Francaisdefrance's Blog

14/07/2009

Besançon: Deux ans de prison pour un coup de poing mortel.

Filed under: Uncategorized — francaisdefrance @ 19:13

Le doute n’a pas bénéficié à Djamel Sahraoui accusé d’avoir donné un coup de poing mortel à un jeune du haut Doubs lors d’une sortie de discothèque. Les jurés du Doubs ont finalement estimé qu’il n’y avait qu’un seul responsable de la mort de Jérôme Descourvières. Djamel Sahraoui coupable de lui avoir donné un coup de poing « qui a entraîné sa mort ». Mais au terme de trois journées de procès intense, riche en coups de théâtre, personne ne sait vraiment qui a tué ce jeune de 28 ans. C’est tout le paradoxe de cette affaire jugée depuis jeudi par les assises du Doubs.

Au cours d’une rixe à la sortie de la discothèque de la Vrine près de Pontarlier, un dimanche d’avril 2007, Jérome était frappé violemment à la tête. En quelques secondes, une hémorragie cervicale le foudroyait. Le lendemain, Djamel Sahraoui, un militaire du 13e génie du Valdahon se rendait aux gendarmes, reconnaissant avoir donné un coup de poing au défunt. Une victime, un auteur des faits corroborés par l’expertise du légiste, une affaire simple en apparence avec un seul accusé. Mais dès le premier jour d’audience, un proche de Jérôme, évoquait une gifle « violente » donnée par un autre militaire avant le coup de poing. Cité comme simple témoin, Taoufik Z, admettait son geste mais en minimisait la portée « une simple baffe », comme lors de l’instruction. Le lendemain deux autres témoignages de proches de la victime confirmaient la violence de ce premier coup, son « bruit assourdissant » sur le parking de la discothèque. Et le médecin légiste, qui avait lié le décès au seul coup de poing, de dire à la barre que la gifle « pouvait aussi » avoir provoqué la lésion artérielle et l’hémorragie mortelle. « Un coup de tonnerre dans un ciel serein » pour l’avocat général Richarté obligé de revoir ses réquisitions sous la pression de la défense.

Car si la gifle a pu tuer comme l’affirme l’expert, l’auteur du coup de poing a frappé sans le savoir un homme qui était déjà dans un processus mortel. En clair, le coup de poing n’a pu tuer un homme déjà mort. Lundi, le président Ardiet a rejeté les demandes de supplément d’information estimant que de nouvelles expertises n’apporteraient rien de plus. Avec le risque d’un acquittement à la clé. « Un revirement de l’expert incompréhensible » pour Me Laurent Mordefroy, l’avocat de la famille de Jérôme. Il détaille le comportement ce soir-là de Djamel Sahraoui. Un homme costaud, puissant qui « soulève de la fonte » et « ne pouvait ignorer sa force et les dégâts qu’il peut causer avec ses poings. Il a participé à la mort de Jérôme » conclut-il en évoquant Enzo, ce fils de 5 ans « Il ne pourra jamais comprendre que pour de sombres histoires d’expertises on lui explique que la mort de son père n’est la faute de personne ». L’avocat général fustige lui aussi l’expert et ses conclusions à géométrie variable. Il s’appuie sur des arrêts de la cour de cassation pour affirmer que la culpabilité de l’accusé peut être retenue car il a, avec son coup, « aggravé ou hâté le sort de la victime». Preuve de son embarras le magistrat ne requiert que 5 ans « avec sursis ».

« Vous ne pouvez condamner au mépris des règles de droit, de la logique, de la raison et de votre serment de juré. On ne peut pas dire qui a tué » s’enflamme Me Randall Schwerdorffer avocat de Sahraoui en évoquant les bras « gros comme mes cuisses » de Taoufik Z. et sa puissance qui n’a rien à envier à celle de son client. Si l’instruction a négligé la piste de la gifle et omis de le poursuive aux cotés de Djamel « la cour d’assises ne peut être la bouée de sauvetage du 3e étage de ce palais de justice » (celui de l’instruction) « Peut-être Jérôme était-il déjà mort lorsque Djamel l’a frappé » Au nom de ce doute, dans une plaidoirie percutante, il demande l’acquittement en invitant les jurés à ne pas être « otages de la douleur de la famille ». Malgré cette brillante mise en garde, ils ont répondu par l’affirmative aux questions sur la culpabilité. Et condamné l’accusé à 2 ans de prison ferme. Une peine, somme toute bien clémente pour la mort d’un jeune homme, qui trahit, là encore, le trouble profond et l’indécision suscités par cette affaire.

source : leprogres.fr

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