Francaisdefrance's Blog

17/11/2011

Le Premier ministre turc Erdogan a récemment fait une visite officielle en Allemagne. Il a encore une fois appelé les immigrés colons turcs à ne pas s’assimiler.

J’ai toujours pensé que ce type était un faux jeton, qui se félicite de prendre les Européens pour ses futurs esclaves. Et nos dirigeants continuent à le recevoir. A ne plus rien y comprendre…

Allez; je vous la replace:

Erdogan (premier ministre turc) a déclaré en 1999 : «Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats.».

FDF

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Erdogan humilie Merkel sur son sol !

ON CROIT REVER QUAND ON VOIT L’AUDACE DE CE PERSONNAGE QUI ORDONNE AUX TURCS DE NE PAS S’INTEGRER, ET DE NE PAS APPRENDRE LA LANGUE DE LEUR PAYS D’ACCUEIL MAIS MIEUX ENCORE  IL EXIGE DES ECOLES TURQUES.

QUANT A NOUS,  NOUS CONTINUONS DE LEUR VERSER DES SOMMES INVRAISEMBLABLES  AFIN QU’ILS VIENNENT MIEUX ENCORE NOUS COLONISER.

SI CA S’APPELLE PAS SE FOUTRE DE LA GUEULE DU MONDE !

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Erdogan humilie Merkel sur son sol : que le immigrants turcs vivant en Allemagne apprennent la langue allemande est « contraire aux droits humain.  Alors que la CDU et le SPD glosent sur l »intégration, Erdogan   vient en Allemagne afin de répéter aux colons turcs de ne surtout pas devenir allemands

Un journal allemand a comparé Erdogan à un Roi qui visite ses sujets dans ses colonies...

Les Turcs en Allemagne : les invités s’emparent de la maison !


Lire aussi :

« Je fais un rêve – l’Allemagne deviendra Turkland »

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan était en Allemagne les 1er et 2 novembre pour marquer le 50ième anniversaire de l’accord sur les « travailleurs invités ». 

Erdogan a transformé ce qui était supposé être une opportunité amicale de faire un bilan en une plate-forme pour lancer une nouvelle tirade contre les offenses et carences supposées dans le traitement des immigrants turcs vivant en Allemagne, population estimée à 3.5 millions.

Erdogan a dit que l’insistance allemande à exiger que le immigrants vivant en Allemagne apprennent la langue allemande est « contraire aux droits humains ». Il demande que Berlin accorde la citoyenneté aux immigrants turcs sans considération de leurs efforts pour s’intégrer à la société allemande.

Pour faire bonne mesure, Erdogan a accusé l’Allemagne d’être un « complice » de la campagne de terreur lancée en Turquie par le Parti des travailleurs kurdes (PKK). Il a aussi blâmé l’Allemagne pour faire dérailler la demande turque vieille de plusieurs dizaines d’années à rejoindre l’Union Européenne.

Ajoutant à la controverse, un groupe de scientifiques, de politiciens et d’activistes des droits de l’homme allemands a accueilli la visite d’Erdogan en déposant une plainte pour crimes de guerre contre le Premier ministre turc et neuf autres officiels politiques et militaires d’importance.

La plainte déposée auprès du bureau du procureur fédéral dans la ville de Karlsruhe au sud-ouest de l’Allemagne le 2 novembre 2001, est fondée sur la législation de « juridiction universelle » de 2002 qui donne aux cours allemandes le droit de poursuivre les auteurs de violations des humains quel que soit le pays où les crimes ont été commis.

L’action en justice accuse Erdogan et d’autres de dix actes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, incluant la torture et l’utilisation d’armes chimiques en rapport avec les opérations militaires turques contre les rebelles kurdes depuis 2003.

Le président allemand Christian Wulff et la chancelière allemande Angela Merkel avaient invité Erdogan pour assister à une cérémonie commémorant l’accord de recrutement de main-d’oeuvre du 31 octobre 1961 entre l’Allemagne de l’Ouest et la Turquie qui a permis l’afflux de millions de travailleurs turcs en Allemagne au cours des 50 dernières années. Cependant cet accord marque le début des problèmes actuels de l’Allemagne avec l’immigration musulmane.

Par le passé, en 1961, l’économie de l’Allemagne après de la seconde guerre mondiale était florissante et des traités similaires avec la Grèce, l’Italie et l’Espagne étaient insuffisants pour fournir la demande apparemment insatiable de main-d’œuvre. À la fin de 1969, plus d’un million de « travailleurs invités » étaient arrivés en Allemagne pour travailler dans les zones industrielles du « pays hôte ».

L’idée de départ était que les travailleurs turcs retourneraient chez eux après une période de deux ans, mais la « clause de rotations » ainsi dénommée a été retirée du traité germano-turc en 1964, en partie après des pressions des secteurs de l’industrie allemande qui ne voulaient pas payer constamment les coûts de formation de nouveaux travailleurs. Le résultat prévisible était que beaucoup de Turcs ne retournèrent jamais chez eux.

Aujourd’hui, la population turque en Allemagne a explosé ; les turcs constituent maintenant la plus grande minorité ethnique. Les démographes s’attendent à ce que la population turque en Allemagne s’accroisse exponentiellement dans les prochaines décades, grâce à la fois à une forte fécondité et une forte demande de travailleurs étrangers.

La demande allemande en travailleurs étrangers est alimentée par une crise démographique : la population allemande est non seulement vieillissante, mais aussi en diminution rapide. Selon des projections récentes du Bureau allemand des statistiques, la population de l’Allemagne qui est actuellement de 82 millions et qui est la plus importante de l’Union Européenne, devrait diminuer de près de 20% à 65 millions dans les cinq prochaines décades. En même temps, 34% de la population aura plus de 65 ans et 14% aura plus de 80 ans en 2060, comparés aux chiffres de 20% et 5% respectivement en 2009.

Les défis combinés de la dépopulation et de son vieillissement auront des conséquences majeures pour la pérennité du système allemand de sécurité sociale qui va du berceau à la tombe. Par exemple, le nombre de pensionnés qui devront être entretenus par la population en âge de travailler pourrait presque doubler en 2060 selon le Bureau fédéral des statistiques. Alors que 100 personnes en âge de travailler entre 20 et 65 ans devaient fournir des pensions à 34 retraités en 2009, ils devront générer un revenu pour 63 à 67 pensionnés en 2060.

Sans surprise, les Allemands sont inquiets du futur ; leur inquiétude alimente un débat national sur l’immigration et l’intégration musulmane, ainsi que sur le rôle de l’islam dans l’Allemagne. Les Allemands sont particulièrement concernés par la présence de millions de musulmans non intégrés.

Cela implique que dans le futur, l’Allemagne va devenir encore plus dépendante des immigrants. En outre, les Turcs continueront d’être une source importante de main-d’œuvre, surtout en considérant que le taux de natalité chez les immigrés turcs en Allemagne (2,4 enfants par femme) est presque le double de celui des Allemands autochtones (1,38, un taux bien inférieur au taux de remplacement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme). Si ces chiffres se maintiennent, les démographes prédisent que le nombre d’Allemands de souche sera réduit de moitié dans environ six générations, tandis que le nombre d’immigrés musulmans en Allemagne devrait plus que quadrupler au cours de cette même période.

Dans un discours mémorable en octobre 2010, Merkel a concédé que les efforts de l’Allemagne pour bâtir une société multiculturelle d’après-guerre ont échoué totalement. « totalement échoué ». Elle a dit : « Nous sommes un pays qui au début des années 1960 a amené des travailleurs invités [musulmans] en Allemagne. Ils vivent désormais parmi nous et nous nous sommes longtemps mentis à nous-mêmes en disant qu’ils ne resteront pas et qu’ils disparaîtront un jour. Cela n’est pas la réalité. Cette approche multiculturelle – en disant que nous vivons simplement côte à côte et en sommes heureux – cette approche a échoué, échoué totalement. »

Confronté à la réalité que plus de un million d’immigrants vivant en Allemagne ne parlent pas du tout allemand, le gouvernement a récemment commencé à pousser les enfants de parents non germanophones à développer une meilleure connaissance de la langue allemande.

Cela a irrité Erdogan, qui durant une précédente visite en Allemagne en février 2011 a sommé les immigrants turcs d’apprendre à leurs enfants à lire et écrire le turc avant l’allemand. Parlant devant une foule de plus de 10.000 immigrants agitant des drapeaux turcs et criant « la Turquie est grande » dans la ville industrielle de Düsseldorf, Ergodan a dit : « nous sommes contre l’assimilation. Personne ne devrait être en mesure de nous éloigner de notre culture et de notre civilisation ».

Durant une visite similaire à Cologne en février 2008, Erdogan a dit devant une foule de plus de 20.000 immigrants turcs que « l’assimilation est un crime contre l’humanité » et les a enjoint à résister à l’assimilation au monde occidental. En mars 2010, Erdogan a demandé à l’Allemagne d’ouvrir des écoles primaires et secondaires en langue turque.  

La réaction en Allemagne à la rhétorique d’Erdogan a été négative.

Le journal de centre-droit Die Welt, dans un article d’opinion intitulé « Les appels à la division d’Ergodan manquent de tact »,  a écrit que le Premier ministre turc s’engageait dans une « pure guerre culturelle » avec pour credo : « turc un jour, turc toujours ». L’article dit « Chacune de ses visites officielles ressemble plus à celle d’un roi visitant ses colonies. Ergodan croit être le patron de tous les trois millions de turcs en Allemagne, comme si ils lui appartenaient. Cela est une attitude paternaliste et en fait non démocratique et nationaliste ».

Le journal respecté Die Zeit, dans un article intitulé « Erdogan: une malédiction pour les turcs d’Allemagne », écrivait : « Le Premier ministre Erdogan est un désastre pour les Turcs en Allemagne. Une fois de plus, Erdogan a utilisé sa visite en Allemagne pour parvenir à ses propres desseins nationalistes. Une fois de plus, il est revenu sur le thème de la langue turque : les enfants devraient d’abord apprendre le turc avant l’allemand. Bien sûr, il est souhaitable que les enfants avec des racines turques apprennent le turc. Le problème des échecs d’une éducation entièrement turque ne se trouve pas dans la première langue acquise, mais dans une médiocre maîtrise des deux langues. Des centaines de millier d’enfants ne peuvent de fait parler correctement ni le turc ni l’allemand ».

Le journal dit que la rhétorique enflammée d’Ergodan se résume entièrement à des considérations de politique intérieure. Die Zeit écrit : « Ergodan n’est pas réellement intéressé par le sort des immigrants turcs et de leurs enfants. Sa prestation théâtrale et nationaliste n’est qu’un jeu utilisant les sentiments et les frustrations des turcs allemands. C’est une posture qu’il considère prometteuse : Ergodan veut tirer parti de la colère du citoyen turc. Pourquoi veut-il une double citoyenneté ? Pour pouvoir faire campagne pour des votes en Allemagne et ainsi gagner des voix parmi les électeurs de l’étranger. La pompe et splendeur nationaliste d’Ergodan est bien embarrassante et rend l’accession de la Turquie à l’Union Européenne bien moins probable. »

Soeren Kern est « Senior Fellow » pour les relations transatlantiques au groupe madrilène « Grupo de Estudios Estratégicos / Strategic Studies Group  ». Suivez le sur Facebook.

Source : Turks in Germany: The Guests Take Over the House

http://www.postedeveille.ca/2011/11/les-turcs-en-allemagne-les-invites-semparent-de-la-maison.html#more

http://lechevalierfrancois.over-blog.com/article-erdogan-humilie-merkel-sur-son-sol-que-le-immigrants-turcs-vivant-en-allemagne-apprennent-la-langu-88855415.html

Traduction: Poste de Veille


19/10/2010

La légende de Mahomet…


Contrairement au judaïsme et au christianisme, l’islam n’a pas encore été soumis à la critique historique et scientifique. Cette approche, récente, se fait dans la douleur.

L’islam n’a pas accompli sa révolution critique et historique, constate froidement Jacqueline Chabbi, professeure à l’université Paris VIII. Auteure d’une biographie décapante de Mahomet  « Le Seigneur des tribus  L’Islam de Mahomet ». Paris, Noesis, 1997, cette spécialiste des origines de l’islam a déclenché l’ire des théologiens musulmans. Son sacrilège ? « J’ai humanisé Mahomet » En effet, le seul moyen de comprendre le personnage, c’est de lui appliquer une grille de lecture anthropologique. De le remettre dans son contexte social réel, et non dans un contexte ou le fait religieux est surestimé. Histoire de démêler ce qui relève de la légende dorée et ce qui paraît vraisemblable.

Vraisemblable seulement…


Car Mahomet (570-632) n’a laissé aucune trace écrite directe, ni archéologique, de son passage sur Terre.

Et si la tradition musulmane postérieure au Coran représente le fondateur de l’islam dictant parfois ses révélations à un scribe sur des morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nervures de palmes et des omoplates de chameau, aucun de ses contemporains n’a concrètement transmis son témoignage. Comme le Prophète vivait en outre dans une société de tradition orale, il paraît vain d’espérer exhumer un jour des tablettes comme celles qui florissaient, à l’époque, dans le proche Empire byzantin. Enfin, la première biographie de Mahomet, la Sîra, a vraisemblablement été rédigée plus d’un siècle après sa mort.

Des orientalistes trop naïfs ?

Quel sérieux lui accorder ? Comment aborder le Coran ou la tradition prophétique, les hadiths ?

Jusqu’à présent, les orientalistes s’en sont laissé un peu trop conter par des textes pourtant empreints de merveilleux, critique Jacqueline Chabbi, qui regrette l’amateurisme doublé de fascination qui a longtemps régné dans cette discipline « fourre-tout » ou cohabitaient historiens, philosophes, grammairiens, lettrés … et fonctionnaires coloniaux !

Le livre révélé, le Coran, a longtemps rassuré par sa grande homogénéité, frappante par rapport à la Bible ou aux textes fondateurs du christianisme. On y a vu l’indice d’une véracité historique à la continuité sans faille. Mais aujourd’hui, des spécialistes parmi lesquels François Deroche, de l’École pratique des hautes études, ou Alfred Louis de Prémare, de l’université d’Aix-en-Provence, pensent que sous sa forme actuelle il aurait été mis par écrit bien plus tardivement que ne l’annonce la tradition musulmane. Voire qu’il aurait été « lissé, harmonisé », non lors d’une simple réforme orthographique, mais dans une logique de constitution d’empire, comme le soutient Jacqueline Chabbi : Ce n’est qu’avec l’empire des Omeyyades (661-750) que la religion de Mahomet a basculé dans un autre monde dans lequel l’écriture est devenue prédominante. Le Coran a alors été mis par écrit, certainement à partir de fragments d’oralité conservés dans les mémoires. Dans les siècles suivants, la tradition islamique a couvert d’un luxe de détails les origines de l’islam et reconstitué un passé … fictif !

Pour retrouver le Mahomet réel, celui du monde tribal de l’Arabie intérieure, Jacqueline Chabbi a oeuvré à la manière d’un restaurateur qui gratte peintures et vernis d’une toile pour en retrouver les couleurs d’origines. Une approche novatrice à mille lieues des biographies écrites jusqu’alors par ailleurs tout à fait respectables. André Caquot du Collège de France la juge « saine » :  » ni irrévérencieuse ni dogmatique. L’islam, la plus historique peut-être des grandes religions, ne saurait être une terre interdite à l’histoire des religions. Même si les théologiens musulmans restent majoritairement rétifs à la critique historique, contrairement aux théologiens juifs et chrétiens, soumis depuis des siècles (et bien malgré eux) à la question des rationalistes.

Les preuves archéologiques faisant défaut, Jacqueline Chabbi a tenté une « lecture du paysage ».

Mais à quoi ressemblait en l’an 610, à l’heure de la révélation de Dieu à Mahomet cette Arabie désertique, tribale, païenne, qui deviendra plus tard le centre de l’arc vert (couleur de l’islam) allant du Maghreb à l’Indonésie ? A un monde de Bédouins pragmatiques, juge l’auteur qui s’est intéressée à la vie des derniers grands nomades qui, s’ils se déplacent désormais en 4×4 plutôt qu’à chameau, restent héritiers d’une tradition séculaire.

Elle s’est également penchée sur les institutions, les pratiques religieuses, culturelles, sociales, politiques de la société arabique de l’époque de Mahomet, telles qu’elles se profilent dans les écrits contemporains ou postérieurs. Et non telles qu’elles ont été voilées par la suite. Elle est retournée aux sources, s’appuyant sur une base de textes arabes qu’elle a patiemment décortiqués au niveau de la langue.

Le résultat révèle un chef d’hommes, un prophète inspiré doublé d’un politique qui n’aurait jamais réellement rompu avec ses origines tribales.

Alors, qui était le vrai Mahomet ?

Une figure singulière, qui a essayé de faire bouger les choses, selon la chercheuse. Son nom signifiant « le loué fils de l’esclave d’Allah », semble trop beau à de nombreux historiens.

En revanche son existence est aujourd’hui majoritairement admise. « Il s’est passé quelque chose entre La Mecque et Médine au début du VII° siècle. Lorsque les tribus arabes font irruption hors des limites de leur habitat traditionnel, vers 632, l’islam est né. »

Selon la tradition, Mahomet est déjà mort.

Nulle mention n’en est donc faite dans les chroniques des pays et empires qui passeront peu à peu sous la férule des musulmans. Selon cette même tradition, qui fixe toutes les dates, Mahomet est banni par sa tribu, les Qurachites, qui le pensent possédé par les Djinns. Il est probable que cet homme, qui prêchait pour un dieu unique tel qu’il existait déjà chez les juifs et les chrétiens, souhaitait rétablir des valeurs de solidarité dans sa tribu, dont certains membres s’étaient trop enrichis, analyse Jacqueline Chabbi.

Mahomet trouve refuge à Médine, vraisemblablement chez un clan apparenté.

Là, brûlant d’être reconnu, il entre en politique. Il monte une confédération tribale sur un modèle traditionnel, proposant aux tribus sédentaires et nomades de passer une alliance avec son dieu.

L’islam de Mahomet, ou proto-islam, ne peut être compris en dehors de la croyance au « seigneur des tribus ». Les nomades croient à un Seigneur (rabb), une puissance (masculine ou féminine) de protection et de recours, liée à un territoire tribal et y possédant un lieu de résidence (bayt).

Le plus souvent des pierres sacrées ou bétyles telle la pierre noire scellée à la Mecque, un objet de culte datant sans doute de l’époque de Mahomet. Le prophète multiplie les razzias avec un tel succès que l’alliance fructueuse avec son dieu lui attire bien des « conversions »

C’est vraisemblablement au cours d’un conflit avec les juifs de Médine qu’il s’approprie la figure d’Abraham. Les juifs, vécus comme des rivaux monothéistes, sont alors traités comme des déviants, ayant perdu le sens de la parole originelle de Dieu, et ils seront persécutés. Plus tard, bien plus tard, les musulmans feront même de Mahomet le descendant charnel d’Abraham… ce qui est d’ailleurs toujours enseigné dans certains ouvrages de vulgarisation, comme le Dictionnaire encyclopédique de l’islam Bordas !

Loin d’être le révolutionnaire décrit par la tradition, Mahomet apparaît donc comme un homme très en prise avec son milieu originel.

Pour comprendre la profondeur du décalage et la gravité de la rupture entre l’âge tribal de l’islam de Mahomet et les sociétés islamisées par la suite, rappelons que la notion de musulman n’est parvenue à se séparer de sa composante ethnique arabe qu’à partir du milieu du VIII° siècle, avec l’accession de la famille abbasside au califat. Ces oncles de Mahomet sont les premiers à proposer une société « égalitaire », mettant sur le même pied toutes les populations qui la composent.

Ils effacent les privilèges des tribus et leur code complexe de relations parentales. Auparavant, la conversion était d’abord sociale, pas religieuse. Le converti (persan, Sémite du Nord, chrétien, juif, compte ou berbère) devait solliciter son entrée dans une famille arabe. Encore recevait-il seulement le statut peu glorieux de mawla ou esclave affranchi. Les Arabes respectant les religions locales comme le fonctionnariat et l’économie des pays conquis, ont d’ailleurs longtemps retardé toute conversion.

Ce qui me fait dire qu’il n’y a pas eu à proprement parler de « guerre sainte » menée par Mahomet.

Il est urgent de faire de l’histoire, surtout dans le contexte actuel.

Car la vision de l’islam wahhabite qui tente de s’imposer aujourd’hui n’a rien à voir ni avec l’islam traditionnel tel qu’il s’est construit au cours des siècles ni a fortiori, avec le véritable islam des origines. C’est le manque de recul historique d’une certaine jeunesse musulmane qui a permis l’émergence de cette caricature de Mahomet telle que le dépeignent les islamistes.

Le refus de faire de l’histoire est devenu un problème politique et idéologique. Il y a de la part de certains musulmans, un investissement sur le passé comme compensation aux frustrations du présent. Toutes les civilisations brodent sur leur histoire. Mais dans le monde arabe moderne, cela s’est exacerbé ces dernières années.

C’est ainsi que l’on voit des jeunes qui prêchent un retour à un islam qui n’a jamais existé, ou qui croient vivre comme a vécu le prophète, un homme dont la vie est finalement une succession de légendes ! Sur le plan historique, c’est une absurdité. Sur le plan politique, cela aboutit à un fanatisme dramatique.

L’âge tribal de l’islam

Les rituels parmi les plus symboliques de l’islam conservent les traces de la culture tribale où il a vu le jour. Le pèlerinage à La Mecque réunit ainsi deux rituels appartenant à deux mondes spatialement et socialement différents, celui des semi-citadins de la ville et celui des pasteurs nomades des environs.

Le pèlerinage primitif était vraisemblablement un rituel de demande de pluie pratiqué par les Bédouins après le déclin des grandes chaleurs de l’été dans la haute plaine de l’Arafât, à l’est du territoire mecquois. La visite à la Kaaba, le bâtiment où est scellée la fameuse pierre noire, se déroulait indépendamment, au printemps, et donnait également lieu à des sacrifices aujourd’hui disparus.

C’est peu avant de mourir que Mahomet aurait regroupé les deux comme pour réunir -politiquement- sous une seule bannière les Bédouins, les gens des oasis et les caravaniers, toute catégorie de population qu’il dominait. De même, l’actuel sacrifice du mouton qui clôt le pèlerinage musulman, censé commémorer le sacrifice d’Abraham, correspond en fait à une pratique proche orientale qui ne s’est vraisemblablement imposée qu’après la conversion des populations concernées. Les Arabes d’Arabie sacrifiaient des chameaux ! Quant au lien abrahamique du sacrifice et du pèlerinage, il est ignoré par le Coran. Le fait que la tradition dite prophétique, le hadith, corrobore la croyance postérieure qui « abrahamise » le sacrifice n’a guère de sens pour les historiens. Ce corpus réputé « prophétique » ne peut être mis sur le même plan que le Coran qui présente des indices d’ancienneté bien supérieurs.

Sciences & Avenir

janvier 2003

 


La taquia

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