Francaisdefrance's Blog

04/11/2011

Tunisie: Hamadi Jebali, le visage (presque) rassurant d’Ennahda…

C’est vrai qu’il aurait l’air presque sympa, cet intégriste. Si on savait ce qu’il a derrière la tête…

FDF

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Le secrétaire général du parti islamiste est le probable futur Premier ministre de la Tunisie. Portrait.

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Lunettes aux montures fines vissées sur le nez et barbiche blanche, Hamadi Jebali se veut rassurant. Le secrétaire général d’Ennahda, parti qui a obtenu 41,5 % des sièges à l’élection de l’Assemblée constituante le 23 octobre, est pressenti au poste de Premier ministre. Même si les jeux ne sont pas encore faits, tout porte à croire qu’il sera le prochain chef du gouvernement tunisien. Lors d’une conférence de presse tenue à la salle Top Happiness, à Tunis, au lendemain de l’annonce des résultats officiels, il assurait mener des discussions avec les autres partis politiques tunisiens au nom du mouvement islamique.

Cet ingénieur de 62 ans est l’un des membres fondateurs du Mouvement de la tendance islamique, ancêtre d’Ennahda, fondé en 1981. « Il était très populaire, se souvient Samir Dilou, membre exécutif d’Ennahda. Au sein du parti, il avait la réputation d’être un homme d’écoute et de dialogue. Il avait la qualité d’encourager les jeunes même s’ils commettaient des erreurs. »

Exil à Paris

Son militantisme, Hamadi Jebali l’a commencé alors qu’il était encore étudiant à Paris. Son combat pour les libertés, notamment religieuses, lui a fait connaître l’exil. Tout d’abord en France, en 1982, où il resta deux ans avec sa famille, mais aussi en Espagne, en 1987. Originaire de Sousse, ville côtière, Hamadi Jebali ne venait pas d’une famille particulièrement militante. « Il faisait exception parmi ses cinq frères et soeurs », avoue Soumaya, sa fille aînée âgée de 30 ans. Quand il rentre en Tunisie, l’avis de recherche qui pèse sur lui l’oblige à se déplacer « de maison en maison », se souviennent ses filles. « On ne pouvait pas rester plus d’un mois au même endroit. »

Directeur du journal du mouvement islamique Al Fajr, ce meneur a été incarcéré une première fois en 1991 après la publication d’un article sur les tribunaux militaires, jugé « diffamatoire ». Condamné à un an de prison, il sera jugé une seconde fois, l’année suivante, à l’occasion de la vague de répression anti-islamiste menée par le président Ben Ali. À nouveau jugement, nouvelle peine : Hamadi Jebali écope de seize ans de prison, dont dix en isolement, « pour appartenance à une organisation illégale » et « complot visant à changer la nature de l’État ». Après trois grèves de la faim, il sera finalement gracié et retrouvera la liberté le 26 février 2006.

Une seule feuille de papier

En prison, il retrouve d’autres militants d’Ennahda, dont Samir Dilou, à Bizerte. Ce dernier, qui l’a accompagné en visite à Washington peu après la chute de Ben Ali, se souvient du « jeu d’échecs qu’il avait fabriqué avec des savonnettes ». « Les gardiens le lui avaient confisqué. Il ne s’est pas énervé, mais a engagé des pourparlers pour le récupérer. »

Ses filles aussi se souviennent des savonnettes sculptées qu’il fabriquait pour leurs anniversaires. Une fois par mois, sa famille se rendait à Bizerte : « Quatre heures de route pour le voir quinze minutes ! Nous devions attendre la fin de la journée pour lui parler. La salle devait être vide pour qu’il ne puisse s’adresser à personne d’autre. Mais, surtout, il fallait que les gardiens, assis à côté de nous, puissent tout écouter », se souvient sa femme. Toutes leurs conversations étaient évidemment enregistrées, les lettres qu’ils s’échangeaient, ouvertes. Pendant dix ans, Hamadi Jebali n’a eu ni télévision, ni livres, ni journaux, ni Coran. Par semaine, il avait droit à une seule feuille de papier. Sa seule fenêtre vers l’extérieur. Comme tout père, il en profitait pour conseiller ses filles sur leurs histoires de coeur, mais aussi sur leurs études. Ses deux filles aînées, Soumaya et Safa, ont étudié à l’IHEC à Carthage, tandis que la cadette, âgée de 24 ans, s’initie au stylisme.

Séduire

« Jamais il ne nous a obligées à nous voiler. Nous avons toujours été libres de choisir », tiennent à déclarer ses trois filles et sa femme, toutes portant des hijabs de couleur. « Quand je l’ai rencontré, se souvient sa femme de 11 ans sa cadette, je portais des tee-shirts et je n’étais pas voilée. Il ne m’a pas obligée. Jamais, soutient-elle. J’ai été convaincue. »

Reste maintenant à convaincre les Tunisiens. Souvent qualifié de modéré, il arbore une large « tabaa » sur le front, marque de prosternation des musulmans pieux. Dans un long entretien accordé à l’hebdomadaire Réalités en février dernier, cet homme, qui bénéficie d’une bonne presse, déclarait adhérer aux principes de la charia, loi islamique, tout en affirmant qu’il n’était ni possible ni souhaitable de l’appliquer. Depuis, le Mouvement islamique ne cesse de rassurer pour séduire les Tunisiens. Peu après les résultats de l’assemblée constituante, cet ancien journaliste a déclaré ne pas vouloir « paralyser un secteur vital comme le tourisme en interdisant les boissons alcoolisées et le port de maillots de bain ». Pour lui, il n’est pas non plus question d’instaurer « une Constitution qui abroge les libertés comme celles de la croyance ou du statut juridique de la femme ». Une liberté pour laquelle de nombreuses femmes seront certainement prêtes à se battre.

Source: http://www.lepoint.fr/

25/10/2011

La Tunisie bientôt victime du « double discours » des islamistes intégristes…

Rappel: le « double discours » est une des fourberies de l’islam… Sourire par devant; charia par derrière… (Henri, pas de commentaires inappropriés !)

FDF

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Rached Ghannouchi: spécialiste en la matière…

Le probable vainqueur des élections tunisiennes de dimanche, le parti islamiste Ennahda (en français, «la renaissance») refuse d’être considéré comme un parti religieux.

Depuis la fuite de Ben Ali le 14 janvier dernier, Ennahda a retrouvé le droit d’exister en Tunisie. Longtemps interdit, il apparaît aujourd’hui comme la principale force politique d’un pays en reconstruction.• Origines. Ennahda trouve ses origines au début des années 1970. Il est le fruit de la rencontre de Rached Ghannouchi, admirateur de Nasser converti aux thèses controversées des Frères Musulmans depuis son séjour en Egypte, Abdelfattah Mourou, juriste, et Hmida Enneifer, lui aussi proche des Frères Musulmans. Ensemble, ils fondent le Mouvement de la Tendance Islamique (MTI) qui prendra le nom d’Ennahda en 1989.• Son interdiction Le président Ben Ali prend peur face à la force du mouvement lors des élections législatives de 1989. Ennahda obtient officiellement 14% des voix. Certains annoncent des résultats frôlant les 30%. Sous le prétexte de lutter contre l’extrémisme religieux, Ben Ali fait alors interdire le parti et engage une répression qui jettera des milliers de militants et dirigeants en prison. Rached Ghannouchi quitte la Tunisie et rejoint Londres en 1991, où il obtiendra l’asile politique. En 1992, il est condamné à la prison à vie au pays. Les pays occidentaux, dont la France, laisseront faire, érigeant Ben Ali en rempart contre l’islamisme. Ennahda est légalisé en mars 2011 après la Révolution de jasmin et le retour de Ghannouchi en Tunisie le 30 janvier, quelques jours seulement après le départ de Ben Ali.• Son programme Issu du travail de 182 experts, universitaires ou hommes d’affaires, le programme en 365 points d’Ennahda se veut un projet de société «pour la renaissance de la Tunisie». Le parti cherche à rassurer et se veut le garant des libertés, du système républicain, de l’économie de marché et de la séparation des pouvoirs. D’un point de vue purement politique, Ennahda se dit favorable à la constitution d’un régime parlementaire doté d’une Assemblée unique chargée d’élire le président de la République, responsable devant elle.• La religion et la place des femmes Ennahda se défend d’être un parti religieux. Son modèle politique est l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie. L’idéal de société qu’il préconise est un Etat basé sur un Islam adapté à la vie moderne. Ennahda se refuse en outre à imposer la charia, la loi coranique qui régit la vie de certains Etats musulmans. Le parti veut également assurer les droits des minorités religieuses. Il affirme enfin vouloir défendre le statut de la femme tunisienne, généralement considéré comme le plus avancé du monde arabe. Mais Ennahda est accusé par ses détracteurs de tenir un double discours, démocratique en façade et intégriste en son sein. Ceux-ci craignent que sous le prétexte de l’Islam, Ennahda remette en cause la laïcité, un sujet à propos duquel le parti ne s’est pas prononcé officiellement, et fasse régresser la société tunisienne. Mais le mouvement a su calmer les craintes au sein de la population par son discours rassurant dont il faudra attendre l’éventuelle confirmation dans les mois à venir.• Un financement remis en question Si aucun chiffre officiel n’est communiqué quant au nombre d’adhérents que compte le parti, sa propension à quadriller le territoire est une preuve de sa force. Ennahda a mené une campagne de grande envergure. Distribution massive de tracts, réunions publiques très suivies : le parti a été plus présent que ses adversaires aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, en France notamment. Mais pour assurer une telle présence, un parti a besoin de fonds. Hamadi Ghebali, un cadre du mouvement, assure qu’Ennahda bénéficie de dons «de quelque 100.000 adhérents». Ses adversaires parlent de financements en provenance du Qatar mais n’ont jamais été en mesure d’apporter des preuves concrètes. »Source: http://www.lefigaro.fr/