Francaisdefrance's Blog

01/02/2011

Petit essai d’analyse des stratégies convergentes des deux quadra qui montent … sur la scène politique française…

J’ai trouvé ça pas mal…

FDF

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En ce début de dernière année avant les présidentielle, deux têtes semblent émerger du maelstrøm politique. Elles ne sont pas spécialement nouvelles tant les deux corps qui les supportent hantent depuis des années les antichambres du pouvoir. Jean-François Copé a pris les rênes de l’UMP, tandis que Manuel Valls profitait de la trêve des confiseurs pour déclarer sa passion pour l’économie. Ces deux quadras qui passent, à tort ou à raison, pour les iconoclastes de leurs camps respectifs, poursuivent en réalité des stratégies d’une touchante similitude. Aux déclarations tonitruantes de l’un sur les 36 ou 38 heures, ont répondu les aveux de l’autre sur les conséquences du retour aux 39 heures. Nous assistons au début d’une course à l’échalote qui va rythmer, si Dieu prête vie à nos deux larrons, la prochaine décade politique : décryptage.

Le travail, Manuel, y a que ça de vrai !

A tout seigneur tout honneur, commençons par l’empêcheur de « contempter » les 35 heures en rond. Alors que la rue de Solférino communie, depuis plus d’une décennie, dans le culte de la réforme emblématique du gaspillage des années Jospin, l’encore jeune député-maire d’Evry  a récemment fait voler en éclat  le mythe du consensus des « progressistes » sur ce thème.  En déclarant que la situation budgétaire dans laquelle nous pataugeons ne nous permettait plus de jeter par les fenêtres les 22 milliards d’aides d’Etat indispensable à leur mise en œuvre,  il lève le voile sur la grande arnaque.

Les réactions outrées de ses camarades ont certainement dû amuser ce spécialiste de la communication,  tant elles étaient attendues,  puériles et pour tout dire,  pathétiques. A friser l’excommunication lorsque plus personne dans le monde réel, où presque, n’écoute les prêcheurs, vous pouvez revêtir, à bon compte, les habits du réalisme.  Comme cette vertu est rare chez des « camarades » qui,  à défaut d’avoir des idées,  ont surtout des candidats, cela permet au moins connu d’entre eux de faire parler de lui. Il passe utilement, ce faisant, pour le borgne au milieu des aveugles et prend date.

Les critiques le servent et lui permettent, un temps, de faire oublier qu’il est socialiste. Ainsi, selon une méthode éprouvée, le « camp du bien », pensant pouvoir l’achever, se livre en vain à une exégèse sémantique de sa critique du totem Aubryo-Strausskahnien. Tout en étant persuadés du contraire, ses adversaires renforcent, ce faisant, sa crédibilité. Ce que les marchands du temple ont reproché à Manuel Valls, c’est sa manière d’introduire le débat en parlant de la « chance d’avoir un travail » alors que tout bon socialiste sait depuis le biberon, grâce à sa proximité naturelle avec la fonction publique, que le travail est avant tout une aliénation… Encore un petit effort et nos grandes consciences vont lui intenter un procès en Bessonisation.

Les objectifs du Manuel

Cette critique restée tue,  jusqu’ici, par ses adversaires,  ne serait d’ailleurs pas si stupide,  tant on est en droit de se demander si cet « outing » réaliste n’est pas chez Manuel Valls,  une offre de service à destination de l’Elysée, en vue d’un poste de ministre d’ouverture dans le gouvernement du dernier mandat Sarkozy.  Si rien ne marche comme prévu dans la stratégie de rupture  avec les tabous d’une gauche sclérosée à force de s’empêcher de réfléchir, il n’est pas exclu que cette solution  permette à l’intéressé de prétendre au destin national  que son étiquette socialiste l’empêche, jusqu’ici, d’avoir. Si les « progressistes » perdent encore une fois la présidentielle,  il est probable qu’ils n’y résisteront pas.  Le parti de Jaurès n’est plus, grâce à Mitterrand, qu’une coalition électorale.  Cette construction ne peut pas durablement subsister  si ses blocages idéologiques l’empêchent d’accéder au pouvoir suprême. Dans ces conditions, le plus court chemin vers ce portefeuille ministériel tant convoité passe par les sirènes de l’ouverture. Pour avoir plus qu’un strapontin  il faut être une grosse prise  et pour l’être, il faut transgresser.

Il faut dire qu’en la matière, Manuel Valls est un bon client. Il a débuté son chemin de Damas  en se faisant voler, par les micros de la bien-pensance, quelques paroles définitives sur l’absence de « Gaulois » sur le marché de sa ville.  Ce qui ne tue pas rend plus fort  et, l’opération de délation médiatique lui ayant valu la reconnaissance de ses électeurs,  le Maire d’Evry persévéra dans le renversement des totems. Il fut l’un des seuls socialistes à voter la loi anti-Burka, glissant ainsi progressivement vers le statut de réaliste auquel il vient de donner définitivement corps  avec sa sortie sur les 35 heures.

En réalité,  ce n’est pas 2012 que vise Manuel Valls,  mais 2017.  Dans cette perspective, il a tout intérêt à voir le candidat socialiste balayé une fois de plus, pour que son horizon se dégage.  S’il ne cède pas à la facilité de l’ouverture,  il disposera de cinq années pour expliquer à une gauche exsangue que les raisons de ce nouvel échec sont à trouver dans son incapacité à se mettre en phase avec une société  qui n’est plus du tout celle de 1981. S’il parvient à entraîner  dans la manœuvre les moins idiots ou les plus ambitieux de ses camarades, il peut même espérer voir s’agréger autour de lui, et à son profit, cette fameuse nébuleuse centriste, véritable Saint-Graal de tous les « politologues humanistes » que compte ce pays. Il lui suffira de pousser les marxistes enragés vers les poubelles de l’histoire  complaisamment tenues ouvertes par Jean-Luc Mélenchon. Il sera ainsi en position de force pour accéder à la Présidence, lorsque Nicolas Sarkozy cédera la place au terme de ses deux mandats.

Si par malheur Martine, Dominique, François ou Ségolène devaient présider dès 2012 au destin de la France, les choses se compliqueraient nettement. D’abord, parce que le programme imbécile que ces autistes sont en train de nous concocter  entraînerait la faillite de la France dans les 6 mois de sa mise en œuvre.  Ensuite, parce que, éloigné de ce catalogue de bonnes intentions par son réalisme, il serait rejeté et marginalisé par les vainqueurs comme hérétique. L’intérêt bien compris de Manuel Valls c’est donc la défaite de son camp.

Copé,  l’homme pressé

Le nouveau Secrétaire Général de l’UMP se trouve dans la même perspective même s’il n’est pas, loin s’en faut, dans la même position.

Après des années où, pour faire carrière à droite,  il fallait passer pour un homme de gauche,   le vent vient de tourner. Rien d’étonnant à cela, dans la mesure où nous vivons avec celle de l’Etat-providence, la faillite de ces idées.  Jean-François Copé, nanti du flair propre aux grands fauves politiques, a parfaitement capté ce changement.  Le bon petit soldat de l’ENA qui avait perdu son mandat de député de Meaux en 1997 pour avoir trop donné dans le radical-chiraquisme,  a compris,  avec ou à cause de Sarkozy,  que l’avenir se dessinait à droite. Cette prise de conscience commune, loin de les rapprocher, les a,  en réalité,  éloignés l’un de l’autre,  tant ils ont voulu avoir l’exclusivité de ce créneau.  L’actuel Président,  qui avait une longueur d’avance, a remporté la course. La leçon a été retenue et Copé s’est donné les moyens de persévérer. Il s’est appuyé, pour y parvenir, sur ses anciennes fidélités chiraquiennes pour prendre les rênes du groupe des députés UMP. Une fois parvenu à ce poste, il a pu jouer sa partition en solo, loin des standards de l’ancien Président, convertissant même, au passage, nombre des partisans  de ce dernier, à la réalpolitique.

Celui qui s’est ainsi affirmé comme le garant des valeurs de droite,  jetées aux orties de l’ouverture  par un Sarkozy soucieux de se refaire aimer par le parti de l’intelligence germanopratin,  est devenu incontournable.  Il a ainsi pu se payer le luxe de refuser la prison ministérielle offerte par un Président conscient, mais un peu tard, de ses erreurs stratégiques, pour exiger la tête du parti majoritaire. Sa puissance est telle qu’il peut impunément, comme Sarkozy en 2005,  en déloger les « hommes du Président »  pour les remplacer par les siens ;  bref,  façonner le mouvement à sa main. Avec de tels amis, pas besoin, pour le Président, d’avoir des ennemis.

Le billard à trois bandes

Comme Manuel Valls, Jean-François Copé puise sa force dans la transgression,  et Dieu sait s’il ne s’en prive pas depuis qu’il est à la tête de l’UMP. Tous les débats qui fâchent, le « tôlier de la Boétie » les enfourche avec un gourmandise directement proportionnelle à l’embarras qu’ils provoquent dans un gouvernement où, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne compte pas que des amis.

Servi par Valls,  il s’est donc lui aussi attaqué aux 35 heures,  à tel point que l’on est en droit de se demander  si ces deux-là  ne jouent pas régulièrement au tennis.   Reprenant le débat là où le député de l’Essonne n’avais pu,  su,  ou voulu l’amener, il a décrit avec une froide logique les conséquences ultimes de l’abandon des 35 heures. « Travailler 39 heures payées 35 », voilà qui entre violemment en dissonance avec le « travailler plus pour gagner plus » sarkoziste.  Cet assaut de réalisme le place dans une position idéale.  Il n’est pas aux affaires et ne prend donc pas le risque de voir son analyse se fracasser sur l’écueil du « dialogue » social.  Il se contente de prendre date.

Quel que soit le vainqueur de 2012,  celui-ci n’aura d’autre choix  que de mettre cette méthode en œuvre. La seule différence, c’est que Sarkozy mettra fin aux 35 heures pour tout le monde, là où les socialistes maintiendront ce privilège pour les seuls fonctionnaires  sur le dos de « la France qui se lève tôt ». Dans le deux cas le Député-Maire de Meaux pourra passer pour celui qui a dit la vérité aux Français, bien avant l’épreuve de la mise en œuvre. « Je dis ce que je fais et je prédis ce que qui se fera»,  ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?

En vérité, derrière ses protestation de fidélité, Jean-François Copé a tout intérêt à voir le Président trébucher en 2012 et il va l’y aider aussi sûrement que Chirac a soutenu Giscard en 1981.  Certes,  il n’ira pas jusqu’à se présenter face au Président sortant mais,  durant les quinze mois qui nous séparent de mai 2012, nous pouvons compter sur le Secrétaire général de l’UMP pour soulever tous les débats que le gouvernement s’efforce d’enterrer.

Pour gagner en 2017, mieux vaut être le patron de l’opposition que le chef du parti majoritaire sortant, Copé l’a bien compris. Chirac avait fait le même calcul en son temps. Les 110 propositions devaient amener le chaos économique, ce fut le cas. Les socialistes devaient prendre une râclée, ce fut le cas en 1986,  mais la cohabitation réduisit cette brillante stratégie à néant et Mitterrand resta 14 ans à l’Elysée.

Le quinquennat change la donne : la cohabitation n’est plus un risque.  Un boulevard semble donc ouvert à nos deux duettistes qui, visant 2017,  se rejoignent sur la nécessité de faire perdre leur camp en 2012.  Par un croisement stratégique des plus comiques,  Copé devient le meilleur atout de la gauche, là où Valls est le plus ferme soutien du Président sortant.  Pourtant, rien n’est jamais écrit en politique  et un grain de sable peut toujours venir gripper les mécaniques si bien huilées qu’on les croiraient construites par Alain Duhamel dans les romans prédictifs qu’il nous impose,  tel Madame Soleil, avant chaque présidentielle.

Un gros grain se lève pourtant sur cette droite que visent nos deux compères, et les calculs les plus fins risquent d’être remis en cause par Marine. Pour l’un comme pour l’autre, le danger viendra du Front national.  Pour l’un parce que la recomposition de la droite suite à sa défaite peut se faire en partie autour d’elle.  Pour l’autre,  parce que la montée de l’héritière de Jean Marie Le Pen viendra crisper les réflexes de déni de la réalité de son camp. Tout réaliste sera alors poursuivi et brûlé comme apostat  par la meute des caniches de garde.  Dommage pour nos deux amis que le père n’ait pas dix ans de moins  et que la fille soit aussi subtile qu’ils sont calculateurs.

Source: http://marcsuivre.wordpress.com/2011/01/24/ce-que-le-quadra-…-genere/

10/09/2010

Une rentrée dans le lard…

10 09 2010

Par marcsuivre

Contrairement à ce que ce sous-titre peut laisser supposer, je ne m’insurgerai pas ici, une nouvelle fois, contre le scandale des Quicks islamistes : si la Caisse des Dépôts et Consignations veut faire fortune avec la religion, grand bien lui fasse ! Cessons, pour défendre la laïcité, de mettre les pieds dans cette enseigne, et gardons pour d’autres un argent qu’il est bien dur de gagner. Préférons un saucisson vin rouge sur le zinc à un burger dégoulinant d’un gras agréé par le Mufti : cela fera le plus grand bien à nos artères. Soyons charitables, pour une fois, et transférons nos problèmes cardiaques aux barbus intégristes. Ils ont, comme tout le monde, le droit à un bon infarctus, et si en plus il est halal…

Mon jeu de mot se référait, en fait, aux cellules adipeuses du Mammouth cher à Claude Allègre.

Toute rentrée scolaire arrive avec son lot de découvertes, d’interrogations, de revendications et d’effarements, très inégalement développés et rapportés par nos médias. En matière de marronniers, juin nous apporte notre dose de boutonneux hystériques passant un bac qu’il serait plus économique de leur donner sans condition, vu qu’il faut vraiment qu’ils y mettent du leur pour le louper.

Suite et source: http://marcsuivre.wordpress.com/2010/09/09/une-rentree%E2%80%A6-dans-le-lard/

04/09/2010

CHRONIQUES DU RACISME ORDINAIRE. (2)

ROM NE S’EST PAS FAIT EN UN JOUR

Par Marc Suivre

Rien ne va plus ! Alors que l’Aoûtien moyen quitte à regret son lieu de villégiature, depuis Saint-Germain des Prés lui parvient ce cri angoissé : Les Roms ! Un esprit peu attentif à l’air du temps ou rétif à la morale médiatique de base – c’est selon – pourrait croire, dans un instant de coupable égarement, que nos élites ont revêtu les habits de Sainte Geneviève et galvanisent ainsi les Parisiens, contre une nouvelle invasion de « Normands sanguinaires » – cette fois-ci venue de l’Est!

Un art consommé de l’amalgame

Las ! Nous l’avons vite compris, dans cette histoire : nos beaux esprits ont une fois de plus revêtu le costume du résistant en peau de lapin. La sarabande des pleureuses débordant de bonne conscience s’est remise en marche. A les entendre, nous n’assistons à rien de moins qu’à une version moderne de la Rafle du Vel’ d’Hiv’. Quand on n’a pas d’argument sérieux à opposer à une décision gouvernementale et que l’on est de « gôche » – donc vertueux par essence – on ne recule devant rien, pas même le ridicule le plus cru. L’amalgame outrancier dessert la cause qu’il prétend défendre – tant mieux – mais il affaiblit aussi le symbole dont il abuse et c’est bien plus regrettable.

Que personne ne s’en offusque est pour le moins troublant et en dit long sur le pouvoir de nuisance des manipulateurs d’opinion : le terrorisme intellectuel a encore de beaux restes. Quelques rares esprits osent dénoncer le procédé. Je suis loin de compter au nombre des fanatiques du ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, mais on peut difficilement lui donner tort quand il dénonce l’imbécillité de ses anciens camarades et de leurs affidés. En l’occurrence, la déportation des juifs durant l’occupation n’a strictement rien de commun avec le départ volontaire et rémunéré des Roms vers leurs pays d’origine.

Il est, en revanche, parfaitement légitime pour un gouvernement, de décider qui doit ou ne doit pas résider sur le territoire qu’il a, légitimement, reçu mandat d’administrer. Quelle est donc l’autre solution que démantèlement des ces « camps » tsiganes que nos grandes âmes peinent à nous décrire comme de paisibles lieux de vie ou s’exprimerait la Culture séculaire du monde nomade, et qui ne sont en réalité que de sordides bidonvilles qui poussent, avec leur cohorte de trafics,  à la périphérie de nos villes?

L’exploitation de la misère d’une communauté humaine que cinquante années de marxisme n’auront pas suffi – comme c’est étonnant ! – à faire sortir de leur marginalisation dans leurs pays d’origines, est devenue une affaire très lucrative pour certains réseaux. Cette  « mise en fermage » des Roms dans notre pays ne remonte hélas pas à hier, et c’est avec une confondante constance que nos divers gouvernants ont laissé pourrir la situation. Refuser les expulsions aujourd’hui, c’est laisser prospérer l’exploitation de la misère humaine.
Le long aveuglement de nos dirigeants

Comme tout ce qui touche à l’immigration dans notre pays, la situation de ces « nomades » originaires principalement de Roumanie et de Bulgarie, a longtemps été tenue sous le boisseau. Ne rien voir et ne rien faire, telle était la consigne en la matière, jusqu’à cet été.

Pire que cela, les Roms ont servi de variable d’ajustement aux statistiques migratoires. Ces braves gens se sont vite rendus compte – et tout ce que ce type de pays compte de mafieux avec eux – que la République était une bonne fille. Pour être humaine – car il ne saurait en être autrement au pays des Droits de l’Homme – elle finance le « retour au pays », et pas seulement en prenant en charge les allers simples. Conséquence, il n’était pas rare que des familles fissent chez nous, deux séjours par an, soldés par deux primes au retour, personne n’ayant, jusqu’à ces derniers jours, jugé bon de tenir une liste des bénéficiaires de nos largesses publiques…

Tout le monde y trouvait son compte : les individus concernés, bien sûr, l’Etat qui gonflait ainsi ses statistiques d’expulsions, et les réseaux de passeurs qui accumulaient facilement et sans trop de risques le capital nécessaire pour entreprendre leur fructueux commerce sur une plus grande échelle.

Cette méconnaissance des principes de base de l’économie moderne par nos élites administratives n’étonnera que peu les lecteurs attentifs, tant cette matière est sous-enseignée dans notre pays. Aussi longtemps que l’on pourra intégrer la fonction publique en pensant que Jean-Baptiste Say est – avec Beghin – l’inventeur du sucre en poudre, il n’y a que peu d’espoir de changement à attendre. L’ignorance, le manque d’intérêt et de courage politique, est une maladie bien française.

Commencé lucrativement avec les Roms, le trafic d’êtres humains a pu s’étendre à d’autres candidats à l’Eldorado européen, une fois que les structures criminelles qui les organisaient ont atteint la taille critique idoine grâce aux contribuables. Il est intéressant d’ouvrir les yeux sur ces enchaînements hélas largement prévisibles ; dommage qu’il ait fallu tout ce temps pour le faire !

Où l’exploitation politicienne de l’affaire permet de trier le bon grain de l’ivraie

Que la gauche droit-de-l’hommiste s’émeuve à foison du sort que ces « crypto-fascistes » de Sarkozy et Hortefeux réservent aux Roms, voilà qui ne devrait pas nous étonner.

Qu’au nombre de ceux qui réclament le démantèlement de ces campements sauvages aux abords de leurs cités, figure beaucoup d’édiles socialistes, la Martine en tête, n’est pas de nature à freiner l’enthousiasme des « défenseurs des Droidlom». Après tout la Nomenklatura de la bien-pensance sait tout du calvaire de ces populations honteusement persécutées. La preuve, elle connaît par cœur la filmographie d’Emir Kusturica, elle ne rechigne pas à écouter les Gypsy King, et le pèlerinage des Saintes-Maries : « c’est tellement charmant». C’est dire qu’en matière d’ouverture d’esprit, on ne la lui fait pas !

Il est même réjouissant de voir venir à Canossa celles et ceux qui, avant les vacances, voulaient traîner le Pape en justice pour « crimes pédophiles contre l’humanité ». Après l’exégèse faite par l’église de France des ses récentes et obscures déclarations sur le sujet, Benoît XVI est devenu leur maître à penser. Il faut bien reconnaître que le Vatican est aux prises, sur cet épineux dossier, avec une redoutable concurrence messianique provenant des diverses sectes protestantes américaines. On comprend bien qu’il s’agit pour lui de se positionner sur le marché très disputé du salut des âmes errantes. Après tout c’est le rôle de l’Eglise et nous ne devrions pas attacher plus d’importance aux opinons de son « Pasteur Suprême » sur notre façon de régler la question des Roms, qu’à celles qu’il émet régulièrement sur l’homosexualité ou la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles pour la plus grande joie de ses nouveaux amis « progressistes ».

Il est n revanche plus ennuyeux, pour un homme de droite, d’assister au ballet des hypocrites opportunistes qui vient, dans son propre camp, ajouter sa note à la cacophonie ambiante.

On peut toujours arguer que le premier à la manœuvre,  celui que sa grande taille et sa grande gueule font vite émerger du marigot « des mous du genou » dès que le gouvernement s’éloigne du credo politiquement correct, n’est pas de droite. Pour autant, comme Dominique de Villepin n’est pas de gauche et qu’il n’est pas non plus la réincarnation de Michel Jobert[1], le classer ailleurs semble difficile. Après tout, le flamboyant prédécesseur de François Fillon, n’ambitionnait-il pas en créant son parti le 19 juin dernier : de rénover la droite – justement –  par une offre politique originale et rassemblant au delà des clivages partisans ? Il comptait même, pour ce faire, déployer toute l’énergie que l’anti-américanisme bêlant de nos journalistes lui impute automatiquement, depuis ses exploits oratoires onusiens. Pour être original et énergique, l’homme des Cent-Jours l’aura été. Pour lui, cette affaire est « une tache de honte sur notre drapeau ». Rien que ça ! Qu’il continue encore un peu comme ça dans sa recherche « d’originalité énergétique» et il pourra utilement – pour Libération – rivaliser avec le PS dans le registre de l’imbécillité outrancière.

Peu importe le Rom pourvu qu’on ait l’ivresse (proverbe antillais)

Nous l’avons bien compris, dans cette affaire, le sort des Roms importe peu. Il est urgent, par principe, de dénoncer l’action gouvernementale. Il convient, dans le même temps, de ne surtout pas faire savoir aux Français ce qu’on propose à la place de la politique du Président. Laquelle de ces belles âmes osera dire que, si nous gardons ces populations sur notre territoire, le coût de leur intégration reposera sur les contribuables français, au grand soulagement de leurs homologues de l’Est dont les gouvernements sont trop heureux de nous expédier leurs parias, en vertu des généreux principes de libre circulation des citoyens dans l’espace européens ? Encore faudrait-il rappeler ici les sommes folles déjà dépensées dans ces pays, aux si maigres ressources, par l’Union Européenne en vue de résoudre – en vain visiblement – le problème à sa source. Le beurre, l’argent du contribuable et les fesses de la Commission en prime ; que demander de plus ? Que l’on fasse les « courses du Rom » sans doute…

La question était pendante dès le début des négociations visant à intégrer ces pays mais, comme toujours, on a préféré évacuer le problème en cachant la misère sous le tapis des bonnes intentions. Qui donc était ministre des Affaires Etrangères au moment où il a été question d’intégrer la Roumanie et la Bulgarie à l’Union Européenne ? Un homme qui a une haute idée de lui-même, un visionnaire sans aucun doute. Ce « brave » Dominique Galouzeau de Villepin, devenu, par la magie de ces « Roms arrangés », le « génie sans bouillir » du drapeau national.


[1] Michel Jobert 1921-2002 : homme politique français, fondateur, après l’élection de Giscard, du Mouvement des Démocrates qui ne se voulant ni de droite ni de gauche se situait « ailleurs ». Il fut ministre des Affaires Etrangères de Pompidou et du Commerce Extérieur de Mitterrand, inaugurant en cela, la mode promise à un bel avenir de l’ouverture en politique …

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Source:   http://marcsuivre.wordpress.com/2010/09/03/rom-ne-s’est-pas-fait-en-un-jour/