Francaisdefrance's Blog

03/01/2010

Interdire les minarets : contraire à la liberté religieuse ?

02 janvier 2010

L’Homme nouveau revient sur l’interdiction des minarets :

« Le référendum suisse sur l’interdiction des minarets vient nous rappeler que des dizaines de projets de construction de mosquées fleurissent actuellement sur le territoire français à l’instar de la grande mosquée de Strasbourg qui ouvrira ses portes aux fidèles à l’automne 2010. Alors même que dans la banlieue de cette ville existe déjà la plus grande mosquée (turque) d’Alsace, Eyyub Sultan, installée dans une ancienne usine, mais qui annonce vouloir s’agrandir et construire une coupole et deux minarets. D’autres grands projets sont prévus un peu partout : à Bordeaux, à Grenoble, à Saint-Étienne, en Seine-Saint- Denis… et, bien sûr, à Marseille où la future mosquée sera l’une des plus grandes de France avec une salle de prière de 2 500 m2 et un budget de 22 millions d’euros…

De son côté, le ministre de l’Intérieur (et des Cultes), Brice Hortefeux, a précisé qu’il existait en France 2 368 lieux de prière musulmans recensés, allant de la simple salle de prière à la mosquée. Parmi ces lieux de culte, on trouve 64 mosquées ayant des minarets élevés. D’où cette question d’actualité : interdire les minarets ou la burqa, qui ne sont pas à strictement parler des obligations de l’islam en tant que telles mais seulement des signes visibles de cette religion, est-ce un acte contraire à la liberté religieuse ? On pourrait théoriquement le penser, comme l’ont au reste laissé entendre les évêques suisses. Sans revenir sur tous les aspects de cette question politico-religieuse, c’est méconnaître, nous semblet-il, la distinction élémentaire qui existe pratiquement entre la morale (personnelle) et la (morale) politique. La raison du bien commun confère au principe moral (lui-même limité) du droit à la liberté religieuse une autre extension et comme une autre dimension sans en changer analogiquement le sens profond. Que l’on soit pour ou contre sa formulation actuelle, c’est d’ailleurs ce que reconnaît en substance la déclaration Dignitatis humanæ de Vatican II : que nul (adulte) ne soit contraint ni empêché en matière religieuse dans de justes limites relatives à l’ordre public et finalement au bien commun. Il en va de l’islam comme de l’immigration qui l’accompagne et l’importe. Autant il serait illégitime de s’opposer moralement à un certain droit à l’immigration, autant la quantité et la qualité d’une « immigration-invasion» (selon les termes du président Giscard d’Estaing) justifient politiquement une limite quantitative et un tri qualitatif de cette immigration eu égard au bien commun national. Et donc certaines interdictions. De même pour certaines pratiques ou constructions religieuses qui ne sont plus innocentes ou inoffensives du point de vue de la (vraie) religion et donc, corollairement, du bien commun d’une nation chrétienne, dès lors qu’elles dépassent un seuil raisonnable.

Question de proportion : sans être immorale ni même amorale, la (morale) politique agit beaucoup plus sur la quantité (la matière) que la seule morale qui agit davantage sur la qualité (la forme) : «Si l’on sait par où la société est déséquilibrée, il faut faire ce qu’on peut pour ajouter du poids dans le plateau trop léger», disait Simone Weil. Qui ajoutait avec son genre de scepticisme : «Quoique ce poids soit le mal, en le maniant dans cette intention peut-être ne se souille-t-on pas.» Peut-être et même sans doute ! Car le domaine politique, s’il est éminemment le domaine du moindre mal et du relatif, des tolérances et des répressions, de l’ordre de la « pesanteur » plus que de la « grâce », il n’en demeure pas moins nécessaire pour ne pas étouffer toute morale précisément et ne pas empêcher l’ordre de la grâce d’agir le mieux possible. La politique est à la liberté (y compris religieuse) ce que le terrain est à la semence dans la parabole de l’Évangile ! Et celui, qui, dans cette intention, y met délicatement mais fermement les mains, exerce pour ainsi dire comme un art ce que Pie XI appelait le devoir de charité politique. »

D’après: lesalonbeige.blogs.com

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