Francaisdefrance's Blog

19/11/2010

Les comités Théodule…

 

Un fait nouveau vient d’intervenir dans le fonctionnement intime de la
« République Fromagère » (R.F.). Le pouvoir vient de s’apercevoir qu’il
existe  697 « comités Théodule »  pour conseiller le premier ministre et
les autres ministres. Les étranges intitulés foisonnent :  comité de la
prévention et de la précaution (sic), comité national de l’initiative
française pour les récifs coralliens, commission nationale d’indemnisation
des dégâts du gibier. Sauf quelques suppressions, le pouvoir depuis 2007  en
a créé une vraie marée : Grenelle de l’environnement, commission pour la
libération de la croissance,  conférence sociale sur les salaires et le
pouvoir d’achat,  comité consultatif de réforme de la carte judiciaire,
commission chargée de l’élaboration d’un livre blanc sur la défense et
la sécurité nationale, commission sur les PME et les marchés publics.
Mentionner aussi la conférence sur l’emploi et le pouvoir d’achat avec
plusieurs groupes de travail sur le Smic,  les allégements de charges, et le
revenu de solidarité active. L’architecture enchevêtrée est pleine de
doubles emplois et de comités plus ou moins dormants. Les intérêts
embusqués derrière chaque organisme sont tels que le ménage est impossible
à faire sauf volonté politique qui n’existe pas.

Le  projet de loi de finances pour 2011 évalue le coût de ce cirque à 25
millions d’euros mais nous allons voir comment  cette évaluation manque
complètement de sérieux.

L’ETENDUE DU DESASTRE

C’est un désastre économique car les entreprises croulent sous les impôts
pour payer les  fonctionnaires en excédent et nul besoin de commissions pour
faire leur travail. Ce vrai maquis dépasse largement les 697 soudainement
devenus à l’ordre du jour.

A l’échelon central il existe des autorités administratives indépendantes
(AII), qui prolifèrent avec allégresse. Leur pouvoir dépasse celui des
commissions puisqu’elle ne se contentent pas d’opiner du bonnet mais exercent
de véritables pouvoirs. Voici quelques-unes d’entre elles :  la Halde ou
Haute autorité de lutte contre la discrimination et pour l’égalité, la
C.R.E.  ou commission de régulation de l’énergie, la C.N.I.L. ou commission
nationale de l’informatique et des libertés, le C.S.A. ou conseil supérieur
de l’audiovisuel. le conseil de la concurrence et bien d’autres. Tous ces
« machins » quasiment indépendants sont  dispensés de vrai contrôle
financier.

Mais il faut ajouter les innombrables commissions des conseils régionaux,
des conseils généraux et des grandes mairies. Le nombre total de ces
commissions décentralisées est absolument impossible à connaître et doit
être de l’ordre de 10000, ceci dans un meli-melo et un désordre
épouvantable avec de nombreux doublons.

Ne pas oublier les  « Hauts Conseils » dont la liste est impossible à
faire (Il n’existe pas de Bas Conseil !). Un  Haut Conseil s’occupe de
l’assurance maladie ; il réuni 53 représentants de ceux qui se  dénomment
les forces vives de la nation et qui ne sont en fait que des branches mortes
avec en particulier des syndicalistes.

LE POURQUOI ET LE  COMMENT

Plusieurs explications peuvent permettre de comprendre ce véritable tsunami.

En premier lieu se situe le principe des calamités. Les pouvoirs dirigistes,
créant  des calamités diverses par leur propre action et ne voulant surtout
pas réformer.,  déclenchent de nouvelles calamités pour prétendument
corriger les  premières : ce sera une commission ou mieux une nouvelle
structure ; le semblant d’action permet de  passer à autre chose après avoir
communiqué pour faire croire que l’on s’agitait.

Le reclassement des camarades en perdition, une habitude dans ce
« milieu » des politiques, est un des moteurs. Qui ne la respecte pas n’en
bénéficiera pas le  moment venu. Dans le foisonnement se trouvent beaucoup
de cadres syndicaux. C’est un aspect parmi d’autres de l’opacité scandaleuse
et d’ailleurs souvent illégale du financement des syndicats.

En toile de fond se situe le refus de l’économie de marché qui est la seule
façon de créer de la richesse. La plus grande partie des problèmes dont
l’État et ses succursales se saisissent abusivement  se  trouveraient
résolus si le marché les géraient dans la liberté des contrats. Voici un
exemple parmi des quantités d’autres ; beaucoup de conseils régionaux et
généraux  ont un comité  du tourisme et à l’échelon national, idem, avec
en plus un ministère du tourisme. Ce sont des organismes totalement abusifs ;
les entreprises travaillant dans le tourisme sont seules qualifiées pour
développer leur business. Les  superstructures inutiles les écrasent par les
impôts nécessaires pour les nourrir et financer leur luxe extravagant ; au
lieu de les aider elles les ralentissent. Le même schéma peut être
appliqué à toutes les calamités d’origine publique.

LES DEPENSES

Une grande majorité de ces structures ne dispose pas d’une véritable
comptabilité. Quand il en existe elles ne rendent pas compte de l’essentiel.

L’essentiel c’est principalement  le temps passé dans les parlottes le plus
souvent sans aucun résultat concret : les rapports viennent vite garnir les
étagères des fonctionnaires !.  Ces parlottes rassemblent  des personnes
supposées de qualité qui pourraient créer de la richesse dans des
activités privées  au lieu de voir leurs talents dissipés dans la marée
des structures publiques. Si par un calcul impossible à réaliser le nombre
d’heures ainsi perdues était connu et multiplié par leur valeur, ce serait
un total astronomique représentant une richesse purement détruite par la
superstructure.

Il faut ajouter dans le coût global du cirque le désordre introduit dans
tout le fonctionnement de l’économie. Les  entrepreneurs, en particulier de
moyennes et petites entreprises, qui sont les principaux créateurs de
richesse dans le pays souffrent gravement de ce désordre : temps et énergie
passé à comprendre, recherche épuisante d’aides éventuelles, attente
insupportable de la  réunion d’une commission qui se réunit tous les trois
mois !

En évoquant à nouveau les syndicats, mentionnons que, dans la mesure où ces
structures abritent bien au chaud des cadres syndicalistes, elles servent avec
les impôts versés pour les nourrir à entretenir des gens qui s’attachent
ensuite à détruire les entreprises et donc la richesse nationale par leurs
actions.

L’EXEMPLE DE L’ECOLE

En 2003 l’école était en déroute et depuis longtemps. Une grandissime
parlotte fut organisée par Raffarin dans   toute la France ; treize mille
établissements ont gaspillé des heures précieuses sur le sujet avec des
milliers de réunions. Les moulins à paroles ont brassé du vent dans le
vide. Au sommet une Commission nationale  régnait pour organiser la
parlotte. Il existait pourtant un Haut Conseil de l’évaluation de
l’école qui est peut-être encore là.  Quelle finalité donner à
l’école ? » était une  question soumise aux participants. Or les gens
raisonnables pensent que la finalité de l’école est d’enseigner, ce qui
pour des raisons idéologiques ne convient pas aux syndicats vrais patrons de
l’Éducation Nationale. Plusieurs années après l’école est toujours en
déroute.

La solution, pourtant,  est connue et porteuse d’espoir : c’est la libération
de l’enseignement  en commençant par le bon scolaire qui marche fort bien
ailleurs.

Au risque de paraître optimiste il faut affirmer que toute calamité
étatique comporte des solutions à condition qu’elles ne soient pas noyées
dans des comités Théodule avec des parlottes interminables.

Michel de Poncins

Source: www.libeco.net