Francaisdefrance's Blog

10/05/2011

Dirigeants des banques françaises: retour des rémunérations généreuses…

Jusqu’au bout, on se foutra de nous… FDF

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Alors que beaucoup de patrons de banques françaises avaient renoncé à leur part variable ces deux dernières années, les bonus repartent à la hausse au titre de 2010.

La rigueur n’est plus de mise pour les grands patrons du secteur bancaire. Les aides versées par l’Etat désormais remboursées et leur activité engrangeant les effets de la reprise, les rémunérations variables s’y sont, au vu des rapports annuels et des informations de presse, nettement orientées à la hausse au titre de 2010. Alors que plusieurs grands patrons de banques françaises avaient renoncé à leur bonus les deux années précédentes, 2010 a signé le retour de rémunérations généreuses.

En sus d’un salaire fixe de 1 million d’euros, en hausse par rapport à l’année dernière, le patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa, touchera ainsi son premier bonus depuis sa prise de fonction et l’affaire Kerviel. Patron de banque le mieux payé, il percevra une rémunération variable d’un montant de 598.400 euros versé immédiatement en cash, plus une partie versée en différé jusqu’en 2015, pour se conformer à la directive européenne CRD3 applicable depuis le 1er janvier 2011. Au total, sa rémunération variable versée au titre de 2010 pourrait atteindre jusqu’à 3,2 millions d’euros, selon le calcul des Echos.

C’est un peu plus que Baudoin Prot, patron de BNP Paribas, qui percevra de son côté un salaire fixe inchangé par rapport à l’année précédente, mais un bonus en forte hausse. Sur 1,67 million attribué au total, 60% seront versés en différé sur deux ans, sous conditions. Sa rémunération globale pourrait atteindre ainsi 2,47 millions d’euros. Dernier exemple, le patron de BPCE, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée François Pérol, qui avait renoncé à son bonus l’année dernière. Selon l’AFP, il percevra 1,05 million d’euros à ce titre, pour un salaire fixe inchangé, à 550.000 euros.

Une rémunération variable «équilibrée»

Si les montants perçus en variable sont en nette hausse, les banques ont cependant dans l’ensemble respecté certaines prescriptions de la directive européenne adoptée en 2010. Transposée en droit français à la fin de l’année dernière, elle vise à contrôler la rémunération des salariés des banques susceptibles d’influer sur les risques pris par leur établissement. Afin de les intéresser aux résultats à long terme, une fraction allant de 40% à 60% de la rémunération variable doit par exemple être versée sur plusieurs années, sous condition de résultats.

Mais selon la directive CRD3, cette rémunération variable doit aussi être «équilibrée» par rapport à la rémunération fixe. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Car comme l’affirme l’eurodéputé «Europe Ecologie – Les Verts» Pascal Canfin ce samedi dans Libération, la France n’aurait pas correctement transposé la directive européenne, remplaçant le terme «équilibré» par celui d’«approprié», dénaturant la teneur du texte. Il souligne qu’en conséquence, les bonus représentent pour 2010 «3, 5 ou 10 fois la rémunération fixe».

Au ministère de l’Economie, l’entourage de Christine Lagarde souligne à l’AFP que «la France a été l’un des premiers pays à transposer la directive européenne», et qu’après notification de cette transposition à la Commission en février, celle-ci «n’a formulé aucune observation».

L’esprit de la directive non respecté

Force est d’ailleurs de constater que la France ne fait pas figure de plus mauvais élève en la matière. Les dirigeants britanniques sont encore mieux lotis : le nouveau patron de Barclays s’y est récemment vu attribuer un bonus de 23 millions de livres.

D’une manière générale, comme le commente le commissaire européen aux services Michel Barnier dans les colonnes de Libération, «les comportements n’ont pas changé autant qu’on le souhaite. Les banques n’ont pas respecté l’esprit et la lettre de notre directive». Face à l’inertie des acteurs bancaires, le commissaire européen avait déjà menacé au mois d’avril de durcir encore les règles applicables à la rémunération des dirigeants des banques. Selon le quotidien, la Commission européenne s’apprêterait «à procéder à une enquête approfondie» sur la transposition de la directive par les Etats-membre de l’UE.

Source:  http://www.lefigaro.fr/societes/2011/05/07/04015-20110507ARTFIG00419-pour-les-stars-de-la-banque-l-heure-n-est-plus-a-l-austerite.php