Francaisdefrance's Blog

22/03/2011

Cantonales: Fillon prend ses distances avec la règle fixée par l’UMP pour le second tour du scrutin – ni « front républicain » ni vote PS.

Ils sont « mal »; ils sont « mal »…

FDF

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Élections cantonales 2011 : cacophonie à droite sur l’attitude à adopter face au FN


Quelle attitude adopter face au Front national ? Présent dans 394 cantons au second tour, le parti de Marine Le Pen contraint la majorité présidentielle à se positionner. Et comme attendu, la question d’un front anti-FN divise à droite. Le patron de l’UMP Jean-François Copé a répété, dimanche, la ligne de conduite à suivre : ni alliance avec le FN, ni retrait d’un candidat UMP pouvant se maintenir, ni appel à un « front républicain », c’est-à-dire au vote socialiste en cas de duel FN-PS. « La gauche et la droite, ce n’est pas pareil (…). Je ne vois pas pourquoi on appellerait à voter de façon systématique pour le PS », a-t-il justifié, lundi matin, au micro de RTL. Et de préciser aussitôt : « Je n’ai jamais dit j’interdis de voter pour le PS ; là aussi, j’ai bien expliqué qu’il y avait une liberté de choix, mais pas question de voter pour le FN. » Une stratégie de nouveau confirmée par Nicolas Sarkozy lundi matin lors d’une réunion avec l’état-major de l’UMP.

Mais pour le parti majoritaire, la débâcle est telle que cette ligne de conduite élaborée avant les cantonales semble difficile à tenir. Avec 15,18 % des voix au premier tour du scrutin, le FN talonne l’UMP (17,07 %) et se prépare à affronter en duel le PS dans 204 cantons au second tour, dimanche 27 mars. Tout en laissant les électeurs libres de leur choix, l’UMP joue les équilibristes. « On appelle à faire barrage au Front national », a exhorté le porte-parole du gouvernement François Baroin, tout en refusant la moindre « union » avec le PS. Quant à Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, il n’y va pas par quatre chemins. « Il y a ce que moi je ferais et il y a ce que j’appellerais à faire. Moi, je voterais pour le candidat qui n’est pas FN (…), mais je suis tout à fait opposé à ce que l’on appelle le front républicain », a-t-il précisé sur RMC. Entre ligne de conduite officielle et posture personnelle, tout est dans la nuance.

Fillon se démarque

Mais dans les rangs du parti majoritaire, certains ne s’embarrassent pas de formules. À commencer par François Fillon. Lors du bureau politique extraordinaire qui s’est tenu lundi après-midi, le Premier ministre a pris ses distances avec la ligne dictée par Nicolas Sarkozy. « Aucune voix de la droite et du centre ne doit se porter sur l’extrême droite. Là où il y a un duel entre le Parti socialiste et le Front national, nous devons d’abord rappeler nos valeurs et nos valeurs ne sont pas celles du Front national », a estimé François Fillon. Et d’enfoncer le clou : « Nous devons appeler nos électeurs à faire le choix de la responsabilité dans la gestion des affaires locales. Tout cela conduit à voter contre le Front national. »

Des arguments développés dès dimanche soir par la ministre de l’Enseignement Valérie Pécresse, qui a clamé haut et fort qu’elle voterait pour la gauche en cas de duel avec le FN. La semaine dernière, le président du Sénat Gérard Larcher et la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet avaient été dans le même sens.

Les centristes, eux aussi, font entendre leur petite musique dans le débat. Jean-Louis Borloo a relayé la consigne approuvée à l’unanimité par le bureau politique du Parti radical. « Il est exclu qu’il y ait une voix de notre famille pour le Front national. Il faut absolument faire barrage au FN et voter pour le PS », a insisté le chef de file des radicaux valoisiens. Même son de cloche du côté du parti d’Hervé Morin. Le président exécutif du Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde a ainsi demandé aux électeurs « attachés aux valeurs de la République » de voter pour « le candidat démocrate restant en lice » dans les duels face au FN.

Sur toutes les lèvres, la question du « front républicain » risque de monopoliser le débat jusqu’à dimanche, à droite comme à gauche. Une querelle qui sera suivie de près au FN. Dans les rangs frontistes, on veut croire que la « vague bleu Marine » peut s’amplifier au second tour. Quoi qu’il en soit, le report des voix de gauche et de droite sur le candidat FN sera examiné à la loupe.

Source: http://www.lepoint.fr/