Francaisdefrance's Blog

30/01/2011

Notre France à nouveau patriote en 2012?

Ouf! J’en connais qui vont commencer à trembler et faire dans leur froc. Mais cela risque de les faire pratiquer la diabolisation du Front National à outrance. Je vous cite les noms? 2012, c’est demain… La France pourrait bien revivre sous la couronne du patriotisme; si seulement… Allez, Marine; on compte sur toi.

FDF

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A l’issue d’un scrutin interne et d’une campagne de plusieurs mois, Marine Le Pen a été proclamée présidente du FN dimanche 16 janvier, le fille du fondateur du parti ayant recueilli 67,65 % des voix des adhérents contre 32,35 % à Bruno Gollnisch, dont les partisans ont également obtenu 42 % des sièges au nouveau comité central. Celui-ci, qui a décliné le poste de premier vice-président que lui proposait sa rivale victorieuse , a reconnu la « légitimité » de Marine Le Pen a représenter le FN à la présidentielle. Nous publions ci-dessous le portrait que Christine Clerc avait brossé de Marine Le Pen dans « Valeurs actuelles » du 9 décembre, sous le titre « Marine ou la revanche de Le Pen ».

Ses deux longues mains attrapent un sandwich club, puis deux, aussitôt engouffrés, tandis que son paquet de cigarettes américaines se vide. On dirait Chirac jeune en campagne. Sauf que le bock est un verre de champagne et que le candidat au sourire carnassier porte chemisier de mousseline et talons aiguilles.

Ce samedi-là, Marine Le Pen est en Lorraine. Avant la réunion de militants à l’Holiday Inn de la Technopole de Metz, elle reçoit dans une chambre les élus régionaux et leur femme, qui veulent se faire photographier avec la nouvelle star. On lui apporte le dernier numéro de Rivarol (une feuille intégriste) qui épingle « ses compromissions avec le lobby juif, ses caresses dans le sens du poil des invertis qui sont nombreux dans son entourage, son accord avec l’évolution sociétale adoptée par la maçonnerie […] ». Ces attaques à répétition la hérissent, tout autant que les avances du député UMP Christian Vanneste, qui voudrait « nous faire l’aumône de s’asseoir à notre table ». Si cela continue, ses adversaires à droite la compareront à Frédéric Mitterrand, qu’elle a épinglé si rudement ! Eux voudraient faire du FN un « parti confessionnel ». Tandis qu’elle est « pour la laïcité »… ce qui ne l’empêchera pas, dans quelques jours, à la télévision, d’arborer une petite croix en or. Mais pourquoi ne pas tirer parti de cette bagarre interne ? « Il est bon que la rupture se fasse avec cette extrême droite que Le Pen a toujours traînée comme un boulet. » Oui : bon pour son image, qu’elle s’emploie à “recentrer” par petites touches. Alors, rions de tout cela ! Et allons-y !

La voici dans l’escalier. Du hall de l’hôtel monte un bourdonnement continu. La salle, prévue pour 200 militants qui devront choisir, en janvier, entre Bruno Gollnisch et elle, le successeur de Jean-Marie Le Pen à la présidence du FN, déborde déjà dans les salons, jusqu’à l’esplanade de gazon où veillent les agents de sécurité en costume sombre. Évitant la foule, Marine emprunte le couloir de service. Elle se concentre. Dès que retentit la musique de Vangelis du film 1492 : Christophe Colomb, elle surgit sur scène, bras levé, telle la Marseillaise de Rude. Le public lui fait un triomphe, tandis qu’un élu régional conte ses démêlés avec le maire socialiste de Metz à propos de la construction d’une grande mosquée.

De sa voix un peu rauque de fumeuse, la candidate attaque : « Il y a déjà trois ans et demi, Nicolas Sarkozy était élu. Ah, que la campagne était belle ! Le drapeau tricolore claquait à nos oreilles ! Je n’ai jamais, pour ma part, été dupe : si son discours paraissait proche de celui du Front national, c’est qu’il avait peur de nous ! »

Une rafale d’applaudissements salue ce début. Sans s’interrompre, elle enchaîne : La mondialisation heureuse ? « Elle l’a été pour les banques, les multinationales, les grands patrons. Pour les autres, elle a tourné au drame.» L’euro ? « Il devait nous apporter la prospérité : les prix ont augmenté de 40 % ! » Elle empoigne le pupitre, se penche vers son public subjugué : « Tout a disparu, mes chers amis ! À commencer par notre liberté de peuple français ! » C’est grave. Pourtant, l’oratrice détend l’atmosphère, avec la gouaille de son père : « Si on jette une grenouille dans l’eau bouillante, elle saute ! Mais si on la met dans l’eau froide ? Quand ça commence à chauffer, elle trouve ça agréable… jusqu’au moment où ça bout ! Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec notre souveraineté nationale ! » Bruxelles a tout laissé passer, et d’abord « ceux qui vont faire concurrence à nos enfants ». Le tribun ouvre les bras : « Car quel est l’objectif de l’immigration, dans un pays qui compte déjà 5 millions de chômeurs ? C’est la concurrence des salaires à bas coût ! »

La salle ondule de contentement. Depuis combien de temps n’a-t-elle vu un tel phénomène ? 2004 : Nicolas Sarkozy transporte la droite en raillant le « modèle social français ». 2006 : Ségolène Royal transporte la gauche en citant l’Évangile. 2010 : Marine enchante un parterre de droite et de gauche en parlant « préservation de notre identité ». Son succès tient, évidemment, aux vieilles recettes apprises de Jean-Marie Le Pen : dénoncer « l’immigrationnisme » et les folles dépenses des « eurocrates », prendre la défense des « sans-grade » contre les puissants. Les communiqués du père et de la fille se relaient sur le thème « comment Nicolas Sarkozy met de l’huile sur le feu pour pouvoir ensuite jouer les pompiers devant les caméras ». Mais la percée de Marine tient aussi à sa maîtrise de soi.

« Elle a quelque chose, plaisante son père, de Jeannette Vermeersch [la femme du communiste Maurice Thorez] : une grande femme blonde, proche du peuple, qui disait “plus qu’on touille la soupe, et plus qu’elle est bonne…” » Ces temps-ci, dans la grande maison de Saint-Cloud assoupie sous un soleil automnal qui fait luire les statues de Jeanne d’Arc sur les radiateurs, “le patriarche” se laisse enfin aller à confier à ses visiteurs une réelle admiration pour celle de ses filles qui lui « ressemble le plus » : « Elle possède les qualités nécessaires et suffisantes pour être chef de parti. A-t-elle celles d’un candidat présidentiel ? Je le crois. Au début, elle ne voulait pas affronter les médias. Je lui ai dit : “Tu apprendras plus en une heure d’une émission difficile qu’en dix heures de coaching.” »

C’était le 5 mai 2002, au soir de la victoire de Jacques Chirac, après la vague lepéniste qui avait emporté le candidat socialiste et affolé la France. Marine, alors directrice du service juridique du FN après des débuts comme avocate, se disait « tétanisée par le trac ». Elle fut la révélation de la soirée. Quelques jours plus tard, entourée d’une nuée de caméras, elle partait en campagne pour les législatives dans la 13e circonscription du Nord-Pas-de-Calais : « des journalistes du monde entier sont venus rencontrer “la fille du monstre”, écrit-elle (À contre-flots, Grancher, 2006) et ils ont trouvé une jeune femme normale. » Ou plutôt, dirait son père, une figure « emblématique » : « Jeune mère de trois enfants, divorcée, elle connaît les problèmes des familles monoparentales. Alors, les gens se projettent : ils savent qu’elle “sait”. Et puis, ajoute-t-il, tout sucre, elle possède cet ingrédient mystérieux qu’on appelle le charisme… » Le vieux chef n’a pas toujours parlé ainsi. Il y a peu d’années encore, non content de scandaliser sa fille et de stopper son envol en lâchant encore une phrase dévastatrice – sur l’Occupation allemande « pas particulièrement inhumaine » –, il ripostait, quand on évoquait sa succession : «On peut mourir avant son père ! »

Rude école pour une fille qui connut, à 8 ans, un attentat faisant exploser l’appartement familial parisien et, à 16 ans, au lendemain du premier succès électoral du FN (aux européennes de 1984), le départ soudain de sa mère… qu’elle n’allait pas revoir durant quinze années. D’autres auraient “craqué”. Marine en est sortie aguerrie. Et sans ressentiment apparent contre celui qu’elle appelle “Jean-Marie Le Pen”. Impossible de lui arracher la moindre critique : les provocations de l’ancien para sont pour elle une forme de « courage et de fidélité », témoignant d’un « attachement viscéral à la liberté ». C’est un homme « généreux », rien à voir avec l’image qu’on en donne, et si tant d’amis l’ont trahi, c’est « par intérêt et par peur ». Elle, Marine, ne trahira pas. Il lui suffit de laisser voir sa “différence”, et pas seulement sur des sujets comme l’avortement, qui mettent en fureur Gollnisch et ses amis.

Si elle pratique, comme le fondateur du FN, l’art de la transgression, par exemple à propos du “tout-halal” (« Sous prétexte que ça se vend, on pourrait tout accepter ? Et pourquoi pas des magasins de petites filles pour vieux messieurs riches ? »), la fille Le Pen ne manque jamais d’attaquer, en même temps que l’islamisme, la mondialisation financière. On croit entendre alors le tribun de la gauche populaire, Jean-Luc Mélenchon. Ne se réfère-t-elle pas, comme lui, à la “République”, et même à la Révolution « d’où est sortie la méritocratie » ? Mais sa cible favorite, c’est toujours « Nicolas Sarkozy, qui s’est vautré dans le pouvoir ».

Il faut cependant, à la fin d’un discours de cinquante-cinq minutes sans notes, reprendre de la hauteur. «Le vote auquel je vous appelle est un vote culturel ! Il ne s’agit plus de savoir si on va travailler jusqu’à 60 ou 62 ans. C’est notre civilisation qui est en jeu ! »

Dans la salle, une fille en minijupe en pleure dans les bras de sa mère. En sortant, deux jeunes gens à la mode des beaux quartiers – jean de bonne coupe et veste sombre sur une chemise blanche –, tous deux UMP venus en curieux, s’avouent séduits. Une solide “auxiliaire de vie” s’en va répétant avec son fort accent lorrain « Faut réagir ! Elle a raison ! Où est-ce qu’on va ? Vers l’appauvrissement de tout ! » Un cadre commercial d’origine africaine vend des pin’s du FN. Une commerçante blonde effeuille des carnets d’adhésions – « 3 carnets de 10 tickets à 30 euros en une heure ! ». Un pharmacien, la cinquantaine élégante, confie : « J’ai connu, au FN depuis vingt ans, des moments très difficiles : dès que Le Pen grimpait, il cassait tout par une petite phrase ! Mais avec Marine, les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Algérie sont loin. Elle saura rassembler. »

Comme si, soudain, les digues avaient cédé. Des gens de la droite “républicaine” osent s’afficher à une réunion FN. Des militants de gauche, comme ce jeune ouvrier cégétiste qui a quitté Olivier Besancenot quand celui-ci a pris sur sa liste une femme voilée, assurent n’être pas seuls, à l’usine, à vouloir voter Marine… Des lepénistes, enfin, disent tout haut qu’en vérité le tombeur de Lionel Jospin « ne voulait pas l’emporter car il n’était pas prêt à gouverner » !

Pendant ce temps, Marine, debout derrière le bar, signe ses photos et ses livres. Il est 22 heures. Mais elle veut encore procéder à une petite cérémonie. Le chef du service d’ordre, le DPS (Département protection et sécurité), fait ranger ses sept hommes. La candidate s’avance. « Je voulais vous remercier, dit-elle avec solennité. Si nous avons encore notre intégrité physique, c’est grâce à votre calme. » La députée européenne et conseillère municipale d’Hénin- Beaumont évoque le souvenir d’une agression, dans sa permanence. Puis, elle épingle au revers de chacun des “DPS” un badge. Du grand art : les types sont émus comme s’ils entendaient « Soldats, songez que, du haut de ces pyramides…»

Là-bas, dans son palais, le président de la République, qui appelle la fille Le Pen « fifille », a du souci à se faire. Dans la simulation présidentielle effectuée par l’Ifop pour la Lettre de l’opinion, Marine ne se hisse-t-elle pas, avec 14 % d’intentions de vote, en troisième position derrière Martine Aubry et lui ? À l’arrière de l’Espace qui nous ramène à Paris tard dans la nuit, elle évoque leur duel. « Je m’attends à tout ! Tout lui sera bon pour m’abattre. Il a déjà commencé, d’ailleurs : non content de me piquer mes idées, l’Élysée a fait courir la rumeur que je pourrais accepter un poste dans un prochain gouvernement UMP ! Elle allume une cigarette : J’ai beaucoup de recul, vous savez. Je ne me fais pas d’illusions. »

À 42 ans, elle en a déjà tant vu ! Cette fois, pourtant, Le Pen devrait tout faire – y compris se faire discret – pour que sa fille lui apporte la revanche tant attendue. Ne la voit-il pas déjà au second tour de la présidentielle ? « Les choses changent : s’il n’est pas assuré de gagner, Nicolas Sarkozy ne se représentera pas… » DSK sans doute pas non plus, et d’ailleurs, sa candidature ouvrirait un espace du côté “populiste”. Restent “la dame des 35 heures” et “la dame du Poitou” : «Face à une personnalité neuve, il n’est pas du tout sûr que les électeurs de droite choisissent la candidate de gauche… » Marine, assure Le Pen, se prépare à gouverner : « Elle a un staff discret, parfois même secret : des préfets, des cadres, des élus… À l’approche de la victoire, les compétences ne lui manqueront pas ! »

En attendant, Marine se répète chaque soir ce précepte paternel : « Si tu veux faire de la politique, tu dois être prête à manger chaque matin un bol de crapauds vivants. »

Source: http://www.valeursactuelles.com/actualités/politique/marine-pen-prend-barre-fn20110117.html

Un commentaire »

  1. 2012 :c’est demain !!!

    Commentaire par henri — 18/01/2011 @ 16:26 | Réponse


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