Francaisdefrance's Blog

17/03/2012

Vient de paraître : « L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle » par le Dr Jean-Claude Pérez…

Voici un ouvrage qui devrait être très intéressant…

FDF

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« L’arabo-islamisme prétend imposer la charia à toute l’humanité. En mettant en œuvre des techniques de guerre révolutionnaire utilisées en Algérie de 1954 à 1962 et au-delà »

Entretien avec le Dr Jean-Claude Perez

Propos recueillis par Fabrice Dutilleul

Quel rapport entre votre combat passé pour l’« Algérie Française » et la situation actuelle, un demi-siècle plus tard ?

Tout d’abord que je ne confonds pas la religion musulmane avec l’arabo-islamisme. Ceci précisé, reconnaissons que le monde actuel est en train de vivre le développement d’une révolution universelle : la

. Cet arabo-islamisme prétend imposer la charia à toute l’humanité en mettant en œuvre des techniques de guerre révolutionnaire utilisées en Algérie de 1954 à 1962 et au-delà : assassinats, actes terroristes, enlèvements d’hommes et de femmes. Actes terroristes qui, au lieu de provoquer un raidissement défensif et offensif des occidentaux, génèrent une attitude de capitulation devant ces nouveaux conquérants. COMME CE FUT LE CAS EN ALGÉRIE. Il est à redouter ou à espérer qu’une nouvelle OAS, internationale cette fois(*), ne se structure un jour dans le but de libérer le monde d’une soumission programmée de l’univers aux exigences des « Épitres jihadiens. »

(*) L’Organisation Armée Secrète s’opposa par les armes à l’abandon l’Algérie française. Le Dr Pérez en fut un des responsables.

Restez-vous toujours aussi anti-gaulliste ?

Plus que jamais. Car l’évènement souche des drames actuels et futurs, l’incertitude que connaît la nation française, l’appauvrissement indiscutable de celle-ci, le comportement invasif d’émigrés animés d’une volonté de conquête, est illustré par la capitulation de De Gaulle à Evian, le 18 et le 19 mars 1962. Capitulation devant le pire ennemi qui ait jamais attaqué la France depuis le début de son histoire.

Vous imputez, avec insistance, l’abandon de l’Algérie française à une volonté du capitalisme financier international. Éprouvez-vous aujourd’hui encore, une conviction identique ?

À nouveau, je réponds « Plus que jamais ! ». De Gaulle fut un instrument de luxe utilisé par le capitalisme financier pour tirer une balle dans la tête de l’Algérie française ou plutôt une balle dans la tête de la France sud-méditerranéenne, dans le but d’augmenter la valeur ajoutée produite par les investissements du capital financier. Dans la meilleure hypothèse pour lui, on doit affirmer qu’il était animé d’une vue à court terme. Car il ignorait, en particulier, que ces capitalistes étaient loin d’être des génies. Ils capitulent eux aussi, désormais,  en se soumettant à l’argent liquide des grandes banques arabes.

Comment mobiliser l’Occident contre ce processus invasif et mortel ?

Notre envahisseur actuel ne parle que de Dieu et de sa méthode pour nous soumettre. Notre volonté ou plutôt notre aspiration à respecter le message divin, tel que je l’interprète en tant que chrétien, ne m’oblige pas à capituler. Je ne suis résigné que devant l’inéluctable de la mort et de la séparation avec des êtres qui me sont chers.

Mais j’affirme que la défaite de l’Occident n’est pas inéluctable. Loin de là. Il suffit que le monde chrétien affirme sa volonté de vivre en tant que tel. Il suffit que le monde chrétien refuse l’anéantissement que l’on veut lui faire subir.

Pour cette lutte, il n’est pas inutile, bien au contraire, de connaître les motivations et aspirations des combattants de l’OAS. L’OAS qui, grâce à quelques centaines de combattants, a essayé de contrecarrer les agissements de De Gaulle, agent occasionnel et déterminant de l’arabo-islamisme fondamentaliste. En dernière analyse, l’évènement souche du drame que connaît le monde aujourd’hui, c’est la défaite de la France gaulliste en Algérie.

Votre dernier livre, « L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle », entend nous faire comprendre ce que vous appelez « la conjuration permanente contre l’Occident chrétien » ?

Jusqu’à ma dernière heure, je manifesterai ma foi dans ce que nous avons tenté de défendre en Algérie, cette terre qui méritait un autre destin que celui auquel on l’a condamnée. Je manifesterai ma foi dans l’avenir de cet Occident, illustrée géopolitiquement par la péninsule européenne, de l’Atlantique aux États russes frontaliers de l’Afghanistan. 2014 s’illustrera comme une année d’importance majeure pour le destin de l’Occident, de l’Europe, et par voie de conséquence, de la France. Année de la désertion prévue de l’Occident en Afghanistan avec toutes les conséquences qu’aura cet abandon sur la dynamique révolutionnaire arabo-islamiste orientale et universelle.

L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle, Dr Jean-Claude Pérez, Éditions Dualpha, collection « vérités pour l’Histoire », 550 pages, 39 euros.

BON DE COMMANDE

Je souhaite commander :

… ex de L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle (39 euros)

(Également disponible les autres livres du Dr Pérez 🙂

… ex de Debout dans ma mémoire (26 euros)

… ex de Le sang d’Algérie (26 euros)

… ex de Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie (26 euros)

… ex de L’islamisme dans la guerre d’Algérie (35 euros)

… ex de Attaques et contre-attaques (39 euros)

Frais postaux :

Destination France : 5 euros (1 livre)/6 euros (2 livres)/7 euros (3 livres ou plus)

Autres destination : 10 euros (1 livre)/15 euros (2 livres)/20 euros (3 livres ou plus)

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18/07/2011

« LE COMMUNISME, c’est une des seules maladies graves qu’on n’a pas expérimentée sur les animaux. » Coluche.

De quoi lire; et réfléchir…

FDF

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Avec les prémices de la campagne pour les présidentielles refleurissent en cet été frémissant, tels les droseras affamés dans les tourbières, les concepts épouvantails, les bûchers de l’Inquisition et les procès en sorcellerie. Vidée de sens et remplie de haine, l’accusation d’ « extrémisme de droite » est ainsi à nouveau largement utilisée pour brocarder de façon systématique tous ceux qui se situent en dehors du champ des « partis de gouvernement », bien loin donc du Fouquet’s et du Sofitel… donc extrêmement populistes, extrêmement populaires, extrêmement

Du côté des perdants toujours, les familles européennes dont le modèle de vie est dévalorisé et dont les difficultés à se loger et à trouver de bonnes écoles pour leurs enfants sont amplifiées par l’africanisation et l’islamisation.

La majorité invisible, les autochtones, les Français de souche sont les victimes de la situation.

Ils souffrent de discrimination négative et subissent un processus de domestication.

Ils ont perdu leur souveraineté, ils n’ont pas la possibilité de s’exprimer utilement par référendum.

Les hommes politiques qui les gouvernent ne sont pas des hommes d’Etat mais des médiagogues qui gèrent leur carrière

en flattant les médias et en se soumettant à l’idéologie unique.

Face à l’inacceptable, il faut trouver la voie d’une nouvelle dissidence.

Rubrique : Politique / A La Une

Le : 08 Juillet 2011

« Extrême droite »… de l’art de cultiver « une marque épouvantail »

Avec les prémices de la campagne pour les présidentielles refleurissent en cet été frémissant, tels les droseras affamés dans les tourbières, les concepts épouvantails, les bûchers de l’Inquisition et les procès en sorcellerie.
Vidée de sens et remplie de haine, l’accusation d’ « extrémisme de droite » est ainsi à nouveau largement utilisée pour brocarder de façon systématique tous ceux qui se situent en dehors du champ des « partis de gouvernement », bien loin donc du Fouquet’s et du Sofitel… donc extrêmement populistes, extrêmement populaires, extrêmement ordinaires.

Des mots inquiétants…

Il convenait de s’arrêter, l’espace d’un instant, sur cet étrange et vieux réflexe afin d’imaginer (ou tout au moins tenter à nouveau de le faire) la réponse qui doit lui être opposée.

Tout d’abord un passage obligé : le bref rappel historique qui contextualise mais n’instruira pas grand monde. La formule « extrême droite » est née au milieu du XIXe siècle dans les tabernacles d’une gauche fustigeant par ces mots inquiétants l’antiparlementarisme et la nostalgie de l’Ancien Régime. Nous le retrouverons bien plus tard pour qualifier les antidreyfusards, puis le défilé du 6 février 1934 qui comprenait pourtant des ligues d’horizons bien différents, depuis les Camelots du Roi jusqu’à l’Association des anciens combattants communistes !

Les deux partis phares de la collaboration, le PPF (Parti populaire français) et le RNP (Rassemblement national populaire) respectivement dirigés par Jacques Doriot (issu de la SFIO !) et Marcel Déat (issu du Parti communiste !) furent étrangement tatoués à la Libération de cette estampille sulfureuse alors même que les mouvements plus ou moins issus de « l’extrême droite » du cru XIXe s. (L’Action française de Charles Maurras ou les résistants Croix de Feu du colonel de La Rocque) avaient pour leur part assez clairement marqué leur distance avec Vichy et l’occupant.

Pas un mot sur les origines intellectuelles du national-socialisme né à l’évidence dans les éprouvettes fumeuses d’une certaine gauche. Pas un mot sur certains socialistes (parfois lumineux bien que loin des Lumières) : Proudhon, Sorel, Barrès, Vacher de Lapouge, qui ont mis, sans le vouloir vraiment, leur grain de sel à ce grand bouillon d’avant-guerre.

Tout cela fut étonnamment et définitivement « packagé » sous l’horrible et sanguinolente enseigne « d’extrême droite ». L’ombrelle diabolisante sera, bien entendu, à nouveau utilisée lors de la guerre d’Algérie pour qualifier l’OAS et la mouvance nationaliste de l’époque.

Avec le renouveau du nationalisme dès la fin des années 1970 et ses deux ou trois casseroles aux couleurs lessivées de l’Algérie française et aux sonorités un brin CIDUNATI, nous devions nous attendre (bien qu’il n’y ait pas eu de filiation véritablement établie) à une nouvelle et puissante expression de « l’art de cultiver la marque épouvantail ». Nous n’avons pas été déçus ! Et nous ne retracerons pas ici – les bons ouvrages existent sur le sujet – tout l’historique des campagnes de diabolisation auxquelles se sont ralliés, par ailleurs, la plupart des hommes politiques et intellectuels par facilité et conformisme, parfois même à leurs dépens.

Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression…

La réalité qui doit être enfin posée est que ce processus est pour la gauche une prodigieuse machine à dominer le monde des idées en lui assurant de façon récurrente une redoutable capacité à choisir ses adversaires. Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression et désigner le Diable, c’est procéder à l’exclusion du débat démocratique, à l’excommunication d’une partie de ses opposants. On ne discute pas avec le Diable ! Climat de délation, manichéisme, vigilance sur les dissidences, pensée sous préservatif… tout le paysage politique de droite s’est ainsi retrouvé piégé par les nouveaux Grands Inquisiteurs. Tout le paysage, car lorsqu’est prononcée la terrible formule « extrrrême drrroite », que l’on croirait sortie de la gueule d’un berger allemand en colère un soir de novembre à Birkenau, est lâché du même coup le mot « drrroite » ; en filigrane, dans la droite en général se profilerait la possibilité d’une dérive droitière voire ultra droitière donc diabolique (la vision d’un monde ultra bourgeois ou bien d’un monde fascisant serait en gestation chez ces gens de droite finalement réactionnaires et, au bout du compte intellectuellement peu fréquentables).

Nous sommes bien loin de la douceur et des cimes humanistes vers lesquelles nous propulse le circonflexe de la Gôôôche !

Au-delà des chiens de garde institutionnels et des procès d’intention caricaturaux et sectaires à la Caroline Fourest, attardons-nous sur des exemples moins grossiers mais tout aussi pernicieux. Ainsi la thématique du mariage gay brandie à présent par « les forces de progrès » peut faire partie de ces régénérateurs insidieux de la « marque-épouvantail ». En cherchant à officialiser et sacraliser ce qui mérite tout au plus un « droit à l’indifférence » sont créées les conditions de l’amalgame, toute opposition à cette revendication étant susceptible d’être vécue comme l’expression d’une certaine homophobie, penchant révélateur d’une dérive droitière latente. Le piège est tendu. Il n’y a plus qu’à attendre que les « extrémistes » de tout poil ou les « assimilés » maladroits mais bien à droite façon Brigitte Barèges s’y prennent les pieds.

La gauche a plus à gagner de ce type de régénération que de la cause elle-même qui pourrait bien, du reste, ne pas trouver l’écho escompté.

Ce drapeau que nous tend l’adversaire…

Comment, dès lors, se situer à partir d’un vocabulaire galvaudé, truqué, manipulé, au service du jihad de la bien-pensance gauchiste ? Comment accepter en guise d’étendard le drapeau que vous tend, narquois, l’adversaire !?

L’accepter par facilité de langage ou provocation n’est pas la solution : la provocation c’est, certes, la garantie de trouver un fonds de commerce mais c’est aussi la certitude de demeurer dans une niche.

Imaginons un instant une entreprise apposant sur ses produits une marque généreusement concoctée puis cédée gracieusement par son principal concurrent !

Une marque repoussoir est définitivement disqualifiée, disqualifiante, dégradante, déshumanisante. Dire de quelqu’un qu’il est « d’extrême droite » doit être désormais considéré comme une injure et devrait valoir et justifier à ce titre dès que possible une plainte en justice au même titre que l’injure « raciste ».

« Droite », « Nouvelle Droite », « Extrême Droite » sont des mots grillés dès le départ, inventés ou cultivés par l’adversaire, constamment détournés et massacrés. L’un des essais les plus brillants et décapants du XXe siècle, l’excellent Vu de droite d’Alain de Benoist salué par l’Académie française, ne venait pas de l’extrême droite pas plus d’ailleurs que de la droite ; une seule chose lui aura fait défaut : un bon titre. Car en exprimant ainsi une vision du monde au-delà de la gauche, les instruments de torture étaient offerts avec l’ouvrage à la Police de la pensée qui dès lors n’avait même plus à s’attarder sur son contenu. Nouvelle Droite, un rejeton de l’hydre enfin disponible pour relancer l’ affaire.

Comme le remarque François Bousquet : « La Nouvelle Droite est une marque déposée, mais l’initiative n’en revient curieusement pas à ses pères fondateurs ».

Se réapproprier ce que l’on est vraiment : vivent les néologismes !

Voilà donc une remarquable entreprise de marketing idéologique menée de longue date avec une constance étonnante, un terrorisme intellectuel terriblement efficace se régénérant sans cesse, qui contraint ceux qui aujourd’hui représentent une certaine avant-garde aux antipodes de l’antiparlementarisme, porteurs d’une vision du monde alternative, d’un souffle démocratique véritable et d’un sentiment d’appartenance profondément enraciné, à inventer de nouveaux mots : les mots de l’intelligence après la gauche. Identitaires, nouveaux résistants, différentialistes, éco-localistes, néo-européens, euro-protectionnistes, ou, plus intello : post-modernes ou archéofuturistes, intéressant, pas totalement satisfaisant… Il y a encore beaucoup de place au tableau pour les orages d’esprit les plus créatifs. L’heure est à la production de concepts nouveaux pour nous réapproprier ce que nous sommes vraiment et le faire savoir.

Loin des phonèmes piégés, les néologismes peuvent avoir cette incroyable capacité à montrer le monde tel qu’il vient de surgir, tel qu’il a toujours été et à préfigurer ce qu’il pourrait être.

J.H. d’Avirac
6/07/2011

Voir aussi :

Dictionnaire de Novlangue
Dictionnaire de la réinformation
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation
Petite histoire des campagnes de diabolisation

Correspondance Polémia – 8/07/2011

J.H. d’Avirac

08/12/2010

Le rôle de l’Eglise durant la guerre d’Algérie.

Pillé à José Castano…

FDF

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« Non content qu’un curé ait souhaité publiquement la mort du Chef de l’Etat sans que sa hiérarchie ne le désavoue, c’est maintenant un évêque qui croit utile de comparer le retour volontaire des Roms en situation illégale, en avion et avec une allocation dont bien des Français aimeraient disposer, avec la tragédie de la déportation des juifs dans les camps de la mort pendant la 2ème guerre mondiale.

Cette outrance et cette technique de l’amalgame étaient jusqu’alors l’apanage d’idéologies totalitaires et on est stupéfait que ce soit des religieux qui les utilisent avec intolérance pour créer la confusion dans les esprits.

Qui peut croire sérieusement à cette assimilation intolérable qui compare l’incomparable ?

On aurait aimé que les mêmes consciences morales qui s’expriment aujourd’hui avec violence soient moins discrètes sur les pratiques pédophiles au sein de l’Eglise Catholique.

Quant à la gauche laïque qui s’offusque souvent de l’ingérence des chefs religieux dans le débat public, elle est étrangement silencieuse et montre bien les limites de ses convictions » (Lionnel Luca, député de la Nation)

– Et aussi (cliquez sur) :  Lettre ouverte à Mgr Le GALL Archevêque de Toulouse———————

Cette prise de position d’élus de la République vis-à-vis du Clergé révèle une analogie entre l’attitude d’une certaine église durant le conflit algérien et celle d’aujourd’hui dans la migration des Roms en France.

Comme il se trouve, en 2010, des représentants de l’église pour dénoncer  avec véhémence l’attitude du Gouvernement de renvoyer dans leur pays d’origine –en les indemnisant- ces familles de Roms que la France ne peut accueillir –sans proposer pour autant de les héberger dans leurs presbytères, leurs monastères, leurs couvents (pratiquement vides) et autres infrastructures épiscopales-, de 1954 à 1962, il s’est toujours trouvé, en Algérie et en France, des hommes d’église pour couvrir les excès des écorcheurs, les protéger et les soigner.

L’identité idéologique de ce conflit algérien était avant tout anti-chrétienne. C’est d’une lutte entre la Croix et le Croissant qu’il s’agissait et aux yeux des responsables du FLN, c’est la Croix qui était l’objectif premier à abattre dans ce réduit chrétien sud méditerranéen. Comme Jeanne d’Arc l’avait fait pour la France, l’Eglise de France et celle d’Algérie auraient du brandir à leur tour l’Etendard de la Délivrance contre ceux qui voulaient les soumettre au Croissant. De façon incompréhensible et difficilement explicable, elles allaient leur apporter leur soutien…

Nos évêques, aujourd’hui comme hier, si prompts à défendre les droits de l’Homme tiers-mondistes au détriment de la parole de l’Evangile, sont restés muets devant les crimes, les massacres, les viols et les égorgements du FLN. L’extermination de 150.000 harkis avec leur famille dans d’horribles tortures ne les a pas plus émus. Il est vrai que, probablement blasés par tant de crimes, ils ne pouvaient que demeurer insensibles à ces assassinats en séries que furent les massacres d’El-Halia et de Melouza, la tuerie du 26 mars 1962 à Alger et celle du 5 juillet 1962 à Oran. Dès lors, comment auraient-ils pu réagir à l’énoncé de cet ignominieux appel au meurtre du 14 février 1962 à 20h40 lancé par « La Voix des Arabes » en ces termes : « Frères combattants, combattez-les, luttez contre eux, ils sont tous nos ennemis. Transformez leur vie en enfer, ne les laissez pas échapper au châtiment mérité et contraignez-les à se mettre à genoux devant la volonté du peuple ». Se sont-ils indignés davantage ces honorables évêques –toujours prêts cependant à trouver une excuse aux « actes désespérés » des écorcheurs- quand ils ont pris connaissance de ces conseils donnés par « Aspect véritable de la rébellion algérienne » à ses frères de l’Aurès, extraits du journal « El Zitouna » du 26 aout 1956, organe des étudiants de la Grande Mosquée du même nom de Tunis, une des plus réputées du monde islamique : « Mes frères, ne tuez pas seulement mais mutilez vos adversaires sur la voie publique… Crevez-leur les yeux… Coupez-leur les bras et pendez-les… Soyez certains, mes frères, que les soldats qui verront leurs camarades pendus à un arbre, avec un bras et une jambe en moins et un œil crevé, soyez certains, disais-je, que ces soldats laisseront à l’avenir passer les caravanes d’armes et de provisions et se sauveront comme des rats ».

Mais l’aide de l’Eglise ne s’arrêta pas à sa seule clémence envers les assassins. Sa participation active, en bien des cas, fut de notoriété publique…

Si, à priori, l’Eglise n’a de pouvoir que celui de la parole du Christ, il en est autrement dans les faits. En effet, son influence demeure et nous ne pouvons oublier combien elle a marqué la scène politique de la guerre d’Algérie…

Dès le début des événements, les nationalistes algériens disposaient de sérieuses connivences dans le milieu des intellectuels et ecclésiastiques français qui s’étaient déjà fourvoyés durant le conflit indochinois en apportant leur aide au vietminh. En France, certains journalistes anticolonialistes comme Claude Bourdet, Gilles Martinet, Roger Stéphane de « France Observateur », Hervé Bourges (qui prendra la nationalité algérienne à l’indépendance), Olivier Todd et Georges Suffert de « Témoignage Chrétien », poursuivaient leurs œuvres de destruction contre l’armée française, soutenus en cela admirablement par l’avocate Gisèle Halimi et son confrère Jacques Vergès. En Algérie, le professeur de Lettres Mandouze, cofondateur de « Témoignage Chrétien », le couple Vandervelde, le docteur Chaulet et son épouse Claudine (qui livrera aux rebelles, dans la région de Palestro en Grande Kabylie, une partie de l’armement volé par l’aspirant Maillot, membre du Parti Communiste, lequel armement sera utilisé dans l’embuscade du 17 mai 1956 qui coûtera la vie dans d’atroces conditions à 18 soldats français), Annie Steiner (communiste et membre du réseau bombes de Yacef Saadi), l’abbé Scotto (de Bab el Oued), l’abbé Desrousseau (d’El Biar), l’abbé Bérenguer (de Frenda) et d’autres religieux, avaient favorisé le travail d’un couple de professeurs, les Jeanson, qui aboutira à la parution en 1955, de « l’Algérie hors la loi », pamphlet qui entendait prouver la légitimité du FLN… puis à la mise sur pied des réseaux de « porteurs de valises ».

Cette agitation médiatico-ecclésiastico-intellectuelle allait susciter la création de ce qu’on appellera « la nouvelle gauche », où l’on trouvera chrétiens et marxistes, trotskistes et francs maçons, syndicalistes et communistes. On y rencontrera Robert Barrat, journaliste à « Témoignage Chrétien », ancien secrétaire général du « Centre catholique des intellectuels français », Jacques Berthelet, ancien séminariste, Roger Colas de « l’Action Catholique », le professeur Henri Marrou. Les communistes mettront sur pied, en novembre 1955, un « Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Algérie » auquel participeront Mauriac et Sartre qui apporteront un soutien inconditionnel au FLN.

Dès 1956, les aides aux tueurs du FLN se multiplieront sous les formes les plus variées : protection, caches, approvisionnement en argent et en armes… Chez les progressistes chrétiens, journalistes et prêtres fourniront un contingent très important… mais pas seulement. Un exemple parmi tant d’autres : M. Gallice, conseiller municipal de la ville d’Alger, directeur d’une papeterie, rue Horace Vernet, fournira le papier pour des tracts appelant à la révolte des Musulmans… cela, avec l’aval du maître des lieux, le Député Maire Jacques Chevalier, fervent partisan du FLN, qui avait mis sur pied une véritable cellule révolutionnaire algérienne au sein de son conseil municipal et de son personnel administratif.

Des femmes verseront également dans la collaboration en hébergeant des chefs rebelles, les transportant et distribuant les ordres. Les poseuses de bombes, musulmanes et européennes, feront tranquillement retraites chez les Sœurs blanches à Birmandreis ou chez les Clarisses à Notre Dame d’Afrique qui, pourtant, les savaient recherchées par la police. Chez les Pères Blancs, le Père Collet n’ignorait pas les activités de ses hôtes de passage… La police identifiera plusieurs prêtres de la « Mission de France » dont certains prêtres ouvriers, Jean Urvoas et Robert Davezies ainsi que l’abbé Boudouresque qui se feront particulièrement remarquer… Quant à l’abbé Bertal, de cette même mission, il donnera asile à Daniel Timsit et à Salah, alias Oussédik Souali, qui lui avoueront, pourtant, fabriquer des bombes. Ce réseau d’artificiers comprenait, en outre,  Chafika Meslem, agent de liaison entre le FLN, le Parti Communiste Algérien et les libéraux, Denise Walbert et les époux Gautron, militants communistes. L’abbé Barthez sera l’hôte et le protecteur attitré de ce réseau, hébergeant de surcroît, en quasi permanence, la fameuse Raymonde Peschard (la passionaria communiste), (Raymonde Peschard avait placé une bombe dans un car de ramassage scolaire à Diar es-Saada).

En 1957, le passage de terroristes clandestins à la frontière espagnole s’était amplifié. Il s’agissait de « spécialistes » de l’organisation spéciale du FLN, formés aux « actions ponctuelles » et à la manipulation des explosifs dans les camps du Maroc. L’abbé Davezies, Etienne Bolo, Jacques Vignes participeront activement au transport, à l’hébergement, à la mise en place des tueurs envoyés par le GPRA pour intervenir en France. En Algérie, une dizaine de prêtres dont les abbés Scotto, Bérenguer, Desrousseau, Barthez et Cortes, ainsi que des religieux de Notre Dame d’Afrique, seront impliqués dans les réseaux de soutien allant jusqu’à mettre leur presbytère à la disposition des égorgeurs. Assurés de trouver dans la maison du Seigneur l’abri et l’aide leur permettant de continuer leur œuvre criminelle, ces protégés pourront ainsi préparer attentats et exactions sans être inquiétés.

Le 4 Avril 1957, 28 inculpations et 18 mandats de dépôt (préventive) interviendront à Alger dans l’affaire du soutien au FLN apporté par les « libéraux » (on ne dit plus « communistes »). Parmi eux, la poseuse de bombe, Raymonde Peschard… qui s’évadera et rejoindra le maquis. Elle sera tuée les armes à la main dans le Constantinois (ce qui n’empêche pas de la présenter, encore de nos jours, comme torturée et assassinée par les paras). L’abbé Barthez, deux conseillers municipaux et deux médecins feront partie de ces arrestations. Seule la protection papale et gouvernementale dont il est l’objet évitera à Monseigneur Duval, archevêque d’Alger, chef de file des souteneurs du FLN, d’être lui-même inculpé… Pour ces « hommes d’église », les Français d’Algérie n’avaient pas le droit de se défendre contre les actes criminels des terroristes. Selon leur conception de la « charité chrétienne »,  le devoir de ces Français là était, soit de fuir, soit de se laisser tuer, soit de ramper, soit de faciliter l’émergence de la nouvelle république algérienne. Leur argumentation était la suivante : « l’Eglise s’est toujours compromise avec les forces de la réaction ; il est temps qu’elle s’inscrive dans le camp de la révolution prolétarienne ». En réalité, ces traîtres à leur Patrie, s’identifiaient parfaitement à « l’anti-croisé » dont l’une des figures, l’abbé Scotto, n’avait de cesse de rassurer ceux qui pouvaient réprouver les attentats aveugles du FLN. Pour ce curieux directeur de conscience, la cause des terroristes demeurait juste quels que fussent les moyens utilisés…

En octobre 1958, l’affaire du « séminaire du Prado » fit la une des journaux. La police découvrit que des prêtres de la région Lyonnaise couvraient une véritable trésorerie au profit du FLN tout en hébergeant tueurs et clandestins. Plusieurs ecclésiastiques, l’abbé Davezies, l’abbé Carteron, le RP Chaize, le curé Magnin furent inculpés… mais, comme à l’accoutumée, l’affaire fut vite enterrée…

Concernant Monseigneur Duval, tout le monde, à Alger, police comprise, savait que les immeubles de l’Evêché abritaient les chefs du FLN en transit dans la capitale, et même certains terroristes recherchés par la police et l’armée. Arabophile déclaré, il refusera, officiellement, de célébrer un office à la mémoire de soldats français, prisonniers du FLN, assassinés par leurs geôliers «pour ne par heurter les Arabes », osera-t-il préciser de la manière la plus abjecte. Dans son livre « Au nom de la vérité », il s’enorgueillira d’avoir obtenu par les chefs du FLN un satisfecit lors du congrès de la Soummam qui soulignait « l’attitude réconfortante de l’archevêque se dressant courageusement et publiquement contre le courant et condamnant l’injustice coloniale ». A l’indépendance, il fut l’un des premiers chrétiens à prendre la nationalité algérienne (tout comme l’abbé Scotto et l’abbé Bérenguer), ce qui lui valut d’abord le surnom de Mohamed et ensuite la pourpre cardinalice…

Dans sa nouvelle cathédrale, il existait un registre où chacun inscrivait ses intentions de prières. Sur une page il était écrit par l’un des rares Français à demeurer encore sur place : « Pour un disparu que l’on sait vivant et souffrant dans un camp. » Plus loin : « Pour l’amnistie des prisonniers politiques (OAS), dont le seul tort fut de croire à la parole de ceux qui les ont trahis… » Le jour suivant, la page où figuraient ces intentions avait disparu…

A Oran, par contre, l’évêque des lieux, Monseigneur Lacaste, natif d’Accous dans les Pyrénées Atlantiques, en poste à Oran depuis 1945, ne cessait de se prononcer en faveur de l’Algérie française… ce qui avait pour conséquence d’irriter passablement le Haut commandement. Excédé par les prises de position du Prélat, le 11 juin 1962, le général Cantarel, commandant le corps d’armée d’oran, s’en ouvrit au haut-commissaire Christian Fouchet en rapportant que cet évêque, « différent de celui d’Alger », « n’hésitait pas à pactiser avec tous ceux qui s’opposaient à la politique gouvernementale ». Fouchet décida alors de rencontrer le prélat. Invitant l’évêque à s’asseoir, il lui dit : « Que l’Esprit saint nous inspire dans notre conversation ! Puis il lui fit grief de n’avoir jamais eu un mot pour condamner les « excès » de l’O.A.S. « Monsieur le Haut-commissaire, lui répond Mgr Lacaste, la population européenne d’Oran est aujourd’hui menacée dans son indépendance et peut-être dans sa vie même. Je comprends ceux qui luttent pour leur indépendance et laissez-moi vous dire que je n’ai jamais condamné, naguère, le F.L.N. » Fouchet lui répondit qu’il eut tort de ne pas avoir désavoué les crimes du FLN, mais cela n’aurait guère eu de poids, étant donné qu’ils étaient musulmans. En revanche, les Européens étaient des chrétiens. Sur eux, pouvait s’exercer son autorité spirituelle. « Monsieur le Haut Commissaire, lui répondit Mgr Lacaste, je ne saurai accepter de leçon de vous quant à ma façon d’agir dans le cadre de ma mission pastorale. Seul, le Saint-Père peut disposer de l’évêque que je suis ».
Ce que n’a pas ajouté, dans ses Mémoires, Christian Fouchet, c’est qu’après cette digne et cinglante réponse, Mgr Lacaste ajouta : « Toutefois, monsieur le Haut-commissaire, si des paroles incitant la population à la non-violence vous paraissent indispensables, je veux bien les prononcer. A une condition toutefois, que je sois autorisé, au préalable, à déclarer combien le sort de l’Algérie a été indiffèrent de tout temps à la France ».

Parmi les progressistes chrétiens, les protestants ne furent pas en reste… En mars 1958, par exemple, le pasteur Mathiot fut inculpé avec une équipe de fidèles : responsables de boîtes aux lettres, dépôts d’armes, collectes de fonds, hébergement et de complicités diverses avec les terroristes du FLN. Cependant, à l’opposé, bon nombre de prêtres soutenaient l’action de l’Algérie française, mais quand ils n’étaient pas mis au ban de l’Eglise par leur hiérarchie, il arrivait qu’ils fussent purement et simplement éliminés… à l’instar de l’abbé Therrer, curé des Sources, à Birmandreis. Pourquoi donc n’avoir pas dit, dans son éloge funèbre, qu’il avait été assassiné par le FLN, protestèrent ses paroissiens ? Pourquoi donc n’avoir pas rappelé que les derniers mois de sa vie furent un véritable calvaire ? Il vit son église, à peine édifiée, profanée et pillée à deux reprises ; il vit aussi son presbytère entièrement dévalisé, sa voiture lapidée à plusieurs reprises… mais l’Evêché demeura de marbre… Enfin, le soir de son assassinat, son église fut incendiée et l’Eglise ne réagit point. Au cours des mois suivants, plus de quatre cents églises, sur les cinq cent soixante-sept que comptait la Chrétienté d’Algérie, furent désaffectées, profanées, parfois transformées en mosquées ou détruites, ce qui n’émut pas outre mesure ni Clergé, ni Episcopat…

Dès la proclamation du « cessez-le-feu », les enlèvements d’Européens se multiplièrent ; des familles entières originaires du Bled voulant rejoindre les ports et les aérodromes disparurent ; les enfants en bas âge –voire les bébés-, quand ils ne furent pas éliminés avec leurs parents furent élevés dans les écoles islamiques et arabisés par un nouvel état civil ; les femmes et les jeunes filles furent condamnées à vivre dans les maisons closes d’Algérie, ou d’autres pays musulmans ou encore en Amérique Latine. Plus de 6000 Européens disparurent ainsi en quelques mois sans que l’Eglise, qui était au courant de cette tragédie, n’élevât la moindre protestation.

C’est au lendemain de cette guerre que l’on apprit par la bouche même des fellaghas la monstrueuse collusion de certains prêtres français avec les tueurs du FLN. A cet effet, un chef rebelle, Amar Ouzegane écrivit : « Partout des prêtres nous ont secourus, hébergés, soignés. L’Eglise catholique a rompu avec le passé colonialiste ». Et on pouvait lire encore dans « Révolution Africaine » : « Des prêtres catholiques ont prêté assistance aux militants du FLN poursuivis par la police colonialiste ». Et dans ce même message de gratitude, Ahmed Ben Bella, le premier président de la république algérienne, d’ajouter à « Témoignage Chrétien », l’un des journaux les plus anti-français qui fut durant cette période tragique : « Les Algériens savent la part prise par les vrais chrétiens dans notre lutte libératrice. Certains nous ont aidés concrètement, n’hésitant pas à se trouver à nos côtés… »

En septembre 2000, la revue « Monde Diplomatique », p.29, rapportait cette déclaration de ce même Ben Bella : « Je me rappelle des porteurs de valise, des avocats, avec émotion. C’étaient les meilleurs des Français, les meilleurs des Algériens. »
« Avec le temps tout fini par se savoir, même si on ne le presse pas »
(Euripide)

En 1964, un Français eut l’idée d’adresser à 202 pasteurs et 529 prêtres, un texte appelant au pardon en faveur d’autres Français emprisonnés pour s’être opposés, les armes à la main, à l’abandon de l’Algérie française. Il s’agissait là de soldats de tous grades ayant participé au putsch d’avril 1961 et de membres de l’OAS. Ce texte était, mot pour mot, très exactement le même que ces 202 pasteurs et 529 prêtres avaient signé en faveur des Français emprisonnés (les porteurs de valises) pour avoir aidé le FLN quand celui-ci répandait sa terreur à coups de bombes, de fusillades et d’égorgements. 23 pasteurs et 43 prêtres seulement acceptèrent de signer, certains d’ailleurs avec des réserves ; 15 prétendirent n’avoir pas été atteints ; 15 pasteurs et 18 prêtres refusèrent ; 617 ne daignèrent pas répondre. Telle fut la charité chrétienne dont firent preuve ces « pères de l’Eglise » à l’égard de leurs compatriotes français et surtout à tout ce qui se rapportait de près ou de loin à l’Algérie française. Et cette intolérance (condamnée d’autre part par cette même Eglise quand elle s’adresse à des païens) assortie le plus souvent de mesures discriminatoires envers les Français d’Algérie, s’était généralisée dans toute la France. C’est ainsi que l’abbé Emmanuel Grima, de Constantine, fut, en rentrant d’Algérie, aumônier puis chapelain du Pensionnat de l’Assomption à Montpellier, de septembre 1963 à novembre 1973, époque où il dut subir une grave opération qui l’obligea à abandonner son ministère. Or, l’accès de la chapelle et de la salle de réunion de ce Pensionnat lui fut interdit ainsi qu’aux Rapatriés par la Supérieure (peut-être sur ordre, en tout cas avec l’assentiment de Mgr Cyprien Tourel, évêque de Montpellier) parce qu’il avait osé célébrer une messe pour le repos de l’âme du Colonel Godard, l’ardent défenseur de l’Algérie française.

En 1992, le journaliste Français (et marxiste) Georges Hourdin établit un dossier qu’il transmit au Comité d’attribution du Prix Nobel de la Paix en faveur de la candidature de l’Abbé Scotto, ancien curé de Bab-el-Oued, compte tenu des ses « bons et loyaux services » vis-à-vis des terroristes du FLN. Celle-ci ne fut pas acceptée… La charité chrétienne à tout de même ses limites !

En 1950, dans son allocution en la cathédrale Saint Philippe (aujourd’hui devenue mosquée) à l’occasion du centenaire de la consécration de l’Algérie au Sacré-Cœur, Mgr Leynaux évoquait la grande et belle ville, « l’antique cité barbaresque, autrefois riche des dépouilles de la chrétienté … » et il disait au Nonce apostolique, Monseigneur Roncalli (futur Jean XXIII) : « Vous découvrirez avec joie les souvenirs émouvants de l’ancienne Eglise d’Afrique… Cette glorieuse Eglise, vous la retrouverez vraiment ressuscitée. Et si vous pleurez avec nous sur la dévastation séculaire de ses monuments sacrés, vous verrez partout, dans nos villes et dans nos villages, des chapelles et des églises qui attestent sa volonté de ne pas mourir et de continuer de rendre gloire à Dieu en travaillant au bien suprême, au salut de tous ses enfants, toujours indissolublement attachés et unis comme nos ancêtres, les premiers chrétiens, à la Chaire de Pierre ».

Si Mgr Roncalli a pu voir l’ancienne Eglise d’Afrique ressuscitée, le délégué apostolique d’aujourd’hui, en Afrique du Nord, pourra pleurer sur sa ruine… N’a-t-il pas fallu lire dans la « Semaine Religieuse » de Paris (24 septembre 1966), la relation de la rencontre des 325 délégués de « Témoignage Chrétien », à Alger ? Le cardinal Duval a félicité ce journal pour son effort à éclairer les consciences sur le drame algérien… Nous savons dans quel sens et quelle propagande de mensonges haineux à été semée par ce journal.

Mais aussi, dans ces quelques lignes bien incomplètes, je voudrais éclairer les consciences sur le vrai drame de l’Eglise, d’une part en Algérie : effondrement d’une chrétienté dans les larmes et le sang, étouffement par l’erreur, le mensonge et les plus honteuse compromissions, et d’autre part en France, actuellement, où nous retrouvons les mêmes causes dans cette alarmante désertion aux valeurs chrétiennes. C’est de cette façon que mourut, déjà, le christianisme en Algérie…

Et maintenant, sur la terre de Saint-Augustin redevenue un moment chrétienne, les clochers s’écroulent à nouveau et les sables qu’apporte le Vent de l’Histoire recouvrent lentement jusqu’au nom même du Christ…

José CASTANO

12/10/2010

Les Barbouzes…

Un peu d’Histoire… de France.

FDF

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« Les Justes meurent comme des chiens ; les crapules ont leur chance. C’est un monde totalitaire déserté par toute transcendance. Le Mal n’y est pas un scandale mais la règle commune. » (Commandant Hélie Denoix de Saint Marc, officier putschiste du 1er REP) 

La lutte contre l’OAS s’intensifiant et se confondant désormais avec celle contre la population européenne toute entière, le gouvernement gaulliste décida, à l’appui  d’innombrables escadrons de gendarmerie mobile (gendarmerie rouge) et  de Compagnies Républicaines de Sécurité, d’envoyer en Algérie une nouvelle race de « policiers ».

Leur mission était claire : noyauter l’organisation afin d’obtenir les renseignements indispensables  qui mèneraient à l’arrestation des cadres du mouvement « subversif ».

Ces nouveaux « policiers » avaient rejoint en novembre 1961 les rangs du « Mouvement pour la Communauté » (MPC) qui deviendra, pour les besoins de la cause, « Mouvement pour la Coopération », organisme de lutte anti-OAS.

Pour eux, « l’Algérie française » n’existait plus depuis que s’étaient ouverts les  pourparlers de Melun (25/29 juin 1960) et il importait désormais qu’ils débouchassent rapidement sur un « cessez-le-feu » et une indépendance inéluctable…

De Gaulle avait nommé le sinistre Jean Morin à la Délégation Générale et confié le commandement des troupes à Alger, Oran et Constantine à « ses hommes à lui » Ces généraux d’opérette, s’ils n’étaient point brillants sur le plan professionnel, avaient l’avantage d’être sûrs. Une étoile supplémentaire avait converti Massu à la discipline et une brillante promotion l’attendait en Allemagne…

A Alger, le colonel Debrosse, responsable du maintien de l’ordre, faisait merveille. Acharné à réduire, « par tous les moyens » la résistance des Européens, il s’était spécialisé dans la torture contre les membres de l’O.A.S. et n’hésitait pas à participer en personne aux interrogatoires et aux sévices en tous genres, y compris sur les femmes. Il était secondé admirablement, dans cette entreprise de destruction des volontés et des corps par son acolyte, le commandant Laporte, ainsi que par quelques civils sans scrupules, alléchés par les primes et le « profil de carrière sécurisant » que leur avait assuré le Chef de l’Etat.

Le président du MPC s’appelait Jacques Dauer ; la délégation d’Alger était présidée par Yves Le Tac (qui échappera à trois attentats de l’OAS), secondé par un secrétaire général actif : Lucien Bitterlin. D’autres responsables avaient pour nom : Jacques Focart, André Goulay… et le Ministre Frey, en personne.

Dauer, aux ordres directs du Ministre de l’Intérieur, Louis Joxe,  avait toute latitude pour organiser, sur place, une « troisième force » pro-française, dont le but  était de promouvoir, après l’indépendance, une coopération franco-musulmane. A cette fin, d’importants fonds, directement versés par la Délégation Générale, lui étaient alloués…

Pour obtenir cette « troisième force », il fallait créer dans les grandes villes d’Algérie un sentiment de peur et d’extrême confusion au sein de la population européenne en fomentant des attentats contre les intérêts français, les biens et les personnes et en attribuant à la seule OAS la responsabilité de ces actes terroristes… Le but avoué : détourner la masse des « criminels » de l’OAS.

Cependant, ces opérations -notamment de plastiquage- devant se dérouler de nuit et l’instauration du couvre-feu de minuit à cinq heures du matin, ne permettant pas de se déplacer sans risque dans les villes, armes et laissez-passer mentionnant de fausses identités allaient être fournies par la Sécurité militaire. Les barbouzes étaient nés.

Sans mandat officiel, ces nouveaux « policiers » étaient recrutés dans les milieux les plus divers. C’était pour la plupart un ramassis de repris de justice, d’hommes de main en chômage, de Vietnamiens attirés par les primes, de marginaux et de truands comme Jean Augé et le proxénète Georges Boucheseiche, ancien de la Gestapo française. Tous ces gens avaient été attirés par des primes alléchantes, confortés de surcroît dans cette mission par un sentiment de puissance et d’invulnérabilité que cette « marginalité républicaine » leur conférait et possédant, comme l’avait indiqué « France-Soir » du 30 novembre 1961, « carte blanche pour liquider l’OAS ». C’était des gens « décidés à en découdre », capables de résister aux coups de l’OAS mais aussi de lui livrer bataille par les armes et, surtout, par la récolte de renseignements qui étaient, sois, immédiatement exploités, sois, transmis à la Sécurité militaire…

D’autres chefs viendront renforcer, sur place, les effectifs : l’avocat Pierre Lemarchand et l’écrivain Dominique Ponchardier ainsi qu’une bande de truands auxquels on donnera une carte du SAC (Service d’Action Civique).

Dans « France-Soir » du 2 décembre 1961, sous le titre « Les « barbouzes » arrivent », Lucien Bodard, définissait leur mission :

« Très prochainement, les autorités vont employer les principes de la guerre secrète contre l’organisation de l’Armée Secrète (OAS)… L’objectif c’est de décapiter l’OAS en arrivant à détecter et à capturer les 10 hommes qui, à eux seuls, l’ont crée et l’animent… En réalité, les événements de ces derniers mois ont prouvé que le gouvernement était trahi dès qu’il voulait faire procéder à l’arrestation des chefs de l’OAS en se servant des moyens normaux… Cette force de choc sera indépendante. Les nouvelles formations anti-OAS ne feront partie d’aucune hiérarchie classique. Ce seront des organismes autonomes, sans sujétion à l’égard des autorités normales, agissant par leurs propres moyens et ne dépendant que des instances les plus hautes. Ils agissent largement en dehors de l’armée et de la police.

Avant tout, cette nouvelle force sera secrète. Un secret absolu couvrira les activités et surtout l’identité des membres des formations anti-OAS. Cette force appliquera les méthodes des commandos et de la guerre secrète. Il s’agira non seulement pour elle d’avoir des « tuyaux » mais de les exploiter immédiatement et de façon décisive. Tout se passera sans papiers, sans rien. Les transmissions et les communications seront réduites au minimum, de façon à ne pas donner l’alerte. »

Cet article qui souleva l’indignation et l’inquiétude de la population européenne d’Algérie sous-entendait, en réalité, qu’il ne s’agissait pas, là, des barbouzes déjà en place et que les « Delta » du Lieutenant Degueldre, à Alger, traquaient sans répit,  mais d’une nouvelle vague d’arrivants bien plus redoutables : la « force C », préparée en grand secret par Michel Hacq, directeur de la Police Judiciaire au ministère de l’Intérieur. Assimilés aux barbouzes en raison de leur objectif et de leurs méthodes, c’étaient des fonctionnaires (200 commissaires et officiers de police soigneusement choisis) agissant en secret mais dans la légalité, exactement comme ceux de la Sécurité militaire. Quatre mois plus tard, ils devaient « décapiter » l’OAS.

Ces hommes étaient chargés de faire du contre-terrorisme, c’est-à-dire des plasticages, de réaliser des interrogatoires musclés au cours desquels la torture sera utilisée contre les Français d’Algérie soupçonnés d’appartenance à l’Organisation et de transmettre les renseignements recueillis par le FLN (désormais devenu allié) sur l’OAS.

Tout sentiment de clémence et de pitié leur était étranger, et ils n’étaient sensibles qu’à l’intensité des sévices de toutes sortes dont ils excellaient et de la torture, celle qui faisait vibrer les nerfs les plus éloignés, qui enserrait dans son réseau toutes les régions du corps, qui se perpétuait, enfin, régulière et égale, avec une sensation d’éternité comme celle qui dût accabler les damnés précipités dans les flammes sans fin.

Dès lors la répression s’abattit sur les Français d’Algérie, déclenchant indignation, colère, terreur même… Coupables, suspects et innocents étaient soumis aux mêmes interrogatoires, aux mêmes sévices…

Les fiches médicales que les médecins établissaient auprès des victimes –quand ils réussissaient à les approcher !- signalaient à peu près toutes ceci : « Etat absolument catastrophique et impressionnant ! Couvert de plaies, traces rouges aux poignets, ongles boursouflés, brûlures électriques. Le sujet est très « asthénié », marche difficilement, présente des troubles auditifs et urine du sang. Il est constaté chez lui des plaies rectales qui n’ont ni le siège, ni l’aspect de fissures spontanées. »

Les tortures n’épargneront ni les adolescents, ni les femmes, telle Mme Salasc, mère de cinq enfants, femme d’un chirurgien estimé. Elle fut arrêtée (et sa mère avec elle) dans la nuit du 8 au 9 septembre 1961 sous prétexte d’avoir hébergé des membres de l’OAS dont le colonel Godard. Des sévices affreux furent pratiqués sur elle par les sbires du colonel Debrosse. Face au « sanguinaire » en personne (c’est ainsi que les algérois avaient surnommé Debrosse), elle fit preuve d’un digne courage, soutenant son regard de fauve et ne livra pas son secret.

Pour limiter l’effet du scandale, Mme Salasc fut transportée à la clinique Lavernhe afin d’y recevoir des soins appropriés à l’état où elle avait été mise, tout en restant sous surveillance policière. Debrosse se livra alors à un chantage : l’affaire sera close sans suite, si le Professeur Salasc accepte de signer un certificat médical attestant « d’une affection chronique » pour justifier le séjour en clinique, et s’il ne porte pas plainte. Le Professeur refusa. Rentré en France, Debrosse obtint aussitôt ses étoiles de général. Tout comme son compère Katz, surnommé « le boucher d’Oran », promu général d’Armée (5 étoiles). De Gaulle savait payer ses séides…

« Il y a des hontes à côté desquelles mourir n’est rien ».

L’OAS ne pouvait demeurer inerte face à ces exactions. C’est ainsi que le 29 janvier 1962, une bombe de très forte puissance, particulièrement soignée par le Lieutenant Degueldre, explosa dans la villa « Andréa » qui abritait l’équipe d’Alcheik, la plus dangereuse avec ses Vietnamiens, en tuant dix neuf et amenant le rapatriement des survivants en métropole.

La presse progressiste et de nombreuses organisations « humanitaires » s’étaient élevées, en France, contre les interrogatoires pratiqués en Algérie par l’armée sur les terroristes du FLN. Elles avaient alors obtenu la création d’une commission de sauvegarde et un droit d’enquête à leur sujet. Dès lors, le FLN était devenu la victime et les parachutistes, les assassins ! … Par contre, elles s’étaient généralement abstenues de critiquer ou de révéler au public les affreuses tortures pratiquées sur une vaste échelle par le FLN, tant sur les Européens que sur la population musulmane pour la soumettre à sa volonté.

Aujourd’hui, elle demeurait muette sur les tortures infligées par une certaine police contre les membres et les sympathisants de l’OAS qui se battaient uniquement pour demeurer Français sur une terre française.

Où étaient les articles tonitruants de l’Humanité, La Croix, Témoignage Chrétien, l’Express, le Monde… qui s’étaient découverts des dons de « défenseurs de la morale » ?

Que faisait Jules Roy, lui qui fut l’un des plus virulents proscripteurs des méthodes employées par l’armée contre les « pauvres petits fellagha » ? Il ne s’agissait pourtant pas d’égorgeurs, d’écorcheurs et de violeurs d’enfants qui se trouvaient en ce moment entre les mains des bourreaux, mais de ses compatriotes, d’hommes de sa race, qui avaient, eux, le tort de trop aimer leur pays !

Aucune voix, alors ne s’était élevée pour demander à nouveau la création d’une commission de sauvegarde et un droit d’enquête. Leur silence ne fut, en fait, qu’une vile approbation.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants : c’est l’indifférence des bon » (Martin Luther King)

José CASTANO


« L’art de gouverner n’a produit que des monstres » (Louis Antoine de Saint-Just)

11/09/2010

« Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » (Racine).

KATZ… CRIMINEL  DE  GUERRE


En ce début d’année 1962, l’OAS était arrivée à l’apogée de sa puissance et le slogan « l’OAS frappe où elle veut, quant elle veut », n’avait jamais été aussi vrai. A Oran, elle était maîtresse de la ville. A sa tête figurait des noms prestigieux comblés de gloire et d’honneurs qui entretenaient un climat de confiance malgré le tragique de la situation…

Le gouvernement gaulliste ne pouvant admettre pareille humiliation, avait nommé à la tête du secteur autonome d’Oran, afin de réduire cette « OAS narguante » -et pour le malheur des Oranais- le 19 février 1962, le général Joseph Katz en remplacement du général Fritsch qui refusait de pratiquer sur les membres de l’OAS cette besogne de basse police qu’était la torture. La mission de Katz : « Mettre au pas la ville sous contrôle de l’OAS ». Celle-ci était alors dirigée par les généraux Jouhaud et Gardy, le colonel Dufour, le commandant Camelin, le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, Charles Micheletti et Tassou Georgopoulos.

En bon exécutant, Katz, s’apprêtait à écraser ceux qui refusaient d’obéir aux ordres de l’Elysée et ceux qui persistaient à crier « Algérie française ! », maxime désormais classée comme « cri séditieux », ajoutant aux vertus de l’obéissance passive, une haine que même le règlement de la gendarmerie ne prescrivait pas. Car Katz n’était pas un soldat comme les autres. C’était une sorte de prolétaire patrouillant avec délice dans la hiérarchie militaire, un ancien gardien de vaches bousculant les usages et les convenances. Carré d’épaules, rond de ventre, aussi peu distingué que son complice d’Alger, Debrosse, outre celle de leur cruauté, on leur prêtait une certaine ressemblance : même corpulence massive, même front de taureau, même manie de traiter tout le monde de « con » ou de  « bon à rien », même dénuement de préjugés.

Katz était un militaire républicain que De Gaulle avait cueilli à Bordeaux pour l’envoyer mater la « racaille d’Oran ». Son sentiment à l’égard des Pieds Noirs était celui-ci : « Un ramassis de descendants de déportés de droit commun, de négriers qui veulent conserver leurs privilèges. ». Cet homme, arrêté en mai 1958 pour avoir soutenu Pflimin, c’est-à-dire la République pure et dure, avait obéi parce qu’en 1962, la République, c’était De Gaulle… et l’assurance d’une foudroyante promotion. Encore un spécialiste du « retour de veste ».

Alors qu’à Alger, depuis la sanglante affaire des Barricades, on avait surnommé Debrosse : « Le sanguinaire », très vite, aux yeux des Oranais, Katz allait devenir « Le boucher ». Pour briser toute résistance, la première consigne qu’il donna à sa troupe essentiellement constituée de « gens sûrs », en l’occurrence les Gendarmes Mobiles, dits « les rougesLe feu – précisa-t-il – sera ouvert sans sommation sur les contrevenants à partir du 23 avril. De même, le feu sera ouvert, par tous les moyens y compris l’aviation, sur les éléments OAS circulant en ville. ». C’était ratifier une pratique que les « gendarmes rouges » utilisaient déjà depuis un mois… » fut celle de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage. «

Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée. « Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels » ; à l’évidence, ces soldats par trop zélés n’avaient pas lu Anatole France…

Toutefois, tirer à vue sur tout ce qui bougeait ne semblait pas briser la résistance oranaise. Alors, « en désespoir de cause », Katz demanda à son officier de liaison Air, le colonel Grégoire, d’étudier les possibilités d’armement des bombardiers B.26 avec des roquettes et des bombes de 260 livres

Le général Hautière, commandant de l’aviation en Oranie, protesta avec vigueur bien que ses sentiments anti-O.A.S. ne fussent pas douteux. Bombarder une ville de quatre cent mille âmes avec un tel armement, cela relevait de la monstruosité, du machiavélisme le plus immoral, ou tout simplement… de la folie. Cependant Katz insista tant et si bien qu’à titre expérimental une mission fut toutefois déclenchée. Lorsque l’aviation se trouva au-dessus de l’agglomération, ordre lui fut donné de ne tirer qu’à la mitrailleuse et de larguer ses bombes au-delà de l’objectif, dans la mer. Le vacarme fut tel que le « brave général » en aurait, paraît-il, pâli !…

Cette lutte « impitoyable et par tous les moyens », selon l’ordre donné par de Gaulle, faisait partie d’un plan mûrement concerté : IL FALLAIT ABATTRE L’ALGERIE FRANÇAISE ; il fallait aussi montrer aux masses musulmanes, longtemps hésitantes, qu’elles devaient maintenant et définitivement, opter pour le FLN dont la France était désormais l’alliée, luttant, avec ce mouvement terroriste, contre l’ennemi commun : LE FRANÇAIS D’ALGERIE ! Et cette alliance n’avait aucune limite, ne souffrait d’aucun scrupule dès lors qu’elle permettrait de venir à bout de l’OAS… Pour preuve : au mois de mai 1962, la gendarmerie « blanche » arrêta un assassin de la pire espèce, Slémani Slimane, qui reconnut avoir torturé et tué vingt-sept Européens. Il fut inculpé. Katz le fit libérer et rapportera que ce dernier « lui rendra de grands services dans les jours les plus agités ».

S’adressant à un membre de l’Exécutif Provisoire, Katz eut ces mots terribles :

« Donnez-moi un bataillon de l’A.L.N. et je réduirai l’O.A.S. à Oran ». Ces propos, monstrueux et inqualifiables de la part d’un officier français firent l’objet d’une question à l’assemblée Nationale (J.O. du 8 mai 1962 – page 977).

Ce « bataillon de l’ALN », Katz allait néanmoins se le procurer –avec l’assentiment discret de l’Elysée- en procédant au recrutement de la plus immonde espèce d’assassins qui eut été donné de voir…

Ce renfort était constitué par les « martiens », ces révolutionnaires du mois de mars, qui, le cessez-le-feu prononcé, venaient sans danger rejoindre les rebelles. Ils étaient les combattants de la dernière heure, impatients de fêter dans le sang leur baptême de « libérateurs » et de se parer d’états de service de pillages et de tueries à faire pâlir le plus chevronné des assassins. Leur unique but était de se faire prévaloir et  surtout de faire oublier qu’ils s’étaient abstenus de combattre durant sept années, attendant de connaître l’issue des armes pour se ranger du côté du vainqueur. De ce fait, ils étaient devenus les plus sanguinaires : exactions, tortures, viols, massacres d’Européens et de harkis se multipliaient, mais on n’en parlait pas. Leurs bandes anarchiques allaient être à l’origine du pogrom anti européen du 5 juillet…

Au hasard des rafles qui avaient lieu, le jour dans les rues, la nuit dans les maisons, les Européens étaient entassés dans des camions de C.R.S. ou de Gardes mobiles et promenés, enchaînés, dans les quartiers arabes pour y exciter la foule et montrer comment la France traitait ses ennemis. Pareille épreuve fut même infligée à l’Inspecteur Général des Ponts et Chaussées, venu à Oran pour le fameux plan de Constantine !

La fraternisation entre Gardes Mobiles et FLN était sans retenue : le soir, les premiers étaient généreusement pourvus en prostituées envoyées par les seconds. On ne peut, dès lors, s’étonner de l’attitude passive qui fut celle de Katz et de ses gendarmes lors de la tuerie du 5 juillet 1962 à Oran… Sur ce point, rappelons cette anecdote impliquant un officier français d’origine algérienne, le lieutenant Rabah Kheliff qui commandait la 4e compagnie du 30e BCP (30e Bataillon de Chasseurs Portés). Le 5 juillet 1962, celui-ci, apprenant que des civils européens étaient regroupés en divers points de la ville d’Oran, dans l’attente d’être exécutés, il décida de passer outre les ordres de Katz de ne pas intervenir et de se porter à leur secours.  Il prévint par téléphone son colonel, qui répondit : « Faites selon votre conscience, quant à moi je ne vous ai rien dit »

À la tête de la moitié de sa compagnie, le lieutenant Kheliff gagna un des points de regroupement, devant la préfecture. « Il y avait là une section de l’ALN, des camions de l’ALN et des colonnes de femmes, d’enfants et de vieillards dont je ne voyais pas le bout. Plusieurs centaines, en colonnes par trois ou quatre, qui attendaient là avant de se faire zigouiller (sic)». Le lieutenant Kheliff exigea et obtint du préfet, Souiyah El Houari, leur libération. S’étant quelque peu éloigné de son détachement, il fut lui-même pris à partie et blessé par des civils algériens, puis dégagé par ses hommes, à qui il interdit d’ouvrir le feu. Après quoi, il établit des patrouilles sur les axes routiers menant à l’aérodrome et au port pour « arracher littéralement » des malheureux des mains de leurs agresseurs.

A la suite de cet acte héroïque, il fut mis aux arrêts de rigueur, et convoqué par Katz qui lui adressa ces mots terribles : « Si vous n’étiez pas arabe, je vous casserais ! ».

Katz échappera cependant à plusieurs attentats dont celui qui, le 14 juin 1962, coûtera la vie au général Ginestet, commandant alors le corps d’armée d’Oran, que les auteurs de l’attentat confondirent avec Katz (terrible méprise qu’ils paieront de leur vie). Dès le lendemain, le « boucher d’Oran » obtiendra ce commandement.

La « victoire » acquise, l’indépendance accordée à ses alliés, KATZ quitta Oran pour la Métropole le 13 août 1962, après avoir fait l’objet, le 4 août, d’une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme pour, entre autres, « avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public »… décoration qui lui sera remise par le Ministre des armées, Pierre Messmer. Une nouvelle étoile vint également rappeler ses « bons et loyaux services ». De Gaulle savait payer ses séides !…

Nommé fin 63 à la tête de la 4ème Région Militaire (Bordeaux), il quitta le service armé début 1968 avec le grade de général d’armée (5 étoiles).

En 1978, ayant gagné une retraite « bien méritée », il briguera un mandat parlementaire. Quel groupe pouvait lui accorder son investiture ? Le parti gaulliste, l’U.D.R, évidemment. Dans l’Allier où il se présenta, il subit un cuisant échec. Les Pieds Noirs installés dans le Bourbonnais se rappelèrent à son souvenir et eurent la gentillesse de lui offrir, à Gannat, un drapeau tricolore sur lequel était inscrit en lettres de sang :

« A KATZ BOURREAU D’ORAN »

D’autres affronts lui seront octroyés et, entre autres, celui-ci : Katz assistait à une messe officielle à Saint Jean de Luz (64). A la sortie, une jeune fille, métropolitaine de surcroît, réussit à lui parler :

« Général, je viens de communier et de prier pour vous ». Katz, interloqué, la remercia toutefois et lui demanda les raisons de sa touchante attention : « J’ai prié pour que le Seigneur vous pardonne tous vos méfaits… » Dès le lendemain, la Sécurité Militaire enquêtait pour identifier la jeune insolente…

Une plainte pour « complicité de crime contre l’humanité et obéissance à des ordres criminels » fut déposée le 16 octobre 1999 entre les mains du doyen des juges du Palais de Justice de Paris au nom de 47 familles des victimes du massacre du 5 juillet à Oran ainsi que du Comité VERITAS. Cette plainte fut déclarée irrecevable mais suivie d’une décision par le juge de non informer. Un appel de cette décision n’aura pas de suite en raison du décès du « Boucher d’Oran » intervenu le mardi 6 mars 2001 à Amélie-les-Bains (66). Rejeté par ses pairs, il finira ses jours, seul, et sa famille choisira de l’inhumer au cimetière de ROSAS, en Espagne.

« Rien d’humain ne battait sous son épaisse armure » (Lamartine)-

José CASTANO

e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

« Pour la honte éternelle de la France, de Gaulle s’est comporté envers la population profrançaise d’Algérie –aussi bien d’origine européenne que d’origine musulmane- comme s’il s’agissait de criminels et il a autorisé d’incroyables atrocités perpétrés contre elle par la gendarmerie mobile, tandis que dans le même temps il ordonnait à l’armée de ne pas gêner les sévices, les enlèvements et les massacres du FLN. » (Thomas Molnas – Journal National Review (USA), septembre 1962)