Francaisdefrance's Blog

07/12/2010

Immigration: La pompe aspirante n’est plus activée par le besoin des usines et des chantiers, mais par les guichets sociaux…

Excellent billet que je viens de découvrir. A lire jusqu’au bout.

FDF

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Pour une approche scientifique de l’immigration.

101028Michèle Tribalat fait autorité en tant que démographe. Elle exerce ses talents, au sein de l’Institut national d’études démographiques, en qualité de directrice de recherche. Compte tenu de l’importance et de la qualité de ses travaux, on l’entend de temps en temps, mais évidemment trop peu, sur les gros médiats du service public. Citons quand même une intervention substantielle le 25 juillet sur France Culture » (1). À noter aussi un très important entretien publié, ce printemps, par « L’Express » (2). Auteur de plusieurs ouvrages de références, ses éditeurs s’appellent La Découverte, Gallimard, Denoël. Il ne s’agit pas d’un écrivain maudit. (3). Du moins, pas encore.

Elle donnait le 14 octobre une conférence-débat à la Bibliothèque d’Histoire Sociale de Nanterre (4). Le thème partait de son dernier livre « Les yeux grands fermés (5) : l’immigration en France ». Malgré diverses petites misères quotidiennes, pas possible de rater cette séance-là. Disons d’ailleurs que ce type de communication reste irremplaçable. Elles permettent d’aller plus loin avec l’auteur d’un livre, souvent au cœur de ses préoccupations.

La lecture des 50 premières pages provoque certes une impression terrible, presque désespérante. On imagine dès lors un processus implacable, irrémédiable, incontrôlable, létal.

La qualité essentielle d’un tel ouvrage ne découle pas seulement de son sérieux scientifique. Il montre, au bout du compte, que l’utilité industrielle du recours à la main-d’œuvre étrangère égale finalement zéro, ou presque. Pas de nécessité, encore moins de fatalité de côté-là.

Au contraire, la date charnière s’est située au cours de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1980). Cette constatation résulte de toutes les études réalisées sur les populations considérées. Le tournant a été entamé du fait du regroupement familial. Ladite voie d’entrée est devenu la cause majeure d’une arrivée d’entrants d’un type nouveau. La pompe aspirante n’est plus activée par le besoin des usines et des chantiers, mais par les guichets sociaux.

On avait pu parfois se demander donc, jusqu’alors, si une sorte de loi de la pesanteur, une manière de contrainte économique, ne s’était emparée de nos sociétés d’abondance. Certains pensent aussi pouvoir établir une comparaison avec la fin de l’empire romain : pas une seconde, cependant, Mme Tribalat ne se risque à suggérer de telles hypothèses. Pas la moindre remarque déplacée non plus.

Et, de leur côté, ceux qui avaient cessé de réfléchir sur la question de l’immigration et de ses conséquences à long terme se réveilleront certainement de leur torpeur.

Ceux qui croient en l’État, ceux qui imaginent fiables les statistiques des organismes publics, tel que l’INSEE, découvriront sans doute à quel point leurs impôts servent à nourrir beaucoup d’incapables et une foule de malfaisants.

De ces divers points de vue, le rédacteur de ces lignes n’a pas ressenti le sentiment d’une entière révélation. Hélas cependant, l’angle de départ en renforce une sorte d’abattement prospectif : que va donc devenir la France, dans tout cela ?

Et puis aux alentours de la page 80, au détour de quelques formulations élégantes de l’auteur, on se reprend, sinon à espérer, du moins à se proposer de participer au débat civique. Si une scientifique de cette qualité, si une revue telle que « Commentaire », à droite, si même [parfois] « Marianne », à gauche, osent donner la parole à des chercheurs indépendants et prendre la plume pour rompre les consignes du silence et du conformisme ambiants, comment ne pas leur faire écho ?

Une indignation perce donc. On ferme volontairement les yeux. Les pouvoirs publics se révèlent, jour après jour, tétanisés par les médias. On les voit assiégés par des intérêts inavouables, rien moins qu’humanitaires. Nos technocratea et nos maîtres se laissent dicter leurs règles de comportement par des ligues de vertu que l’on décore du sigle d’ONG. Ceci veut dire [en théorie] : « organisations non-gouvernementales ». Or, celles qui interviennent dans ce domaine n’existeraient même pas sans les subventions et les soutiens qu’elles rackettent auprès des pouvoirs publics nationaux et des collectivités locales. Et cela semble les dispenser de toute approche objective de la vérité.

Voilà ce qui se passe en France, et, au fond, nous le savons tous.

À l’inverse, Michèle Tribalat fait état de travaux impressionnants réalisés dans d’autres pays occidentaux. Le parlement britannique dispose, avec sa Chambre des lords (6) d’un observatoire de qualité. Une longue enquête, très complète, y a été réalisée en 2008. Elle est commentée dans tout le pays. Cet énorme document, téléchargeable par tout un chacun sur le site des Lords, calcule notamment la contribution de l’immigration à la croissance annuelle du produit intérieur brut. Cela donne approximativement 0,1 % par an, en moyenne, depuis plusieurs décennies. Or, l’Angleterre se trouve en pointe, et depuis quelque 50 ans, du phénomène migratoire en Europe. Aux Pays-Bas, d’autres travaux mettent en lumière une autre question. Celle-ci porte sur les méthodes et sur les préjugés, systématiquement favorables, imposés par le conformisme ambiant. En France, au contraire, on a effectivement confié au Conseil d’analyse économique une recherche analogue. Mais qui a entendu parler de ses conclusions, inscrites dans le rapport de M. Gilles Saint-Paul ? Remis en 2009, il a été « enfoui dans un tiroir » (7). Le grand public n’en a jamais entendu parler. De même, dans les pays nordiques, on dispose de registres prodigieusement instructifs pour les démographes. En France un chercheur de l’Insee utilise-t-il, dans un bureau de Strasbourg, le fichier Saphir de la gendarmerie ? On ne censure pas seulement ses travaux. Ils ne seront publiés en définitive que par la revue « Commentaire », – excellente mais non spécialisée. Bien plus, on fait disparaître la source administrative, devenue politiquement incorrecte.

Il existe manifestement une sorte de consigne tendant à dessaisir les nations européennes de toute faculté de décision restrictive. On tente donc d’y prévenir les mauvaises pensées. Alexandre Zinoviev dans son roman anticipateur « Les hauteurs béantes » voyait dans cette prophylaxie la marque du système soviétique. Or, aujourd’hui, les « machins » internationaux de toutes sortes, l’ONU comme la CNUCED, la CEDH comme l’UNESCO, etc. travaillent à la mise en œuvre effective du cauchemar correspondant. Ils prétendent nous imposer une vision complètement unilatérale. On nous enjoint de croire, sans jamais nous le démontrer, que tout le monde gagnerait, triplement, à ce type de migrations à sens unique et sans entraves : pays vieillissants d’accueil, peuples affamés du tiers-monde, migrants familiaux eux-mêmes. Mais on se refuse à dresser le bilan, en regard, des dommages collatéraux causés aux villes envahies, à leurs municipalités submergées, mais aussi aux nations d’origine, privées de leurs éléments les plus dynamiques, et, enfin, aux déracinés eux-mêmes.

L’objectivité scientifique se trouve donc ainsi bafouée.

Voila le point le plus scandaleux, le péché contre l’esprit, que met en lumière Michèle Tribalat. Les partisans de la gouvernance mondiale n’admettent pas de s’entendre contredire. Ils le seront pourtant, par la force des choses, par l’indestructible musique de la liberté.

JG Malliarakis
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Apostilles

  1. Émission Esprit public par Philippe Meyers. Elle était invitée en compagnie de Max Gallo et Jean-Louis Bourlanges.
  2. avec Laurent Chabrun le 18 mars 2010
  3. citons : « Faire France, Une enquête sur les immigrés et leurs enfants » (La Découverte 1995) ; « De l’immigration à l’assimilation. Enquête sur les populations d’origine étrangère en France » (La Découverte 1996) ; [avec Pierre-André Taguieff], « Face au Front national, Arguments pour une contre-offensive »(La Découverte, 1998) ; « Dreux, voyage au coeur du malaise français » (Syros, 1999) ; [avec Jeanne-Hélène Kaltenbach] « La République et l’Islam, Entre crainte et aveuglement » (Gallimard, 2002).
  4. cf. le site de l’IHS
  5. Éditeur Denoël, 2010
  6. Les enregistrements de ces conférences sont disponibles sur le site de l’Institut d’Histoire sociale
  7. Sur cette vénérable institution, celle des Lords (avec un grand « L » = la chambre haute du parlement britannique) il convient de comprendre qu’elle représente aujourd’hui exactement le contraire de l’image fausse que nous nous faisons des lords (avec un petit « l » = les lords héréditaires)
  8. cf. « L’Express » du 18 mars 2010

Lu sur: http://www.insolent.fr

04/12/2010

Le misérabilisme gagne la France…

La démagogie rend toujours les pauvres encore plus pauvres…

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Sur les photos, le président bolivien Evo Morales paraît souvent un parfait crétin. Réélu triomphalement en décembre 2009, pour la plus grande satisfaction du quotidien « L’Humanité », il se trouve à la jonction de plusieurs courants hélas convergents en Amérique latine.

Avec les communistes, tout devient possible sur le papier. Tirant ainsi d’une vieille bibliothèque familiale un livre oublié, signé de Renaud de Jouvenel, et consacré à l’Albanie communiste (1) je lis cette perle : « depuis que l’Albanie a chaussé les bottes de sept lieues du socialisme »… C’était écrit en 1958, donc plus de 10 ans après l’événement fondateur et miraculeux… Et en 1992 quand les premiers documents libres ont pu sortir du pays on a pu voir le degré de misère auquel avaient conduit les fameuses « bottes de sept lieues du socialisme ».

La Bolivie semble actuellement bien décidée à prendre le même chemin.

Elle le fait, décision démagogique après décision démagogique.

Alors qu’en Europe la tendance générale déplace vers le haut l’âge de la retraite, ici de 60 à 62 ans, ailleurs de 65 à 67, selon des définitions différentes, le gouvernement de La Paz se propose de le ramener, au contraire, de le ramener de 65 à 58 ans.

« La réforme prévoit la nationalisation des retraites, la fermeture de caisses privées (l’Espagnol BBVA et le Suisse Zurich) qui géraient la retraite de 1,3 million de Boliviens, et l’abaissement de la retraite de 65 à 58 ans », semblait applaudir « Libération » le 26 novembre.

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Immédiatement, « l’Huma » mettait en ligne une grand photo du camarade Morales, puisqu’il s’agit bien entendu, de « changer le monde ». Le commentaire va évidemment dans le même sens : « C’est la nouvelle politique pour redistribuer aux travailleurs, en vue d’une baisse de la pauvreté et d’une plus grande égalité, a plaidé Evo Morales en présentant la réforme. » Argument suprême pour les communistes : « Elle effraie les milieux d’affaires… » Voila donc qui suffit à assurer le journal de la pertinence de la mesure.

Depuis le départ, Evo Morales se situe dans le sillage d’Ugo Chavez et de sa prétendue « révolution bolivarienne », simple relais de l’agitation castriste et des diverses tentatives d’insurrections armées. Disposant d’une confortable rente pétrolière, le Venezuela, un des pays dirigeants de l’OPEP, pose à la puissance régionale. Il dispose de quelques satellites, dont l’Équateur, divers partis en Amérique centrale et, depuis la victoire de Morales, de la Bolivie.

Dans ce pays, par ailleurs, le gouvernement actuel joue à la fois sur la corde de « l’indianisme », très prisé des intellectuels germanopratins et sur le registre du misérabilisme. Il est supposé représenter les provinces montagnardes pauvres et rencontre d’ailleurs, bien évidemment, le séparatisme toujours injuste des riches.

Enfin une particularité locale fait de ce pays l’un des plus instables du sous-continent. Plus de 100 coups d’État en un siècle d’indépendance.

Il hérite aussi d’une vieille tradition, celle du « Mouvement nationaliste révolutionnaire » fondé en 1941 par Victor Paz Estenssero. Dans ma jeunesse nous trouvions cette tentative, considérée comme de centre gauche, fort sympathique. Elle était saluée en particulier par le grand spécialiste dans lequel nous puisions au cours des années 1960, à Paris, notre faux savoir sur l’Amérique latine : Marcel Niedergang, collaborateur de l’inévitable et sentencieux quotidien « Le Monde » (2). Entré en 1952 au service étranger de cette institution, ce journaliste, décédé en 2002, aura intoxiqué des générations de lecteurs. Grosso modo le discours récurrent consiste à soutenir que tous les problèmes de l’Amérique du sud sont occasionnés au fond par son homologue du nord. Cette thèse demeure centralement répandue chez les plupart des intellectuels, journalistes, diplomates et cinéastes parisiens. On la rencontre parfois même en Province.

Bref ce qui paraissait sympathique dans ce programme se proposait, en effet, au-delà du marxisme et des méchants financiers internationaux, d’utiliser les richesses minières pour le bien du peuple. J’avoue humblement moi-même avoir succombé trop longtemps à cette séduction.

Car, nous pouvons l’observer en France même avec les quelques secteurs privilégiés bien connu, les plateformes de ce genre réussissent certes à créer quelques zones d’illusions, d’ailleurs très éphémères. Mais, globalement tout cela en réalité n’aboutit jamais qu’à une seule conséquence : rendre, après une petite phase très artificielle d’euphorie, les pauvres encore plus pauvres. De ce point de vue, certes, on peut revenir au constat de base : avec les communistes tout redevient toujours, amèrement, possible.

La prospérité générale d’un peuple ne peut évoluer au bout du compte qu’en fonction directe de la productivité et de la compétitivité du pays, dans la création de bien et de services. Cette loi d’airain de l’économie déplaît en général aux tenants des utopies socialistes.

De toute évidence ramener à 58 ans l’âge de la retraite amènera les Boliviens à produire moins donc à consommer moins. Certains esthètes saluent aujourd’hui cette tendance du nom de décroissance.

En termes économiques, cela s’appelle la paupérisation.

JG Malliarakis
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Apostilles http://www.insolent.fr

30/11/2010

Coup d’État civil pro islamique à Ankara !

Les conséquences de la réunion de l’Otan à Lisbonne directes et indirectes, ne manquent pas de se faire sentir. Et cela commence par l’un des principaux alliés, la Turquie. Les années 1946-1950 avaient vu la mise en place, dans ce pays, de gouvernements démocratiques formellement civils. Plusieurs coups d’État les ont renversés successivement. Or pour la première fois depuis 60 ans, deux ministres (1) ont pris la décision d’y mettre à pied trois généraux. (2) Ceux-ci se trouvent impliqués dans le cadre du complot Bayloz remontant à 2003. Le chef du parti laïc de gauche CHP soutient de façon significative les trois putschistes, qui font appel aux tribunaux spéciaux. Cela s’est produit la semaine écoulée, qui suivait immédiatement la rencontre de l’alliance occidentale.

S’agissant de tout autre pays, on trouverait cette situation critique du point de vue journalistique et conjoncturel. L’événement serait couvert de façon dramatique par les gros moyens d’information. Et on jugerait aussi cette normalisation, sur le fond, parfaitement conforme aux principes de la gouvernance mondiale.

Il n’en va pas de même dans une société où l’élément militaire joue, ou plutôt jouait jusqu’à une date très récente, un rôle central dans tous les réseaux de pouvoir. Rappelons ainsi que le poids économique de la couche dirigeante de l’armée issue du kémalisme, en fait le principal partenaire apprécié en France par les milieux se disant de gauche et non moins laïcistes.

Les dirigeants civils, eux-mêmes disciples de l’islam moderniste (3), ont obtenu à Lisbonne de la part des Américains et des autres alliés une concession qu’ils jugent essentielle. On leur a accordé que l’Iran ne soit pas explicitement mentionné comme adversaire dans le cadre de la mise en place du bouclier anti-missiles de l’Alliance atlantique. Dans ce contexte, ils se sentent en mesure de rogner un peu plus les prérogatives des militaires laïcs.

On pourrait donc aboutir au renversement complet du rapport de forces établi par les jeunes-turcs en 1909, puis par le kémalisme en 1923, un concept paradoxal : un « coup d’État » civil.

En apparence, formellement, si cette évolution aboutit, elle ne rencontrera que des approbations, au moins dans un premier temps, sur la scène internationale.

Pour le moment d’ailleurs un seul pays, pratiquement, semble s’y opposer, émettre des réserves, agiter et alerter plus ou moins discrètement ses propres éléments d’influence. Il s’agit de l’État qui avait tissé depuis le début des années 1950 des liens très solides de coopération avec l’armée d’Ankara. Pour le moment, en effet, le gouvernement israélien actuel redoute à plus ou moins juste titre une coalition régionale des pays musulmans. Ceci ne s’était jamais produit depuis la fondation d’Israël. L’État hébreu, de guerre en guerre, et pendant ces périodes intercalaires que l’on appelle, un peu imprudemment peut-être, « la paix » avait toujours su séparer les deux puissances musulmanes régionales non arabes, l’Iran comme la Turquie, et s’employer efficacement à diviser les Arabes entre eux. Sur ce dernier terrain il n’a pas rencontré trop de difficultés.

Dans sa chronique de Zaman Today du 27 novembre M. Ergun Babahan prend à cet égard à partie l’ancien ambassadeur américain en Turquie M. Eric Edelman. Il en fait à la fois le porte-parole à Washington d’une certaine coulisse et il l’accuse de « vivre dans un monde virtuel », de se montrer « coupé du réel ». Le vrai reproche porte sur l’évaluation de la durée, que ses partisans jugent illimitée, du gouvernement turc actuel.

De ce dernier point de vue nous ne disposons à vrai dire d’aucune boule de cristal. Nous les laissons au Quai d’Orsay. Contentons-nous des faits.

Lors de la sortie très spectaculaire de Erdogan à Davos en janvier 2009, puis encore lors des incidents de la flottille Mavi Marmara en mai 2010, on a pu remarquer que le gouvernement d’Ankara ne craignait pas désormais de s’aliéner les réseaux pro-israéliens du monde entier. Aux Etats-Unis, où il réside, remarquons d’ailleurs que Fethullah Gülen tient des propos apaisants. Certains observateurs mal informés ou naïfs, comme M. Gurfinkel dans Valeurs actuelles, les prennent ou tentent de les faire prendre à leurs lecteurs pour argent comptant.

Or, désormais, le quotidien officieux Zaman est monté d’un cran dans la séparation : on y met en accusation l’influence sioniste en Amérique du nord. Personne ne peut croire inconscients de la gradation, les professionnels de la communication qui fabriquent ce journal, très proche du pouvoir et techniquement très bien fait. Y compris dans l’usage des mots, il ne nomme plus d’ailleurs désormais ses adversaires pour « sionistes », il revient à un registre sémantique qui servait beaucoup à la charnière des XIXe et XXe siècles.

Or, parallèlement, les dirigeants d’Ankara haussent également le ton dans leurs négociations avec l’Europe. Ils jugent en effet que la défense du continent a été confirmée ces dernières semaines comme dépendant intégralement du bon vouloir de Washington. Plusieurs longues analyses officieuses confirment ce fait, pour tout observateur lucide, malheureusement évident. (4) Il semble pour nous humiliant, mais pour les Turcs réconfortant, que l’Union « européenne », les guillemets me paraissent désormais s’imposer, persiste à ne penser son destin qu’en tant que grosse patate consommatique.

Représentée au plan international par les glorieux Barroso, Van Rompuy et Lady Ashton l’organisation bruxelloise des 27 petits cochons roses se préoccupe plus de sauver ses banquiers que de défendre ses ressortissants.

Le projet « Eurabia » a été décrit (5) comme préparant pour les prochaines décennies, au nord de la Méditerranée la situation de dhimmitude que subissent depuis des siècles les chrétiens d’orient. Ce processus de domestication des peuples par la trahison de leurs élites économiques semble donc en bonne voie.

Les ennemis de la liberté si actifs contre notre continent s’y emploient dans les coulisses de Bruxelles.

En professionnels de la conversion par conquête, je ne doute pas que les islamistes turcs observent leurs proies, qu’ils l’hypnotisent par leurs mots d’ordre et qu’ils se régalent de leurs faiblesses. On peut cependant encore s’y opposer. (6)

JG Malliarakis

Source: http://www.insolent.fr/

27/07/2010

« Qui gardera les gardiens »? (Juvenal, poète latin)…

JG Malliarakis nous livre ici une flambante analyse des derniers évènement qui ont fait frémir le peuple de France…

FDF

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27 juillet 2010

Hortefeux à balles réelles.

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Comment ne pas partager ici l’indignation du chef de l’État  devant la revendication par ses lâches ravisseurs de l’assassinat de Michel Germaneau ?

Radios, télévisions et gros journaux persistent à parler, au mépris de la langue française, d’une « exécution ». N’entrons pas non plus dans le questionnement sur la preuve matérielle de ces faits : ceux qu’ils flétrissent s’en glorifient comme pour montrer leur propre sauvagerie.

Retenons quand même les propos présidentiels : « Ce crime commis contre Michel Germaneau, nous assure-t-on, ne restera pas impuni. » (1)

On aimerait pouvoir prendre ce pronostic, ferme comme un discours de Daladier en 1939, pour argent comptant.

Car, pour le moment les menaces les plus graves semblent plutôt venir des islamo-terroristes qui plastronnent un peu trop impunément et menacent les Français. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux souligne lui-même :

« que la menace terroriste en France est réelle et que le plan Vigipirate reste au rouge ». (2)


Les très graves événements survenus en Isère et en Loir-et-Cher entre le 16 et le 18 juillet constituaient déjà un hors-d’œuvre.  La conscience nationale de ces scandaleux débordements de violence n’aboutira peut-être pas à un véritable et salutaire sursaut, qui de lui-même ne viendra vraisemblablement jamais.

En revanche on peut, et on doit, lier l’action de la pègre islamo-grenobloise à l’islamo-terrorisme, dans la stricte mesure où la bande qui a pris l’initiative l’a fait dans un contexte très précis, rapporté par Le Monde, et que nous soulignons :

« C’est après une prière au mort récitée dans la soirée par un imam, écoutée en silence par une cinquantaine de jeunes rassemblés dans un parc du quartier de la Villeneuve, d’où était originaire le braqueur tué, que la situation a dégénéré. » (3)

Cessons donc de prendre une bande islamiste de 50 personnes, manifestement liée au grand banditisme, pour l’expression d’un « quartier populaire » ou d’une « tradition italo-grenobloise ».

Ce dernier concept fut joyeusement enfourché lors de l’émission « C dans l’air » le 20 juillet.
L’on y insista lourdement sur l’origine transalpine des malfrats d’hier  (racisme antifasciste sans doute)  sans qu’aucun des intervenants,  dûment sermonnés selon toute apparence, ne parvienne à déceler la provenance de leurs successeurs. Des Norvégiens éventuellement.  Ou des Serbes. Cet écœurant débat faussement sociologique était dirigé ce soir-là par M. Thierry Guerrier. (4)

De telles distorsions médiatiques légitiment le crime.  Elles préparent dialectiquement l’impunité des criminels, trop souvent assurée par les petits hommes gris  de la machine judiciaire syndiquée.

Même l’utilisation impropre du mot « délinquance »,  au lieu de « criminalité » mérite d’être débusquée et combattue. Une pareille litote vient juridiquement et sémantiquement à contresens. L’homme abattu le 16 juillet à Grenoble appartenait à la clientèle des cours d’assises, qui jugent les crimes qui l’avaient déjà condamné à trois reprises, et non à celle des tribunaux correctionnels.

L’évolution des événements  constitue le fait nouveau.  Plus rapide qu’à l’accoutumée, elle incitera l’opinion à interpeller de plus en plus,  les pouvoirs publics sur les questions de sécurité.
Les élus locaux le savent parfaitement.  N’en déplaise,  peut-être,  aux politiciens nationaux issus des appareils centraux et familiers de la langue de bois.  Si le pouvoir parisien a décidé de nommer, à Grenoble comme il l’avait fait à Bagnolet,  un préfet issu de la police nationale,  peut-être commence-t-il à anticiper l’effet électoral prévisible de sa propre perte de crédibilité.

Rappelons,  pour ceux qui auraient manqué, ou perdu de vue,  un épisode que l’actuel président de la république a été élu en 2007 grâce au déport,  dès le premier tour, des voix sécuritaires.
Celles-ci se portaient, depuis un quart de siècle, sur un candidat protestataire.  Plus l’action du pouvoir se gauchise et se révèle décevante,  plus les intentions de vote migrent, et migreront,  vers une candidate dont mes lecteurs devineront le patronyme sans difficulté.

Et puis le temps presse. Comme le souligne à juste titre un de nos correspondants, « il ne s’agit plus ici de délinquance, mais d’actes d’avant-guerre civile. »

Les déclarations du ministre Hortefeux,  sur le mode indigné : « il faut que cela cesse »,  seraient venues, en d’autres temps,  comme un baume au cœur des populations inquiètes et exaspérées – si on les jugeait crédibles.
Depuis des mois,  on l’entend tenir ce discours « avec un joli mouvement du menton ».
Maurice Barrès employait cette formule  à propos de ces « républicains de gouvernement » que l’on appelait, à la fin du XIXe siècle,  les « opportunistes ».  Aujourd’hui la confiance tend vers zéro  car le mensonge d’État selon lequel la sécurité progresserait  ne prend plus.

Rappelons donc,  sans chercher à l’accabler la logique sur laquelle le ministre en place,  compagnon du président depuis peut-être 40 ans  (on ne dit plus, au sein de l’appareil, « un ami de 30 ans »)  a bâti sa propre image de marque. Ses propos ont beaucoup fait réagir la gauche.  « N’en déplaise aux esprits de salon, déclarait-il en 2009, la première des préventions reste la certitude de la sanction. » (5).  Comment la droite pourrait-elle ne pas applaudir ? On pense à Charles Quint.  On pense à Richelieu.

Sanction,  oui,  mais quelle sanction ?  Pour commencer,  parlons des prisons :  les magistrats savent parfaitement qu’ils ne disposent,  juridiction par juridiction, que d’un nombre très limité de places pour incarcérer,  fût-ce préventivement, les délinquants.  Ce 27 juillet au matin  on apprenait, par la voix de Mme Alliot-Marie, que la Ve république  va commencer par détruire 23 prisons jugées vétustes,  supprimer 9 000 places et, peut-être en 2017, envisager d’en créer 14 000.  On arriverait au chiffre enviable de 68 000. Bonne arithmétique.    Hélas, elle s’échelonnera sur 10 ans. Les voyous de 17 ans seront devenus des braqueurs récidivistes de 27,  héros de leurs cités car ils ne seront jamais passés durablement par une case où,  faute de mieux,  on ne commet d’attaque à main armée  que sur ses co-détenus.

En 2009,  on estimait très officiellement à 5 000 personnes,  dont une moitié de mineurs, les effectifs globaux des quelque 200 bandes.  Rappelons que celles-ci terrorisent 60 millions d’habitants de l’Hexagone,  immigrés compris. À titre de comparaison,  soulignons que l’ensemble des gens qui menacent la France, et tous les Occidentaux, dans le Sahel,  représente « 450 à 500 hommes ». (6)

Au lendemain de la communication de cette évaluation du nombre des racailles,  avait-on programmé la construction rapide de 2 500 places nouvelles  dans nos maisons d’arrêt et la création,  par exemple outre-mer  — la Guyane s’y prête parfaitement, de 2 500 opportunités de travaux rééducatifs,  ou quelque chose du même genre ? Non : on a donc implicitement assuré à la voyoucratie  qu’elle demeurerait impunie dans ses territoires.

Au moment des débats budgétaires de l’automne 2009,  couvert d’une jolie feuille à l’effigie de Marianne, un document de 125 pages intérieures  a été publié au titre de la « présentation de la programmation » justificatifs des crédits du Ministère de la place Bauveau.

Nous ne devons certes pas sombrer  dans la rhétorique systématique de la CGT et des syndicats d’enseignants,  qui ramènent  tout,  en toute circonstance, à la question des seuls moyens matériels. D’ailleurs toutes les administrations publiques en disposent largement, sauf celles qui assurent les tâches dites régaliennes de l’État, la police, la justice et l’armée.

On ne le répétera jamais assez :  c’est parce qu’il s’investit stérilement, et toujours négativement,  dans le social, dans l’assistanat,  dans la redistribution,  dans l’éducatif ou dans le culturel subventionnaire, qu’il se révèle incapable d’assumer ses vraies missions.

De la sorte,  nous en sommes venus à un point de paupérisation critique des forces de sécurité.
Un syndicaliste policier proche du pouvoir,  M. Comte,  pouvait laisser filtrer le 20 juillet un constat accablant que tous ses mandants  peuvent faire dans les commissariats : on ne sait pas comment la facture de carburant pourra être réglée en septembre prochain.  Il aurait pu ajouter que les véhicules dont il s’agit de remplir les réservoirs ne pourront peut-être plus rouler  car ils dépassent 200 000 kilomètres au compteur  et ne seront pas encore remplacés. Il aurait pu évoquer aussi les notes de téléphone, la peinture des locaux, etc.

Quand on en arrive à ce stade,  comment dissocier moyens matériels  et sentiment d’être soutenu par la nation, quand par ailleurs les médiats mettent à égalité les gendarmes et les voleurs,  et quand les magistrats relâchent les criminels pour 36 bonnes ou mauvaises raisons ?

Quant à notre gouvernement « d’ouverture » [à gauche],  soulignons que dans la loi de Finances de 2010 il n’avait aucunement prévu d’augmenter  mais de diminuer les effectifs de la police et de la gendarmerie. Certes,  il a promis de réduire la délinquance :  prévision technocratique de baisse 2 % en « zone Police »,  3 % en « proximité zone Police ». Effectifs prévus : moins 1 303 pour l’ensemble des personnels de gendarmerie, moins 1 390 pour la police nationale (144 790 hommes en 2010 contre 146 180 en 2009).  Le reste relève de la baliverne.

Les forces de la pègre et du terrorisme le savent.  De même que le groupe « Al Qaida au Maghreb Islamique » persiste,  après un crime dont il tire gloriole,  à menacer la France et les Français,  de même la pègre islamique de Grenoble  prétend-elle venger le braqueur abattu par la Brigade Anti Criminelle,  elle-même en situation de légitime défense.
Un SMS a fait le tour des rédactions le 25 juillet,  et l’information a fini par percer le 26 juillet.  Elle a été confirmée par le ministre lui-même, de passage dans la charmante cité [autrefois] capétienne de Dammarie-les-Lys. On parle de lance-roquettes.  On recherche des armes lourdes. Et on envisage tranquillement l’évacuation de la Brigade anticriminalité  hors du département de l’Isère.

Le philosophe antique posait la question : « qui gardera les gardiens » ?  M. Hortefeux se voit confronté, à balles réelles,  à une nouvelle version de l’interrogation : qui protégera désormais les protecteurs de la loi et de l’ordre ?

En Afghanistan comme en Afrique,  comme en France, le combat de l’ordre,de la civilisation et de la liberté ne se divisera probablement pas. Il s’agit de faire face à un seul et même adversaire.

Remporter une première victoire à domicile, en Europe,  réconforterait sans doute les électeurs déçus. Que nos élus s’en persuadent,  s’ils ne veulent pas se retrouver au chômage.

Source: JG Malliarakis
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Apostilles

  1. Intervention télévisée du 26 juillet.
  2. Le Monde en ligne le 26 juillet 2010 à 20 h 38
  3. cité dans notre chronique de L’Insolent du 17 juillet.
  4. sur « France 5 » le 20 juillet.
  5. cf. entretien : « Mon plan contre la délinquance » publié par Le Figaro le 9 février 2010.
  6. évaluation donnée par M. Morin ministre de la Défense d’après Le Monde en ligne le 26 juillet 2010 à 16 h 13.

Vous pouvez écouter l’enregistrement de cette chronique sur le site de Lumière 101