Francaisdefrance's Blog

31/05/2011

Des nouvelles du bled: Oran (Algérie). On se croirait en France…

ORAN, UNE CITE INFRÉQUENTABLE


ORAN, UNE CITE INFRÉQUENTABLE

Les souvenirs m’assaillent en lisant, dans El Watan du 29 mai 2011, l’article de Mahroug Houari, décrivant, dans une longue succession de détails sordides et repoussants, la ville où je suis née et dont le nom persiste doux à mon oreille.

Cet Oran où, malgré une guerre sans nom, il faisait, encore, bon vivre… dans notre souvenir.

Dans notre souvenir, seulement. Celui que nous imposons à notre mémoire devenue  sélective. Parce que, en lisant sa condamnation sans appel d’Oran et des oranais d’aujourd’hui, ce journaliste exilé depuis l’âge de 18 ans, me renvoie à Oran de ma jeunesse d’où je suis partie, au même âge.

Cette ville où, le moindre coin sombre approché, prenait l’aspect d’un coupe-gorge dans la peur de voir surgir un arabe embusqué.

Celle où, dans le pâté de maisons devenu notre univers, nous étions consignés par crainte de rencontrer, une rue plus loin, l’arabe qui nous enlèverait, nous agresserait ou nous tuerait.

Celle, encore, où, dans le simple « trajet-travail »,  on affrontait un danger de mort permanent, selon qu’on devait approcher de M’dina Jdida ou des quartiers périphériques.

Ces craintes, ces angoisses des oranais d’aujourd’hui, soyons honnêtes, nous les avons vécues pendant des années. Seule, l’inconscience de notre jeune âge nous autorisait à rejeter obstinément la crainte de nous voir agressés ou même tués, non pas pour un portable mais parce que nous étions « blancs, français, roumis ».

Combien d’entre nous ont laissé leur vie en allant à l’école, au travail ou au marché ? Ils sont des milliers. Des milliers d’honnêtes gens innocents qui se sont, un jour, trouvé sur la  route de ces assassins.

Dans ce sens, Oran comme les autres villes d’Algérie de l’époque française, nous les avons connues, pareillement, infréquentables.

Et Oran, particulièrement. Oran dont les rues garderont, à jamais, l’empreinte du sang des milliers de victimes européennes assassinées par les mêmes qui, aujourd’hui, terrorisent sa population.

Contrairement à ce journaliste oranais, d’origine algérienne, né avec l’indépendance, cela fait cinquante ans que nous gardons, au fond de notre mémoire, la violence qui habitait ces oranais algériens. Et cela fait 50 ans que nous voyons (en photo) le pays tout entier se délabrer et les algériens s’entretuer.

La seule différence est que les bandes de délinquants ont remplacé les groupes d’activistes indépendantistes et que toute la ville a été envahie par la crasse et la vermine alors que, seuls les quartiers essentiellement arabes, l’étaient, à notre époque. Mais les us et coutumes des arabes oranais n’ont pas changé, eux. A quelques exceptions près, il faut le dire.

Comme tout exilé, comme nous aussi, il a dû entretenir dans son souvenir, les années qui virent son départ d’Oran, quand, encore, la saleté de ses rues n’avait pas atteint son paroxysme. Quand, encore jeune, il pouvait affronter les « loubards » de sa génération qui auraient menacé sa vie. Trente cinq ans plus tard, revenant sur les pas de son enfance, il est surpris de voir que ses congénères n’ont aucunement changé, sans éducation,  sans aucuns scrupules à voler ou à tuer pour un maigre butin.

Ne sait-il pas que, chez nous, en France, transportés par la grâce des regroupements, ils tuent pour un regard mal interprété, pour une cigarette refusée ?

Il n’y a rien de nouveau, pour nous, dans le regard qu’il porte à sa ville et ses habitants.

Mais cela ne nous empêche pas – et à lui et à nous – de regretter la splendeur passée de la ville d’Oran lorsqu’elle était, encore,  en  Algérie française.

Source: http://echodupays.kazeo.com/

8 commentaires »

  1. Même constatation et mêmes souvenirs pour moi qui suis né à Bône aujourd’hui , Annaba, hélas

    Commentaire par drouin — 31/05/2011 @ 14:23 | Réponse

  2. je suis d’oran, je me promène quotidiennement dans ma ville et je vous assure qu’il fait toujours bon de vivre, les problèmes que rencontrent la jeunesse algérienne sait surtout le travail. il y a une petite déliquence comme partout dans le monde.

    une pensée pour les pieds noirs et surtout d’oran.

    laissons-nous le passé derrière nous.

    sans rancune.

    Commentaire par bouaoula fatima — 02/06/2011 @ 16:47 | Réponse

    • Fatima j’aimerais tellment te croire! il faut qu’on se rende à l’évidence pour esperer changer quelque chose, notre pays est si beau mais on l’a enlaidit on l’a rendu si moche, cette terre pleure et nous le fera payer ,on ne la mérite meme pas!

      Commentaire par samir — 03/06/2011 @ 09:45 | Réponse

  3. j’ai lu accidentellement cet article sur le journal, un vieux numero qui trainait au salon, il m’a beaucoup attristé, j’ai ressentis la tristesse profonde de l’auteur, je voudrais presque m’excuser de ne rien fait pour que la ville et le pays qui l’ont vu naître soient plus beaux, plus propre, plus joyeux et surtout plus fréquentables. Je ne suis pas d’oran et je n y suis meme jamais allé , mais toutes les villes ne sont pas accueillantes, tu es agressé du regard, par la parole, tu te sent agrésses par le comportement des gens dans la rue.On dis tous que c’est la faute à l’etat,à ce système qui nous gouverne qui jette tout sous le tapis et qui que tout va bien juste pour se maintenir et continuer à saigner ce pays de ses richesse et surtout des meilleurs de ses enfants, je ne sais pas qui a dit  » chaque peuple a le gouvernement qu’il mérite » … Il a raison et je me la ferme!!

    Commentaire par samir — 03/06/2011 @ 09:37 | Réponse

    • n’oublie pas que les 95 pour cent des algériens avant 1962 étaient analphabètes, venaient du monde rural et vivaient comme au moyen âge.

      après le départ des pieds noirs, ils sont venus habités dans les grandes villes, avec leurs mentalités, leurs façons de vivre et de penser.

      il y a aussi le poids des traditions.

      Commentaire par bouaoula fatima — 03/06/2011 @ 13:21 | Réponse

  4. Je suis stupéfait et navré qu’un quotidien comme El Watan se laisse aller à accepter de publier ce genre de papier.
    Habitant Alger, je me rends régulièrement, chaque semaine, à Oran pour mon travail. Aussi, j’ai possibilité de mieux apprécier l’évolution de cette belle ville que celui qui a commis cet écrit infâme. A part quelques faits que l’on peut constater partout en Algérie, dans les villes du Tiers-monde et même ailleurs, le reste n’est qu’un tissu de mensonges, d’exagérations et d’affabulations.
    La première semaine de Ramadan, je l’ai passée sur la côte oranaise. Chaque soir, je me rendais en famille à Oran (30 Kms). Nous nous baladions tard la nuit parfois jusqu’à 2H du matin. Des milliers de familles d’Oran et des villes et villages environnants écrasés par la chaleur s’y rendaient pour lécher les vitrines des magasins, notamment à Choupot devenu un grand quartier commerçant ou se promener surtout au Boulevard Front de Mer pour jouir de la relative fraîcheur marine. Je n’ai jamais entendu parler d’agression, de meurtre ou de vol. Je conclus que ce récit apocalyptique a été rédigé par un esprit malfaisant et revanchard qui n’aime pas l’Algérie et qui veut lui faire du mal. Il ne lui restait qu’à lancer un appel au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour former une coalition armée chargée de libérer Oran de ses prédateurs.

    Commentaire par Mohamed Bisker — 26/08/2011 @ 19:06 | Réponse

    • C une réalité pourquoi être stupéfier et navré

      Commentaire par granada lahambra — 15/03/2014 @ 11:28 | Réponse

  5. Honte pour le maladroit auteur de cette description malveillante de la ville d’Oran ! je me met à votre disposition afin d’éclairer d’une manière plus rationnelle vos lecteurs sur la véritable situation de la ville « ciblée » Salutations

    Commentaire par Kamel — 12/02/2013 @ 13:59 | Réponse


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