Francaisdefrance's Blog

20/08/2010

Lettre ouverte à Jean-François Kahn…

Reçu par mail. J’apprécie…

FDF

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Un correspondant, Jean Lupin, a adressé le 16 août la lettre ouverte
suivante à Jean-François Kahn, journaliste, écrivain et homme politique,
ancien directeur de l’hebdomadaire d’information « Marianne »:

Cher Jean-François Kahn,

Vous semblez appartenir à la catégorie des « hommes de bonne volonté ».  Vous
seriez un peu voltairien, au sens noble du terme, que cela ne m’étonnerait
pas. A vous écouter, on peut croire que vous êtes libre de dire et d’écrire
ce que vous pensez. Vous donnez l’impression d’être enclin à défendre, quoi
qu’il doive vous en coûter, ce qui, à tel moment de votre  vie, vous semble
objectivement vrai ou vraisemblable, et donc  défendable.

Le 11 août dernier, au cours de l’émission « C dans l’air », vous avez
nettement pris parti en faveur de la liberté d’expression. On vous a entendu
dire: « Je lui reconnais le droit de le dire… » ou encore: « J’ai un âge où
je peux dire ce que je considère comme la  vérité ». Je ne vous garantis pas
l’exactitude de ces termes mais tel  était bien l’esprit de votre discours.

L’auditeur a plaisir à entendre de tels propos, qui le réconcilient avec
un monde si rarement honnête, celui de la presse.

Evidemment, comme le disait Alain, cité par Beuve-Méry, « l’objectivité
n’est qu’une subjectivité désintéressée »
. Pour votre part, à ce qu’il
semble, vous ne défendez aucune chapelle, vous ne vous inclinez devant aucun
tabou et vous passez outre aux interdits. Je dis bien « à ce qu’il semble »;
aussi vais-je vous mettre à l’épreuve.

Une pétition circule en ce moment pour défendre la liberté d’expression.
Elle a été lancée par un homme qui, là encore, à ce qu’il  « semble », est
honnête et courageux. Cet homme n’est autre que l’historien Paul-Eric
Blanrue, l’impavide auteur, tout récemment, d’un ouvrage riche
d’informations précises et circonstanciées sur notre actuel président de la
République. Cette pétition prend la défense d’un citoyen français victime
d’une forme moderne de l’Inquisition qu’on appelle couramment la « loi
Gayssot ». Usant d’arguments imparables dans un Etat de droit, dans une
démocratie, dans un pays civilisé, et appuyée des références qui s’imposent,
cette pétition demande l’abrogation de « la loi Gayssot » et  le
rétablissement de la liberté d’opinion si chère à la nation française.

Voltaire et Zola l’auraient probablement signée. La signerez-vous? Et,
ce faisant, vous verra-t-on brandir dans « Marianne » ou ailleurs le  flambeau
de la liberté de la presse, d’une presse qui refuse de respecter un  tabou
devenu délétère: l’intouchabilité de la communauté juive. Sur un point
d’histoire délicat Vincent Reynouard a eu l’audace de se poser des
questions, d’engager des recherches et d’obtenir des résultats qu’il a
ensuite voulu porter à la connaissance de ses concitoyens. Ces résultats
vont, certes, à l’encontre de la vérité officielle mais ils se trouvent être
vérifiables et donc discutables. Père de huit enfants et pauvre, Vincent
Reynouard est poursuivi en justice sur le fondement de « la loi Gayssot »,
condamné à un an de prison ferme ainsi qu’à une très lourde amende. Il est
actuellement incarcéré en Belgique et sur le point d’être, grâce au mandat
d’arrêt européen, extradé vers la France. Et tout cela parce qu’il s’est
exprimé « sans haine et sans crainte » sur un sujet TABOU, en une époque  qui
prétend défendre l’homme contre les tabous, et dans une Europe qui se  croit
civilisée, humaniste et, pour beaucoup, marquée de culture chrétienne.

Jean-François, je crains que vous ne puissiez vous engager dans cette
voie car vous seriez aussitôt diabolisé. Et pourtant, si vous lisiez
attentivement quelques-uns des mille ouvrages consacrés au sujet dont traite
Vincent Reynouard, vous ne pourriez que vous poser des questions et, pour
finir, vous vous étonneriez d’avoir été si longtemps  crédule.

Pour ma part, en ma qualité de germaniste qui, pendant la seconde
guerre mondiale, a vécu dix-huit mois dans de bonnes conditions au milieu
des déportés du travail dans « l’antre nazie », j’ai mis quarante ans pour
franchir le pas, pour accepter d’ouvrir les yeux, pour rendre à Robert
Faurisson l’hommage que l’histoire lui rendra un jour en raison de son
engagement « sans haine et sans crainte » pour l’exactitude en matière
d’histoire. Il n’a pas connu la prison mais il a subi de lourdes
condamnations et de multiples agressions physiques sans que l’opinion
générale, les journalistes, et vous, personnellement, vous vous en
offusquiez. Des photos de la tentative d’assassinat dont il a été la victime
en 1989 circulent sur internet mais peu de gens paraissent s’en soucier.
Robert Faurisson est obstinément décrit sous les traits d’un personnage
ignoble, un pestiféré ou, pour reprendre l’expression si juste de Dieudonné
– autre victime du même tabou – comme un modèle d’ « infréquentabilité ».

A l’exemple de Paul-Eric Eric Blanrue, nous ne demandons rien de plus
que la liberté de recherche ainsi que la liberté de débats francs et
honnêtes. Une loi-bâillon ne peut être que l’expression d’une volonté
liberticide.

Bien cordialement,

Jean Lupin