Francaisdefrance's Blog

27/07/2010

« Qui gardera les gardiens »? (Juvenal, poète latin)…

JG Malliarakis nous livre ici une flambante analyse des derniers évènement qui ont fait frémir le peuple de France…

FDF

.

27 juillet 2010

Hortefeux à balles réelles.

100727

Comment ne pas partager ici l’indignation du chef de l’État  devant la revendication par ses lâches ravisseurs de l’assassinat de Michel Germaneau ?

Radios, télévisions et gros journaux persistent à parler, au mépris de la langue française, d’une « exécution ». N’entrons pas non plus dans le questionnement sur la preuve matérielle de ces faits : ceux qu’ils flétrissent s’en glorifient comme pour montrer leur propre sauvagerie.

Retenons quand même les propos présidentiels : « Ce crime commis contre Michel Germaneau, nous assure-t-on, ne restera pas impuni. » (1)

On aimerait pouvoir prendre ce pronostic, ferme comme un discours de Daladier en 1939, pour argent comptant.

Car, pour le moment les menaces les plus graves semblent plutôt venir des islamo-terroristes qui plastronnent un peu trop impunément et menacent les Français. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux souligne lui-même :

« que la menace terroriste en France est réelle et que le plan Vigipirate reste au rouge ». (2)


Les très graves événements survenus en Isère et en Loir-et-Cher entre le 16 et le 18 juillet constituaient déjà un hors-d’œuvre.  La conscience nationale de ces scandaleux débordements de violence n’aboutira peut-être pas à un véritable et salutaire sursaut, qui de lui-même ne viendra vraisemblablement jamais.

En revanche on peut, et on doit, lier l’action de la pègre islamo-grenobloise à l’islamo-terrorisme, dans la stricte mesure où la bande qui a pris l’initiative l’a fait dans un contexte très précis, rapporté par Le Monde, et que nous soulignons :

« C’est après une prière au mort récitée dans la soirée par un imam, écoutée en silence par une cinquantaine de jeunes rassemblés dans un parc du quartier de la Villeneuve, d’où était originaire le braqueur tué, que la situation a dégénéré. » (3)

Cessons donc de prendre une bande islamiste de 50 personnes, manifestement liée au grand banditisme, pour l’expression d’un « quartier populaire » ou d’une « tradition italo-grenobloise ».

Ce dernier concept fut joyeusement enfourché lors de l’émission « C dans l’air » le 20 juillet.
L’on y insista lourdement sur l’origine transalpine des malfrats d’hier  (racisme antifasciste sans doute)  sans qu’aucun des intervenants,  dûment sermonnés selon toute apparence, ne parvienne à déceler la provenance de leurs successeurs. Des Norvégiens éventuellement.  Ou des Serbes. Cet écœurant débat faussement sociologique était dirigé ce soir-là par M. Thierry Guerrier. (4)

De telles distorsions médiatiques légitiment le crime.  Elles préparent dialectiquement l’impunité des criminels, trop souvent assurée par les petits hommes gris  de la machine judiciaire syndiquée.

Même l’utilisation impropre du mot « délinquance »,  au lieu de « criminalité » mérite d’être débusquée et combattue. Une pareille litote vient juridiquement et sémantiquement à contresens. L’homme abattu le 16 juillet à Grenoble appartenait à la clientèle des cours d’assises, qui jugent les crimes qui l’avaient déjà condamné à trois reprises, et non à celle des tribunaux correctionnels.

L’évolution des événements  constitue le fait nouveau.  Plus rapide qu’à l’accoutumée, elle incitera l’opinion à interpeller de plus en plus,  les pouvoirs publics sur les questions de sécurité.
Les élus locaux le savent parfaitement.  N’en déplaise,  peut-être,  aux politiciens nationaux issus des appareils centraux et familiers de la langue de bois.  Si le pouvoir parisien a décidé de nommer, à Grenoble comme il l’avait fait à Bagnolet,  un préfet issu de la police nationale,  peut-être commence-t-il à anticiper l’effet électoral prévisible de sa propre perte de crédibilité.

Rappelons,  pour ceux qui auraient manqué, ou perdu de vue,  un épisode que l’actuel président de la république a été élu en 2007 grâce au déport,  dès le premier tour, des voix sécuritaires.
Celles-ci se portaient, depuis un quart de siècle, sur un candidat protestataire.  Plus l’action du pouvoir se gauchise et se révèle décevante,  plus les intentions de vote migrent, et migreront,  vers une candidate dont mes lecteurs devineront le patronyme sans difficulté.

Et puis le temps presse. Comme le souligne à juste titre un de nos correspondants, « il ne s’agit plus ici de délinquance, mais d’actes d’avant-guerre civile. »

Les déclarations du ministre Hortefeux,  sur le mode indigné : « il faut que cela cesse »,  seraient venues, en d’autres temps,  comme un baume au cœur des populations inquiètes et exaspérées – si on les jugeait crédibles.
Depuis des mois,  on l’entend tenir ce discours « avec un joli mouvement du menton ».
Maurice Barrès employait cette formule  à propos de ces « républicains de gouvernement » que l’on appelait, à la fin du XIXe siècle,  les « opportunistes ».  Aujourd’hui la confiance tend vers zéro  car le mensonge d’État selon lequel la sécurité progresserait  ne prend plus.

Rappelons donc,  sans chercher à l’accabler la logique sur laquelle le ministre en place,  compagnon du président depuis peut-être 40 ans  (on ne dit plus, au sein de l’appareil, « un ami de 30 ans »)  a bâti sa propre image de marque. Ses propos ont beaucoup fait réagir la gauche.  « N’en déplaise aux esprits de salon, déclarait-il en 2009, la première des préventions reste la certitude de la sanction. » (5).  Comment la droite pourrait-elle ne pas applaudir ? On pense à Charles Quint.  On pense à Richelieu.

Sanction,  oui,  mais quelle sanction ?  Pour commencer,  parlons des prisons :  les magistrats savent parfaitement qu’ils ne disposent,  juridiction par juridiction, que d’un nombre très limité de places pour incarcérer,  fût-ce préventivement, les délinquants.  Ce 27 juillet au matin  on apprenait, par la voix de Mme Alliot-Marie, que la Ve république  va commencer par détruire 23 prisons jugées vétustes,  supprimer 9 000 places et, peut-être en 2017, envisager d’en créer 14 000.  On arriverait au chiffre enviable de 68 000. Bonne arithmétique.    Hélas, elle s’échelonnera sur 10 ans. Les voyous de 17 ans seront devenus des braqueurs récidivistes de 27,  héros de leurs cités car ils ne seront jamais passés durablement par une case où,  faute de mieux,  on ne commet d’attaque à main armée  que sur ses co-détenus.

En 2009,  on estimait très officiellement à 5 000 personnes,  dont une moitié de mineurs, les effectifs globaux des quelque 200 bandes.  Rappelons que celles-ci terrorisent 60 millions d’habitants de l’Hexagone,  immigrés compris. À titre de comparaison,  soulignons que l’ensemble des gens qui menacent la France, et tous les Occidentaux, dans le Sahel,  représente « 450 à 500 hommes ». (6)

Au lendemain de la communication de cette évaluation du nombre des racailles,  avait-on programmé la construction rapide de 2 500 places nouvelles  dans nos maisons d’arrêt et la création,  par exemple outre-mer  — la Guyane s’y prête parfaitement, de 2 500 opportunités de travaux rééducatifs,  ou quelque chose du même genre ? Non : on a donc implicitement assuré à la voyoucratie  qu’elle demeurerait impunie dans ses territoires.

Au moment des débats budgétaires de l’automne 2009,  couvert d’une jolie feuille à l’effigie de Marianne, un document de 125 pages intérieures  a été publié au titre de la « présentation de la programmation » justificatifs des crédits du Ministère de la place Bauveau.

Nous ne devons certes pas sombrer  dans la rhétorique systématique de la CGT et des syndicats d’enseignants,  qui ramènent  tout,  en toute circonstance, à la question des seuls moyens matériels. D’ailleurs toutes les administrations publiques en disposent largement, sauf celles qui assurent les tâches dites régaliennes de l’État, la police, la justice et l’armée.

On ne le répétera jamais assez :  c’est parce qu’il s’investit stérilement, et toujours négativement,  dans le social, dans l’assistanat,  dans la redistribution,  dans l’éducatif ou dans le culturel subventionnaire, qu’il se révèle incapable d’assumer ses vraies missions.

De la sorte,  nous en sommes venus à un point de paupérisation critique des forces de sécurité.
Un syndicaliste policier proche du pouvoir,  M. Comte,  pouvait laisser filtrer le 20 juillet un constat accablant que tous ses mandants  peuvent faire dans les commissariats : on ne sait pas comment la facture de carburant pourra être réglée en septembre prochain.  Il aurait pu ajouter que les véhicules dont il s’agit de remplir les réservoirs ne pourront peut-être plus rouler  car ils dépassent 200 000 kilomètres au compteur  et ne seront pas encore remplacés. Il aurait pu évoquer aussi les notes de téléphone, la peinture des locaux, etc.

Quand on en arrive à ce stade,  comment dissocier moyens matériels  et sentiment d’être soutenu par la nation, quand par ailleurs les médiats mettent à égalité les gendarmes et les voleurs,  et quand les magistrats relâchent les criminels pour 36 bonnes ou mauvaises raisons ?

Quant à notre gouvernement « d’ouverture » [à gauche],  soulignons que dans la loi de Finances de 2010 il n’avait aucunement prévu d’augmenter  mais de diminuer les effectifs de la police et de la gendarmerie. Certes,  il a promis de réduire la délinquance :  prévision technocratique de baisse 2 % en « zone Police »,  3 % en « proximité zone Police ». Effectifs prévus : moins 1 303 pour l’ensemble des personnels de gendarmerie, moins 1 390 pour la police nationale (144 790 hommes en 2010 contre 146 180 en 2009).  Le reste relève de la baliverne.

Les forces de la pègre et du terrorisme le savent.  De même que le groupe « Al Qaida au Maghreb Islamique » persiste,  après un crime dont il tire gloriole,  à menacer la France et les Français,  de même la pègre islamique de Grenoble  prétend-elle venger le braqueur abattu par la Brigade Anti Criminelle,  elle-même en situation de légitime défense.
Un SMS a fait le tour des rédactions le 25 juillet,  et l’information a fini par percer le 26 juillet.  Elle a été confirmée par le ministre lui-même, de passage dans la charmante cité [autrefois] capétienne de Dammarie-les-Lys. On parle de lance-roquettes.  On recherche des armes lourdes. Et on envisage tranquillement l’évacuation de la Brigade anticriminalité  hors du département de l’Isère.

Le philosophe antique posait la question : « qui gardera les gardiens » ?  M. Hortefeux se voit confronté, à balles réelles,  à une nouvelle version de l’interrogation : qui protégera désormais les protecteurs de la loi et de l’ordre ?

En Afghanistan comme en Afrique,  comme en France, le combat de l’ordre,de la civilisation et de la liberté ne se divisera probablement pas. Il s’agit de faire face à un seul et même adversaire.

Remporter une première victoire à domicile, en Europe,  réconforterait sans doute les électeurs déçus. Que nos élus s’en persuadent,  s’ils ne veulent pas se retrouver au chômage.

Source: JG Malliarakis
2petitlogo


Apostilles

  1. Intervention télévisée du 26 juillet.
  2. Le Monde en ligne le 26 juillet 2010 à 20 h 38
  3. cité dans notre chronique de L’Insolent du 17 juillet.
  4. sur « France 5 » le 20 juillet.
  5. cf. entretien : « Mon plan contre la délinquance » publié par Le Figaro le 9 février 2010.
  6. évaluation donnée par M. Morin ministre de la Défense d’après Le Monde en ligne le 26 juillet 2010 à 16 h 13.

Vous pouvez écouter l’enregistrement de cette chronique sur le site de Lumière 101

Un commentaire »

  1. très bel article.

    Commentaire par henri — 27/07/2010 @ 23:12 | Réponse


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :