Francaisdefrance's Blog

03/06/2011

Le vote pour le FN de Marine Le Pen devient un vote « pour ».

Un excellent article du Nouvel Obs.

FDF

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Ces électeurs tentés par le Front national

En 2007, ils ont voté pour Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, ces électeurs de milieux populaires envisagent de voter FN.

Analyse du sociologue Alain Mergier, qui les a interrogés.

 

Marine Le Pen, c’est incontestable, fait preuve d’une grande habilité dans le repositionnement du discours du FN. Beaucoup a été dit sur le sujet. Mais l’analyse de l’offre politique risque d’escamoter ce qui relève de la demande.

L’événement est là, dans l’ampleur du phénomène « milieux populaires », dans ce qui est en train de surgir dans 30% de la population française. Certes, tous les électeurs des milieux populaires ne se tournent pas vers Marine Le Pen. Mais son potentiel électoral existe. Et il est probable que, d’ici à la présidentielle, cette logique se développe aussi dans les milieux intermédiaires au fur et à mesure que la dégradation sociale gagnera du terrain.

Ce que nous constatons contredit les explications habituelles du vote FN : ce n’est plus un vote ni de sanction, ni d’avertissement, ni de protestation, ni un vote par défaut. Le vote pour le FN de Marine Le Pen devient un vote « pour ». Je ne dis pas qu’il est de conviction ou d’adhésion. C’est un vote – pour l’heure, en tout cas, une intention de vote – « d’empathie de points de vue ».

La crise, c’est maintenant

L’accumulation des augmentations de prix durant les premiers mois de 2011 produit un effet désastreux. Prix alimentaires, contraventions, logement, gaz, carburants : l’impression qui domine est que l’Etat, les distributeurs, les grandes entreprises « grattent partout où ils peuvent gratter ».

Ces augmentations se traduisent de façon catégoriquement différente pour le haut des classes moyennes et pour les milieux populaires. Les premiers réduisent leur consommation. Les seconds, eux, ne peuvent plus boucler leur budget et se restreignent sur les fondamentaux de la vie quotidienne : chauffage, alimentation, santé, déplacements… Pour les premiers, le quotidien devient plus dur ; pour les seconds, il est entré en crise.

Les milieux populaires ne vivent plus sous la menace d’une crise, mais dans l’urgence de ces premiers dégâts. Cette détérioration de leur présent fait système avec le chômage. Peu leur importe qu’il augmente ou baisse de 0,5 ou de 1%.

Ces chiffres n’ont aucun impact sur eux car le chômage, à leurs yeux, n’est pas une donnée statistique ; il est à la fois une menace personnelle et le levier d’une transformation de l’emploi qui participe à la destruction du présent : temps partiel contraint, CDD, baisse des salaires, déclassement, exclusion des jeunes. Le présent se défait et il devient impossible de se projeter dans l’avenir.

La crise de la vie quotidienne s’articule avec une autre fragilisation qui, elle, a trait aux difficultés d’intégration des populations émigrées. La France, dont la dette est systématiquement évoquée par les personnes que nous avons rencontrées, n’a plus les moyens, affirment-ils, d’intégrer des flux d’émigrés qui s’intensifient, notamment suite aux révolutions des pays arabes. Les flux migratoires augmentent, tandis que diminuent les capacités économiques qui permettaient leur intégration.

Nos interlocuteurs, répétons-le, ont voté en 2007 pour le PS ou l’UMP, ce ne sont pas des électeurs historiques du FN : ils peuvent avoir un discours virulent contre les flux migratoires, sans tenir pour autant des propos xénophobes ou racistes.

Leur position est imperméable à la contre-argumentation fondée sur les valeurs de tolérance. Ils ont le sentiment que ce sont eux et eux seuls qui font les frais des échecs de l’intégration auxquels ils sont physiquement confrontés. La question du lieu de résidence est ici déterminante : « Ceux qui vivent là où je vis savent bien ce que c’est ; ceux qui vivent en centre-ville, eux, nous prennent pour des racistes. »

Cette crise du quotidien se traduit par un terme : l’insécurité. Mais pour les personnes interrogées, l’insécurité n’est pas que physique, elle englobe les différentes dimensions du délitement de la vie quotidienne : insécurité économique avec la crise des budgets familiaux ; insécurité de l’emploi ; insécurité physique et culturelle face aux échecs de l’intégration et à la montée en puissance de normes religieuses dans les pratiques relationnelles, vestimentaires, alimentaires. L’insécurité n’est pas une inquiétude parmi d’autres : elle désigne la nature même de la relation que les milieux populaires entretiennent avec la réalité.

La mondialisation sur le dos du peuple

Ce qui apparaît injuste aujourd’hui, ce sont moins les inégalités que les détournements du fonctionnement social. Les milieux populaires détestent les tricheurs. Il y a les profiteurs d’en bas, ceux qui travaillent au noir, détournent les prestations sociales et savent se débrouiller pour obtenir des aides, des logements.

Cette injustice « par le bas » s’articule à une injustice « par le haut ». L’inacceptable, pour les milieux populaires, ce n’est pas tant l’écart considérable qui les sépare de l’ »oligarchie financière » – grands patrons, actionnaires du CAC 40, traders… C’est que cet écart se creuse !

Appauvrissement des milieux populaires d’un côté, amélioration « historique » des résultats des entreprises du CAC 40, de l’autre. Entre ces deux mouvements, nos interlocuteurs établissent une relation de cause à effet : plus nous nous fragilisons, plus ils se renforcent. Certains y voient même un mécanisme délibéré.

Pour prendre la mesure de cette corrélation, ajoutons que c’est à travers cette oligarchie que la mondialisation impose sa loi aux nations et à la France en particulier. Autrement dit, cette oligarchie est le levier de la mondialisation dont la France est l’objet.

Par ailleurs, la répétition des scandales politico-affairistes a renforcé l’idée d’une intrication des politiques et des acteurs de la mondialisation financière, si bien que le pouvoir est partie prenante de cette injustice.

Conséquence, les milieux populaires perçoivent de plus en plus nettement que la mondialisation se fait sur leur dos. Pour contrecarrer ce processus, les électeurs rencontrés estiment ne pouvoir compter ni sur les politiques de gauche, trop tièdes face à la mondialisation, ni sur ceux de droite, dont on ne peut attendre qu’ils jouent contre leur camp.

Trancher le nœud gordien

Comment trouver une sortie, en urgence, à une situation devenue insupportable et si complexe qu’elle paraît impossible à démêler ? Pour répondre à cette question, l’attente politique des milieux populaires ne se formule pas dans le registre de l’action (ou du programme) mais dans celui de l’acte. Clarifions cette distinction.

Une déclaration de guerre est un acte qui ouvre la voie aux actions militaires. L’acte est fondateur d’une nouvelle réalité dont l’action, elle, est une mise en œuvre. L’acte tranche, il trace un seuil. La situation actuelle, rendue illisible pour les profanes par les discours d’expertises politiques et économiques, est comme le nœud gordien. S’il est trop complexe, trop enchevêtré pour être dénoué fil à fil, alors il faut le trancher.

Les électeurs voient en Marine Le Pen la seule responsable politique capable de trancher et ne sont nullement ébranlés lorsqu’on les questionne sur la teneur de son programme : peu importent les détails, rétorquent-ils, ce qui compte, c’est que nous sentions Marine Le Pen à même de passer à autre chose que tout ce qui a été essayé jusqu’ici. Persuadés que les électeurs ne veulent que du concret, les partis républicains et démocratiques perdent la main face au Front national sur ce qui est essentiel : le diagnostic de l’expérience vécue par les milieux populaires.

Cette étude s’appuie sur une série d’entretiens conduits avec Evelyne Brun, en février et mars 2011, auprès de personnes de milieux populaires ayant voté en 2007 pour Nicolas Sarkozy ou pour Ségolène Royal. Les résultats de ces entretiens sont mis en perspective avec 120 entretiens qualitatifs réalisés en 2008, 2009 et 2010 sur les attitudes des Français face à la crise.

Alain Mergier, directeur de l’institut Wei

Article publié dans Le Nouvel Observateur du 1er juin 2011.

vu sur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110531.OBS4282/ces-electeurs-tentes-par-le-front-national.html

20/10/2010

Accident de Villiers-le-Bel: le policier mis en examen… Ca calme les minorités ethniques…

Ou plutôt: on évite d’autres exactions issues des minorités ethniques. Mais on ne va pas arrêter de nous faire ch… avec ce genre d’histoire. C’est bien dans ce genre de cas que l’on peut tristement constater que la stigmatisation fonctionne encore bien dans notre pays déjà fort « maghrébisé »…

Accident Villiers-le-Bel: un policier mis en examen pour homicide involontaire

Avec les photos qui « vont bien », et tout, et tout… C’est dommage pour les mômes. Un gosse qui meurt, quelque-soit ses origines et les circonstances dans lesquelles c’est arrivé, c’est jamais bien marrant.

Mais le problème est que le scénario est toujours le même. Du moment que c’est un Policier qui est mis en cause, c’est monté en mayonnaise et tous les prétextes sont bons pour attiser la haine; pas que celle des forces de l’ordre, mais la haine du « blanc », de la « face de craie », comme ils disent. Chacun peut le constater, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et l’on s’étonne que parfois, il y ait des « dérapages » lors de contrôles d’identité… On ne peut se laisser bafouer de la sorte; surtout quand on est la cible habituelle de la racaille et que l’on est censé représenter l’ordre… Mais on n’est jamais à l’abri d’un « débordement »… Triste d’en arriver là; sur NOTRE territoire, de surcroît.

FDF

Un policier a été mis en examen lundi pour homicide involontaire dans l’enquête sur la mort de deux jeunes tués en 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) dans une collision entre leur moto et une voiture de police, a appris mercredi l’AFP de source proche du dossier.Cette décision a été prise par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles qui avait ordonné début avril un supplément d’information après avoir infirmé l’ordonnance de non-lieu en faveur des policiers rendue par un juge d’instruction de Pontoise. Le 25 novembre 2007, la mort des deux adolescents, Mushin et Lakamy, dans cette collision avait provoqué deux jours de violences urbaines entre jeunes et forces de l’ordre.Le policier mis en examen est celui qui conduisait la voiture au moment de l’accident. Ses trois collègues qui se trouvaient avec lui dans le véhicule restent placés sous le statut de témoin, a précisé la source proche du dossier.« C’est une nouvelle apaisante et une bonne nouvelle pour les familles. La justice va enfin pouvoir commencer à travailler », ont déclaré à l’AFP les avocats des familles des victimes, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman.

Source: http://tinyurl.com/2cmqtbj