Francaisdefrance's Blog

28/08/2010

Genève: Fillette de 8 ans blessée par un colis au vitriol !

Qui peut avoir commis un tel forfait et pourquoi?

28.08.2010

L’enquête se poursuit sur les colis piégés envoyés lundi à des banquiers privés genevois et à des personnalités du monde de la finance. La police, le juge d’instruction et l’avocat Michel Halpérin, qui représente certaines des victimes, sont submergés de coups de fil du monde entier à propos de cet étrange et inquiétant fait divers.


Les analyses de laboratoire sont maintenant achevées: le produit utilisé est bel et bien de l’acide sulfurique, nous indique le juge d’instruction Michel Alexandre Graber, lequel confirme par ailleurs que c’est en effet huit enveloppes au vitriol qui ont été envoyées. L’une d’elles a été postée dans le canton de Vaud.


Comme nous le révélions, hier sur notre site tdg.ch, l’enfant touché par le produit corrosif est une fillette de 8 ans qui a ouvert elle-même l’enveloppe empoisonnée. La petite n’a heureusement pas été brûlée au visage comme il a été dit dans un premier temps, mais aux mains et aux genoux. Elle se trouve actuellement hors de danger. Les certificats médicaux établiront la gravité et l’ampleur de ses blessures.

Ce sont principalement les épouses des banquiers qui étaient visées par l’expéditeur des colis au vitriol. La plupart des envois leur étaient en effet adressés. «C’est d’ailleurs pourquoi j’ai ouvert le paquet, nous confie l’une d’entre elles. Il était 11 h, lundi, j’avais reçu beaucoup de courrier et de journaux. Et puis, j’ai vu cette enveloppe rembourrée. Je me suis dit: c’est un petit cadeau. Je ne me suis pas posé plus de questions et je l’ai ouverte.»
Un liquide épais, noirâtre, s’est alors déversé sur son pantalon, sur ses mains et sur le reste du courrier. «Selon moi, ce liquide n’a pas giclé, il a simplement coulé un peu partout. Il s’agit d’un produit sans doute très corrosif parce que mes mains ont commencé à brûler, ça faisait mal. Je n’ai pas paniqué et je les ai passées très longtemps sous l’eau froide si bien que je n’ai pas de traces. Comme je devais partir, j’ai recommandé à notre employée de maison de ne pas y toucher. J’ai remarqué que ce liquide rongeait carrément le papier.»

Durant la journée, cette dame a gardé son calme, elle a vaqué à ses occupations en se demandant toutefois constamment ce que recherchait l’auteur de l’envoi empoisonné. Un fou? Une histoire de jalousie? Comme le pli lui avait été adressé personnellement, elle n’a pas pensé à un acte de vengeance à l’égard de son mari ou de la banque. Ce n’est que vers 18 h qu’elle s’est rendue au poste pour signaler les faits: «La police a réagi très vite, elle savait déjà qu’une deuxième personne avait été touchée.» Et maintenant? «Je reste calme, mais il est vrai que je n’ouvrirai plus un paquet comme ça. D’ailleurs, la police m’a demandé de l’avertir si je recevais une enveloppe semblable.»


Selon les forces de l’ordre, aucun nouveau colis n’a été reçu en dehors des huit déjà répertoriés. Pas de piste précise non plus en direction du coupable. Selon les criminologues, une enquête de ce type est très difficile à mener: il y a les empreintes digitales et les traces ADN, mais c’est à peu près les seuls éléments utilisables. L’analyse graphologique est rendue difficile à cause de l’emploi d’un chablon du type de ceux utilisés pour le dessin technique. Et le choix de l’acide sulfurique ne facilite pas le travail des enquêteurs puisque ce produit peut être acheté librement dans n’importe quelle droguerie genevoise.

«Une volonté bien organisée»
Et le profil de l’auteur de ces actes? Là aussi, il est difficile de se prononcer pour le moment, explique le docteur Gérard Niveau de l’Institut de médecine légale: «Il peut s’agir d’un déséquilibré, mais aussi d’une personne à la volonté bien organisée. L’un n’excluant bien entendu pas l’autre. Ce serait une erreur de faire un pronostic sur la seule base des éléments actuels.»

Source: http://tinyurl.com/27nrvhr