Francaisdefrance's Blog

17/07/2011

Présidentielles de caniveau.

Rarement on avait vu des élus et politiciens tomber si bas… Je ne sais vers quelle présidentielle on va, mais on y va. Immersion dans les cours de récré de la politique…
FDF

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Tous les coups sont permis…

Fillon attaque Eva Joly sur sa binationalité

François Fillon a continué, hier, à être la cible de la gauche pour ses propos contre la candidate écologiste Eva Joly, qui avait proposé de supprimer le défilé militaire du 14 juillet, une «fête qualifiée de républicaine et populaire dont la suppression affaiblirait le lien qui lie l’armée à la Nation», avait déclaré le Parti radical de gauche. Le Premier ministre avait créé la polémique en reprochant à la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts de ne pas avoir une « culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française ». La polémique s’est poursuivie, hier, sur le terrain de la binationalité (Eva Joly est franco-norvégienne) et de la distinction faite implicitement par le Premier ministre entre les Français de naissance et ceux qui sont naturalisés. L’ex-magistrate s’est défendue de nouveau en qualifiant « d’hypocrisie dangereuse » la démarche de François Fillon qui prétend « défendre la République en agitant le démon des origines ». À gauche, les critiques n’ont pas manqué. « Est-ce que l’on va reprocher à Madame Carla Bruni-Sarkozy sa double nationalité ? », a déclaré Daniel Cohn-Bendit, député européen (EELV). Choqué, François Hollande, candidat à la primaire de la gauche, estime « qu’il n’y a pas deux catégories de Français : ceux qui pourraient parler car ils sont nés en France et les autres. Il n’y a que des Français. On peut dénoncer ce qu’Eva Joly a dit mais on n’a pas le droit de lui reprocher son propos. Elle est en France depuis 30 ans. Aucun débat n’est interdit. Nous sommes tous Français ». La socialiste Martine Aubry a pour sa part estimé que l’attaque du Premier ministre ressemblait fortement « aux thèses du Front national ».

A neuf mois de l’élection présidentielle, les attaques personnelles, les coups bas, ont remplacé les idées et les programmes des candidats. Les attaques personnelles succèdent aux rumeurs. Et cette campagne où les uns et les autres s’accusent mutuellement a démarré depuis plusieurs semaines. C’est à croire que la présidentielle ne connaîtra pas de répit estival. La polémique provoquée par les propos d’Eva Joly sur le 14-Juillet confirme que la campagne de la présidentielle 2012 a commencé dans une violence de ton pour le moins inquiétante. Que ces déclarations soient maladroites, c’est une évidence. Valaient-elles pour autant à la candidate écologiste d’être traitée « d’anti France » par le député UMP Guy Teissier, prompt à jouer sur la corde xénophobe ? Non, bien sûr. Faire référence à « l’anti France », c’est employer l’expression utilisée par l’extrême droite lors de l’affaire Dreyfus puis au début XXe siècle pour discréditer la gauche et entretenir un climat pourri dans la vie politique. L’UMP devrait donc surveiller son langage si elle ne veut pas que la campagne dégénère, car on peut faire confiance à Marine Le Pen pour lui emboîter le pas, voire surfer sur la surenchère. Déjà, les rumeurs ternissent la vie politique depuis quelques semaines. Elles visent Martine Aubry. « C’est dégueulasse », a déclaré Jean-Louis Borloo, en apportant son « soutien » sur ce point à la socialiste. Lui-même n’a pas été épargné par les campagnes insidieuses. « Ça fait des années que je vis avec l’idée que je suis alcoolique et que je me lave pas. J’en ai souffert. Quand on est un personnage public, c’est terrible et profondément destructeur », a-t-il avoué. Sur le 20 h de France 2, il y a quelques jours, François Hollande avait déclaré qu’il ne voulait pas que l’élection se déroule « dans un marécage ». Dominique de Villepin avait récemment qualifié d’« ignobles » les attaques visant la patronne du PS. « D’où qu’elles viennent, elles sont scandaleuses et elles n’ont rien à voir avec la politique », a dit l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac.

A couteaux tirés…

Face aux rumeurs, certains ne résistent pas. En 1993, Pierre Bérégovoy s’est suicidé à la suite de la défaite électorale des socialistes, persuadé que la campagne menée contre lui dans le cadre d’un prêt privé qu’il avait contracté avait pesé dans la débâcle de la gauche. Sous le Front Populaire, un autre socialiste, Roger Salengro, a mis fin également à ses jours à la suite de la campagne haineuse et mensongère de l’extrême droite qui l’accusait d’avoir été un déserteur. Rumeurs et calomnies ont toujours fait partie de la vie politique et des campagnes électorales à des degrés divers. Mais il faut savoir qu’elles peuvent conduire au pire. D’autant qu’aujourd’hui, à travers Internet, leur puissance et leur nuisance sont démultipliées. Depuis quelques semaines, des ténors de droite comme de gauche trouvent que l’atmosphère de ce début de campagne est malsaine. Il serait bon que tous les protagonistes de la présidentielle 2012 en prennent conscience.


La guerre des petites phrases

Les joutes sont ouvertes depuis le début de l’été entre les politiques qui, de droite et de gauche, montrent les crocs et ne se montrent pas avares en tacles assassins. « Les propos du Premier ministre puent la xénophobie », a déclaré Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche qui a volé au secours d’Eva Joly. Le Premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir, a accusé le Premier ministre de se faire « le porte-parole et le champion d’une droite lepéno-compatible ». Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, a jugé les propos d’Eva Joly choquants : « Ils sont tellement dérisoires au regard de ce qui se passe aujourd’hui en Europe et dans le monde. Ils sont indignes et dérisoires à la fois. » Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, a estimé que les attaques de la gauche contre François Fillon étaient une « tentative acrobatique de se ressouder après les propos extrêmement malheureux d’Eva Joly ». Pour Laurent Wauquiez, le ministre de l’Enseignement supérieur, « il ne faut pas être dupe de l’écran de fumée construit par les leaders de la gauche pour tenter de faire oublier cette proposition scandaleuse qui discrédite leur principale alliée ». La ministre des sports Chantal Jouanno, invitée à commenter le possible retour en politique de Dominique Strauss-Kahn avait déclaré que DSK n’a pas « donné une image extrêmement positive ces derniers temps, entre ses goûts de luxe et d’autres sujets ».


Quand la rumeur s’invite dans la présidentielle

Martine Aubry

Martine Aubry a fait l’objet de rumeurs, relayées sur Internet concernant son état de santé . La candidate à la primaire de la gauche les appelle « les boules puantes ». Elle soupçonne l’entourage de Nicolas Sarkozy de les distiller à bon escient : en cause, son soi-disant « alcoolisme présumé » et la prétendue sympathie de son époux Jean-Louis Brochen pour les « islamistes ». L’affaire a fait grand bruit. La maire de Lille, candidate socialiste à la primaire de la gauche, a décidé de porter plainte pour couper court à ces rumeurs nauséabondes. «Je suis blindée», a-t-elle avancé.

JL Borloo

Jean-Louis Borloo, accro à la dive bouteille ? « Les rumeurs, c’est un truc épouvantable. Moi, cela fait des années que je vis avec l’idée que je bois, que je suis alcoolique ou que je me lave pas », a confié le candidat potentiel des centristes de la majorité à la présidentielle. Mais contrairement à d’autres personnalités politiques, l’ancien ministre ne croit pas aux manipulations politiques. « Je ne crois pas que ce soit les adversaires politiques

[…] que ce soit l’UMP ou d’autres[…] Je pense que c’est juste un monde moderne, un peu étrange où l’on peut parler de tout sur tout. Cela s’appelle juste de la malveillance », dit-il.

Nicolassarkozysme

Depuis son élection en 2007 à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy n’a pas échappé à la rumeur. Une rumeur qui, un temps, a spéculé sur des liaisons extraconjugales du couple présidentiel. La rumeur qui prêtait des liaisons entre Carla Bruni et le chanteur Benjamin Biolay d’une part, entre Nicolas Sarkozy et la ministre Chantal Jouanno d’autre part, a fait jaser et provoqué de vives réactions dans l’entourage du chef de l’État. À la base, un « Tweet » daté du 24 février 2010 évoquant ces ragots qui ont été repris sur les sites internet.


Il reste encore 281 jours avant le premier tour de la présidentielle de 2012 qui aura lieu le dimanche 22 avril. D’ici là, coups bas, rumeurs et phrases assassines vont alimenter la chronique politique.
Source: http://www.ladepeche.fr/