Francaisdefrance's Blog

28/09/2010

Ces pays où la tolérance n’existe pas… L’Algérie, par exemple.

Ce qui nous attend…

Depuis plusieurs années, procès, persécutions et discriminations en tout genre se multiplient contre les chrétiens en Algérie, où l’islam est religion d’Etat.

Le 21 septembre dernier, le procureur du tribunal d’Aïn-el-Hammam, bourgade de Kabylie, située à 150 à l’est d’Alger a requis trois ans de prison ferme à l’encontre d’Hocine Hocini, 44 ans, et de Salem Fellak, 34 ans, deux ouvriers coupables d’avoir rompu d’un casse-croûte le jeûne du ramadan. Le 12 août, sur un chantier, ils s’étaient accordé une pause déjeuner. Arrêtés par la police « en flagrant délit de consommation de denrées alimentaires », ils étaient immédiatement inculpés pour « atteinte et offense aux préceptes de l’islam ». Durant le procès, à Hocine Hocini qui rappelait qu’il n’était pas musulman, mais chrétien, le procureur aurait conseillé de « quitter ce pays, qui est une terre d’islam ». Le verdict sera rendu le 5 octobre.

Toujours, en Kabylie, à Larbâa-Nath-Irathen, quatre autres chrétiens, animateurs d’une église pentecôtiste, devaient comparaître dimanche pour « pratique d’un culte non musulman sans autorisation ». Le procès est reporté au 10 octobre. Le 8 novembre, ce sont huit hommes qui seront jugés par le tribunal d’Akbou pour « atteinte et offense aux préceptes de l’islam ». Durant le mois du ramadan, ils avaient été interpellés dans un fast-food fermé d’Oueellaguen, à une soixantaine de kilomètres de Béjaïa. A Tizi Ozou, ce sont des travaux derrière le mur d’enceinte de l’église protestante qui ont indisposé le préfet. S’appuyant sur « un défaut de permis de construire », il a demandé l’arrêt du chantier.

« Une escalade de l’intolérance »

Dénonçant une « nouvelle escalade de l’intolérance religieuse » qui survient dans « un climat politique délétère », le collectif SOS Libertés, qui, créé au printemps 2008 lors d’une précédente campagne antichrétienne, regroupe des artistes et des intellectuels algériens, assure de « sa solidarité » les « victimes de l’arbitraire ». Et d’exiger « le seul verdict juridiquement et moralement acceptable : la relaxe de tous les inculpés poursuivis pour délit de conscience ».

Si l’article un de la Constitution algérienne de 1963 précise que « l’Algérie est une démocratique et populaire », son article quatre stipule : « l’islam est la religion de l’Etat », tout en précisant : « La République garantit à chacun le respect de ses opinions et de ses croyances, et le libre exercice des cultes. » En 1976, une nouvelle Constitution garantit « la liberté de conscience et d’opinion ». Mais rien de vraiment précis sur la liberté de culte, ni dans la troisième Constitution du 23 février 1989.

En revanche, l’ordonnance du 15 février 2006, signée du président Abdelaziz Bouteflika, fixe « les conditions d’exercice des cultes autres que musulman ». Elle prévoit : « Une peine de deux à cinq ans de prison ferme et une amende de 50 à 100 millions de centimes (en dinars) sont réservées à quiconque incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion… ou fabrique, entrepose ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman. »

Alors les procès vont se multiplier. Dès 2006, une vingtaine d’étudiants africains, qui participent à une rencontre biblique à Tizi Ouzou sont expulsés, de même qu’en novembre 2007, de jeunes Brésiliens, pourtant invités par l’archevêque d’Alger, Mgr Henri Tessier. Le mois suivant, un directeur d’école et un instituteur, Algériens, sont radiés de l’éducation nationale pour « prosélytisme ». Le 27 janvier 2008, trois protestants sont accusés d’avoir « proféré des injures contre la religion et la personne du prophète ». Trois jours plus tard, un prêtre catholique d’Oran est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir prié, le lendemain de Noël, avec un groupe d’immigrés camerounais catholiques. Le 26 mars, l’ancien président de l’Eglise protestante, Hugh Johnson, 74 ans, en Algérie depuis 1963, est expulsé…

Président de l’Eglise protestante d’Algérie, qui assure compter 30.000 fidèles, essentiellement en Kabylie, le pasteur Mustapha Krim, a lancé la semaine dernière un appel solennel aux plus « hautes autorités de l’Etat » afin que soit mis « un terme à ces dérives ».


En 2009, 34 prêtres, séminaristes, religieux ou religieuses ont été assassinés dans le monde, parce que chrétiens. Sans aller jusqu’à la mort, dans bien des pays musulmans le sort des chrétiens n’est guère enviable : statut de dhimmi, autrement dit inférieur bien que la traduction du mot signifie « hôte protégé », interdiction d’entrer dans l’administration, de posséder une Bible, de se convertir, de construire une église, d’assister à un office religieux, conversions par la force… L’année 2010 aura été marquée par une recrudescence des persécutions…

Le 6 janvier, en Egypte, six coptes sont assassinés. Entre le 12 et le 20, en Irak, trois commerçants de Mossoul tombent devant chez eux, sous des balles « inconnues ». En mars, le Maroc expulse plusieurs dizaines d’étrangers accusés de prosélytisme chrétiens. Seize d’entre eux travaillaient dans un orphelinat. En Malaisie, les chrétiens n’ont plus le droit d’utiliser le nom « Allah » pour désigner Dieu dans leurs publications, une coutume pourtant vieille de plusieurs siècles. Au Pakistan, trois hommes sont condamnés à la prison pour blasphème, un autre est brûlé vif devant un commissariat, sans que les policiers n’interviennent…

En 2006, dans une interview au quotidien italien La Stampa, Mgr Velasio De Paolis, à l’époque secrétaire du tribunal suprême de la Signature apostololique au Vatican, affirmait : « Le problème principal est que l’islam est fermé au point de ne pas admettre la réciprocité… En terre d’islam, dès que l’Eglise se présente dans son authenticité, elle est accusée de prosélytisme. » Il ajoutait : « Cela fait plus d’un demi-siècle que l’Occident a des relations avec les pays arabes, et n’a jamais été capable d’obtenir la moindre concession sur les droits humains. »

3 commentaires »

  1. Mais l’intolérance d’immigrés algérien en France…là ,elle existe.Même le président Boutéflika n’a plus confiance dans son propre pays,puisqu’il est venu se faire soigner où? en France ,dans cette « sale » France.

    Commentaire par marée — 28/09/2010 @ 20:18 | Réponse

  2. Le problème n’est pas la religion. C’est en fait un autre problème : L’islam peut être une religion de paix mais ils la souillent de leur bêtise. Il faut savoir que l’Algérie fut un temps Chrétienne. Une séparation brutale entre le Concile de Rome et les Chrétiens d’Algérie avait eu pour objet les massacres perpétrés par des Donatistes extrémistes (mouvence chrétienne) qui pronaient le Martyre comme seule loi valable… Cela devrait vous rappeler quelque-chose.

    Commentaire par Nicolas — 29/09/2010 @ 09:40 | Réponse

  3. A l’origine, l’islam est une religion de paix et de fraternité.Seulement, au cours des siècles, les textes ont été modifiés pour se radicaliser. Il appartient à chaque musulman de se situer par rapport à cette évolution.La force de cette religion est sa capacité à rassembler; elle peut par solidarité rallier à ses themes extremistes les plus modérés d’entre eux.La vigilance s’impose.

    Commentaire par AMEN — 29/09/2010 @ 23:58 | Réponse


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