Francaisdefrance's Blog

17/03/2012

L’irruption du Qatar dans le capital de Lagardère n’est pas un cas isolé…

Et pas un hasard, non plus… L’invasion par la finance a commencé depuis longtemps.

FDF

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Montage d’illustration….

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Quand les fonds émergents s’invitent dans le CAC 40
Au cours des derniers mois, de nombreux investisseurs moyen-orientaux et chinois ont profité du repli des fonds anglo-saxons pour acheter des actions de grands groupes français.
Le PSG, le sponsoring du Grand Prix de l’Arc de triomphe, l’hôtel Lambert sur l’île Saint-Louis, à Paris, et accessoirement la reprise du maroquinier Le Tanneur… Longtemps, les incursions du Qatar en France ont semblé se cantonner aux domaines du sport, de l’immobilier ou du luxe. Mais quelque chose a changé, fin 2011, lorsque le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) a franchi à la hausse le seuil des 10 % du capital de Lagardère, devenant au passage son premier actionnaire. L’événement n’a rien d’anecdotique. Il illustre au contraire un mouvement de fond, car le petit Etat gazier n’est pas le seul à s’intéresser aux entreprises françaises. Depuis quelques mois, le plus souvent de façon très discrète, d’autres investisseurs moyen-orientaux, mais aussi chinois, sont apparus au tour de table de grands groupes tricolores. Outre QIA – également présent au capital de Vinci via sa filiale Qatari Diar -, le fonds chinois Safe (State Administration of Foreign Exchange) a été l’un des premiers à passer à l’offensive : il est aujourd’hui actionnaire de Total et de GDF Suez. Plus récemment, le conglomérat chinois Fosun est devenu le premier actionnaire de Club Méditerranée, et, l’été dernier, le fonds CIC (China Investment Corp.) a réussi un coup de maître en prenant 30 % de la filiale d’exploration-production de GDF Suez…

Ce qu’on sait moins, c’est que, désormais, des sociétés de gestion d’actifs privés se positionnent aussi sur le marché. Ces acteurs-là ont pour vocation de faire fructifier l’épargne abondante de riches familles issues des pays émergents, et leurs placements financiers ne font que commencer en Europe. Signe des temps : une délégation de gérants de Bahreïn est venue à Paris l’automne dernier, dans le but clairement affiché d’identifier leurs futurs investissements boursiers. Un « road show » à l’envers, en quelque sorte. D’habitude, ce sont les sociétés qui font le déplacement pour vanter leurs mérites à leurs actionnaires potentiels. Cette fois, ce fut l’inverse : les riches visiteurs avaient souhaité rencontrer des représentants de Veolia, Safran, Alstom, Natixis, EADS, Bouygues, Arkema, Valeo, ou encore Bureau Veritas… Avec peut-être à la clef, de nouvelles prises de participation ?

Chez les acquéreurs potentiels, la discrétion est de mise. Elle s’explique assez facilement aux yeux de Bénédicte Hautefort, « partner » chez Euro RSCG, où elle est spécialiste des relations avec les investisseurs : « Le plus souvent, explique-t-elle, c’est parce qu’ils restent en deçà des seuils de 2,5 % ou de 5 %. » Ils ne sont donc pas obligés de déclarer leurs achats d’actions. « Mais, parfois, poursuit-elle, c’est parce qu’ils omettent de le faire… » Au risque d’être privés de vote… Ce qui est le cadet de leurs soucis, si l’on en croit Bénédicte Hautefort : « Ils ne voient pas là une sanction, dans la mesure où ce droit ne les intéresse pas. »

Mais, là aussi, les choses sont en train de changer : entré au tour de table de Vinci en avril 2010, à hauteur de 5,6 %, Qatari Diar n’a pas tardé à disposer d’un siège au conseil d’administration. Et chez Lagardère, il semble bien que QIA ait également l’intention de siéger à terme au « board » du groupe, ou d’une de ses filiales.

L’aubaine des turbulences boursières
Au sein des sociétés cotées, déjà ou potentiellement concernées, on affiche volontiers une bienveillance de principe à l’égard de ces nouveaux actionnaires. « Nos marchés sont planétaires, nous travaillons au Brésil et au Moyen-Orient. Si notre actionnariat épouse cette tendance, il n’y aurait rien là que de très logique », explique ainsi le porte-parole d’un groupe parapétrolier. Qui s’empresse de préciser que son capital reste principalement détenu par des fonds français, anglais et suisses !

Mieux vaut, en tout cas, se familiariser avec les noms de Jumeirah, Arcapita ou Changseng Global. Respectivement originaires des Emirats arabes unis, de Bahreïn et de Chine, ces trois fonds d’investissement privés ont tous procédé, ces derniers mois, à des acquisitions de titres en France.

La tempête financière de l’été 2011 leur en a fourni l’occasion : à la faveur des turbulences boursières, d’importants échanges d’actions ont eu lieu sur la place de Paris. Sommés de réduire la voilure sur le Vieux Continent, les grands fonds d’investissement américains ont significativement réduit leurs participations dans les sociétés européennes, en particulier françaises. Entre juin et septembre, dans les enquêtes régulièrement réalisées pour identifier les actionnaires, la part des investisseurs anglo-saxons est tombée de 25 % à 15 %. Ce sont le plus souvent des investisseurs moyen-orientaux et chinois qui les ont remplacés. Une véritable aubaine pour ces fonds, qui disposent d’importantes liquidités, et qui ont pu se positionner alors que de nombreux titres avaient dévissé.

Sélectivité et spécialisation
Si les circonstances ont pu servir les intérêts de ces nouveaux acteurs, d’autres facteurs expliquent leur irruption soudaine dans le paysage. S’agissant des investisseurs moyen-orientaux, certains avancent les incertitudes liées au printemps arabe. En ces temps troublés, les familles fortunées de la région auraient souhaité diversifier leurs placements, en privilégiant des zones a priori plus stables, comme la France. Côté chinois, la vitalité des investisseurs s’explique autrement : les autorités de Pékin les encouragent en effet à sortir de leurs frontières, par le biais d’incitations fiscales. Plus d’une centaine de financiers sont désormais autorisés à prendre des participations un peu partout sur la planète, au travers de fonds appelés QDII (pour « qualified domestic institutional investors »). Il y a moins d’un an, ils n’étaient que vingt-cinq.

Qu’ils viennent de Chine ou des émirats du Golfe, la caractéristique de ces fonds privés est leur extrême spécialisation. Ainsi, le chinois CCB Global Opportunities vise les grands acteurs européens de l’énergie et de l’agroalimentaire. Tandis que Masdar, piloté à partir des Emirats arabes unis, est focalisé sur les énergies renouvelables. De son côté, Arcapita concentre ses cibles industrielles sur l’énergie et le traitement des eaux.

Leur seconde spécificité réside dans leur sélectivité, notamment pour les fonds moyen-orientaux. Leurs participations se limitent aux secteurs qui, selon leur grille d’analyse, conservent encore un avenir à l’échelle de la planète. Comme le précise Frédéric Bonnevay, associé chez Anthera Private Assets, où il conseille ces investisseurs dans leurs allocations d’actifs, « il ne faudrait surtout pas croire qu’ils sont prêts à acheter n’importe quoi, à n’importe quel prix ».

Ils sont d’autant moins enclins à le faire qu’ils sont aussi parfaitement au courant de l’environnement macroéconomique dans lequel se débattent les entreprises. Il ne leur a pas échappé, par exemple, que la France a de moins en moins de moyens pour financer, ou entretenir ses équipements d’infrastructure. Lorsqu’ils interviennent dans ces domaines, les fonds des pays émergents répondent clairement à un besoin. Qui d’autre qu’eux est aujourd’hui en mesure de mobiliser des dizaines de milliards d’euros pour financer des projets de long terme ? Tout porte donc à croire que les prises de participation d’acteurs chinois et moyen-orientaux – et sans doute demain indiens ou brésiliens -vont se multiplier. « Ces changements d’actionnariat sont profonds et durables dans la zone euro », prévient Bénédicte Hautefort. Qui met en garde les entreprises : « Autant s’adapter très vite, car la nouvelle donne a fait naître des attentes qui imposent des comportements nouveaux à l’égard de ces investisseurs. »

Vu sur http://fortune.fdesouche.com/

Merci à DG…

11/10/2011

Le « foutage de gueule » du jour: DEXIA victime de la crise…

Pleurez, chers contribuables… La crise a encore fait une victime. Enfin, des victimes: nous…

FDF

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Il n’est pas possible actuellement d’ouvrir un journal sans lire de gros titres sur Dexia. C’est l’heure des mensonges. Un grand quotidien énonce : « Dexia, la première banque victime de la crise ». Ce n’est pas vrai, car cette banque est victime de l’incompétence de ses dirigeants et sans doute de beaucoup de compromissions. Malheureusement, de nombreuses banques souffrent du fait de la médiocrité de leurs dirigeants : voir tous ces établissements qui, avec une légèreté coupable, ont prêté à l’État grec et, ceci, depuis longtemps alors que les dangers étaient connus des bons analystes.


Un peu d’historique sur Dexia est nécessaire.


En 1987, il s’agissait d’une obscure petite division de la Caisse des Dépôts et Consignations, finançant les collectivités locales. Elle s’en émancipa pour devenir le crédit local de France, coté en Bourse et privatisé. En 1996, eût lieu un mariage avec le voisin belge du même métier, l’ union recevant un nouveau nom : DEXIA. L’objectif était de devenir un leader mondial dans le financement des collectivités locales. L’inconvénient de ce métier est la faiblesse des marges. Au lieu de chercher à améliorer le coeur du métier, les dirigeants partirent à l’aventure.


Ce fut, tout d’abord, la « transformation ». Ils empruntèrent à court terme pour pas très cher et prêtèrent à long terme pour plus cher ; une mécanique infernale était lancée. Comme cela faisait de l’argent, les mêmes mauvais banquiers se lancèrent dans une boulimie d’acquisition d’entreprises, d’activités, ou même de portefeuilles : Espagne, Italie, Japon, États-Unis étaient leurs terrains de chasse. Tout baignait, mais ce n’était qu’une apparence. En 2008, brusquement Dexia eût besoin de 260 milliards d’euros, la banque n’ayant que quatre jours de liquidités devant elle. Les États belges, français et luxembourgeois furent appelés au secours. Chemin faisant, l’action a perdu 94 % de sa valeur…

UN SAUVETAGE EN URGENCE

Nous en arrivons à la situation actuelle où le sauvetage est organisé en urgence. Sous réserve d’autres évolutions, car cela bouge tous les jours, il semble que l’on s’oriente vers la seule solution logique : vendre tout ce qui est vendable et cantonner le reste dans une « bad bank », ou banque pourrie, que le contribuable sera appelé à supporter, bien sûr sans que son avis lui soit demandé. Cela rappelle de tristes souvenirs des années 1990 : le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier, la compagnie d’assurances GAN, autres victimes de scandales d’Etat.


Les enseignements à tirer de cette triste histoire sont nombreux.


Il y eût certainement des multiples compromissions. Dans ce monde, où les uns et les autres se tiennent par la barbichette, les dirigeants principaux n’étaient certainement pas les seuls à fauter. Avant la découverte soudaine du scandale, il est évident que des signaux devaient exister : pourquoi le silence ?

Les Etats sont directement responsables. Parmi les actionnaires se trouvent non seulement les Etats français et belge, mais aussi de faux nez comme la Caisse des Dépôts et Consignations, instrument tout puissant de l’économie dirigée en France.

LES MILLIARDS DES CONTRIBUABLES

L’appui des Etats pour sauver les meubles a pris de multiples formes : garanties accordées aux déposants et aux créanciers, perspective d’accroissement des pourcentages dans le capital, garanties aux futurs emprunts éventuels lors de la remise en ordre. Personne ne peut, à ce jour, mesurer le nombre de milliards que les contribuables devront supporter en définitive et tout chiffre avancé peut être dépassé le lendemain.


Les mauvais banquiers qui siègeaient avec d’autres dans les conseils d’administration de Dexia ont été parfaitement enclins à pousser aux secours étatiques, dans l’espoir que ces Etats seraient prêts de même à venir au chevet de leur banque le cas échéant. Simultanément, ils ont été encouragés dans leurs mauvaises pratiques.

Dans l’historique nous constatons une boulimie d’acquisitions. Rien de plus dangereux que de se lancer dans une telle course folle : c’est se heurter inévitablement au manque de temps et de talents pour analyser les cibles et mener à bien leur bonne gestion ultérieure, ainsi que la cohérence de l’ensemble.


Pire encore, cette voracité s’est réalisée dans un grand nombre de pays ; il est périlleux de se présenter avec un grand appétit dans un pays étranger que l’on ne connaît pas. Les nationaux ne manquent pas de vous « refiler » des patates chaudes ou même des traquenards juridiques car eux seuls connaissent à fond la loi et les us et coutumes.

LA RUINE PAR LES COLLECTIVITÉS LOCALES

Le métier d’origine, à savoir le financement des collectivités locales, était considéré comme ne comportant pas de risque : à voire ! En effet, à l’époque, ces collectivités locales n’étaient pas tellement endettées et ce sont les lois de décentralisations qui les ont conduites à s’endetter davantage. L’erreur était funeste car ces collectivités se sont engagées dans des dépenses tout à fait insensées pour des besoins artificiels parfois même avec des emprunts toxiques ; des palais ont été bâtis sur endettement public ! La richesse nationale a gravement souffert de cet emballement.


La conclusion de cet ènième scandale d’Etat est que si les déposants ou les créanciers ont pu, éventuellement, être garantis, il n’y a nul espoir pour les actionnaires. La conséquence malheureuse est de décourager une nouvelle fois les gens de placer leur argent à la bourse en achetant des actions. C’est plutôt mélancolique car, dans la déroute actuelle des marchés, c’est justement le bon moment pour acheter, avec évidemment la plus grande prudence, les plus belles affaires qui sont littéralement sous évaluées.


Cette dernière conséquence est particulièrement grave car le développement de l’actionnariat est une vraie nécessité pour l’accroissement de la richesse nationale.

Michel de Poncins.


Source: Tocqueville Magazine