Francaisdefrance's Blog

01/03/2010

Repas halal- Bouvignies: Le maire défend la laïcité.

Bouvignies : le maire ne veut pas de menus sans porc à la cantine

A Bouvignies, une élève de maternelle se soit refuser des plats préparés sans porc à la cantine.

Ce sont les vacances d’hiver. La petite fille de 5 ans regarde la télévision. Sa maman remet une bûche dans la cheminée et vient s’asseoir devant une bonne tasse de café chaud. Cette dame qui ne comprend pas ce qui lui arrive.
Elle a déménagé à Marchiennes en août dernier, à Sec-Marais précisément, non loin de Bouvignies. « Sans demander de dérogation, nous avons inscrit ma fille à l’école de Bouvignies. » Un établissement scolaire qui convient bien à tout le monde : non loin de la maison et près des grands-parents. « Avant nous vivions à Sin-le-Noble en appartement. » Sin-le-Noble où le couple travaille toujours.
La petite fille fréquente la cantine deux à trois jours par semaine. Le papa est d’origine algérienne et, dans cette famille, pour des raisons culturelles, on a fait le choix de bannir le porc des repas. Comme certains restent abonnés au poisson ou aux oeufs le vendredi. « A Sin, il y avait des menus spéciaux à la cantine. Là, dès la rentrée, j’ai amené le repas de la petite quand il y avait du porc. » Tout en payant le ticket de cantine du jour.
« Au début,
on n’a pas fait d’histoires »
Même si cette maman a eu des difficultés pour obtenir les menus de la semaine, cette solution fonctionnait. « C’était une solution naturelle. Je savais que rien n’était prévu. On n’a pas fait d’histoires. » Et la gamine ramenait sa gamelle quand le midi il y avait du porc au menu. Tout a dérapé en janvier quand une dame de service aurait fait mine de refuser cette gamelle. « Je vais vous la prendre mais il faudrait voir ça avec le maire », aurait-elle dit.
La maman se remet en route mais le secrétariat de la mairie de Bouvignies l’aurait rappelé : « Notre four à micro-ondes ne fonctionne plus. » La solution de rapporter son plat ne marche plus. Le soir, la maman retrouve même la boîte de pâtes bolognaises dans le cartable de sa fille…
Pourquoi ne pas se tourner alors vers le traiteur qui fournit les quelque 80 repas à la cantine ? Un traiteur tout à fait capable de fournir un plat spécifique comme il le fait dans d’autres cantines. La secrétaire de mairie veut bien se charger de cette demande auprès du traiteur. Seulement voilà, elle rapporte les propos du maire qui refuse cette proposition (lire ci-contre). « J’ai téléphoné moi-même au traiteur qui attend juste un écrit du maire. ça ne coûtera rien de plus. » Mais non, « monsieur le maire ne veut pas ».
« Monsieur le Maire veut bien qu’on apporte notre viande »
Les parents de la petite fille ne savent plus vers qui se tourner. « Après la manifestation du 4 février (ndlr : une manifestation pour sauver une classe), mon compagnon a été voir le député, Jean-Jacques Candelier. On nous a appelés dans la foulée en nous expliquant que monsieur le maire voulait bien qu’on apporte notre viande. »
Bref, la solution de la gamelle du début… « Le maire ne nous a jamais reçus personnellement. Là, on a fait un courrier à la Halde (ndlr : haute autorité de lutte contre les discriminations). On va peut-être mettre la petite à la cantine sans ticket pour voir s’ils oseront la mettre dehors. »
C’est ce qu’aurait répondu une dame de service à l’oncle venu rechercher la fillette : « La meilleure des solutions, c’est de ne plus la mettre à la cantine. » Réponse des parents : « Si ça continue on va changer d’école. »
Dommage quand l’école de Bouvignies a besoin d’élèves pour sauver une classe.
Le député réagit:
Le député Jean-Jacques Candelier a envoyé un courrier daté du 15 février au maire de Bouvignies lui expliquant qu’il est possible de mettre en place un système de repas alternatifs.
Le maire défend sa position:
Jacques Delrue, la maire de Bouvignies, ne voit pas où est le problème. Selon lui, la solution est limpide : « Le jour où il y a du porc, la maman fournit la viande. » « C’est une école laïque et il n’y a donc pas de différence à avoir. On ne change un menu à la cantine que devant un problème médical. Mais en aucun cas pour des convenances personnelles ou des croyances. » La position du premier magistrat est celle d’un laïcard convaincu. « C’est une cantine qui dépend d’une école publique, c’est donc le même repas pour tous. Point à la ligne. » Hors de question également de faire un menu particulier le Vendredi Saint. « Ce serait la porte ouverte à tous les débordements. Je fais quoi avec un enfant végétarien ? Et même si le traiteur est d’accord, pour moi c’est le début de la ségrégation de faire des menus à part pour certains enfants. »
La solution trouvée est-elle bonne ? « Je lui fais déjà une fleur en acceptant un plat qui vient de l’extérieur dans mes frigos. Il y a des risques sanitaires. Et puis, il y a du porc à la cantine au maximum une fois par semaine. Je ne veux pas rentrer dans une autre solution qui consisterait à faire un menu différent pour un élève. La gestion d’une cantine est déjà assez compliquée. » Peut-être que le courrier du député Candelier que Jacques Delrue vient de recevoir va le faire changer d’avis. Jean-Jacques Candelier n’hésite pas à écrire : « Si ce sujet ne rentre pas dans le cadre de nos compétences directes, nous désirons, vous indiquer qu’il est possible, sans aucun frais, de mettre en place un système de repas alternatif pour certains élèves. »
Source: lobservateurdudouaisis.fr

Un commentaire »

  1. Je suis entièrement d’accord avec le maire. La loi de 1905, en son article 2 prévoit que : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.[…] » Cela signifie que dans les cantines scolaires, il n’y a pas lieu d’aménager les menus pour des raisons autres que médicales. Les religions n’étant pas reconnues, pourquoi servir un menu particulier le vendredi dit saint, ou ne pas servir de porc. D’ailleurs, le porc ne représente aucun danger pour la santé. Des milliards d’humains ont mangé,mangent et mangeront du porc sans que leur santé en soit altérée.

    Aménager des repas particuliers pour certains élèves revient à créer des droits particuliers dans une République où les citoyens sont égaux devant la loi et qui a aboli les privilèges (lois privées) il y a longtemps. Certains revendiquent le droit à la différence et ce droit se transforme rapidement en différence des droits, c’est-à-dire l’éclatement de la République.

    Quant à traiter le maire de laïcard alors qu’apparemment, il ne fait que respecter la loi, c’est avouer, de la part de l’auteur de l’article, un parti-pris contre la laïcité tout à fait contraire à la déontologie du journaliste.

    Commentaire par Ovtcharenko — 07/03/2010 @ 15:28 | Réponse


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