Francaisdefrance's Blog

07/03/2012

La pratique du football devient « licite » pour les femmes musulmanes; sous conditions…

A mon avis, les joueuses de foot en hijab auront un désavantage si elles jouent contre une équipe qui ne le porte pas. Mais ça… Allah comptera les points.

FDF

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L’équipe nationale féminine de foot d’Iran

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Feu vert pour le football en hijab

Les instances mondiales du football ont pris une décision lourde de conséquences pour l’émancipation des femmes.

l’International Football Association Board (IFAB), l’organe qui établit et fait évoluer les règles du football international, a pris une décision qui pourrait bien changer la vie de centaines de milliers de jeunes musulmanes. Le 3 mars, l’IFAB a décidé d’autoriser le port du voile en football féminin lors d’une assemblée générale à Bagshot, en Angleterre. Cette décision ne sera toutefois officialisée que lors d’une réunion le 2 juillet et après examen de questions liées à la santé et à la sécurité.


L’affaire avait atteint un point critique en juin 2011: on avait alors interdit à l’équipe iranienne féminine de football de disputer un match de qualification aux Jeux Olympiques, match qui devait avoir lieu en Jordanie. La disqualification d’une équipe entière, à quelques minutes d’un match international de première importance, a rouvert un débat sur les relations qu’entretiennent hijab, sport, et politique internationale. Mais aujourd’hui, le vent du changement semble souffler dans l’autre direction. Des militants, des athlètes et des sympathisants (musulmans ou non) semblent avoir répondu à toutes les objections de la Fédération international de Football Association (FIFA) —qui gère et développe le football dans le monde.

Exclusion des femmes musulmanes

Lorsqu’on a interdit à l’équipe nationale d’Iran de participer aux compétitions internationales, et ce avant un match clé des qualifications aux Jeux Olympiques, le président Mahmoud Ahmadinejad a laissé éclater sa colère, qualifiant la décision d’«inhumaine» avant de traiter les instances dirigeantes de la FIFA de dictateurs, sans sembler prendre la mesure de l’ironie d’une telle déclaration. Certains ont estimé que l’Iran ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Si cette théocratie, particulièrement rétrograde quant à l’égalité des sexes, ne régissait pas l’habillement des femmes, le problème ne se serait jamais posé. Mais ce problème dépasse l’Iran. Trois joueuses de l’équipe nationale de Jordanie ont-elles aussi quitté le terrain en refusant d’enlever leurs hijabs pour disputer le match.

Contrairement à l’Iran, qui est un cas extrême —dans tous les sens du terme, ou presque— la Jordanie est plus représentative des pays à majorité musulmane (ils sont plus de cinquante dans le monde). Le hijab n’y est ni imposé, ni interdit. La décision appartient aux citoyennes, pas au gouvernement. (Seul l’Iran et l’Arabie Saoudite légifèrent sur la tenue des femmes, et cette dernière ne compte aucune équipe de football féminine —ce qui n’est guère surprenant).

Et oui, de fait, des pressions sociales (et même patriarcales) pèsent sur les femmes dans de nombreuses régions. Mais en Jordanie, comme dans la plupart des pays à majorité musulmane, le hijab ne concerne qu’une partie de la population féminine. En choisissant de légiférer sur la question, la FIFA a, d’un simple trait de plume, privé 650 millions de femmes musulmanes de compétitions internationales. Ce problème ne se résume donc pas aux envolées anti-impérialistes du président iranien. La véritable question est de savoir si la FIFA va continuer de discriminer et d’exclure les femmes musulmanes qui choisissent de porter le hijab sur le terrain.

Reflet de l’islamophobie ambiante

Revenons sur l’élément qui a déclenché l’affaire. Le football international (et, de façon plus importante, les athlètes musulmanes) sont pris au piège entre la montée de l’hostilité anti-musulmane et les guerres culturelles qui font rage dans le monde —et ce tout particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. En 2007, la Fédération de soccer du Québec a interdit le port du hijab et de tout symbole religieux ostentatoire sur le terrain. Peu après, ce règlement s’est étendu aux petites filles de 11 ans; toute équipe comportant une joueuse refusant d’enlever son hijab se voit désormais obligée de déclarer forfait. Cette même année, l’International Football Association Board (IFAB) a appuyé la décision du Québec, lui donnant ainsi une portée planétaire.

Il y a deux ans (en mars 2010), la FIFA est revenue sur cette position pour autoriser le port d’un couvre-chef permettant de couvrir les cheveux —mais ne devant pas descendre sous les oreilles ou couvrir le cou. Or pour les femmes qui portent le foulard, ce dernier sert principalement à recouvrir les cheveux et le cou. Ce n’est pas un symbole religieux explicite (les différentes communautés du monde arabe ne se sont jamais mis d’accord sur le hijab) ; il s’agit avant tout d’une question de culture, et d’une certaine conception de la pudeur. De nombreuses femmes musulmanes,des millions en réalité, choisissent de ne pas couvrir leurs cheveux. Mais des millions d’autres portent le hijab.

Le problème: un simple foulard

Et le type de hijab en question n’est qu’un foulard, rien de plus. Il ne doit pas être confondu avec les accoutrements contraignant couvrant l’ensemble du corps, qui sont imposés aux femmes dans certaines sociétés, comme le tchador en Iran et les burqas bleues de sinistre mémoire, associées à l’Afghanistan des talibans. Vous n’entendrez personne dire que les athlètes féminines devraient porter le tchador, la burqa ou tout autre type de voile. Et personne ne propose de contraindre les femmes à porter le hijab, que ce soit par leur pays d’origine ou lorsque leur équipe est en déplacement dans un pays musulman. L’objectif est de permettre à toutes les femmes de faire un choix culturel et personnel, sans qu’aucune autorité (essentiellement masculine, que ce soit celle de la FIFA ou des Etats concernés) ne leur impose quoi que ce soit.

Mais si le problème se résume à un simple foulard, où est ce problème, au juste? Les premières objections soulevées à l’encontre du hijab trouvent leur source dans une série de malentendus ; sur l’Islam, la religion et la culture. Mais on a vite transformé la question en un problème de sécurité. Dans un match brutal et particulièrement physique, des joueuses pourraient être tirées par le hijab, s’exposant ainsi à des blessures sérieuses. Mais si un hijab pourrait être agrippé dans le feu de l’action, les cheveux ne seraient-ils pas encore plus susceptibles de servir de cible?

Si l’on s’en tient à cette logique «de sécurité», les cheveux longs et les queues de cheval sont bien plus dangereux que le seul foulard. D’ailleurs, un hijab bien ajusté pourrait même être le plus sûr moyen de protéger les cheveux et la tête des joueuses. Le mouvement qui demande la levée de l’interdiction du hijab n’a cependant jamais rien dit de tel. Ses membres se contentent de souligner l’incohérence et l’éventuel caractère fallacieux de l’argument sécuritaire.

Le hijab version sport

Ceci dit, l’initiative pour l’autorisation du hijab a pris au sérieux les premières objections de la FIFA ; elle y a répondu, et propose une solution à la question de la sécurité des joueuses: une nouvelle version du hijab, spécialement conçu pour les athlètes. Ils ne demandent pas la simple levée de l’interdiction, mais l’introduction d’un hijab pensé pour le sport —et tout particulièrement pour le football. Le hijab sportif couvre les cheveux et le cou ; il est près du corps, mais il est réalisé à base de matériaux laissant la peau respirer, et il se fixe à l’aide d’une bande de type Velcro. Ce hijab est conçu pour se décrocher dès qu’il est agrippé, ce qui permettrait d’éviter les blessures. Les nouveaux designs ont été présentés lors de la réunion de l’IFAB.

La décision coïncide également avec une période d’importants changements au sein de la FIFA. L’organisation a été ébranlée par divers scandales éthiques, dont l’interdiction à vie de l’ancien président de la Confédération asiatique de football, Muhammad Bin Hammam. Cette réorganisation au sommet de la FIFA a permis un apport de sang neuf —voilà plusieurs décennies que la chose ne s’était pas produite. En janvier 2011, aux termes d’une élection particulièrement serrée, Ali Ibn al-Hussein, prince de Jordanie, a été nommé vice-président de la FIFA et représentant de l’ensemble de l’Asie. Il a supplanté le Sud-Coréen Chun Mong Joon, candidat pourtant mieux implanté au sein de l’organisation, et ce par 25 voix contre 20. A peine nommé, le prince hachémite a promis d’œuvrer pour faire évoluer la FIFA dans un sens progressiste, en commençant par lancer une campagne pour populariser le football auprès des jeunes et des femmes dans toute l’Asie.

Ce sport est pratiqué dans le monde entier, mais l’Europe et l’Amérique Latine dominent largement le reste de la planète (et ce particulièrement dans le cadre de la Coupe du monde). Aussi l’objectif premier est-il d’aider le football asiatique à accéder à un niveau de jeu comparable aux meilleurs. Il est bon de souligner que dans le football féminin, le déséquilibre géographique vis-à-vis de l’Europe et de l’Amérique Latine est moins important que dans le football masculin: les Etats-Unis, la Chine (et, plus récemment, le Japon) comptent parmi les vainqueurs de la Coupe du monde. 

Le combat du prince de Jordanie

Le prince Ali a constitué une équipe jeune et professionnelle —comprenant d’anciens diplomates jordaniens particulièrement talentueux— pour promouvoir le changement, en commençant par l’Asie. Ils tentent aujourd’hui de faire annuler ce qui n’est —probablement— qu’une forme de discrimination sexuelle involontaire au sein du football international. Parmi leurs différents projets, on peut notamment citer une campagne de sensibilisation intitulée «Let Us Play» [«Laissez-nous jouer»], dont le groupe Facebook a vite attiré plus de 65.000 membres.

En novembre 2011, à Kuala Lumpur (Malaisie), la proposition visant à mettre fin à l’interdiction du hijab a été acceptée par le comité exécutif de la Confédération asiatique de football (CAF). La CAF a alors chargé le prince Ali de soumettre cette proposition au comité exécutif de la FIFA, qui se réunirait à Tokyo en décembre 2011. L’étape suivante s’est déroulé en Angleterre: la réunion de mars 2012 de l’IFAB, à Londres, chargée de promulguer et de modifier les règles du football international, et dont les décisions doivent être respectées par toutes les associations et les confédérations régionales.

La dynamique du changement initiée en Asie progresse vers l’Occident ; au fil des mois, elle a recueilli de nombreux soutiens chez les sportifs non-musulmans, comme Ryan Nelson (capitaine de l’équipe masculine de Nouvelle-Zélande) et Michele Cox (ancienne milieu de terrain de l’équipe féminine de Nouvelle-Zélande). Le syndicat international des joueurs de football (FIFPro) a soutenu la campagne, bientôt suivi par les joueuses de l’équipe nationale du Japon (ou Nadeshiko).

L’équipe du prince Ali a mené une campagne extrêmement approfondie, en mettant l’accent sur trois points: l’éducation, l’élargissement de la participation des femmes et le recueil de soutiens —chez les musulmans comme chez les non-musulmans. La FIFA et l’IFAB doivent désormais prendre une décision de très grande importance. En rendant leur verdict, ils auront sans doute à l’esprit la mission que la FIFA s’est donnée: populariser la pratique du football —et par conséquent, permettre au plus de femmes possible de le pratiquer.

La levée de l’interdiction a cet effet salutaire. Elle permet à de nombreuses femmes de pratiquer le sport le plus populaire au monde. C’est une situation rare ; l’une de celle où les conservateurs culturels et les progressistes sociaux peuvent et doivent se battre pour la même cause. En levant l’interdiction et en autorisant le port d’un hijab conçu pour le sport —uniquement destiné aux femmes qui désireraient le porter— le monde du football œuvre pour l’émancipation des femmes. Lever l’interdiction permet aux femmes de choisir, plutôt que de voir la FIFA choisir pour elles.

La balle est dans le camp de la FIFA. Il ne lui reste qu’à assurer la passe…

Source: http://www.slateafrique.com/

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Je ne suis pas très « foot », mais tant qu’à faire, je prendrais plutôt un billet pour cette rencontre…

FDF

26/10/2010

Quatrième congrès du féminisme islamique à Madrid…

Tiens? Les barbus les ont laissé sortir???

FDF

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Le féminisme islamique affûte ses arguments.

Cinq cent cinquante participants venus d’une vingtaine de pays, essentiellement des femmes, étaient réunis à Madrid pour le quatrième congrès du féminisme islamique. Leur principal défi : réinterpréter le Coran et la charia dans une vision égalitaire

Des femmes musulmanes lors de la fête de la Mosquée de Drancy, le 10 juin 2010 (Photo : William ALIX/CIRIC).

Le « féminisme islamique » : l’expression fait l’effet d’une bombe, tant les deux termes semblent incompatibles dans l’imaginaire occidental. « Je ne réponds plus à cette question de la compatibilité entre féminisme et islam », s’exaspère Houria Bouteldja à la tribune du 4e congrès du féminisme islamique, qui se tenait du 21 au 24 octobre à Madrid, à l’initiative des associations musulmanes espagnoles (1).

Cette « fille d’immigrés algériens », comme elle se définit elle-même, y représentait les musulmanes de France. Et, visiblement, son dépit est partagé par l’assistance, 550 participants, essentiellement des femmes, venus d’une vingtaine de pays, qui entendent bien désamorcer cette « bombe ».

« Aux yeux des féministes européennes très eurocentrées et qui se sentent porteuses de valeurs universelles, le féminisme est par essence laïque et donc fondamentalement incompatible avec l’islam », argumente Laure Rodriguez Quiroga, présidente de l’Union des femmes musulmanes d’Espagne qui co-organisait le congrès.

«Féminisme islamique» : difficile à porter

Et cet islam a, faut-il le préciser, fort mauvaise réputation. Laure Rodriguez Quiroga a dépouillé pendant un an deux quotidiens espagnols, El País et ABC, l’un progressiste, l’autre conservateur. « Ils se rejoignent par leur vision 100% négative de l’islam, par leur capacité à véhiculer des stéréotypes et par leur obsession de l’allure vestimentaire. Sur 88 articles, 83 parlaient du voile et du niqab », détaille-t-elle.

« Il n’y a pourtant qu’une trentaine de femmes qui portent le niqab en Espagne (???) , parmi une communauté de 1,5 million de musulmans », poursuit-elle. « Nous avons toujours besoin de montrer que nous sommes une partie acceptable de la société, mais nous sommes des personnes normales », s’émeut Arzu Merali, écrivain féministe anglaise qui coordonne la Commission islamique des droits de l’homme.

Pour autant, le terme de « féminisme islamique » est « difficile à porter », comme le reconnaît Ziba Mir Hosseini, anthropologue iranienne, l’une des féministes intellectuelles et engagées, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, qui vit aujourd’hui en Grande-Bretagne. Certaines préfèrent le terme jugé plus neutre de « féminisme musulman ».

Le féminisme est associé à l’Occident

« Car il y a une confusion permanente entre “islamique” et “islamisme”, qui réduit l’islam à son interprétation politique. Et en prônant un retour à la charia, les islamistes imposent en fait des interprétations anciennes et patriarcales de la jurisprudence musulmane (fiqh, en arabe) pour justifier des mesures discriminatoires à l’encontre des femmes », explique l’universitaire.

Cette confusion vire à l’incompréhension mutuelle entre Occident et monde musulman : « La charia, synonyme de “patriarcat” en Occident, est considérée par les musulmans comme l’essence de la justice. Le voile, perçu par les Occidentaux comme un instrument de soumission et d’oppression, est en fait vécu par les femmes musulmanes comme un signe de libération, une façon de défendre leur rôle de femme dans la religion, de participer à la société et aussi de refuser la domination de l’Ouest. »

Car, pour la grande majorité des femmes musulmanes, il est inconcevable de se penser hors de la religion, sauf à se renier. De son côté, le terme de « féminisme », associé à une occidentalisation, voire une seconde colonisation, a fort mauvaise presse parmi les musulmans.

Des intellectuelles se sont saisies des textes

Bref, le féminisme islamique a tous les défauts de la terre, sauf la nécessité d’exister. « C’est en quelque sorte l’enfant non désiré de l’islamisme : la question de la différence des sexes et du droit des femmes a été tellement politisée que cela a provoqué une réaction », ajoute Ziba Mir Hosseini.

Le féminisme islamique est né au cours des années 1990 dans l’Iran qui vivait sa révolution. Mais aussi en Malaisie, où apparut en 1991 le mouvement Sisters in Islam qui, l’an dernier, a donné naissance au réseau international Musawah (« égalité », en arabe) impliquant des ONG féminines de près d’une cinquantaine de pays.

Partout la question a été la même : est-il possible que les écrits, à commencer par le Coran, soient la source de tant de maux pour les femmes ? Partout la réponse a été la même : des intellectuelles se sont saisies des textes pour en faire une lecture critique, une nouvelle interprétation et en découvrir le caractère intrinsèquement ambivalent.

L’interprétation patriarcale des textes est le principal frein à l’émancipation

« Par définition, tout texte est interprétable. Dans la charia l’on trouve aussi bien matière à défendre l’égalité que la discrimination », reconnaît le sociologue marocain Abdessamad Dialmy, professeur à l’université marocaine de Rabat et l’un des rares hommes de l’assistance présent en qualité de spécialiste du féminisme marocain.

Cette appropriation du savoir vise non seulement à pouvoir donner le change dans des joutes oratoires, mais aussi et surtout à faire évoluer les mœurs et les lois. C’est parce que son mari lui refusait le divorce dans les difficiles années 1980 que vivait l’Iran que Ziba Mir Hosseini, fort démunie, se mit à étudier ardemment la loi islamique, au point d’en devenir une des meilleures spécialistes. Ce qui lui permit de trouver les arguments juridiques pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouvait, puis de refaire sa vie en Angleterre, où elle poursuit aujourd’hui, à 58 ans, son combat pour la cause des femmes musulmanes.

Dans tous les pays, la réinterprétation des textes religieux est l’arme clé des féministes. Les femmes qui participent au réseau musulman Wise lancé par l’Américaine Daisy Kahn (lire ci-contre) considèrent ainsi, pour 74% d’entre elles, que l’interprétation patriarcale des textes religieux est le principal frein à l’émancipation des femmes. Et elles jugent, à 93%, qu’il revient aux femmes de jouer un rôle de leadership pour une nouvelle interprétation.

Le féminisme n’est pas une création hors sol

« Le féminisme islamique, c’est une réforme faite de l’intérieur, au nom de l’islam et de la modernité, analyse Abdessamad Dialmy. C’est une étape nécessaire et incontournable, la forme la plus acceptable politiquement de s’approprier le féminisme, même s’il s’agit dans un premier temps de conquêtes pour l’équité plus que pour une véritable égalité des sexes. » Et d’ajouter : « Même si individuellement certaines femmes sont laïques, il ne viendrait à l’idée d’aucune association au Maroc de revendiquer la laïcité, au risque de perdre toute légitimité. » 

Le féminisme n’est en effet pas une création hors sol. « Le féminisme islamique, c’est comme l’art islamique ; l’art est art, mais il est aussi le produit de son milieu », justifie Ziba Mir Hosseini. « Il y a un besoin de s’engager en religion dans les pays musulmans, poursuit-elle. Nous réagissons à nos propres contextes ».

Et ces contextes sont très différents selon les pays et les continents, ce qui explique la grande diversité des mouvements de femmes. D’où l’idée de réunir les activistes de tous les pays lors de ce congrès. « Nous voulons valider le “féminisme islamique” comme un discours émergent et le renforcer dans les pays musulmans et dans les minorités musulmanes des pays occidentaux, ajoute Abdelnour Prado, président du Conseil islamique catalan. C’est important pour notre intégration. »

Marie VERDIER , à Madrid (Espagne)

(1) Avec le patronage et le soutien financier du ministère espagnol des affaires étrangères et de la coopération, de ses instituts culturels Casa Asia et Casa Arabe, et du ministère de l’égalité avant sa suppression lors du remaniement du gouvernement espagnol la semaine dernière.

Source: http://tinyurl.com/2e5rl4s