Francaisdefrance's Blog

04/01/2012

Cet hiver, de nombreux Français n’ont pas pu fêter dignement Noël…

Certains ont dormi dans la rue, sans nourriture, sur des cartons, dans l’indifférence la plus totale. Certains même ont du dormir à proximité du Louvre… Ce fameux Louvre qui abrite les « arts de l’islam ». A qui il manque 10 millions d’euros pour terminer cet affront à notre culture. Mais pour ça, « on » va bien les trouver, les 10 millions…

Comment expliquer ça aux sans abri à qui il ne reste qu’une carte d’identité Française?

FDF

.

Cour Visconti, le gros œuvre s’achève. Vingt ans après la création de la pyramide de Peï, la dernière tranche du Grand Louvre – le Département des Arts de l’Islam – n’est plus qu’une question d’aménagement intérieur. Cet été, les 13 000 pièces concernées seront installées à proximité de 5000 autres relevant de la section Méditerranée orientale romaine.

En 2002 Jacques Chirac avait lancé le projet. En 2008 Nicolas Sarkozy posait la première pierre. Qui, en septembre, inaugurera ces 2 800 nouveaux mètres carrés répartis en deux niveaux d’exposition et d’un troisième réservé à la technique? C’est la dernière incertitude.

L’évidement de ces volumes jusqu’à à 12 mètres de profondeur n’a causé aucun dommage. Les vibrations n’ont pas été ressenties dans les salles situées en surplomb, où se trouvent notamment les trésors de la Grèce préclassique, La Joconde et le Sacre de Napoléon par David. Les tonnes de terre ne pouvant être excavées par enjambement des ailes sous peine d’abîmer leurs façades commencées au XVIIe siècle et complétées au XIXe par l’architecte Visconti, on s’est résolu à tout faire passer par l’unique porche du côté Seine. Gravats comme matériels, jusqu’aux parois en verre simple – des plaques larges de 2,40 m et parfois longues de 6 m – ont emprunté cette voie large de seulement 2,7 mètres.

Autre prouesse: l’escalier intérieur en béton reliant le sous-sol au rez-de-cour. Il a été coulé en une seule fois grâce à un coffrage long de 14 m et haut de 6 mètres. Aujourd’hui, cette volée de marches se déploie sans aucun point d’appui. Un bel effet qui s’ajoute à celui des sols en dalles noires incrustées de copeaux de laiton. Ils s’harmonisent élégamment avec l’anthracite foncé des mur et le doré de la verrière.

Cet équipement est aussi spectaculaire que novateur. Les concepteurs Rudy Ricciotti et Mario Bellini ont dessiné puis modélisé sur ordinateur ce toit de forme ondulante, lourd de 135 tonnes, laissant passer la lumière naturelle. «Après des tests grandeur nature effectués dans les fossés du Louvre, en face de l’église Saint-Germain-de-L’Auxerrois un entreprise qui a déjà à son actif la couverture à Londres du British Museum et à Berlin du dôme du Reichstag, l’a posé, explique Aude Pichard, chargée de projet à la direction de la maîtrise d’ouvrage. Il s’agissait de s’assurer de la résistance à la neige et à l’échauffement, de la bonne étanchéité et du faible vieillissement.»

La Cour Visconti n’offre pas de corniches continues sur laquelle ce type de structure aurait pu s’appuyer. D’autre part, coiffer la Cour Visconti au niveau des toits, à plus d’une trentaine de mètres des collections, les aurait écrasées visuellement. Les architectes ont donc imaginé de fixer leur vague de verre et de métal sur huit piliers inclinés très discrets (pas plus de 30 cm de diamètre). Le toit se détache ainsi des façades historiques et semble flotter dans l’air, à mi hauteur, tel le tapis volant des contes orientaux. Cela devrait satisfaire les mécènes dont les principaux viennent du Golfe.

Ricciotti parle de «nuage doré» et Bellini «d’aile de libellule». À juste titre car une double strate, composée de 2350 triangles s’ouvrant pour la maintenance comme les élytres d’un hanneton géant, renferme tout un réseau technique de tubes en acier. La surface extérieure se compose elle-même de trois couches: un corps en verre et deux mailles de métal l’enveloppant. Ce sont elles qui donnent à l’ensemble sa couleur or clair et brillant. La résille sert aussi de brise-soleil.

Ne serait-ce que du seul point de vue technologique, les 8 800 éléments de cette couverture unique au monde donnent un coup de vieux à la pyramide. «Chaque pièce a été découpée par un robot en Slovénie, puis numérotée afin de pouvoir reconstituer le puzzle sur place, détaille Aude Pichard. Cela excepté 45 morceaux de la charpente préréunis à Cracovie et acheminés ensuite.»Au final le voile métallique et translucide ne produit pas le chatoiement souhaitée à l’origine mais ses tons chauds s’accordent bien avec le blanc-beige de la pierre de taille. Son effet de légèreté, voire d’apesanteur, fonctionne également à merveille.

Autrement, on notera d’autres défauts: à l’intérieur, la mezzanine réservée aux trésors romains et coptes de l’Orient est trop basse de plafond ; et il demeure un besoin de 10 M€ sur les 98,5 millions d’euros nécessaires. La France et le musée qui ont contribué à la réalisation du projet à hauteur de 30 % cherchent donc encore de généreux donateurs.

Source: http://www.lefigaro.fr/