Francaisdefrance's Blog

12/08/2011

Ce bon gros ramadan…

Ce n’est pas moi qui le dit, cette fois. L’hypocrisie du ramadan est reconnue par les musulmans eux-même. On se prive le jour, mais une fois la rupture du jeûne arrivée…

FDF

Chat très très croyant et pratiquant…

Un ramadan de privation ou de surconsommation ?

Les repas de rupture du jeûne pendant le ramadan sont l’occasion de réunions familiales et de tables bien garnies.

La pratique de l’iftar qui rompt chaque jour le ramadan est souvent l’occasion de repas gargantuesques tranchant avec la modération consommatoire de ce mois sacré. Un décalage attribué par le théologien Ahmed Jaballah à la confusion entre « la recommandation islamique de se rassembler en famille » et « les excès liés aux habitudes culturelles. »

Le ramadan, mois de jeûne et quatrième pilier de l’islam, est-il encore celui de l’ascèse et de la privation ? Pas si sûr. Face aux excès de consommation des musulmans, encouragés à grand renfort de marketing par une grande distribution vorace, la question peut légitimement se poser. Et beaucoup se la pose. « Le ramadan est visiblement et statistiquement le mois de consommation par excellence. Ne voyez-vous pas là une dérive et un paradoxe ? » s’interroge une internaute sur le forum Yabiladi.com. De fait, le constat s’impose. Quand vient l’heure de l’iftar (rupture du jeûne), il n’est pas rare de voir des tables somptueuses, garnies de buffets succulents où la harira ou la chorba le disputent au tajine, à l’entrée et au banal plat de résistance, sans oublier bien sûr, la saveur exquise des qalb ou leuzz, makrout ou zlabia (pâtisseries arabes) arrosés d’un bon café. Ce type de banquet où cinq personnes mangent pour dix tranche assurément avec l’ambiance austère et spirituelle véhiculée par le jeûne sacré.

La méconnaissance du ramadan

C’est bien l’avis de Tahar Mahdi, théologien et juriste en droit musulman, enseignant à l’Institut international de la pensée islamique (IIIT) qui remarque une « perte totale des finalités voulues par le jeûne du fait qu’on a fait de ce mois béni une occasion d’implication matérielle, voire matérialiste. Ce qui favorise la surconsommation qui n’est autre chose que l’abandon de l’enseignement prophétique à ressentir la faim et la soif, pour devenir solidaire de tous les affamés du monde. » Une opinion partagée par Ahmed Jaballah, théologien musulman et directeur de l’Institut européen des sciences humaines (IESH), qui voit dans cette pratique consumériste l’effet d’une méprise. « Il y a certainement des excès constatés dans les pratiques alimentaires des musulmans pendant le ramadan. Plus exactement, il y a un mélange entre la recommandation islamique de se rassembler en famille et avec les amis pour rompre le jeûne, et les excès de la table liés aux habitudes culturelles. Ce mélange établit un décallage entre pratique extérieure et signification profonde du jeûne. » Un décallage qui participerait d’une méconnaissance ou d’un oubli des valeurs du ramadan. « Les abstentions du jeûne ne sont pas des finalités mais les moyens de réaliser des finalités. Parmi elles, atteindre le sens de la crainte de Dieu et cultiver sa propre volonté » explique Ahmed Jaballah, tandis que pour Tahar Mahdi, le ramadan est « une rupture du fidèle avec les seuls désirs de la vie d’ici-bas afin de prouver son rattachement à Dieu et montrer par là même que sa vie est un lieu de la manifestation du Divin.»

Le musulman, un consommateur comme les autres !

Ali Gérard Pillois, président de l’Association de défense du consommateur musulman (ADCM) créée il y a quinze ans et animée par une dizaine de membres actifs, est plus sceptique. S’il reconnaît certains abus qui correspondent à « une déformation moderne de nos habitudes alimentaires dans un pays laïc où tous les excès sont possibles », prouvant par là-même que «  les musulmans sont perméables et sont des consommateurs comme les autres », il nuance la portée du phénomène. « Je ne suis pas sûr que cette tendance soit omniprésente. D’ailleurs, l’estomac du fidèle se rétrécit progressivement à mesure que le jeûne se prolonge rendant impossible un processus de jeûne incontrôlable. » Pour lui, « tout dépend de ce que recherche le musulman dans le ramadan. Moins on nourrit le corps, plus on nourrit l’esprit. Et plus on nourrit le corps, plus on fatigue l’esprit. » Dès lors, comment permettre aux musulmans de mieux harmoniser leurs pratiques alimentaires avec les valeurs du ramadan ? « On ne peut que conseiller les autres de mieux se nourrir et diminuer leur absorption » poursuit Mr Pillois, alors que pour les savants musulmans, tout commence par l’éducation. « Les parents et l’ensemble des imams et des éducateurs doivent travailler sur la signification véritable du jeûne » convient le directeur de l’IESH. Mais aussi à la restauration d’un certain climat spirituel, propice au détachement des plaisirs de la table, ce que préconise Tahar Mahdi. « Il faut rester attaché aux principes spirituels de l’islam et réactiver l’aspect communautaire pour ressentir l’éclat lumineux de la spiritualité ramadanienne tout comme les premiers musulmans l’ont vécu » conseille le juriste musulman.

Source: http://fr.zaman.com.tr/fr/