Francaisdefrance's Blog

03/10/2010

La police entre au lycée: ça ne fait pas l’unanimité…

03 09 2010

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Le premier policier référent a été installé dans un lycée du Val-de-Marne. Une cinquantaine devrait suivre. Enseignants, parents, policiers s’y opposent.

Lundi 20 septembre, le premier policier dit « référent » a pris ses fonctions dans le lycée de La mare carrée à Moissy-Cramayel ( Seine-et-Marne ). Il s’agit d’un policier armé et en uniforme qui sera présent quatre heures par semaine pour régler les problèmes de violence.

Malgré le renfort médiatique et le dispositif policier mobilisés, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur et Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, l’ont présenté sous la huée et les sifflets des professeurs et des élèves. Le lycée de La mare carrée fait partie du plan contre la violence mis en place après les états généraux de la sécurité à l’école en avril 2008.

D’après ce plan, les collèges et lycées qui accueilleront prochainement les policiers référents ont été choisis en fonction de leur exposition aux phénomènes d’intrusion et de violence aux abords de l’établissement.

Ce dispositif est censé se faire sur la base du volontariat des proviseurs. Or ceux qui refusent doivent le signaler en adressant un courrier au recteur d’académie. Un « volontariat suggéré » qui passe mal auprès des syndicats de chefs d’établissement.

Liste secrête

Selon les textes officiels, le rôle du policier référent est de « contribuer à l’élaboration du diagnostic de sécurité, de transmettre les signalements relatifs aux faits de violence, de mettre en place des séances d’informations sur la violence, le racket… ». Le plan gouver­nemental en prévoit 53, répartis dans onze acadé­mies ( Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne, Bou­ches-du-Rhône… ) mais la liste complète des établissements n’a pas été communiquée en détail par le ministère de l’Édu­cation nationale de peur de « stigmatiser ces établissements ».

La stigmatisation, c’est justement ce que redoutent les professeurs et les parents d’élèves. Guy David est représentant FCPE du lycée François Arago à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Le proviseur lui a an­noncé quelques jours après la rentrée que l’établissement accueillerait dans les prochains jours un de ces policiers :

« Ce n’est pas la bonne solution, conteste-t-il. Arago n’a pas de problèmes particuliers de violence. On met des policiers alors qu’il manque des professeurs, des surveillants et l’assistante sociale n’est là qu’une demi-journée par semaine. »

Paradoxalement, il ne semble pas que des policiers référents soient prévus dans certains lycées ayant connu des vrais problèmes de violence et d’intrusion. Ce qui laisse planer un doute sur la valeur des critères de sélection des 53 lycées, et sur l’efficacité réelle de cette mesure.

Pascal Bolloré, proviseur du lycée Frédéric Mistral, à Frênes (Val-de -Marne), représentant départemental du syndicat des proviseurs (SNPDEN), s’étonne : « Les critères qui déterminent la sensibilité des lycées sont flous. Le même geste peut être considéré comme une simple incivilité dans un lycée sensible et comme un acte de violence dans un lycée plus calme. Tout cela est très relatif. »

Mascarade

Du côté des syndicats de police, on n’est pas plus emballé. Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France police qualifie l’installation des policiers référents de « mascarade ». Selon lui, « la police nationale est débordée, en manque d’effectifs ». Il constate que les moyens déployés pour cette mesure vont manquer pour « les vraies affaires ».

Ces dernières années, les établissements scolaires ont connu une succession de plans et de mesures visant à lutter contre la violence : vidéosurveillance, porti­ques de sécurité… Pour Sandrine Garcia, sociologue, il y a également une dérive possible sur le plan pénal : « Le policier devra justifier sa présence et risque de transformer en délits certains actes qui se réglaient auparavant à l’amiable ».

Enfin, la dernière question que pose cette mesure, c’est Sylvie Pinsard, la policière installée à la Mare carrée qui la soulève : « Je n’ai pas eu de formation spé­cifique, je suis policière » ( L’Express, 20/09/2010 ).

Source: http://tinyurl.com/39nxnjk

Un commentaire »

  1. Je me dema,de pourquoi les gens sont opposés a la présence policière dans les établissements scolaires,c’est quand même un gage de sécurité supplémentaire ?non?

    Commentaire par marco — 05/10/2010 @ 16:54 | Réponse


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