Francaisdefrance's Blog

07/02/2011

Egypte: les Frères Musulmans ont déjà « repris la main »…

J’en parlais dans mon précédent billet. La peste verte arrive, sournoisement…

FDF

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Les Frères musulmans montent au front !

D’abord pris de court par le soulèvement, ils se montrent aux avant-postes. Et se voient demain incontournables.

Un jean de bonne facture, des tennis et un polo à rayures. La barbe frise les trois ou quatre jours, et l’after-shave est puissant. Saad Khirat el-Shatr pourrait être un jeune homme de 21 ans comme bien d’autres, si ce n’est son patronyme et son appartenance sociale qui font de lui un être un peu à part, dans le contexte égyptien. Saad Khirat est fils et petit-fils de Frère musulman.

Les fameux Frères musulmans (AlIkhwan, en version originale), la bête noire du régime d’Hosni Moubarak, la peur des gouvernants occidentaux. Les revoilà sur le devant de la scène depuis quelques jours. Pas tout à fait depuis le début de la révolution égyptienne. Car le mouvement islamiste est comme les autorités: il n’a rien vu venir. On peut même dire qu’il s’est méfié. Encore une révolte qui ne mènera à rien, ont-ils d’abord pensé ! Et puis que veulent ces jeunes, ces révolutionnaires de salon qui surfent jour et nuit sur la Toile ? Ils appellent à la révolution, mais laquelle? Absents les premiers jours, les Frères musulmans ont commencé à se montrer ostensiblement au bout du cinquième. Aujourd’hui, ils ont repris la main.

En faisant ce qu’ils savent le mieux faire: aider et pourvoir aux besoins. En nourriture, en eau, en soins, en prières, en forces et en hommes. Les Frères sont des marathoniens, les coureurs de fond que l’on cantonne aux sales besognes: occuper la place Tahrir – épicentre cairote de la contestation–, coûte que coûte, jour et nuit, se placer en première ligne dans les combats. Et s’allier sans broncher aux protestataires de tout poil qui n’ont qu’un objectif : se débarrasser d’Hosni Moubarak. La discussion sur le partage du pouvoir sera pour plus tard.

Chez Ahmad Seif el-Islam al-Banna, le mobilier et la tapisserie sont d’époque. Bloqués sur les années 1970. On imagine aisément que les fenêtres et les volets ne sont jamais ouverts. L’homme qui s’avance, handicapé par une encombrante surcharge pondérale, est le fils du fondateur des Frères musulmans. Son père, Hassan al-Banna, a créé la confrérie en 1928. Très vite, les Frères de l’époque, avec leur tenue caractéristique, gandoura et barbichette, occupent tout l’espace social. Mais ils veulent aussi se mêler de politique. Mauvaise idée. Ils sont interdits en 1957 par Nasser. Sous Anouar el-Sadate, les Frères connaissent un répit, mais une branche dissidente assassine le président égyptien, en 1981. La répression est alors totale, même si le mouvement lui-même avait officiellement annoncé dès 1978 renoncer à toute violence. Hosni Moubarak leur accordera en 1984 une reconnaissance religieuse. Exclusivement.

« Pas question de faire un coup d’Etat »

A 78 ans, Ahmad Seif el-Islam alBanna, « Frère musulman dans la chair et dans le sang«  et membre du bureau de l’organisation, martèle que les Frères ne veulent pas gouverner mais participer. « Il n’est pas question de faire un coup d’Etat. Il n’y aura pas de président issu des Frères à la tête du pays. Mais nous tenons à participer au processus politique qui est en train de se mettre en place. » Les mots se font doux à ceux qui veulent bien entendre: démocratie, référendum, respect de la volonté du peuple. « Notre objectif a toujours été de convaincre par le dialogue et non par la force. Le problème aujourd’hui n’est pas l’idéologie ou la religion, mais l’économie et la corruption. » Première force d’opposition du pays, les Frères n’ont pourtant jamais su transformer leur islam social en islam politique.

Retour sur Saad Khirat el-Shatr. Lui pourrait représenter le nouveau Frère musulman, loin de l’image d’Epinal que l’on se fait en général des « Frérots ». Fini la gandoura, les pieds crasseux, les ongles noirs, la barbe touffue ou maigrichonne. La mue de la nouvelle génération s’est opérée à partir de 2005. A cette époque, la protestation gronde dans les rangs. Les jeunes bousculent les vieux. Le temps de l’action est venu. La jeune garde s’empare du politique et joue sur cette ambiguïté d’un mouvement toléré sans être légal. Résultat, les Frères disposent aujourd’hui –officieusement– de 88 députés. On dit qu’ils représenteraient un tiers de l’électorat, soit la première force d’opposition en Egypte. Les nouveaux cadres sont tous éduqués, issus de grandes écoles et bilingues. Comme Saad, qui sait déjà qu’il demandera à aller étudier aux Etats-Unis. Mais avec un tel patronyme – il est le fils de l’un des leaders actuels, Khairt el-Shatr–, comment peut-il imaginer cela? Grand sourire de Saad : « Les Américains nous accueillent à bras ouverts, ils veulent nous “étudier” et sont persuadés qu’ils vont nous retourner! « 

Les retourner! Mais comment? Les filles aussi ont pris en marche le train de la modernité. Comme Arwaya, la star des blogueuses chez les « Muslim Sisters« …

Suite et source: http://tinyurl.com/6b44735

18/10/2010

Au nom de l’islam…

De la doc fort intéressante…

FDF

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Premier volet d’un documentaire en deux parties consacré à la naissance et à la montée en puissance des mouvements islamistes et de l’Islam politique du début du XXe siècle à la fin des années 1980 dans le monde arabo-musulman, en Iran et en Afghanistan. Evocation plus particulièrement du royaume saoudien, des Frères Musulmans égyptiens, de la politique du dirigeant égyptien Gamal Abdel NASSER, de la Révolution islamique iranienne et du rôle joué par les puissances occidentales dans le monde musulman. L’enjeu de ce documentaire est de montrer comment le monde musulman a nourri un ressentiment vis-à-vis de l’occident que les mouvements islamistes entendent exprimer et sur lequel ils se sont appuyés pour prospérer. Les images d’archives ou d’illustration alternent avec les interviews de Marc FERRO, historien, Michael BARRY de l’Université de Princeton aux Etats-Unis, Joseph MAILA, politologue libanais, Gilles KEPEL, politologue français, Yunan LABIB RIZQ, historien égyptien, Mustapha KAMEL AL SAYID, philosophe égyptien, Gamal AL BANNA, frère du fondateur des Frères Musulmans, Jean LACOUTURE, écrivain et journaliste français, François BURGAT, politologue français, Ramin JAHANBEGLOO, philosophe iranien, Kaveh BAYATE, historien iranien, Mohamed CHARFI, ancien ministre tunisien de l’Education nationale et du capitaine Paul BARRIL.- Extrait d’un discours d’un islamiste du 18/05/2004 évoquant le Djihad sur la chaîne de télévision saoudienne Al-Madj TV- Interview de l’historien Marc FERRO qui explique que le ressentiment, un héritage d’humiliations, constitue le moteur des évènements actuel dans le monde arabo-islamique. Il revient sur la domination passée du monde islamique sur d’autres peuples.- Interviews d’étudiantes de l’Université du Caire qui évoquent leur rapport à l’occident.- Interview de Michael BARRY de l’Université de Princeton aux Etats-Unis qui explique les raisons du déclin de la civilisation islamique et des puissances musulmanes à partir du XVe siècle au profit des puissances de l’Europe chrétienne. – Interview de Joseph MAILA, politologue libanais qui parle de la domination de l’empire Ottoman avant 1917 et des raisons de son affaiblissement.- Archives : Lawrence d’Arabie et le shérif HUSSEIN ; pélerinage à La Mecque ; Gal Allenby à Jérusalem, Palestine, les troupes turques et Mustapha KEMAL.- Interview de Gilles KEPEL, politologue français, et de Joseph MAILA à propos de la fin du Califat.- Interviews de Yunan LABIB RIZQ, historien égyptien et de Mustapha KAMEL AL SAYID, philosophe égyptien à propos de la situation en Egypte en1920, de la naissance en Egypte en 1928 des Frères Musulmans, une organisation qui prône un islam politique avec comme mot d’ordre « Le Coran est notre constitution », et de son fondateur Hassan AL BANNA.- Archives : Ismailia et Canal de Suez- Interview de Gamal AL BANNA, frère du fondateur des Frères Musulmans qui se revendique d’un islam libéral.- Interview de Joseph MAILA, politologue libanais, à propos du projet des Frères musulmans d’un état islamique fondé sur l’application de la charia, c’est à dire l’utilisation de l’Islam comme mode de régulation étatique, projet qui se réalise avec la fondation de l’Arabie Saoudite dont le Coran est la seule constitution.- Interview de Michael BARRY à propos de l’origine du wahhabisme, un islam rigoriste qui domine en Arabie Saoudite.- Images illustrant modernes modernité technologique et développement économique- Interview d’Hatoun AL FASSI, historienne saoudienne, à propos de la fondation du royaume- Archives : pétrole en Arabie Saoudite- Interviews de Yunan LABIB RIZQ et de Marc FERRO qui reviennent sur les conséquences de la découverte du pétrole dans les pays islamiques.- Archives : accord signé en 1945 entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, Université du Caire- Interview de Gamal AL BANNA à propos des idées de son frère Hassan Al BANNA et de l’idéologie des Frères Musulmans.- Archives : combattants en Palestine- Interview de Jean LACOUTURE, écrivain et journaliste français qui revient sur la prise du pouvoir en Egypte par un groupe d’officier dirigé par Gamal Abdel NASSER qui va rayonner sur le monde arabe.- Archives : Gamal Abdel NASSER – Interview de Yunan LABIB RIZQ fait une analogie entre la popularité de NASSER et le concept du Mahdi, « le guide », dans la tradition islamique.- Mustapha KAMEL AL SAYID et Jean LACOUTURE abordent la question de la collaboration entre les Frères Musulmans et NASSER lors de la première année qui suivit le coup d’Etat de 1952 puis la rupture et l’affrontement.- Archives : arrestation Frères Musulmans en Egypte, nationalisation Canal de Suez, Nasser et Khroutchev, visite du roi Faiçal- Interview Joseph MAILA, Michael BARRY, puis Hatoun AL FASSI, à propos de l’action de Nasser, de l’Arabie Saoudite sous influence américaine qui incarne le panislamisme et l’Egypte soutenue par l’Union soviétique qui incarne le panarabisme- Archives : Conférence de l’Organisation de la communauté islamique créée par Fayçal, procès Sayyid QUTB.- François BURGAT, politologue français, revient sur le parcours de Sayyid QUTB, théoricien du radicalisme islamiste, pendu en 1966 sous le régime de NASSER. Il établit un parallèle avec le parcours des membres d’Al Qaida.- Archives : guerre des 6 jours en Israël- Interview de Marc FERRO puis Michael BARRY à propos de la naissance de ce second ressentiment qui donne l’occasion aux islamistes de critiquer la stratégie nationaliste arabe- Archives : obsèques de Nasser- Interview de Joseph MAILA puis Yunan LABIB RIZQà propos de la perte des repères des égyptiens et d’Anouar EL SADATE, le successeur de NASSER à la tête de l’Egypte.- Archives : Anouar EL SADATE priant, puis à Tel Aviv en 1977.- Archives : Révolution islamique chiite de 1979 en Iran, Couronnement du Shah d’Iran- Interview de Ramin JAHANBEGLOO, philosophe iranien qui explique que la révolution iranienne était une réaction populaire à l’occidentalisation forcée du pays.- Archives : Téhéran en 1966, Ayatollah KHOMEINY- Interview de Kaveh BAYATE, historien iranien à propos de la naissance du nationalisme religieux en Iran.- Archives : retour Ayatollah KHOMEINY à Téhéran- Interview de Mohamed CHARFI, ancien ministre tunisien de l’Education nationale et Marc FERRO, sur la révolution iranienne.- Gilles KEPEL évoque plusieurs évènements majeurs de l’année 1979 : la Révolution iranienne, la prise d’assaut de la Grande Mosquée de la Mecque par des djihadistes et l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan.- Archives : prise d’otages de la Grande Mosquée de la Mecque en 1979- Interview du capitaine Paul BARRIL qui a participé à l’opération pour mettre fin à la prise d’otages de la Grande Mosquée de La Mecque.- Interview d’Hatoun AL FASSI à propos des revendications des insurgés.- Interview de Michael BARRY à propos de l’Arabie Saoudite et de l’Iran- Archives : intervention soviétique en Afghanistan en 1979- Interview d’Hatoun AL FASSI à propos des djihadistes soutenus par l’Arabie Saoudite.

Source: http://ndpherault.hautetfort.com/