Francaisdefrance's Blog

22/08/2010

Discriminations à l’école: le retour de bâton…

22 Août 2010

Un rapport sur les préjugés envers différentes catégories (homosexuels, handicapés, noirs, arabes) au sein de l’Education nationale vient d’être achevé. Jean-Paul Brighelli a pu se le procurer, comme un journaliste du Monde d’ailleurs. Il analyse en quoi le constat désenchanté des auteurs a un lien direct avec l’idéologie communautariste diffusée ces dernières années.

Le 17 août dernier, le Monde révélait la teneur d’un rapport encore confidentiel de la DGESCO sur les « discriminations » dans le milieu scolaire. En résumé, tout va mal, les discriminations s’accroissent, le racisme se banalise, les handicapés sont de moins en moins intégrés dans l’école, les filles méprisées, les homosexuels honnis, vilipendés, battus, parfois. Et les diverses « communautés » (le lecteur sait déjà combien ce terme m’indispose, en ce qu’il suppose réalisée la fragmentation de la République dont rêvent tant de gens si bien intentionnés) passent volontiers leur temps à s’entre-déchirer. L’Ecole ou le laboratoire de la désintégration à la française.

Savoir comment ce constat accablant est arrivé sur la table de Benoît Floc’h n’est pas anecdotique. De bonne source, le rapport originel était fort balancé, mesuré, tout à fait digne des personnalités somme toute respectueuses des usages qui l’avaient concocté (1). Il n’est pas indifférent que le cabinet grenellien lui-même ait choisi de durcir les conclusions, de muscler l’expression, bref, de rajouter une couche alarmiste sur ce qui était à l’origine un exercice d’équilibriste entre ce qui se passe de pire et ce qui ne va pas tout à fait mal. De là à penser qu’un conseiller ministériel a lui-même choisi de poser le rapport, qui ne devait être rendu public qu’en septembre, après les premiers feux de la rentrée, sur la table du journaliste, en lui suggérant d’insister sur les faits inquiétants signalés çà et là…

Après tout, je me le suis bien procuré moi-même, par une filière tout aussi officieusement officielle…
En tout cas, il faudra bien répondre à cette question : quel intérêt avait le ministère à passer outre les nuances pour donner au rapport de la DGESCO un arrière-goût de vitriol ? Pourquoi caricaturer une situation déjà alarmante ? Peut-être le ministre a-t-il déjà des réponses toute faites, pour paraître agir sans engager plus de moyens, sans réviser des décisions (réforme du lycée ou formation des maîtres) qui ne satisfont que les béni-oui-oui, et sans envisager des mesures (une refonte complète du second cycle, par exemple, avec remise en cause du « collège unique ») qui chagrineraient des idéologues rousseauistes persuadés que l’enfant est bon, surtout si on le met au centre du système…


L’égalité des chances, un slogan devenu vide…

Que dit donc ce rapport ?
Après avoir rappelé la loi (article 225-1 du Code pénal), la commission définit les types de discriminations — directe, indirecte ou « systémique » — dont la combinaison produit un climat délétère, caractérisé par un ensemble de « micro-violences » produisant un effet de harcèlement qui a « un effet dévastateur sur le climat des établissements et le bien-être des élèves et des personnels ».

Nombre d’organisations auditionnées ont lié ce phénomène à la promesse non tenue d’« égalité des chances » — et déjà il faut remarquer que personne, en ce moment, parmi ceux qui se gargarisent avec ces trois mots délicats, ne se soucie vraiment de les définir. Il en est aujourd’hui de l’égalité des chances comme du droit aux soins, confondu avec un « droit à la santé » que même à Lourdes on ne nous promet pas. L’égalité des chances, c’est la mise en place des conditions pédagogiques pour que chaque élève aille au plus haut de son potentiel — ça ne signifie pas que chacun réussira de manière identique : c’est même cette volonté égalitariste qui a tout doucement tué l’égalité.

La photographie que propose le rapport est d’autant plus floue que, comme les auteurs le reconnaissent eux-mêmes, les victimes de discriminations se taisent souvent, et que des établissements en apparence tranquilles sont parfois, en sous-sol, le théâtre de violences verbales ou physiques, visant particulièrement les homosexuels. Autre facteur d’incertitude, l’accusation de « racisme » n’est souvent que la réaction épidermique, instantanée, à une mauvaise note, mais empoisonne durablement l’ambiance. La mesure même des discriminations pose problème. La médiatrice n’a recensé que 41 saisines à motif discrimination, pour près de 7000 au total en 2009. Une goutte d’eau — ou la partie émergée d’un iceberg…


Suite et source: http://tinyurl.com/36o3xbn

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