Francaisdefrance's Blog

16/07/2010

Violences interreligieuses: On tue au nom de la foi au Nigéria, aussi…

Heureusement que le Nigéria (ne pas confondre avec le Niger) n’était pas invité à la mascarade du 14 juillet offerte par Sarkö Ier sous le signe de la repentance. Ca aurait encore fait jaser… Pourtant, « on » aurait pu les inviter; ils ont le « profil type: http://tinyurl.com/2vqgp4q

FDF

16 juillet 2010

Nigeria : résurgence des heurts macabres au nom de la foi.

« Les faits sont devenus têtus et coutumiers : le Nigeria, ce géant de l’Afrique avec sa Fédération de 36 Etats et ses 150 millions d’habitants, nous a habitués aux attaques récurrentes entre fidèles de l’islam et du christianisme, les deux principales religions au pays du célèbre Fela Anikulapo Kuti.

Mardi dernier, le nom de Dieu y a encore été un prétexte malheureux pour opposer mortellement des frères nigérians, qui continuent de refuser le dialogue entre eux. Des affrontements ont en effet eu lieu à Wukari, dans l’Etat de Taraba, dans l’est du pays, entre les partisans des deux confessions religieuses, faisant au moins huit morts et une dizaine de blessés.

Tout serait parti de la destruction, par de jeunes chrétiens, d’une mosquée en construction. Des activistes musulmans, en représailles, ont saccagé l’église d’à côté. Absurde ! pourrait-on dire, en empruntant la voix du reaggae-maker ivoirien Alpha Blondy, se demandant : « Comment peut-on tuer des enfants de Dieu au nom de Dieu ? ».

Les violences interethniques ou interreligieuses ont déjà fait des centaines de victimes au Nigeria cette année en cours. Celles intervenues à Taraba, Etat frontalier de celui du Plateau (Centre), dont la capitale est Jos, ne sont pas sans rappeler les affrontements intercommunautaires qui y ont été perpétrés en janvier et mars 2010, occasionnant l’extermination de 1 500 personnes, selon les décomptes des ONG.

Troublante et fâcheuse simultanéité, les événements de Wukari sont survenus le même jour que la clôture d’une session du Conseil interreligieux du Nigeria à Oweri dans l’est d’Ino au Sud du pays. Il faut signaler que les agressions ont toujours été condamnées par les autorités religieuses nigérianes qui, la plupart du temps, occultent la thèse de l’appartenance à une religion particulière, préférant plutôt parler de gangs organisés à la solde de forces politiques concurrentes.

Le sultan de Sokoto, la plus haute autorité musulmane du pays, Muhammad Saad Abubakar, à l’occasion de la rencontre d’Oweri, a aussi directement mis en cause les leaders religieux musulmans et chrétiens qui, selon lui, ont inculqué à leurs ouailles la conviction que la seule relation entre eux est celle de l’antagonisme et du conflit. L’archevêque catholique d’Abuja, John Olorunfemi Onaiyekan, trouve également dans les récentes violences des raisons autres que celles religieuses.

A l’en croire, ce sont probablement des gens qui ont d’autres intentions et qui exploitent le problème de la mosquée en construction à Wukari à des fins électoralistes qui sont à la base des troubles. Il est vrai que les élections (présidentielle et des gouverneurs des Etats fédéraux) sont prévues pour le premier semestre de 2011, et ceci pourrait bien expliquer cela.

Face à cette situation, les chefs religieux ne manquent pas l’opportunité de lancer régulièrement des appels à l’indéterminisme. Ainsi, le sultan a exhorté récemment les croyants des deux religions à œuvrer à l’harmonie et à la tolérance, au rejet des actes qui portent atteinte à la paix et à la bonne entente entre communautés.

Le président de l’association chrétienne du Nigeria, pour sa part, a invité les deux communautés à joindre leurs efforts dans le but de résoudre pacifiquement les divergences partout où elles surgissent. Yar’Adua, avant sa mort en mai dernier, avait fait ce qui était en son pouvoir pour résoudre les différends, mais avouons que ce n’est pas toujours facile.

Le Nigeria est peut-être victime de son gigantisme, mais ce n’est point une raison pour baisser les bras. Quelque chose doit être fait. Jonathan Goodluck, qui préside aux destinées du pays, se doit de déployer ses efforts sur le terrain pour sauver les meubles. Il est impérieux de résoudre pour de bon les problèmes de religions et de communautés au Nigeria. Ils n’ont que trop duré, et les populations ont là-bas et maintenant vraiment besoin de répit. »

Source: http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article1923


L’Etat de Taraba(rouge) sur la carte du Nigeria.

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