

L’islamoparanoïa n’est peut-être alors qu’un nom de la « psychose sociale », cette « actualité paranoïaque » (13), qui en tant que nouveau « malaise dans la civilisation » a pris la place de la névrose sociale de jadis. Au pessimisme de Freud voyant l’Homme réduit à l’insatisfaction du fait de la loi morale et religieuse succède désormais, à l’inverse, la promesse d’un bonheur absolu faite par l’économie et les techno-sciences, où la jouissance sans limites a remplacé le désir en tant qu’articulé à la Loi.

L’ISLAMOPARANOÏA : LA CRISE NARCISSIQUE DE L’EUROPE

Pourtant, ce libéralisme psychique, qui est le fondement du libéralisme économique, concerne l’ensemble du « monde occidental » et ne suffit pas à expliquer la rupture que constitue l’islamoparanoïa européenne avec l’islamophobie américaine. Certes, la permanence d’une forme sentimentale de la religiosité au pays de l’Oncle Sam y maintient un certain ordonnancement pseudo-symbolique, pseudo-patriarcal, du lien social, et rend la présence de l’islam moins anachronique. Mais si cette crise du symbolisme est plus marquée dans la vieille Europe, c’est qu’elle se traduit, s’historicise, par une crise narcissique identitaire.

Pour le comprendre, il importe de repérer la nature de l’angoisse inconsciente sous-jacente à cette islamoparanoïa. Un sondage IFOP pour Le Monde, paru en décembre 2010, nous la dévoile sans ambiguïté : l’islam est, pour plus de 40% des Français et des Allemands, « plutôt une menace pour l’identité de notre pays ». Une telle angoisse identitaire est propre au psychotique. Le névrosé ne se sent menacé dans son identité, même face au serpent ou à la foule qui l’angoisse. Le psychotique en revanche est taraudé par une angoisse mortifère, dite « de destruction » ou « de morcellement ». Là où chacun voit dans le miroir une image unifiée de soi-même, lui n’y voit qu’une image brisée, un corps morcelé, il a sans cesse peur de perdre son identité. Il a échoué à l’épreuve de ce que Lacan nommait le « stade du miroir », par laquelle chacun, normalement, se dote de la dose nécessaire et suffisante de narcissisme dont il a besoin pour vivre.

Or c’est bien une telle crise narcissique, identitaire, qui s’exprime à travers l’islamoparanoïa européenne depuis le début des années 2000 et qui se cristallise autour du « débat sur l’identité nationale ». L’idée s’est répandue partout que l’islam menace l’identité nationale, risque d’éradiquer la démocratie, les valeurs républicaines, la laïcité, l’égalité des sexes. L’anéantissement de soi par invasion de l’Autre est devenu un thème récurrent : Marine le Pen assimile les prières de rue à « l’occupation du territoire », Claude Guéant juge que « l’accroissement du nombre de fidèles (musulmans) et un certain nombre de comportements posent problème », l’ « islamisation de l’Europe » est devenue une certitude. Cette angoisse identitaire est nouvelle. Elle n’existait pas dans le racisme des années 70 ou 80 où l’immigré musulman, avec la fin du plein emploi, était perçu comme un simple rival économique, venant « manger le pain des français ». Nous sommes ainsi passés de l’islamophobie économique à l’islamoparanoïa identitaire.

Le célèbre psychanalyste anglais Winnicott rassurait ses patients psychotiques en leur disant qu’ils n’avaient à craindre de personne une destruction d’eux-mêmes, puisque leur identité, ils l’avaient déjà perdue, ils étaient déjà morts psychiquement : l’angoisse de morcellement est la « la crainte d’un effondrement qui a déjà été éprouvé » (14). Cette thèse s’accorde parfaitement au constat fait par Raphaël Liogier, Professeur à Sciences Po Aix, Directeur de l’Observatoire du religieux, pour lequel « l’islamophobie » est devenue le « symptôme » d’une « décadence européenne » déjà consommée (15).

Pour le sociologue, les années 2000 marquent un « tournant » où la « crise économique et sociale » de l’Europe des années 80 s’est mutée en une « crise symbolique », narcissique, liée à la globalisation. D’une part, à l’international, l’Europe a vu s’effondrer son autorité morale et politique – en témoigne le conflit irakien – au même titre que son économie, dépassée par l’Inde et la Chine. D’autre part, en interne, l’échec des différents processus d’unification (Euromed, Union Méditerranéenne, Constitution européenne) a créé des angoisses identitaires au sein des nations esseulées : chacune a pris conscience de son insignifiance en tant que nation sur la scène internationale. Et la France plus que tout autre, qui a en outre perdu son prestige intellectuel et culturel d’antan.

La haine du musulman a alors pour fonction de restaurer le narcissisme brisé des nations européennes. Freud avait vu juste, qui définissait le délire comme une « tentative de guérison une reconstruction » (16) . Incapable de s’identifier positivement à une Loi symbolique commune au travers d’un Idéal collectif – religieux, moral, rationnel, juridique ou politique -, les peuples européens n’ont d’autre choix que de se doter d’une identité en négatif qui consiste à nier la Loi patriarcale de l’islam. Prenant la tête de la « croisée », la France cherche alors à retrouver sa position patriarcale de « Patrie des Droits de l’Homme » et des « Lumières », en votant, au nom de ces mêmes fondements symboliques, des lois d’exception contre les musulmans.

LA « MUSLIM PRIDE » : UNE THÉRAPIE SOCIALE CONTRE L’ISLAMOPANOÏA

La renomination que nous proposons du racisme antimusulman par le terme « islamoparanoïa » en lieu et place de l’ « islamophobie » a pour enjeu fondamental de définir une politique militante spécifique. Un diagnostic différentiel n’a de sens qu’à déboucher sur une thérapeutique différenciée. La « Muslim Pride », telle que l’a théorisée Raphaël Liogier dans son appel programmatique lancé en avril 2011 (17), nous semble en mesure d’incarner cette thérapie sociale qu’il est urgent et nécessaire de mettre en œuvre pour lutter contre l’islamoparanoïa.

La voie de la guérison suppose que la France et l’Europe retrouvent confiance en leurs valeurs citoyennes, leurs lois et leurs institutions. Mais dans ce climat passionnel, irrationnel, où prime le déni de la réalité, les solutions qui passent par la voie de la raison sont d’emblée vouées à l’échec. C’est qu’on ne soigne pas le délirant en tentant de lui démontrer le caractère déraisonnable de son propos et de ses conduites. Dès lors, qu’il s’agisse de la négociation diplomatique avec l’Etat français, ou du combat juridique pour permettre aux jeunes filles et femmes voilées discriminées à l’école ou au travail de recouvrer leur droit, ou encore de la participation à des débats télévisés, où quoi qu’il dise, le musulman n’est là qu’à titre de bouc émissaire d’un

spectacle de mise à mort, toutes ces stratégies défensives, si elles sont nécessaires, ne peuvent suffire à changer la donne.Il est par ailleurs indifférent au paranoïaque que son persécuteur se taise ou réagisse. S’il se tait, c’est la « preuve » qu’il « complote » en secret contre la République ! S’il se montre citoyen, il est accusé de tenir un « double discours » ! S’il manifeste son mécontentement, il est taxé de « communautariste » !

Seul un grand mouvement social fondé sur l’émotion sera à même de fixer des limites symboliques au déchainement des passions. La « Muslim Pride » propose ainsi de se jouer avec humour des préjugés sur l’islam et de substituer au « musulman métaphysique » les musulmans réels dans leur diversité sociale, ethnique, culturelle et cultuelle. Cette Muslim Pride sera d’abord culturelle, artistique, avant que d’être politique. Puisque la raison est impuissante à renouer le contact avec la réalité déniée de l’islam, peut-être l’émotion artistique y parviendra-t-elle, par l’entremise de la musique, d’expositions, de films, de pièces de théâtre, etc.

L’enjeu est de taille : il s’agit pour les citoyens, quelles que soient leurs confessions ou absence de confessions et leurs orientation politiques, d’oser, à travers la défense de la pratique de l’islam, réhabiliter une certaine idée de la République et de l’identité européenne, celle où le lien social repose non sur l’exclusion – communautariste – du dissemblable, mais sur la reconnaissance de l’altérité, qu’elle soit sexuelle, religieuse, philosophique ou politique. La si souvent décriée fraternité islamique pourra t’elle s’unir à la si souvent oubliée fraternité républicaine ? Une « Muslim Pride » pour faire de « Liberté, égalité, fraternité » l’isthme qui conjoint l’Islam et la République ? Tout dépendra de l’aptitude des musulmans et de leurs grandes organisations à sortir de leur dépression collective, traumatique et réactionnelle à l’islamoparanoïa, où la honte d’être soi, l’aboulie de la volonté, l’apathie et l’inertie, les laissent depuis une dizaine d’années totalement impassibles face à la persécution institutionnalisée.

Source: Oumma.com

09/11/2011

Afrique – Une jeune fille convertie évite la lapidation.

Elle a choisi la vie… En fait, on ne lui a pas donné le choix. Bande de malades mentaux !!!

FDF

.

Photo d’illustration

Un récit poignant publié par Portes Ouvertes

Quand la famille de Shadiya a appris sa conversion, elle l’a mise devant un choix radical : renier sa foi ou être lapidée.

Shadiya est une chrétienne de l’ombre de 18 ans qui vit en Afrique du Nord. Elle s’est convertie en 2011. Ce choix lui a très vite causé des problèmes. Un jour, la jeune fille a oublié de cacher sa bible et son père l’a trouvée. Shadiya a refusé de mentir et a confessé courageusement qu’elle était devenue chrétienne. Pour sa famille, cette conversion signifie qu’elle a renié son identité, trahi sa famille ainsi que toute la communauté musulmane ! Shadiya a été battue, et considérée comme impure.

Mais malgré tout, elle est restée fidèle à Jésus. Devant son refus de revenir à l’islam, son père est allé demander l’aide d’un imam local. Ensemble, ils ont placé la jeune fille face à un choix radical : renier publiquement sa foi ou être lapidée par la communauté.

La pression était trop forte pour Shadiya. Elle a accepté de renier publiquement sa foi chrétienne. Elle continue à croire en secret, mais est malheureuse de ne pas avoir eu le courage de tenir ferme face à l’oppression. L’histoire de Shadiya montre à quel point les chrétiens de l’ombre ont besoin de nos prières pour tenir bon.

Merci à Vendger…

23/05/2011

Stigmatisation et délires de persécution…

Et ça pleure, ça se plaint, ça stigmatise. Il faut savoir une chose: l’islamisation de NOTRE France ne se passera pas sans heurts… Qu’on se le dise !

FDF

.

Délire de persécution pour les étudiants de « l’Institut français d’études et de sciences islamiques »

« Quatre étudiants d’un institut islamique ont été interpellés et placés en garde à vue samedi soir alors qu’ils manifestaient devant la mairie de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) pour la réouverture de leur école, a-t-on appris dimanche de source policière. Depuis la fermeture le 26 avril de l’Institut français d’études et de sciences islamiques (Ifesi) pour non respect des normes de sécurité, des étudiants manifestent tous les week-ends à Boissy-Saint-Léger pour exiger sa réouverture et dénoncer le «climat d’islamophobie» en France. Samedi, environ quarante personnes se sont réunies devant la mairie de Boissy, provoquant l’intervention de policiers pour «disperser un mouvement non déclaré, qui occupe la place publique», a-t-on précisé de source policière. Après une plainte du rectorat, l’Ifesi, qui dispense des cours de «sciences islamiques et d’arabe», est depuis décembre 2010 au coeur d’une enquête d’un juge d’instruction de Créteil qui a mis en examen son directeur pour «abus de confiance», «travail dissimulé» et «mise en danger de la vie d’autrui» pour non respect des normes de sécurité. Créé en 2001, l’Ifesi accueille environ 300 élèves majeurs le soir et les week-ends et est exclusivement financé par les frais d’inscription. »

Cette affaire révèle plusieurs traits de la psychologie des militants musulmans :

– Ils ne supportent aucune remise en cause de leur fonctionnement interne par un pouvoir aux mains des infidèles.

– Ils sont persuadés d’être les dépositaires d’une « science » et en tirent orgueil, vanité, sentiment de supériorité.

– « L’islamophobie » est forcément la raison de toute critique, même fondée, de leur comportement, même délinquant.

Source: http://www.islamisation.fr/

13/02/2011

Pakistan : un jeune chrétien torturé et tué par son employeur musulman !

L’amour, la paix et la tolérance continuent… Et chez les Droits de l’Homme, personne ne bouge ???

FDF

.

 

Pakistan. 

Imran Masih, jeune chrétien du Punjab a été torturé et tué par son employeur, un riche propriétaire foncier musulman. Selon la « All Pakistan Minorities Alliance » (APMA), « de tels épisodes se succèdent dans un contexte de discrimination sociale et religieuse dans lequel les riches musulmans pensent pouvoir disposer de la vie des chrétiens qui se trouvent au dernier rang de l’échelle sociale et sont traités comme des objets, victimes sans défense des violences ».

Imran Masih, 24 ans, habitait le village de Nut Kallan et était employé depuis deux ans comme chauffeur par Mohammad Masood, riche propriétaire du district de Gujranwala au Punjab. Le 5 février dernier, Imran ne s’est pas rendu au travail pour raisons de santé. Le lendemain, à son retour, il a été roué de coups et torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après quoi, Masood et ses complices ont remis le corps d’Imran à son père, Lal Masih, lui aussi employé au sein de la même propriété, en affirmant que le jeune homme s’était suicidé.

Le père ne croyant pas à cette version, notamment aux vues des nombreuses traces de coups présents sur le corps de son fils, s’est rendu au commissariat de police pour porter plainte pour meurtre. La police locale a cependant cherché à l’en dissuader, suite aux pressions exercées par l’influent Masood.

C’est seulement après l’intervention des militants de l’APMA, qui ont organisé une manifestation à Gujranwala, bloquant les rues et attirant l’attention des autorités, que la police a accepté officiellement le dépôt d’une plainte pour homicide à l’encontre de Mohammad Masood et de deux complices.

Imran Masih a été enterré le 8 février à Nut Kallan.

Côme Dubois (source : AED)(via christianophobie)