Francaisdefrance's Blog

29/03/2011

Mais qu’est ce qu’on est allé foutre en Libye ?

Quand on est chef d’Etat, chef de parti et chef de guerre… Parfois, on vient à en oublier la misère dans laquelle survit son pays. Il est certain que quand on sait que le coût d’une heure de vol d’un avion de chasse français qui bombarde les populations libyennes (dommages collatéraux) est de 11 000 euros, ca peut fâcher le peuple… Surtout en périodes électorales.

FDF

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Il parait qu’une grosse majorité des Français est vachement contente que notre Président Nicolas 1er « le moins Mal Aimé qu’avant » ait envoyé une armada sauver la Libye. Et c’est vrai que je sens frémir une fierté nationale qui s’était perdue depuis des décennies. On pourrait même parler de réveil du patriotisme, si on n’était retenu par ce sens du ridicule qui fait notre charme. Même à gauche, c’est vous dire, on accorde à notre Président, ô, du bout des lèvres, un début de satisfecit, on reparle de la France phare du Monde, surtout quand DSK sera président en 2012…

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Hé bien moi, je vais faire le pisse vinaigre : je vous le dis tout net, il y a quelque chose dans cette histoire qui me met mal à l’aise, voire qui ne me plaît pas du tout. Ne serait-ce que d’entendre marteler à l’envi côté « occident » le mot démocratie, quand sur place ne se distingue que l’« Allaou Akbar » des rebelles. Et puis il y a cette passivité des insurgés, qui semblent clairement attendre de nous qu’on fasse le boulot à leur place, quitte à nous accuser de tout ce qui se serait mal passé après… Mais je ne m’étendrai pas sur tous les arguments qui me viennent, ce serait trop long, je m’en tiendrai à deux réflexions :

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D’abord, s’il avait fallu s’attaquer au régime de Kadhafi, c’est au moment des attentats d’UTA et de Lockerbie. Là oui, une expédition punitive, on débarquait à Tripoli, on capturait le bouffon, et on le pendait sans autre forme de procès au mât de sa tente. Ça, j’aurais compris, j’aurais même applaudi. On aurait réglé notre problème avec lui, sans se mêler des affaires intérieures de la Libye. Et surtout, le Monde arabe aurait compris qu’on ne plaisantait pas avec la France… Mais ça remonte à plus de 20 ans, et le vent a soufflé dans le désert. Depuis, on a invité Kadhafi à monter sa tente chez nous, en plein Paris, avec bédouines, salamalecs et pâtisseries orientales… En quoi la France est-elle directement concernée par ce qui se passe en ce moment en Libye ? En quoi est-il vital aujourd’hui pour les intérêts de la France que nous fassions la guerre à Kadhafi ? Hé bien je vous le dis : en rien ! La « révolution Libyenne » est une affaire intérieure de la Libye, point, final ! C’est aux Libyens de régler leur avenir, pas aux Français.

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Et puis on me dit que c’est pour « sauver des vies de gentils ». D’accord, encore faudrait-il qu’on m’explique qui est gentil, et qui est méchant. Parce que si notre monde a tant de problèmes, je crois que c’est essentiellement depuis que nous, Occidentaux, avons décrété unilatéralement, sans nous donner la peine de nous assurer que notre démarche était comprise par les autres peuples, qu’on reconnaissait les gentils au fait qu’ils étaient plus faibles que les méchants. Pour qu’il n’y ait plus de méchants, il suffit de taper sur les forts : ils s’affaiblissent et donc ils ne sont plus méchants : le droit contre la force. Le monde des bisounours.

Saddam Hussein est plus fort ? Il est méchant. Milosevic est plus fort ? Il est méchant… Kadhafi est plus fort ? Il est méchant. On leur tape dessus, et le problème est réglé. Le hic, c’est que quand vous tapez sur les plus forts jusqu’à ce qu’ils deviennent plus faibles que les faibles, les plus faibles deviennent les plus forts. Et alors ? Les faibles, en devenant forts, deviennent méchants ! Et que fait la communauté internationale qui a rendu le plus faible plus fort ? Rien. Pour elle, ça devient trop compliqué. Elle fait comme si tout allait bien.

Un exemple ? La Yougoslavie : qui en parle, aujourd’hui, de l’ex-Yougoslavie ? Les Yougoslaves se tapaient dessus. On aurait pu les laisser se débrouiller et lever la main du vainqueur. Non ! La communauté internationale, pleine de bons sentiments, décréta une bonne fois pour toutes que les Serbes, étant les plus forts, étaient les méchants des gentils Croates, des gentils Bosniaques, et des gentils Kosovars. En toute logique, on a tapé sur les Serbes et les gentils sont devenus les plus forts… Résultat, aujourd’hui, Croates, Bosniaques et Kosovars font allègrement aux Serbes ce que les Serbes leur faisaient, plutôt en pire, et sans risque.

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Voilà. Et le plus triste dans tout ça, c’est que je ne suis pas persuadé qu’au bout du compte une seule vie sera épargnée, ni même que les Libyens, et surtout les Libyennes y gagneront… Par contre, ce dont je suis certain, c’est que nous, ça nous retombera fatalement un jour sur le nez.

Source: http://notrejournal.info

22/03/2011

Vous voteriez, en France, pour un chef de guerre?

Eh bien, il y en a qui l’ont fait. Dimanche, indirectement, aux cantonales… Au lieu de se préoccuper du peuple de France, Sarkö Ier endosse le costard de chef de la coalition contre Kadhafi. Le plus sûr moyen de prendre une veste… C’est fait… Et il reste un second tour…

FDF

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Nicolas Sarkozy en «chef de guerre» !

Emporté par sa conviction, le président a mené l’offensive diplomatique avant de prendre la tête de la coalition.

«Tu as bien joué», a glissé à Nicolas Sarkozy l’un de ses ministres régaliens au lendemain du vote de la résolution de l’ONU. «Je n’ai pas joué, j’y croyais», lui a répondu le chef de l’État. Il est vrai qu’il y a encore dix jours, personne ne pariait grand-chose sur l’initiative franco-britannique, jugée par beaucoup comme «aventureuse». Nicolas Sarkozy n’a pourtant jamais voulu se lancer dans une opération militaire contre Tripoli sans le sésame de l’ONU.

Samedi, quand il a autorisé les premiers avions français à attaquer les positions de l’armée libyenne, il a agi en chef de file de la coalition et en chef de guerre. «Les Américains n’auraient jamais envoyé leurs avions sans avoir préalablement tapissé de bombes les défenses antiaériennes de l’ennemi», note un proche du président. Du commencement jusqu’à la fin, Sarkozy a donc estimé que le sauvetage des rebelles libyens valait qu’il renoue avec la stratégie du forcing, celle qui lui avait si bien réussi au mois d’août 2008, pendant la crise russo-géorgienne.

Tout commence le 26 février à l’ONU. La France et ses partenaires européens tentent d’obtenir au Conseil de sécurité le vote de la résolution 1970, qui doit proposer des sanctions économiques et des poursuites judiciaires contre Kadhafi et ses proches. Mohammed Shalgham, l’ambassadeur de Libye, prend la parole et stupéfie des homologues du monde arabe en lançant ce jour-là un appel à l’aide pour faire cesser le «bain de sang». C’est du jamais-vu. Ses homologues des pays arabes lui font un triomphe. Son intervention permet de débloquer un vote favorable.

Nicolas Sarkozy suit de près la partie. Il a en tête les tâtonnements de sa diplomatie face au «printemps arabe», causés pour l’essentiel par les maladresses à répétition de son ex-ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Il n’a pas digéré que des diplomates dénoncent dans une tribune la disparition de la «voix de la France», lui qui estime ne pas avoir à rougir de son bilan diplomatique. Dans les jours qui vont suivre «s’offre à lui, sur un plateau, la possibilité de démontrer qu’il n’avait pas rompu avec son volontarisme», note un diplomate élyséen…

Suite et source: http://tinyurl.com/5subssa