Francaisdefrance's Blog

10/08/2010

L’attentat libanais contre un officier supérieur israélien ne restera pas impuni…



La question n’est pas si, mais quand...

« De nombreux chroniqueurs se sont alertés de l’absence de réplique israélienne à l’assassinat ciblé qui a frappé le lieutenant-colonel Dov Harari z’l, ce 3 août.
Chaque fois qu’il est question du Liban -principalement-, revient en écho le thème de l’érosion de la dissuasion israélienne contre des ennemis qui s’enhardissent d’opérations toujours plus spectaculaires de ce type : meurtres, enlèvements…

Plusieurs éléments de contexte s’opposent à des représailles massives immédiates, même si l’on reconnaît le caractère de « casus belli », présent dans l’exécution de cet acte de guerre.
La violation délibérée de la résolution 1701 par une faction de l’armée libanaise est, techniquement suffisante, sur le plan du droit international. La fameuse « ligne bleue » de la frontière dessinée par la barrière entre les deux pays  ne mord pas même sur la séparation géographique réelle entre le Liban et Israël.  En réalité, elle concède 300 m de territoire israélien,  justement pour éviter toute polémique incendiaire.
Le rapport précis de la FINUL sur l’évènement et l’établissement des responsabilités a,  comme il se doit, pris un temps de retard sur les
mensonges goulus des principaux médias occidentaux,  dont la corruption n’a d’égale que le renoncement au professionnalisme. Comme les chiens de Pavlov, Reuters, Yahoo lançaient leur « cocktail molotov » 0.2, et la meute des quotidiens comme « Libération » et consorts, s’empressaient de leur emboîter le pas de l’oie, avant qu’il ne soit « trop tard ».  C’est-à-dire, avant que les rapporteurs sur place n’établissent les faits, tous les faits, rien que les faits.

Mais il n’y a pas de doute à avoir sur l’âpreté des échanges entre les protagonistes militaires sur place, durant tout ce temps, où d’un air penaud, certains journaux rectifiaient  sans insister sur leur erreur d’orientation.
Lorsque le pas n’a pas encore été franchi, on parle de menace. Elle peut rester diffuse durant des années, dans une situation comme celle de la frontière nord.  Ensuite,
il s’agit d’ultimatum. C’est, désormais, le cas, après l’ordre donné à un sniper par le Commandant de la 9ème Brigade libanaise, chi’ite apparenté au Hezbollah,  de faire feu, alors qu’aucun danger ne pointait à l’horizon, côté adverse.  L’officier en question est, en effet, un familier des échanges fraternels  avec les dirigeants paramilitaires de la milice pro-iranienne au Sud-Liban.
Selon les sources des renseignements de l’excellent Debkafile [Mais pas Debkafiable], Israël aurait demandé aux autorité libanaises que cet officier soit jugé en cour martiale ou démis de ses fonctions. Sans quoi Tsahal se sentira les mains libres de détruire tous les avant-postes militaires du pays du Cèdre  dans cette région conflictuelle.
La rencontre trilatérale entre libanais, israéliens et témoins de la FINUL, aurait eu lieu au Quartier Général de celle-ci, à Naqurah, dans la nuit de mercredi 4 au jeudi 5.

Officiellement, Tsahal a laissé entendre aux médias que le Hezbollah lui-même avait été pris par surprise, au même titre que l’Etat-Major israélien et la plupart des décideurs et observateurs régionaux.  Sur le fond du dossier, les milieux autorisés, dont les attachés militaires américains, français et allemands, envoyés pour freiner toute escalade,  sont clairs sur l’état de guerre et ses préparatifs enclenchés, dès l’assassinat de l’officier israélien [où sont les renforts?].  Reste ce laps de temps accordé aux dirigeants du Liban, pour faire la lumière sur la chaîne de commandement impliquée dans ce meurtre programmé. Les responsables de la FINUL ont appuyé cette vive mise en garde à l’adresse de Beyrouth. Chaque partie prenante est ainsi informée de la ligne de fermeté de Jérusalem sur la promesse que « l’incident » ne restera pas impuni.

Personne ne croit, évidemment, que l’Etat-Major libanais oserait sanctionner le donneur d’ordre.
Cela ne ferait que renforcer le poids du Hezbollah, l’érigeant en « héros » de sa cause, contre un gouvernement facile à désigner comme « corrompu par l’influence occidentale et israélienne ».  Nasrallah n’a de cesse de renvoyer sur Israël l’accusation du Tribunal international contre plusieurs de ses lieutenants dans le meurtre de Rafic Hariri. Il prétend, à qui veut bien l’entendre, qu’il dispose de « preuves » d’une telle « manipulation »  et exploite tant et plus l’arrestation de prétendus « espions » au service d’Israël, travaillant dans les services de télécommunications libanais.
Il n’y a donc plus d’autre alternative que de laisser cette atmosphère électrique courir le long de la frontière, sachant que la moindre opportunité peut être saisie, par un bord ou l’autre,  pour déclarer que l’ultime limite a été franchie pour la seconde fois.

Elle a toutes les chances d’avoir lieu dès que le Hezbollah ne saura plus comment se sortir de l’impasse dans l’affaire Hariri. Sauf à exfiltrer ses hommes de main vers Téhéran, de façon à ce qu’ils échappent à une Justice internationale que ne reconnaît pas le front du refus anti-occidental dirigé par Ahmadinedjad.

Sur le plan diplomatique, Israël doit encore dissiper bien des illusions persistantes, dans les esprits occidentaux, à propos du fonctionnement interne de la politique libanaise.  Le Général Giora Eiland insiste sur ce point qu’Américains comme Européens persistent à diviser sa classe politique en deux clans opposés, dont aucun des intérêts de long terme ne coïncideraient. Ce qu’il appelle la théorie des « good guys » s’opposant aux « bad guys ».   Dans l’un, nous aurions les Sunnites d’Hariri fils, les Druzes de Joumblatt et les Chrétiens de Samir Geagea. Dans l’autre, le Hezbollah de Nasrallah, le Courant du Général Aoun, grand perdant des élections, Amal, les agents de l’Iran et de la Syrie.
Jusqu’à un certain point, cette césure demeure correcte. Mais on sait aussi que
Walid Joumblatt n’a pas hésité à franchir le Rubicon, de même que, gênés ou pas par la démarche, le Président Souleiman comme Saad Hariri sont des habitués de la cour de Damas. Aucun ne saurait officiellement prendre la moindre distance avec le commanditaire bicéphale irano-syrien du Hezbollah.
Plus que de simple allégeance contrainte et forcée, et malgré la retenue imposée par les formes de protectorat occidental sur le Liban, cette configuration permet au cercle dirigeant libanais de faire avancer ses pions sur les deux tableaux, cumulant les avantages de chacun et rejetant ses inconvénients.

A l’ancien Etat-Major libanais à forte dominance chrétienne, soucieuse de la progression des musulmans sunnites ou chi’ites en son sein, s’est substitué un leadership militaire forgé par près de 50% de Chi’ites favorables au Hezbollah,  plus que soucieux de la souveraineté du Liban [???? leur allégeance à Téhéran la viole,  la souveraineté du Liban].
Le modèle de gouvernance libanais est identique aux
profits tirés par Bachar al-Assad des avances européennes et américaines en sa faveur, afin qu’il se détache de l’influence iranienne. Cela laisse à la Syrie comme au Liban la marge de manœuvre suffisante pour réclamer toujours plus d’aide financière, diplomatique et militaire aux Etats-Unis, à Nicolas Sarkozy et l’OTAN, pour renforcer leurs dispositifs, sans modifier leurs propres positions sur le fond des dossiers.
Or, la posture n’a pas varié d’un iota depuis 1948 : elle équivaut à un état de guerre permanent, même quand il n’y a pas belligérance effective.
De fait, on a vu la France et les Etats-Unis offrir du matériel militaire électronique sophistiqué au Liban, pendant que Damas et Téhéran se chargeaient des « à-côtés » : Scuds, M-600, etc.  La question du retournement de l’armée libanaise semble ne s’être jamais posée à Paris et Washington, enthousiasmés par les résultats très partiels de la « révolution anti-syrienne du 14 mars ». Celle-ci est totalement inconsistante, dès lors que les officiels se précipitent aux pieds du leader alaouite à Damas.

Ceci nous conduit à l’analyse raisonnable du crime du 3 août 2010 comme la conséquence structurelle, et non la cause contingente, de l’état des forces en présence et de leur préparation au « prochain round ». Un pouvoir de façade à Beyrouth ne peut qu’adopter la posture de la « victime », entraînée malgré elle dans un règlement de compte régional, alors qu’il n’a rien fait de probant pour garder le contrôle sur sa propre armée déployée au Sud-Liban, dont les objectifs ne se démarquent en rien de ceux du Hezbollah.

Le temps de cette « prise de conscience » à Beyrouth, Washington, Paris et Bruxelles, est l’objet de cet ultimatum, tout le reste n’étant que pourrissement annoncé de la situation frontalière, entre deux « incidents ».

L’évolution de la situation à Téhéran influe grandement sur ce renforcement de la « ligue du Levant », à laquelle s’est jointe la Turquie, ces dernières années. De la capacité des Pasdaran à rester maître du jeu dépendront les choix de leurs alliés. Chaque annonce de nouveau trouble en Iran, explosion dans une usine pétrochimique, menace sur la vie-même d’Ahmadinedjad, embuscade dans laquelle succombent des gardiens de la Révolution, fait à nouveau rouler les dés sur le tapis vert-islam d’une région au bord du chaos. Il resterait, néanmoins, surprenant, que l’Iran s’avère, très rapidement, être le « maillon faible » de cette alliance en partie construite sur les opportunismes des caciques locaux… »


Marc Brzustowski


Le site de l’Association Suisse-Israël Vaud est régulièrement mise à jour.  Visitez-le : http://www.suisse-israel-vaud.ch/

09/08/2010

Liban : quand les moutons applaudissent leurs bouchers…

Il ne s’est trouvé que l’AFP et Le Monde pour développer l’argument selon lequel le tracé de la ligne bleue serait encore contesté par le Liban. Leur haine d’Israël et de la réalité factuelle atteint des proportions effectivement effrayantes…


7 août 2010

La tragicomédie libanaise, dont les acteurs sont les leaders politiques, a franchi, cette semaine, le mur du son. De gauche à droite et des chrétiens aux chiites, on s’est félicité du « retour en grâce » de l’armée libanaise.

Si souvent décriée, jugée (avec raison) à peine capable de régler la circulation, rampant aux pieds du Hezbollah et de la Syrie, transparente face à l’ « ennemi sioniste », son « action d’éclat » à Adayssé a redoré son blason.

Sans se rendre compte du ridicule de sa posture, la classe politique parle « de redistribution des cartes » face à Tsahal. Elle affirme que, si, jusqu’à présent, les officiers israéliens pouvaient faire comme si elle n’existait pas, depuis la « leçon » qu’ils ont reçue mardi, ils vont devoir changer de doctrine et compter avec notre « fière armée ».

Il ne viendrait ici à l’idée de personne de déclarer publiquement que le fait d’assassiner un lieutenant-colonel adverse, occupé à la supervision de travaux de jardinage, n’a rien d’un exploit militaire.


C’est plutôt un acte mafieux sommaire, digne des républiques bananières, qui ne mesurent pas les conséquences de leurs agissements.

Un acte qui ne change rien au rapport de force de un milliard à un qui prévaut entre les deux armées. Non seulement au niveau des armes en présence, mais également à celui du courage, de l’intelligence et de la dignité.

Et si l’assassinat, de sang froid, du lieutenant-colonel Harari (à une lettrer près, cela fait Hariri, tiens tiens, on dirait que le maktoub et la mort se jouent encore des hommes et de leurs frontières !) ne modifie strictement rien sur le plan du rapport de forces,  en revanche, il a des conséquences désastreuses pour le Liban dans tous les domaines.

A commencer par les deux mille cinq cents types, portant l’uniforme national dans la région frontalière, qui, depuis la semaine dernière – et sans en retirer le moindre bénéfice d’aucune sorte – sont devenus des cibles pour les snipers expérimentés de Tsahal.

A poursuivre par la perte de crédibilité du gouvernement, du président et du commandement de l’armée à l’échelle internationale. L’Amérique d’Obama et les Nations Unies nous traitant de menteurs sur la scène internationale ; c’est non seulement une claque sonnante pour nos institutions, mais aussi une prise de risque incroyable pour notre sécurité nationale : quand l’offensive du Hezb contre les autres Libanais débutera – et tout le monde ici sait que c’est une question de temps  personne ne s’intéressera à notre sort, pas même à son extension humanitaire.

Pas Israël bien sûr, pas l’Europe ni l’Amérique, et pas la Finul, qui, comme lors du dernier putsch de la milice, ne traversera pas le Litani pour venir à notre secours.

Notre armée de héros ? Ils la laisseront tous se débrouiller seule. Le monde a tant de préoccupations, qu’il ne va pas ses soucier de prêter main forte à une bande d’illuminés, pathologiquement atteinte du syndrome de Münchhausen, et meurtrière de surplus.

Quant aux armes que les Etats-Unis et l’Europe fournissaient à notre armée, jusqu’à présent, nous pouvons mettre une croix et une étoile coranique dessus. Il est plus efficace, si l’on entend soutenir le terrorisme et affaiblir ce qui reste de l’autorité de l’Etat, de les envoyer directement au Hezbollah.

Un politicien local, se doutant de ce qui va arriver, a ironisé sur le fait que les USA peuvent garder les Hummer (grosses Jeeps blindées) qu’ils nous envoient (gratuitement), car leur consommation assèche les finances nationales.

Encore un génie ! Le moment venu, nous protégerons nos femmes et nos enfants de la milice avec des arcs et des flèches…

Question actualité, la croyance sincère en notre bonne foi a duré moins d’une journée. Jusqu’à mercredi midi, il était encore possible, à Beyrouth, de croire que les Israéliens avaient franchi la frontière.

Ensuite, c’est devenu de la propagande orientale. A court d’arguments face aux accusations précises de nos détracteurs, nos officiels se sont mis à balbutier des thèses de mauvaise foi ; le chef de l’armée, le général Kahwagi, un chrétien de l’école du Président Souleiman, à la solde des Syriens et à deux doigts de l’internement psychiatrique, a inventé un néologisme pour définir la route des patrouilles de Tsahal : la « frontière technique ».

Plus qu’un néologisme, c’est un libanisme : nous avons assassiné un père de famille, perdu deux hommes et hypothéqué notre reste de crédibilité, parce qu’une pelle mécanique des Hébreux a « franchi la frontière technique ».

Le gouvernement a ressorti à l’air libre des documents « prouvant » qu’en 2000, au moment du retrait israélien, le Liban avait fait valoir des revendications quant au tracé de la frontière internationale, dans trois régions, dont Métula et Adayssé.

C’est absolument exact, mais nos représentants ont « oublié » que ces revendications avaient été postérieurement levées, suite à l’arbitrage que notre pays avait demandé à l’ONU. Dès lors, le tracé de la frontière internationale – la ligne bleue – a été officiellement adopté par notre exécutif, et c’est faire dans l’autodérision que de brouiller volontairement la chronologie des événements.

Sur le plan international, il ne s’est trouvé que l’AFP et Le Monde pour développer l’argument selon lequel le tracé de la ligne bleue serait encore contesté par le Liban. Leur haine d’Israël et de la réalité factuelle atteint des proportions effectivement effrayantes.

L’AFP ajoutant à certaines de ses dépêches concernant les incidents de mardi, le nombre des morts libanais durant la guerre de 2006, et précisant que c’étaient pour la plupart des civils. Que voilà une étrange façon de justifier un assassinat ! A les suivre, on pourrait même légitimement lancer une bombe atomique sur Tel-Aviv.

C’est sans compter que j’avais déjà, à l’époque, démontré, preuves recueillies dans les hôpitaux à l’appui, que la majorité écrasante des victimes participait de l’appareil de guerre de la milice.

De plus, chaque fois qu’un journaliste de bonne foi évoque la guerre de 2006, il a l’obligation éthique de rappeler précisément qui fut à l’origine de l’agression préméditée qui la déclencha. Car c’est celui qui déclencha cette guerre, qui est seul coupable de tous ses morts et de tous ses blessés, tant au Liban qu’en Israël.

Au temps pour l’AFP, qui s’occupe de la propagande des ennemis d’Israël et de ceux qui s’opposent au Liban démocratique, indépendant et libre !

Le mensonge colporté par cette agence  concernant l’envoi, mercredi et jeudi, de renforts massifs israéliens à Adayssé, et révélé par la Ména;  est énorme en termes professionnels. Dans une situation équitable,  il devrait valoir l’éviction des journalistes en faute et la démission de la direction de l’agence française.  Mais la France ne se trouve pas dans une situation d’information équitable en ce qui concerne le Moyen-Orient (notamment).

A Beyrouth, on veut maintenant ignorer les circonstances de l’affrontement de mardi pour n’en retenir que l’affrontement lui-même. « Notre armée a fait face à Tsahal ! ». Les imbéciles !

Les politiciens libanais sont, dans ce travestissement, encouragés par un article de Gideon Lévy dans Haaretz. Un papier incroyable, qui encense le comportement de l’armée libanaise et dénonce celui de Tsahal, sans s’embarrasser des contingences factuelles de l’incident et de savoir qui en fut coupable.

Cet article a été reproduit tel quel dans plusieurs de nos media. Mes confrères locaux restent bouche bée devant la liberté d’opinion existant en Israël, comme l’exprime Ziyad Makhoul dans l’Orient-le-Jour :

« On peut reprocher une quantité de choses à l’État d’Israël. Mais pas, définitivement pas, ses médias en général et sa presse en particulier, leur somptueuse liberté d’expression et cette apnée dans la praxis démocratique que même un Hassan Nasrallah a condescendu un jour à applaudir (…) ».

On lit énormément la presse israélienne à Beyrouth, et, particulièrement, la Ména, dont on attend chaque nouvelle analyse avec impatience. Témoin cet autre passage trouvé dans l’Orient-le-Jour :

 » La presse israélienne, pour sa part, n’a pas hésité à accuser le commandement de la brigade déployée dans le secteur d’être chiite et lié au Hezbollah, manifestant son inquiétude de voir 60 % de la troupe libanaise appartenir à cette communauté ».

En fait de presse israélienne, cette information n’est parue que dans la Ména, et c’est naturel, car c’est moi qui ai obtenu, d’un chef de notre armée, de connaître l’étonnante composition de l’armée libanaise au sud du Litani, et l’origine communautaire de son commandant.

La citation est correcte à deux détails près : nous n’avons pas parlé de brigade, car 2 500 hommes ne constituent pas une brigade, et n’avons pas écrit que ledit commandant était « lié au Hezbollah », mais que c’est de lui qu’il recevait ses ordres et non du commandement de l’armée libanaise.

Un fait confirmé depuis par des sources libanaises, et, entre autres, implicitement par le même Orient-le-Jour.

Et c’est bien là le plus grand souci à propos de l’incident de mardi : ceux qui ont perpétré l’assassinat ne répondent pas de monsieur Kahwagi mais de M. Nasrallah. Ce sont des miliciens portant l’uniforme de l’armée ou des militaires ralliés à la milice. C’est kif-kif. Ce qui signifie, singulièrement, que la milice peut, quand elle le désire, non plus uniquement déclencher un conflit entre elle et l’armée israélienne, mais désormais, entre Israël et le Liban.

Les analystes de fonds des poubelles de Beyrouth feraient bien mieux de se pencher sur ce risque existentiel que de se réjouir de leur « victoire » à la Pyrrhus.

Saad Hariri, 1er ministre libanais et Béchar Al-Assad, le commanditaire présumé de l’assassinat de son père, peut-être en train d’organiser le sien : mêêêêêh !

Jérusalem va officiellement demander à Beyrouth, au vu des éléments désormais connus, de traduire en justice le commandant en question. Mais Beyrouth ne pourrait pas, même s’il le désirait, car passer en jugement un affidé du Hezbollah, même s’il porte l’uniforme national, équivaut à déclencher une nouvelle guerre civile.

C’est précisément ce qui se passa lorsque le cabinet Siniora exigea de remplacer l’officier hezbollah/armée qui commandait l’Aéroport International du Liban.

De toute manière, si le Liban n’obtempère pas à la légitime requête de Jérusalem, les soldats de Tsahal recevront probablement l’ordre d’abattre le commandant assassin à vue, dès qu’ils l’apercevront à travers le grillage de la « frontière technique ». Les Hébreux ont la mémoire tenace et ne pardonnent pas aux assassins.

Le gouvernement, le président et Kahwagi ne commandent plus rien. Ce sont le Hezbollah, l’Iran et la Syrie, par son truchement, qui font la loi. Toute la loi.

Les ennemis du Liban, ceux qui planifient sa perte, ce ne sont évidemment pas les Israéliens, mais ceux qui les ont agressés mardi : la milice chiite et ses tentacules. Israël constitue un des rares éléments de stabilité dans ce pays, c’est ce que les bons à rien qui nous dirigent devraient s’empresser de comprendre. De cette compréhension dépendra peut-être notre salut.

Nous nous trouvons dans la situation ubuesque, où des moutons promis à l’abattoir applaudissent aux exploits de leurs bouchers. Du libanais pur cru. L’inconséquence fièrement poussée à son paroxysme. Le suicide en douceur, en y prenant le temps.

Mais tous les Libanais ne sont pas dupes. La nouvelle endémie est celle de l’arrestation d’agents israéliens. C’est un tsunami ; ils ne se comptent pas en dizaines mais en centaines, venant des villages et des villes, de toutes les régions, de toutes les couches sociales de la population, mais surtout, des cadres supérieurs à la retraite de l’armée, de la Sécurité Intérieure et de la police.

Et c’est encore sans intégrer au calcul les milliers de mes compatriotes qui ne demanderaient pas mieux que de renseigner Israël sur les préparatifs de la milice et les activités des « conseillers » iraniens qu’ils n’ont pas invités chez eux.

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