Francaisdefrance's Blog

14/07/2009

Tibéhirine: Et si Bouteflika parlait…

Filed under: Uncategorized — francaisdefrance @ 11:42

mardi 14 Juillet 2009
Les récentes révélations, ainsi que la levée du secret-défense, pourraient permettre de connaître la vérité sur le massacre des sept moines de Tibéhirine, perpétré en 1996. Convaincus de la thèse d’une bavure de l’armée algérienne, les avocats des parties civiles veulent le croire envisagent de réclamer le témoignage du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, sur cette ténébreuse affaire.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika pourrait être amené à livrer son témoignage au sujet du massacre de Tibéhirine. (Reuters)Le président algérien Abdelaziz Bouteflika pourrait être amené à livrer son témoignage au sujet du massacre de Tibéhirine. (Reuters)

Saura-t-on un jour comment sont décédés les sept moines de Tibéhirine en mai 1996, en Algérie? « Nous sommes proches de la vérité« , jubile Me Patrick Baudouin, l’avocat des parties civiles, au lendemain des déclarations tardives de François Buchwalter, attaché militaire à l’ambassade de France à Alger à l’époque des faits, entendu le 25 juin dernier par le juge d’instruction Marc Trevidic. Selon cet ex-officier de la DGSE, confident du frère d’un militaire impliqué, les moines auraient été malencontreusement mitraillés depuis des hélicoptères de l’armée algérienne qui pensait s’attaquer à un bivouac de partisans du GIA (Groupe islamique armé). Ce qui expliquerait le souci des autorités algériennes de dissimuler dans un premier temps le fait que seules les têtes des religieux ont été retrouvées.

« Cette version, relativise une source proche des services de renseignement, permet effectivement d’expliquer le mystère des têtes coupées. Elle va entraîner l’audition de tous ceux à qui Buchwalter a rendu compte. Ce qui ne va pas être simple. On risque de rencontrer beaucoup d’amnésiques. Mais les réponses se trouvent d’abord en Algérie et là, on n’est pas chez nous! » Selon nos informations, le juge vient de réactiver une commission rogatoire internationale visant à entendre un ancien membre de la sécurité militaire algérienne réfugié aux Pays-Bas. Abdelkader Tigha avait, dès 2002, mis en cause l’armée algérienne dans l’enlèvement et l’exécution des moines français.

La levée du secret défense suscite de l’espoir

Mais c’est la levée du secret défense, promise par le président de la République, qui suscite le plus d’espoir dans le camp des parties civiles. Patrick Baudouin compte demander que l’on retrouve toutes les notes et rapports transmis par le général Buchwalter au ministre de la Défense, à son chef d’état-major et à l’ambassadeur de France en Algérie, ainsi que les documents de la DST et de la DGSE en lien avec l’affaire. « Contrairement au juge Bruguière, qui déléguait tout à la DST, le juge Trevidic a bien l’intention de s’impliquer personnellement« , se félicite l’avocat, qui prédit des perquisitions dans pas moins de trois ministères (Défense, Intérieur, Affaires étrangères) ainsi qu’au siège de la DGSE. Quant aux auditions d’anciens ministres, pas moins de cinq devraient être sollicitées, celles d’Alain Juppé, d’Hervé de Charette, de Charles Millon, de Jean-Louis Debré et de Jacques Toubon. Info ou intox: une source anonyme indiquait vendredi au JDD que malgré les ordres d’Hervé Morin de lui dénicher la note initiale du général Buchwalter, ses services du ministère de la Défense n’avaient toujours pas mis la main dessus…

Ce rebondissement, treize ans après le drame, suscite de nombreuses réactions en Algérie, mais curieusement aucune dans les médias officiels, encore moins du pouvoir en place et notamment du président Abdelaziz Bouteflika. Pourtant, ce dernier, interrogé en mars 2004 par LCI sur la question des moines de Tibéhirine, avait tenu des propos troublants: « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire […]. C’est flou pour l’instant. Lorsque j’aurai toutes les informations, je les dirai. » Ce temps est-il venu? Patrick Baudouin n’ose y croire mais n’écarte pas l’idée de demander au juge d’instruction non pas de procéder à son audition mais, comme le permet le code de procédure pénal, de lui soumettre des questions par écrit.

En bisbille depuis toujours avec les généraux algériens, à qui il conteste leur influence dans la vie du pays, le président algérien profitera-t-il de l’occasion pour régler ses comptes avec les militaires ou assistera-t-il en simple spectateur au déballage franco-français? Une chose est sûre, en lançant sa tirade mardi sur « l’amitié entre les peuples et entre les pays«  qui ne « peut résister aux mensonges« , Nicolas Sarkozy savait pertinemment qu’il ne froisserait pas spécialement son homologue algérien, qu’il doit d’ailleurs accueillir prochainement en France…

Source: Le Journal du Dimanche

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :