Francaisdefrance's Blog

04/12/2010

Le misérabilisme gagne la France…

La démagogie rend toujours les pauvres encore plus pauvres…

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Sur les photos, le président bolivien Evo Morales paraît souvent un parfait crétin. Réélu triomphalement en décembre 2009, pour la plus grande satisfaction du quotidien « L’Humanité », il se trouve à la jonction de plusieurs courants hélas convergents en Amérique latine.

Avec les communistes, tout devient possible sur le papier. Tirant ainsi d’une vieille bibliothèque familiale un livre oublié, signé de Renaud de Jouvenel, et consacré à l’Albanie communiste (1) je lis cette perle : « depuis que l’Albanie a chaussé les bottes de sept lieues du socialisme »… C’était écrit en 1958, donc plus de 10 ans après l’événement fondateur et miraculeux… Et en 1992 quand les premiers documents libres ont pu sortir du pays on a pu voir le degré de misère auquel avaient conduit les fameuses « bottes de sept lieues du socialisme ».

La Bolivie semble actuellement bien décidée à prendre le même chemin.

Elle le fait, décision démagogique après décision démagogique.

Alors qu’en Europe la tendance générale déplace vers le haut l’âge de la retraite, ici de 60 à 62 ans, ailleurs de 65 à 67, selon des définitions différentes, le gouvernement de La Paz se propose de le ramener, au contraire, de le ramener de 65 à 58 ans.

« La réforme prévoit la nationalisation des retraites, la fermeture de caisses privées (l’Espagnol BBVA et le Suisse Zurich) qui géraient la retraite de 1,3 million de Boliviens, et l’abaissement de la retraite de 65 à 58 ans », semblait applaudir « Libération » le 26 novembre.

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Immédiatement, « l’Huma » mettait en ligne une grand photo du camarade Morales, puisqu’il s’agit bien entendu, de « changer le monde ». Le commentaire va évidemment dans le même sens : « C’est la nouvelle politique pour redistribuer aux travailleurs, en vue d’une baisse de la pauvreté et d’une plus grande égalité, a plaidé Evo Morales en présentant la réforme. » Argument suprême pour les communistes : « Elle effraie les milieux d’affaires… » Voila donc qui suffit à assurer le journal de la pertinence de la mesure.

Depuis le départ, Evo Morales se situe dans le sillage d’Ugo Chavez et de sa prétendue « révolution bolivarienne », simple relais de l’agitation castriste et des diverses tentatives d’insurrections armées. Disposant d’une confortable rente pétrolière, le Venezuela, un des pays dirigeants de l’OPEP, pose à la puissance régionale. Il dispose de quelques satellites, dont l’Équateur, divers partis en Amérique centrale et, depuis la victoire de Morales, de la Bolivie.

Dans ce pays, par ailleurs, le gouvernement actuel joue à la fois sur la corde de « l’indianisme », très prisé des intellectuels germanopratins et sur le registre du misérabilisme. Il est supposé représenter les provinces montagnardes pauvres et rencontre d’ailleurs, bien évidemment, le séparatisme toujours injuste des riches.

Enfin une particularité locale fait de ce pays l’un des plus instables du sous-continent. Plus de 100 coups d’État en un siècle d’indépendance.

Il hérite aussi d’une vieille tradition, celle du « Mouvement nationaliste révolutionnaire » fondé en 1941 par Victor Paz Estenssero. Dans ma jeunesse nous trouvions cette tentative, considérée comme de centre gauche, fort sympathique. Elle était saluée en particulier par le grand spécialiste dans lequel nous puisions au cours des années 1960, à Paris, notre faux savoir sur l’Amérique latine : Marcel Niedergang, collaborateur de l’inévitable et sentencieux quotidien « Le Monde » (2). Entré en 1952 au service étranger de cette institution, ce journaliste, décédé en 2002, aura intoxiqué des générations de lecteurs. Grosso modo le discours récurrent consiste à soutenir que tous les problèmes de l’Amérique du sud sont occasionnés au fond par son homologue du nord. Cette thèse demeure centralement répandue chez les plupart des intellectuels, journalistes, diplomates et cinéastes parisiens. On la rencontre parfois même en Province.

Bref ce qui paraissait sympathique dans ce programme se proposait, en effet, au-delà du marxisme et des méchants financiers internationaux, d’utiliser les richesses minières pour le bien du peuple. J’avoue humblement moi-même avoir succombé trop longtemps à cette séduction.

Car, nous pouvons l’observer en France même avec les quelques secteurs privilégiés bien connu, les plateformes de ce genre réussissent certes à créer quelques zones d’illusions, d’ailleurs très éphémères. Mais, globalement tout cela en réalité n’aboutit jamais qu’à une seule conséquence : rendre, après une petite phase très artificielle d’euphorie, les pauvres encore plus pauvres. De ce point de vue, certes, on peut revenir au constat de base : avec les communistes tout redevient toujours, amèrement, possible.

La prospérité générale d’un peuple ne peut évoluer au bout du compte qu’en fonction directe de la productivité et de la compétitivité du pays, dans la création de bien et de services. Cette loi d’airain de l’économie déplaît en général aux tenants des utopies socialistes.

De toute évidence ramener à 58 ans l’âge de la retraite amènera les Boliviens à produire moins donc à consommer moins. Certains esthètes saluent aujourd’hui cette tendance du nom de décroissance.

En termes économiques, cela s’appelle la paupérisation.

JG Malliarakis
2petitlogo

Apostilles http://www.insolent.fr

2 commentaires »

  1. ça sent la peste brune… il est fini, le temps des colonies!

    Commentaire par Txakal — 04/12/2010 @ 20:21 | Réponse

  2. On verra bien ! On arrive a être dans la panade avec d’autres systèmes. On peut très bien imaginer que le communisme (qui n’a mené jusqu’ici qu’a l’appauvrissement du peuple, à la censure terroriste de la pensée dans tous les pays où il a existé) puisse aujourd’hui mener à quelque chose de positif. Sait-on jamais ?

    Commentaire par Nicolas — 05/12/2010 @ 08:26 | Réponse


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