Francaisdefrance's Blog

18/12/2011

Christianophobie: il faut arrêter de se taire !

Elle existe, partout; mais il est de « bon ton » d’éviter d’en parler… L’islamophobie, en revanche, est un crime contre l’humanité !

FDF

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Massimo Introvigne : « Si elle continue à se taire sur la persécution des chrétiens, l’Europe risque un naufrage moral »

Le service français de l’agence Zenit de Rome, vient de mettre en ligne la traduction par Anne Kurian d’un entretien accordé à l’association Aiuto alla Chiesa che Soffre (la branche italienne de l’organisation inernationale Aide à l’Église en Détresse, désormais Fondation pontificale) et publié le 14 décembre sur le site italien Vatican Insider, de Massimo Introvigne. Le professeur Massimo Introvigne, fondateur en 1998 du CESNUR (Centro Studi sulle Nuove Religioni, centre d’études sur les nouvelles religions), est le représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour ce qui traite des crimes contre les chrétiens. Il était présent à la conférence qui vient de se tenir à Moscou sur la christianophobie, conférence cofinancée par Aide à l’Église en Détresse.

Professeur Introvigne, ces derniers jours nous avons entendu parler de liberté religieuse et de crimes contre les chrétiens dans deux importantes rencontres internationales à Moscou et Istanbul. D’autres évènements ont été organisés à l’occasion de la réunion annuelle des 56 ministres des affaires étrangères de l’OSCE en Lituanie. Quelle est l’importance de l’information en matière de crimes contre les chrétiens?
Les évènements cités – parmi lesquels des dialogues avec des représentants de la société civile des pays concernés par le “printemps arabe” – nous ont permis de déterminer dans l’information un des problèmes centraux dans la lutte contre la persécution et la persécution des chrétiens. Partout on écoute volontiers les histoires des victimes et on leur exprime de la sympathie, souvent avec une émotion sincère. Les victimes sont par définition sympathiques. Mais il y a beaucoup plus de réticence à identifier clairement les persécuteurs, en les appelant par leur nom et leur prénom. Il s’agit souvent de partenaires économiques ou de pays puissants du point de vue politique ou militaire, qu’on ne souhaite pas mécontenter. Et l’on recourt à des euphémismes et des métaphores qui souvent laissent l’impression que les chrétiens se persécutent tout seuls.
Durant votre intervention à la rencontre moscovite, vous avez dit que si elle continue à se taire l’Europe risque  un “naufrage moral et spirituel, plus nocif encore que la crise économique”. Comment peut-on l’éviter?
J’ai pris prétexte de l’exposition sur la peinture italienne du 19e en Corse à l’Hermitage de Saint-Petersbourg, faisant remarquer un des thèmes qui s’est transmis de la peinture italienne à la peinture russe au 19e siècle: le naufrage. Si elle continue à se taire sur la persécution des chrétiens, par peur d’offenser les persécuteurs – même s’ils nous fournissent le pétrole ou achètent nos bons du trésor -, l’Europe risque en effet un naufrage moral. De nombreuses initiatives peuvent être prises sur le plan diplomatique, mais la première doit être de ne pas se taire et de fournir des informations fiables.
Lors des deux journées russes, a émergé la nécessité d’un centre de contrôle et de centralisation des données sur les discriminations contre les chrétiens auquel collaboreront activement les institutions ecclésiastiques…
Pour la centralisation des données sur les crimes de haine, également contre les chrétiens, l’OSCE a déjà un mécanisme, qui fonctionne bien lorsque les Etats participants envoient régulièrement les données. Malheureusement, tous ne le font pas. Il y a également des initiatives non gouvernementales qui offrent des chiffres mis à jour en permanence et très fiables et qu’il faut valoriser. De ce point de vue, il faut souligner la contribution importante de l’AED, en particulier avec ses rapports périodiques sur la liberté religieuse dans le monde.

Le patriarche Kirill a souhaité aussi l’institution d’un dispositif complet et efficace pour la protection des communautés chrétiennes et des chrétiens, par la création d’un organisme consultatif auprès des Nations Unies. Quelles seront les fonctions de cet organisme?

J’ai pu discuter de l’éventuel organisme consultatif avec les représentants du patriarcat de Moscou. Je dois préciser que l’idée rencontre quelques résistances de la part de l’ONU, qui préfèrerait déléguer la compétence à l’UNESCO. Selon le primat de l’Eglise russe, ce devrait être un organe de coordination et de vigilance capable de porter non seulement la voix des chrétiens, mais aussi celle de toutes les victimes de discriminations et persécutions religieuses. Clairement – et le problème est bien présent au patriarcat – il est nécessaire d’éviter tout relativisme. Cela ne doit pas être un “ONU des religions”, mais un organisme focalisé sur les discriminations et les persécutions religieuses, pour les prévenir et les combattre, au plan juridique et diplomatique.
Cette année vous avez été nommé représentant de l’OSCE pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination auxquelles sont confrontés des chrétiens. Votre présence et celle des deux représentants contre l’antisémitisme, le rabbin Andrew Baker, et l’islamophobie, le sénateur Adil Akhmetov, montrent l’attention du président Aubalis au thème de la liberté religieuse. Quel est le bilan de 2011?
Selon Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, cette année l’OSCE a obtenu «d’excellents résultats» dans la lutte contre les persécutions des chrétiens. Bien que l’attention mondiale se soit limitée aux duels entre Hillary Clinton et le ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov sur les irrégularités des élections en Russie, au cours des rencontres de l’OSCE à Vilnius, les références intéressantes à la liberté religieuse n’ont pas manqué. A cette occasion le secrétaire d’Etat américain a demandé aux gouvernements élus à la suite du “printemps arabe” de respecter les minorités religieuses. J’ai moi-même relevé de nombreuses fois qu’en Afrique du nord les chrétiens ne se contentent pas de la simple tolérance. Il est urgent, suite aux révoltes, de protéger aussi les lieux de culte, spécialement ceux des minorités. Cela peut sembler un objectif de seconde importance, mais ça ne l’est pas. Et de nombreux pays de l’OSCE soutiennent l’idée d’une convention internationale pour la protection des édifices de culte et des cimetières. Parce que qui détruit les églises veut tuer l’âme des communautés chrétiennes, et qui cherche à tuer l’âme n’aura pas non plus de respect pour le corps et la vie des chrétiens.
A Moscou le métropolite Hilarion, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès des institutions européennes, a cité le refus de l’Europe de son identité chrétienne parmi les causes de la persécution des chrétiens. Il a aussi critiqué l’“esprit de correction” de certaines politiques européennes plus centrées sur l’inadmissibilité de l’antisémitisme et de l’islamophobie, que sur les  discriminations contre les chrétiens. Etes-vous d’accord?
Bien que personne ne veuille mettre sur le même plan les massacres en Egypte ou au Pakistan et les épisodes européens où les églises chrétiennes sont ridiculisées ou marginalisées, en Europe nous avons des cas toujours plus fréquents d’intolérance et de discrimination contre les chrétiens. Le patriarche Kirill comme le métropolite Hilarion ont particulièrement insisté sur ce point. Le métropolite a rappelé la tentative d’exclure le crucifix des salles de classe dans les écoles italiennes. Il ne me semble pas prudent d’opposer la lutte contre l’antisémitisme et contre l’intolérance et les discriminations contre les musulmans à celle pour les droits des chrétiens. Et l’OSCE, à travers les trois représentants que nous sommes, cherche à montrer de manière visible que ces trois luttes sont d’égale importance aussi d’un point de vue politique et diplomatique.
Quelles sont les formes de discrimination dans le monde occidental ?
Comme l’a rappelé durant la rencontre moscovite Mgr Erwin Josef Ender, le pape a fait sienne l’expression «christianophobie» inventée par le juriste juif des Etats-Unis Joseph Weiler, justement à propos de l’Occident. Benoît XVI a souvent relevé comment «déplaçant notre regard de l’Orient vers l’Occident» nous nous trouvons face à d’autres types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse. Ce sont là des pays où l’on donne une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais dans lesquels la religion subit une marginalisation croissante et où elle est considérée comme facteur extérieur à la société moderne. Comme pour les limitations aux objections de conscience en matière d’avortement, on en arrive à exiger que les chrétiens agissent en contradiction avec leurs convictions religieuses et morales. La «christianophobie» est aussi manifestée par les menaces à la liberté d’éducation et par l’aversion administrative envers les écoles chrétiennes. Par exemple dans les pays européens où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civile qui transmettent des conceptions de la personne et de la vie soi-disant neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la raison droite.
L’intolérance est un fait culturel et la discrimination une donnée juridique. Mais ce sont les deux premiers stades d’un chemin inscrit sur un plan incliné et qui, s’il n’est pas arrêté à temps, conduit fatalement à la troisième étape de la violence et de la persécution.
Source: http://www.christianophobie.fr/

11/02/2011

L’obscur voile islamique qui recouvre notre 21e siècle…

Pas mal… A lire et re-lire.

FDF

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1- Le Pasteur Jones va juger le Coran. Nos médias vont donc dire qu’il est un « évangélique américain fondamentaliste ».

2- Deux églises incendiées en Indonésie. Tout le monde s’en tape. Le régime islamiste turc est lié au terrorisme. Le sujet est tabou.

3- Massimo Introvigne prend position sur les musulmans ‘modérés’ et ‘pas modérés’.

4- La chronique de Ulf Laessing, correspondant en Arabie saoudite de l’agence de presse britannique Reuters.

1- Je tombe aujourd’hui sur une information qui va faire grimper aux murs nos islamophiles de service. Le Pasteur Jones va juger le Coran, peut-on lire sur Nouvelles de France (extraits adaptés) : « Nous allons organiser le 20 mars prochain le ‘Jour de jugement du Coran’ (site). Cela s’effectuera de la même manière qu’un procès organisé aux Etats-Unis. Nous allons poursuivre le Coran qui est accusé d’inciter au meurtre, au viol, aux activités terroristes ainsi que d’être responsable de la mort de millions de personnes. Il y aura un juge, nous ne savons pas encore qui, il y aura également un jury composé de personnes ayant un bagage chrétien mais d’autres ayant également un passé musulman ».

Le Pasteur Jones : « Nous avons également un procureur, Monsieur Abaza, converti de l’islam au christianisme à un jeune âge et qui a été torturé (brûlé, battu et électrocuté) par son père et son frère à cause de sa conversion et emprisonné parce qu’il avait refusé de dénoncer sa foi chrétienne. Le Coran aura-t-il quelqu’un qui assurera sa défense ? Oui, il y aura un avocat de la défense. Nous essayerons tant que possible d’agir selon les formes régulières des tribunaux américains. Nous avons lancé un défi à la communauté musulmane, ils peuvent nous envoyer leur meilleur expert qui pourra assumer cette charge. Beaucoup de gens aux Etats-Unis disent que le Coran est un livre de paix, nous ne le pensons pas, nous pensons au contraire qu’il conduit à la violence ».

2- Un groupe de musulmans en Indonésie (pays mahométan le plus peuplé de la planète avec 200 millions de musulmans) a incendié deux églises et pillé une troisième lors d’affrontements avec la police, en réclamant la peine de mort pour un chrétien condamné pour blasphème de l’islam. Ce n’est qu’un fait divers comme il s’en produit tous les jours en terre d’islam. Et puis, de toute manière, le seul problème, c’est le Pasteur Jones. L’IHH turque, habituée à soutenir des groupes terroristes, entretient des liens étroits avec le gouvernement de l’AKP de Turquie. Le régime turc lui a ainsi fourni un soutien gouvernemental, y compris logistique et politique, pour la flottille du Mavi Marmara, vous savez, la satanée flottille pseudo-humanitaire pour Gaza, alias Hamastan (http://www.terrorism-info.org.il/malam_multimedia/fr_n/pdf/ipc_f161.pdf).

3- Béatrice Bohly, sur Benoît-et-moi a traduit un article de l’excellent Massimo Introvigne, article concernant les musulmans ‘modérés’ et ‘pas modérés’ (extraits adaptés) : « A proprement parler, il n’y pas de musulmans modérés. Parcourant en long et en large des pays à majorité musulmane, du Maroc à la Malaisie, je n’en ai jamais rencontré un. À l’inverse, en Italie, j’ai eu beaucoup de difficultés à rencontrer un musulman qui n’ait pas la prétention d’être ‘modéré’, au point que, quand j’en rencontre un qui nie ouvertement l’être, j’en arrive à le prendre en sympathie. Les musulmans vivant en Italie ont compris que pour vivre en paix chez nous et se faire inviter à des talk-shows à la télévision, ils doivent se présenter comme modérés. Par exemple, un membre des Frères musulmans se présentera comme ‘modéré’ à la télévision en Italie, mais n’utiliserait jamais ce mot en Egypte ou en Jordanie ».

Massimo Introvigne : « La faute n’en revient pas seulement aux musulmans. Une grande partie de la presse divise les partisans de l’islam en deux catégories : ‘terroristes’ et ‘modérés’. Non sans une certaine logique, de nombreux musulmans en concluent que s’ils ne s’auto-définissent pas ‘modérés’, ils seront étiquetés comme ‘terroristes’, avec toutes les conséquences que cela implique. Ainsi, si on décode son discours, un membre des Frères musulmans peut simplement tenter de tromper l’interlocuteur italien en se présentant comme ‘modéré’. Mais si cela signifie ne pas être un terroriste et n’avoir aucune sympathie pour Ben Laden – même s’il en a pour le Hamas – ce n’est pas, à proprement parler, un mensonge. Le phénomène potentiellement le plus trompeur est la présentation comme ‘musulmans modérés’ d’intellectuels qui sont modérés, mais ne sont pas musulmans ».

Massimo Introvigne : « Certains de ces intellectuels pourront être de très intelligents observateurs de la réalité musulmane, nationale et internationale, de bons journalistes, des consultants précieux : mais ce ne sont pas des ‘musulmans modérés’ parce qu’ils n’atteignent pas le niveau d’orthodoxie et l’orthopraxie minimum pour les définir comme ‘musulmans’. Ainsi – même si l’islam n’a pas de pape pour le certifier, mais pas non plus pour certifier le contraire – ne sont pas musulmans ceux qui ne croient pas dans le caractère divin du Coran et ne pratiquent pas les droits fondamentaux de la foi, qui, dans une religion sans hiérarchie et sans une théologie partagée sont plus réglementés que dans le catholicisme : alors qu’il y a des ‘catholiques non-pratiquants’, il est difficile de concevoir des ‘musulmans non-pratiquants’ dans le sens où ils ne prient ni ne pratiquent le jeûne ».

4- Ulf Laessing, correspondant en Arabie saoudite pour l’agence de presse britannique Reuters, écrit (extraits adaptés) : « Si l’Arabie saoudite craint une possible contagion des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte, elle redoute plus encore que l’effacement du président Hosni Moubarak lui fasse perdre un allié clé dans ses efforts pour contenir l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient. Disposant de caisses débordant de devises, le premier exportateur mondial d’or noir est en mesure de distribuer à l’envi ses pétrodollars pour apaiser d’éventuelles tensions sociales et désamorcer ainsi toute révolte sociale. Mais la monarchie wahhabite assiste avec inquiétude à ce qui apparaît comme un « lâchage » dans les formes par les Etats-Unis du chef de l’Etat égyptien qui, tout comme les souverains qui se sont succédé sur le trône, a été depuis trois décennies leur allié fidèle dans la région ».

Ulf Laessing : « « Les Saoudiens sont préoccupés par ce qu’ils considèrent comme la faute diplomatique des Etats-Unis consistant à paraître lâcher trop facilement Moubarak », comme ils l’avaient fait, il y a plus de 30 ans, avec le Shah d’Iran, note Simon Henderson, observateur des affaires saoudiennes basé à Washington. Ryad, qui partage la crainte de Washington de voir Téhéran se doter de l’arme atomique, a dû se résigner à être privé d’un allié de poids contre l’influence croissante de l’Iran chiite dans la région, maintenant que Moubarak a accepté sous la pression de la rue de ne pas briguer un nouveau mandat. « Coupez la tête du serpent », avait déclaré au général David Petraeus, chef des forces américaines dans la région, le roi Abdallah d’Arabie saoudite au sujet de l’Iran, selon Adel al Djoubeïr, ambassadeur d’Arabie à Washington. La monarchie wahhabite, gardienne des lieux saints musulmans de La Mecque et Médine, se présente comme le bastion du sunnisme face à l’influence croissante de la branche religieuse rivale chiite ».

Ulf Laessing : « Elle craint que l’effacement imminent ou dans les huit mois qui viennent de Hosni Moubarak ne conduise à une période d’incertitude et d’instabilité durable en Egypte, qui lui ferait supporter l’essentiel des efforts de résistance à l’influence iranienne, souligne le politologue saoudien Tourad al Amri. Ryad s’inquiète de voir maintenant des pays comme la Turquie et l’émirat du Qatar, qui entretiennent de bonnes relations avec Téhéran et sont en quête d’un plus grand rôle régional, combler le vide diplomatique laissé par le pays arabe le plus peuplé (ndmg – l’Egypte, 80 millions d’habitants, musulmans à une écrasante majorité), explique un diplomate en poste dans le Golfe. Ryad devra alors rechercher d’autres alliés pour remplacer l’Egypte au sein de l’axe anti-iranien qu’elle anime. Ne pouvant compter sur la Syrie et le nouvel Irak, qui entretiennent des liens solides avec l’Iran, elle pourrait jeter son dévolu sur la Jordanie ».

Ulf Laessing : « Selon l’analyste américain Barak Barfi, l’Arabie pourrait décider d’accroître son aide au royaume hachémite, autre bastion du sunnisme, lui aussi en proie à des manifestations de rue, où les islamistes jouent un rôle moteur. Les bouleversements actuels dans le monde arabe surviennent à un moment délicat pour la monarchie saoudienne. Âgé de 87 ans, le roi Abdallah est souffrant et a encore subi en décembre un traitement médical. Le prince héritier Sultan, presque aussi âgé, est également en mauvaise santé. Leur frère le prince Nayef, ministre de l’Intérieur, est un possible successeur. Le roi a mis sur pied un conseil royal pour régler les problèmes de succession. Si on ignore comment celle-ci se déroulera, il est certain que le trône va échoir in fine à une nouvelle génération princière ».

Ulf Laessing : « Abdallah a été l’un des rares dirigeants arabes à exprimer ouvertement son soutien à Moubarak. Ce soutien « instinctif » traduit à quel point la diplomatie saoudienne est dépendante de relations personnelles éprouvées par le temps. Les princes Sultan, Nayed et Saoud al Fayçal, chef de la diplomatie, ont eu, eux aussi, affaire de longue date à Moubarak. Pour ces tenants de l’ordre établi arabe, les appels des Etats-Unis à un « changement immédiat » en Egypte, sonnent comme un avertissement. « Si les Etats-Unis poussent au changement en Egypte, la famille royale saoudienne sentira très bientôt la pression sur elle », prédit Asma Alcharif, professeur de science politique à l’université américaine de Beyrouth ».

Conclusion – Primo, il faut cesser d’appréhender, d’une part, l’islam en terre d’islam ; et d’autre part, l’islam en Occident. Car il s’agit, dans les deux cas, du même islam et du même coran. Le discours islamophile ne changera rien à cette réalité. Secundo, en Occident, l’islam doit respecter l’ordre constitutionnel et laïc. Les zones de non-droit sont à remettre au pas, par la force légale et par le droit. Tertio, l’alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman, cette alliance doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps.

Quarto, l’Occident doit admettre, une bonne fois pour toutes, que l’islam est imprévisible ; et que par conséquent, la stratégie globale à moyen et long terme de l’Occident, face à l’islam, reste, essentiellement, un ensemble de tactiques à court terme, modifiables à tout instant. Quinto, l’Occident a tout intérêt à maintenir un équilibre des forces entre islam sunnite et islam chiite. Et si les deux branches de l’islam, la branche sunnite et la branche chiite sont en guerre, l’Occident doit apprendre à en tirer profit.

Car le temps que ces deux branches consacrent à se combattre signifie un temps de répit pour l’Occident. Cette stratégie en cinq points ne poserait aucun problème à l’Occident, s’il s’agissait de l’appliquer à une forme contemporaine de fascisme ou de national-socialisme. Il n’y a donc aucune raison de ne pas appliquer cette stratégie au monde musulman, aussi longtemps que celui-ci restera un obscur voile islamique qui recouvre notre 21e siècle.

Source: Michel Garroté (source : drzz)